Concurrence des catastrophismes Climat versus Nucléaire

Pierre Péguin, physicien,

février 2019

 

Deux risques catastrophiques menacent le vivant et sollicitent notre engagement. Mais, si un nombre croissant de personnes se mobilisent pour « sauver le climat et la Planète », ce n’est pas le cas pour l’arrêt du nucléaire. Tout se passe comme si le risque climatique faisait écran au risque nucléaire.

 

Manifestations pour le climat, grèves des élèves, communiqués d’ONG, etc, il apparaît que la population, et en particulier parmi les jeunes, est de plus en plus sensible aux conséquences du bouleversement climatique attribué aux activités humaines, qui dès maintenant serait responsable d’une augmentation de la température moyenne de 1°, et de désordres climatiques inquiétants. D’après le GIEC*, dans les conditions actuelles, cette température pourrait s’accroître encore plus vite, de quelques degrés d’ici quelques dizaines d’années (croissance économique mondiale que rien n’arrête, effets secondaires sur les océans, le permafrost, etc). Comme un « pédalo ivre », notre monde irait dans le mur et vers « l’effondrement » (allusions aux livres marquants l’un de François Partant, l’autre de Bruno Servigne et Raphael Stevens).

Tandis que le lobby pétrolier américain dépense des sommes considérables pour jeter le doute sur les travaux du GIEC et soutenir les« climato-sceptiques », le lobby français et international du nucléaire se frotte les mains et soutient bien sûr le GIEC en prétendant que l’énergie nucléaire est « décarbonnée », ce qui bien sûr n’est pas vrai, le cycle de l’atome nécessitant le recours à beaucoup d’énergie fossile. Nous sommes donc de toutes façons manipulés.

Les dégâts déjà présents, et surtout à venir du bouleversement climatique sont suffisamment connus pour qu’il ne soit pas nécessaire d’y revenir ici. Par contre ceux dus aux 2’400 bombes atomiques qui ont explosé à titre d’essai, comme ceux dus au fonctionnement normal et aux catastrophes du nucléaire dit civil de production électrique, ou encore ceux dus aux armes conventionnelles utilisées dans les guerres récentes ou en cours équipées de tête d’uranium, sont passées sous silence de façon à ne pas inquiéter le public.

Et pourtant il y a de quoi s’inquiéter malgré les mensonges du lobby du nucléaire français et international. Qu’on en juge :

– Officiellement Tchernobyl n’aurait fait qu’un nombre limité de victimes, suivant les sources, de quelques dizaines à quelques milliers passant sous silence le calvaire des centaines de milliers de liquidateurs. Sauf qu’une équipe de l’Académie des sciences de New York, compilant en 2010, quelque 5’000 documents d’URSS ont estimé à près d’un million le nombre de morts.

– A la demande de députés écologiques européens, un cabinet d’étude le CERI* a évalué la mortalité liée au nucléaire à 61 millions de victimes, et c’était en 2003. Combien aujourd’hui car l’épidémie de cancers et leucémies, sensible depuis les années 60 et 70, perdure, épidémie liée essentiellement au nucléaire militaire et civil, et à la chimie (pesticides auxquels s’attaque le mouvement des « Coquelicots »). Dans leur travail les experts du CERI ont pris en compte non seulement la mortalité directe, mais aussi les dégâts sur la santé dus à de faibles, et même de très faibles doses de contamination.

– On sait maintenant scientifiquement que l’ADN de tout le vivant a été touché, et que les anomalies génétiques provoquées par la contamination radioactive de nos organismes sont transmissibles aux générations suivantes.

– Enfin le public sait-il qu’après les catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima, les populations sont contraintes de vivre en zone contaminée. La dangerosité étant niée, il leur est refus que soient distribués les soins qui pourraient alléger les souffrances, celle des enfants en particulier (c’est le programme « ethos/Core** » dont les leaders français du nucléaire sont responsables).

En effet pour les nucléocrates, vivre dans le « jardin nucléaire » est un « challenge » bénéfique, car c’est la peur du nucléaire, la nucléophobie, qui rend tout le monde malade ! Pas question donc de soigner tous les enfants accablés de maladies de vieux puisque c’est psychologique : ils ressentent l’angoisse des parents. Certes, les résistants obstinés de l’institut Belrad, soutenus par l’ETB*, ont établi un lien direct entre la contamination par le césium 137, et les atteintes à la santé qui concernent 4 enfants sur 5 des zones contaminées. Mais cet institut est asphyxié, neutralisé, on lui retire les moyens de travailler, l’horreur nucléaire ne tolère pas la vérité….

Est-ce ainsi que nous serons traités en cas de catastrophe? C’est bien probable, ce que nos leaders nationaux ont réussi à imposer au-delà de nos frontières le sera aussi chez nous.

Pourquoi n’entendons-nous pas davantage parler du risque de catastrophe nucléaire en France et ailleurs ?

En France en particulier nous sommes dirigés par des élites tributaires d’idéologies productivistes qui s’obstinent dans une impasse économique et écologique. Nous sommes menacés par des réacteurs vieillissants, équipés de pièces défectueuses fabriquées au Creusot, entretenus avec des budgets réduits faisant appel à la sous-traitance et recourant au mensonge généralisé. Mais les partis de gouvernement, les grands médias, s’en remettent à nos « experts » du Corps des Mines chargés depuis de Gaulle de promouvoir le nucléaire militaire et civil au nom de la « grandeur de la France», quel qu’en soit le prix et les conséquences pour la population.

Il apparaît alors une grande différence entre la prise de conscience du risque climatique et celle du risque nucléaire : Le risque climatique est largement médiatisé par les rapports du GIEC et il bénéficie du soutien de l’Agence internationale pour l’énergie atomique, ces deux structures bénéficiant du prestige de l’ONU dont elles relèvent. A cela s’ajoute en France le cocorico de la Cop21 de Paris, l’engagement des écologistes associatifs et politiques.

Rien de tout cela pour dénoncer les mensonges et les horreurs du nucléaire civil et militaire, cette tâche incombe aux groupes spécifiquement antinucléaires, et il ne leur est pas facile d’accéder aux grands médias et de toucher un large public au-delà des cercles militants.

Il y aurait-il manipulation ? Pendant que l’opinion se focalise sur le climat, l’Etat peut consacrer au sauvetage du nucléaire, les sommes considérables qui seraient si utiles pour lancer des programmes d’isolation des logements, de sobriété énergétique, de développement des renouvelables. Ainsi 8 milliards d’euros ont été engagés pour sauver Areva (devenue Orano) et EDF de la faillite et ce, en plus des budgets consacrés annuellement au nucléaire (force de frappe pour laquelle un plan pluriannuel vient de prévoir 35 milliards pour la rajeunir, gestion des déchets, recherche…), assurant ainsi notre grandeur et justifiant notre siège au Conseil de Sécurité.

La catastrophe nucléaire qui toucherait des dizaines de millions de personnes ne relèguerait-elle pas le risque climatique au 2nd rang ? Sait–on que le scénario de la catastrophe est déjà écrit dans la loi française, que c’est l’armée qui gérera les flux de population pour prévenir la fuite des centaines de milliers de personnes affolées, qu’il est prévu de tolérer pour tous une radioactivité 20 fois plus élevée que la norme actuelle pourtant déjà excessive, les maladies de vieillesse toucheront toutes les générations, qu’il naîtra des bébés monstrueux ?

Au nom du « rayonnement de la France ». (voir le livre de Gabrielle Hecht) Seule la France s’obstine, alors que les pays voisins se désengagent du nucléaire au bénéfice des renouvelables. Même la Chine, pourtant fer de lance du nucléaire, développe beaucoup plus le solaire et l’éolien que le nucléaire. Le déclin mondial de cette technologie obsolète est largement amorcé.**

Face à la barbarie du nucléaire comment sensibiliser le public et l’amener à exiger l’arrêt du nucléaire ? Le nucléaire n’est-il pas la plus mauvaise et la plus dangereuse façon de faire bouillir de l’eau pour produire de l’électricité ? Et pour quelques dizaines d’années de confort électrique est-il raisonnable de contaminer la Planète pour des centaines de milliers d’années alors que le nucléaire n’assure finalement que quelque 2 % de l’énergie consommée dans le monde…

 

* GIEC, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

CERI, Comité Européen sur le Risque de l’Irradiation, recommandations 2003.

ETB, Enfants Tchernobyl Belarus, créée par Solange et Michel Fernex après Tchernobyl

** – https://apag2.wordpress.com/2016/11/21/vivre-dans-le-jardin-nucleaire-avec-ethos- un-crime-contre-lhumanite/

https://apag2.wordpress.com/2017/09/26/un-rapport-sur-le-declin-irreversible-de- lindustrie-nucleaire-a-lechelle-mondiale/

 

Bibliographie sommaire :

Considérations sur l’arrêt de nucléaire et sur la destruction du climat, Jean-Luc Pasquinet, à paraître 2019.

– Thierry Gadault et Hugues Demeude, Nucléaire danger immédiat, Flammarion 2018.

– Erwan Benezet, Nucléaire une catastrophe française, Fayard 2018.

– Yves Lenoir, La comédie atomique, La découverte 2016.

-. A. Yablokov, V. Nesterenko, A. Nesterenko, Chernobyl: Consequences of the catastrophe for people and the environment, Annals of the New York Academy of Sciences, 2010.

 

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Suisse. Le rêve nucléaire fondait avec l’accident de Lucens, dans le canton de Vaud.

Le Matin

Lausanne

15 janvier 2019

Source : https://www.lematin.ch/vaud-regions/Le-reve-nucleaire-fondait-avec-l-accident-de-Lucens/story/18868122

 

La fusion partielle du coeur de réacteur expérimental de Lucens (VD) en 1969 avait provoqué un choc en Suisse et dans le monde.

 

Il y a 50 ans, l’accident nucléaire le plus grave de l’histoire suisse s’est produit à Lucens (VD). La fusion partielle du coeur de réacteur expérimental, l’un des accidents nucléaires les plus importants au monde, a mis fin au rêve nucléaire suisse.

Le responsable de la protection contre les radiations est tombé sous le choc lorsqu’il a fait sa tournée d’inspection peu après l’arrêt automatique inattendu de l’installation. À l’entrée de la caverne du réacteur, il y avait un badge d’un employé, ce qui indiquait que ce dernier se trouvait dans la zone concernée.

Derrière la porte, dans la caverne du réacteur, le gaz de refroidissement qui fuyait avait atteint une concentration mortelle. La radioactivité était à un tel niveau qu’elle dépassait la valeur maximum des instruments de mesure. Mais il y a eu un peu de chance dans le malheur: l’employé dont le badge se trouvait à l’entrée a été retrouvé sain et sauf, il n’était pas dans la salle concernée, il y avait simplement oublié son badge.

 

Caverne pas étanche

Mais la caverne du réacteur n’était pas complètement étanche: les radiations se sont propagées jusqu’à 100 mètres de la salle de contrôle. Dans la caverne la plus proche du réacteur, une équipe impliquée dans l’arrêt de la turbine a été irradiée. Comme les douches de décontamination étaient inutilisables, les travailleurs ont dû trouver une solution de remplacement et se sont douchés sans eau chaude.

L’installation n’était pas non plus complètement hermétique vis-à-vis de l’extérieur. La radioactivité a faiblement augmenté dans les villages voisins, sans toutefois atteindre des valeurs dangereuses, selon deux responsables de la radioprotection de la Commission fédérale pour la surveillance de la radioactivité.

La construction souterraine du réacteur a protégé la population du pire. Mais ce choix d’un réacteur enterré a probablement causé l’accident: l’eau pénétrant de l’extérieur s’est avérée problématique depuis le début.

 

Corrosion en cause

Ce fut le cas après la première phase d’exploitation de l’installation qui dura trois mois en 1968. Lorsque l’usine a été fermée pour révision, l’eau s’est infiltrée à l’insu du personnel. Elle a provoqué la corrosion du revêtement en magnésium des barres de combustible.

Des écailles de rouille se sont détachées et ont bloqué les tuyaux du gaz de refroidissement. Lorsque les opérations ont repris le matin du 21 janvier 1969, il a fallu 13 heures pour que le cœur fonde, prenne feu et explose.

 

Démantèlement

L’usine a été démantelée en 1973, les matières radioactives ont été en partie laissées sur le site et en partie transportées au centre d’entreposage temporaire des déchets nucléaires à faible radioactivité de Würenlingen (AG). Aujourd’hui, le canton de Vaud utilise les salles qui n’ont pas été comblées par du béton comme dépôts pour les musées.

La Suisse était passée à un cheveu d’un drame. Elle va en limiter l’impact sur l’opinion publique par une communication habile. Dix ans plus tard, un accident nucléaire de la même gravité à Three Mile Island aux Etats-Unis provoquait un tollé dans le monde entier. Ce ne fut pas le cas pour Lucens.

 

Intérêt militaire

A la fin des années 1960, la Suisse percevait encore l’énergie nucléaire comme une source d’énergie propre et inépuisable. Le fait que du plutonium de qualité militaire soit produit lors de la fission pour la production d’électricité se révélait également très pratique pour la Suisse pendant la guerre froide.

Ces dernières années, plusieurs critiques ont souligné que l’intérêt militaire était primordial dans le cas de Lucens et primait sur une utilisation civile. Lorsque le réacteur expérimental a alimenté pour la première fois le réseau public en électricité le 29 janvier 1968, l’énergie nucléaire était déjà bien établie en Suisse.

Les producteurs d’électricité suisses s’étaient lancés dans le nucléaire avec des réacteurs américains. Les travaux de construction de la centrale de Beznau I avaient commencé en 1965 et ceux de la centrale de Mühleberg deux ans plus tard. L’entreprise Sulzer s’était d’ailleurs retirée du projet de Lucens en 1967.

Si le projet de Lucens, dont les coûts budgétés ont presque doublé, a continué, c’est par intérêt pour la bombe atomique, selon deux auteurs de livres. Car l’événement fascine toujours, que ce soit le physicien et chimiste Peter Beutler dans son roman policier «Lucens» ou l’historien Michael Fischer dans son prochain livre «Atomfieber» («La fièvre de l’atome»). (ats/nxp)

 

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Autolib définitivement débranché : encore un ennemi de l’Observatoire qui mord la poussière !

Observatoire du nucléaire

Saint-Macaire, 24 juin 2018

Bolloré était pourtant averti : après avoir défié l’Observatoire du nucléaire, jusqu’à l’attaquer en justice, la multinationale atomique Areva a dû baisser pavillon en Cour d’appel (*), puis déposer le bilan et finalement changer de nom pour tenter de sauver quelques miettes.

L’inconscient Vincent Bolloré n’a pas souhaité tenir compte du terrible danger qui menace les adversaires de l’Observatoire du nucléaire et, malgré les avertissements lancés (**), a maintenu sont système anti-écologique et anti-social de voitures électro-nucléaires : Autolib à Paris, BlueCub à Bordeaux et BlueLy à Lyon.
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Le 21 juin 2018, mieux vaut tard que jamais, les élus d’Ile-de-France ont enfin mis un terme à l’aventure absurde d’Autolib. Ils ne l’ont cependant fait que pour des raisons financières, ce qui est certes très important s’agissant d’argent public, mais ils ont hélas laissé passer l’occasion de reconnaître qu’ils se sont lourdement trompés, et se trompent encore, sur la voiture électrique.
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En effet, cette dernière est une calamité environnementale au même titre que la voiture thermique (essence ou diesel) qu’il ne s’agit évidemment pas pour nous de réhabiliter : le plus scandaleux et injustifiable dans cette affaire est de détruire des quantités astronomiques d’argent public pour remplacer des voitures polluantes (essence ou diesel) par d’autres voitures polluantes (électriques).
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Qui plus est, l’argent de tous est gaspillé (voire carrément offert aux plus fortunés par le biais de bonus prétendus « écologiques ») au profit d’urbains occidentaux privilégiés, et au détriment des plus modestes (qui n’achètent pas de voitures électriques) et de populations éloignées.
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C’est en particulier le cas de tribus qui vivaient paisiblement depuis des milliers d’années dans les Andes et qui sont déportées car elles ont le malheur d’habiter au dessus des plus grandes réserves mondiales de lithium : chacun devrait savoir que les batteries d’une voiture électrique sont bourrées de lithium et d’autres éléments comme le graphite, et que les filières industrielles correspondantes sont assises sur des désastres environnementaux et des pratiques sociales dignes de Germinal.
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Par ailleurs, la fabrication des batteries d’une voiture électrique génère des gaz à effet de serre en quantité équivalente à 10 à 15 ans d’utilisation d’une voiture thermique : contrairement à un mensonge diffusé par les industriels, et hélas trop souvent relayé par des médias qui ne prennent pas le temps de creuser la question, la voiture électrique n’est même pas vertueuse concernant la lutte contre le changement climatique.
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Pour en revenir aux Autolib (et BlueCub et BlueLy), ce sont assurément les pires de toutes puisqu’elles doivent rester en charge même lorsque leurs batteries sont pleines, entrainant un injustifiable et massif gaspillage d’électricité.
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De plus, les allégations de Bolloré, selon qui les voitures électriques seraient rechargées « avec de l’électricité renouvelable », sont de purs mensonges puisqu’il ne s’agit là que de jeux d’écriture : le courant utilisé est celui du réseau électrique ordinaire, à savoir à 75% nucléaire.
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Il est d’ailleurs regrettable que la plainte déposée par Bolloré, qui a donné lieu à l’audition par les gendarmes du directeur de l’Observatoire du nucléaire le 21 novembre 2014, ait été lâchement retirée par l’industriel, privant ainsi l’opinion publique d’un débat fort intéressant à propos de l’activité citoyenne consistant à débrancher les voitures électriques en charge sur la voie publique (voir extraits des reportages de France2 et France5, liens ci-dessous).
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Il faut désormais que les élus des Métropoles de Bordeaux et de Lyon fassent au plus vite la vérité sur la situation de Bluecub et de BlueLy : on se demande bien comment une opération terriblement déficitaire à Paris (en plus d’être anti-sociale et anti-écolo) ne le serait pas en province.
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Pour mémoire, l’Observatoire du nucléaire avait déjà infligé une cuisante défaite à Bolloré mais aussi aux autres constructeurs de voitures électriques en les contraignant à retirer de leurs propagandes respectives les mentions « écolo », « verte » ou « propre » (***).
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Après Areva et Autolib, ce sont EDF, sa filiale Enedis et son complice UFC-QueChoisir qui sont désormais dans l’œil du cyclone, attendant d’être à leur tour désossées par l’Observatoire du nucléaire.
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Ainsi, ce dernier a lancé des procédures contre EDF (et son complice improprement appelé Autorité de sûreté nucléaire : elle n’a aucune « autorité » sur EDF et ne garantit aucune « sûreté ») à propos des pièces nucléaires défectueuses que sont entre autres la cuve du réacteur EPR et les générateurs de vapeur présents dans plusieurs réacteurs actuellement service.
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D’autre part, par le biais de son directeur, l’Observatoire du nucléaire est engagé contre le déploiement du compteur malfaisant Linky et combat avec pertinence et dextérité la direction d’Enedis, filiale d’EDF, et sa complice la direction de l’association UFC-QueChoisir, déjà ramenée à la raison une première fois (****) en attendant de se faire à nouveau pourfendre lors des quatre procédures qu’elle a inconsidérément lancées.
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Comme le chantait si bien Queen (*****), « Another one bites the dust » : encore un qui mord la poussière !
Stéphane Lhomme
Directeur de l’Observatoire du nucléaire
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(*) http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article22

(**) Communiqué de l’Observatoire du nucléaire : http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article58
Extrait d’un reportage de France 2 :
https://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/envoye-special/video-la-voiture-verte-electrique-mais-pas-ecologique_817419.html
Extrait d’un reportage de France 5 :
https://www.youtube.com/watch?v=VeK1DUPvGhk

(***) https://www.lemonde.fr/planete/article/2014/06/26/publicite-la-voiture-electrique-n-est-pas-ecologique_4445251_3244.html

(****) https://www.sudouest.fr/2018/01/11/compteurs-linky-que-choisir-perd-son-proces-contre-le-girondin-stephane-lhomme-4101422-4697.php

(*****) https://www.youtube.com/watch?v=rY0WxgSXdEE

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Nouvelle plainte de Genève contre la centrale nucléaire française du Bugey

Source : https://www.romandie.com/news/Nouvelle-plainte-de-Gen-ve-contre-la-centrale-nucl-aire-fran-aise-du-Bugey/981343.rom

 

Genève – Le canton et la Ville de Genève ont de nouveau porté plainte contre la centrale nucléaire du Bugey, l’une des plus vieilles de France, accusée de faire courir « un risque majeur » pour la population suisse, a annoncé mercredi le canton dans un communiqué.

Cette centrale d’EDF, construite dans les années 70 dans l’Ain, se trouve à 80 kilomètres à vol d’oiseau de Genève.

La plainte pénale contre X a été déposée auprès du Tribunal de grande instance de Paris par Corinne Lepage, ancienne ministre française de l’Environnement et avocate des plaignants, a précisé à l’AFP Jérôme Savary, secrétaire général adjoint du Conseil d’Etat (gouvernement) du canton de Genève.

Elle fait suite à la plainte pénale déposée le 2 mars 2016 par Mme Lepage, qui avait été classée sans suite en juillet 2017 par le parquet du Tribunal de grande instance de Paris, « considérant que les faits étaient insuffisamment caractérisés », a indiqué le communiqué.

« Le Conseil d’Etat et la Ville de Genève estiment que la centrale du Bugey (…) représente un risque majeur pour la sécurité et la santé de la population ainsi que pour l’environnement. »

Dans la plainte, Mme Lepage a fait valoir « les fragilités d’éléments essentiels de cette centrale, ses faiblesses de conception, les risques liés à son site d’implantation (risques sismiques, d’inondation, proximité d’un aéroport) », ainsi que « des fuites de tritium à répétition ».

gca/nl/nas

EDF – ELECTRICITE DE FRANCE

(©AFP / 19 décembre 2018 17h35)

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Cinq associations exigent l’arrêt immédiat de la centrale de Fessenheim par mesure de sécurité

Source : https://savoie-antinucleaire.fr/2019/01/03/cinq-associations-exigent-larret-immediat-de-la-centrale-de-fessenheim-par-mesure-de-securite/

 

Cinq associations alsaciennes viennent d’écrire à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour demander l’arrêt immédiat et définitif de la centrale de Fessenheim. Le Comité pour la Sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin, Stop Transport-Halte au nucléaire, Stop Fessenheim, Les Citoyens vigilants des environs de Fessenheim et la Fédération Alsace Nature estiment, dans une lettre ouverte, « qu’il y a mise en danger délibéré de la vie d’autrui en situation d’extrême urgence du fait de l’absence de dispositifs d’ultime secours ».

Explication : la prescription adoptée le 26 juin 2012 à l’issue des évaluations complémentaires de sûreté qui ont suivi l’accident nucléaire de Fukushima imposait à EDF « en tout état de cause » la mise en place de moyens d’alimentation électrique supplémentaires, à savoir des groupes électrogènes diesels d’ultime secours, ou DUS. L’exploitant disposait d’un délai de plus de 6 ans, qui expirait le 31 décembre 2018, pour réaliser ces travaux. Or, constatent les associations, ils n’ont pas été menés à bien. « À ce jour, déplorent-elles, seuls des projets de nouvelle décision ont été formulés par l’ASN et ne sont toujours pas applicables ».

Les cinq associations, qui considèrent donc « qu’il y a carence fautive de l’ASN », lui demandent d’imposer immédiatement « et à titre conservatoire, d’imposer à EDF de mettre à l’arrêt les deux réacteurs de Fessenheim du fait que toutes les dispositions de sécurité n’ont pas été mises en place ». Elles attendent aussi du gendarme du nucléaire qu’il « intervienne auprès d’EDF pour que la procédure de mise en arrêt définitif des deux réacteurs s’ensuive immédiatement » et qu’il exige l’installation de DUS au plus vite « afin d’assurer l’ultime secours des installations subsistant après l’arrêt, y compris les piscines de désactivation ».

Les deux réacteurs doivent cesser définitivement leur activité à l’été 2020.

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Bure : pourquoi le projet d’enfouissement des déchets nucléaires est si contesté

Bure-pourquoi-le-projet-d-enfouissement-des-dechets-nucleaires-est-si-conteste

par Thomas Liabot

Source : https://www.lejdd.fr/Societe/bure-pourquoi-le-projet-denfouissement-des-dechets-nucleaires-est-si-conteste-3581618

22 février 2018

Nous reproduisons ci-après un article certes ancien et dépassé, mais nous engageons nos lecteurs à consulter le site cité dans Liens ci-contre ainsi que les articles que nous avons publiés sur le sujet, notamment celui de Hans Zumkeller, Le projet CIGEO d’enfouissement en profondeur des déchets nucléaires à Bure. IR

Les gendarmes ont évacué jeudi matin des opposants au site d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure (Meuse). Retour sur les contours de ce projet décrié.
Cinq cents gendarmes ont été déployés mercredi à Bure (Meuse) pour « mettre fin à l’occupation illégale » du Bois Lejuc, épicentre de la lutte contre le projet Cigéo d’enfouissement des déchets nucléaires. Ils mettent ainsi à exécution une décision de justice prise en avril par le Tribunal de grande instance de Bar-le-Duc ordonnant l’expulsion des occupants de cette zone. « Il n’est pas question que nulle part il y ait des zones de non droit », a insisté jeudi matin le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner. Voici ce qu’il faut savoir de ce projet.
Un chantier à 25 milliards d’euros
Le projet Cigéo d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse), contre lequel se battent les opposants expulsés du site par la gendarmerie jeudi, consiste à enfouir à 500 mètres sous terre des déchets nucléaires très radioactifs ou à vie longue. Après le vote en 1991 de la Loi Bataille, qui a défini un calendrier pour gérer à long terme les déchets radioactifs, plusieurs options et sites ont été étudiés.
Le site de Bure a été choisi en 1998 pour l’implantation d’un laboratoire souterrain, dont la construction a commencé deux ans après. En 2006, une loi, complétée en 2016, a retenu la solution du stockage réversible en couche géologique profonde.
Au total, ce projet va coûter 25 milliards d’euros. Le site d’enfouissement aura une durée de vie de 100 ans environ et devra être scellé autour de 2130.
80.000 m3 de déchets radioactifs à 500m de profondeur
Cigéo se prépare à accueillir 80.000 m3 de déchets : 10.000 m3 de déchets hautement radioactifs et 70.000 de déchets de moyenne activité à vie longue. Selon l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN), ils représentent moins de 10% de la totalité des déchets produits mais forment plus de 99% de la radioactivité totale. En clair, ce sont les déchets les plus toxiques de France, ceux qui ne peuvent être traités, qui seront enfouis. On estime que leur durée de vie avoisine les 100.000 ans.
Pour l’instant, les déchets déjà produits sont stockés sur le site d’Areva à La Hague (Manche). Désormais, ils seront vitrifiés puis insérés dans de gros cylindres métalliques sur place, où ils devront passer 40 à 50 ans afin de refroidir suffisamment pour être entreposés en sous-sol.
A partir de 2030 environ et après accord du Parlement, les premiers déchets radioactifs arriveront à Bure en train. Ils seront ensuite acheminés dans les entrailles de la terre – à 490m de profondeur – avec un funiculaire via un tunnel en pente à 12%, sur 5 km Là, chaque « colis », de 500 à 600 kg pièce, sera entreposé dans la zone de stockage, vaste de 15 km2. Les déchets les plus dangereux seront introduits dans des alvéoles courant sur 100 m dans la roche argileuse.
Des arguments pour et contre
Enfouir des déchets nucléaires radioactifs n’est « pas une solution entièrement satisfaisante » mais c’est la « moins mauvaise », avait estimé Nicolas Hulot en novembre dernier. L’industrie nucléaire « nous laisse un tragique héritage de déchets à très haute intensité de radioactivité et de durée de vie très longue », et « que cela me déplaise ou pas, ils sont là, donc il va bien falloir qu’on s’en occupe », avait-il ajouté au Sénat lors d’une séance de questions au gouvernement.
Cet été, le directeur de Cigéo, Frédéric Launeau, avait assuré sur Europe 1 que « le projet s’appuie sur la géologie » : « La strate argileuse dans laquelle seront stockés les déchets est quasi imperméable. L’enfouissement permettra d’étaler dans un temps long le retour dans la biosphère de la radioactivité. »
Les détracteurs de ce projet pointent au contraire « l’insécurité géologique » : « Nul ne peut dire comment réagira la strate argileuse », pointe par exemple Greenpeace. « On préfère nous faire croire que l’on a trouvé une solution à la gestion des déchets radioactifs en les enfouissant en profondeur. Mais ce n’est pas le cas », avait aussi critiqué Jacques Leray, porte-parole du Cedra (Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs), sur Europe 1.
« En choisissant d’enfouir, on nie le problème lié au fonctionnement de l’industrie nucléaire. Et on ne fait pas confiance à l’espèce humaine, ni aux progrès de la science. La technologie peut évoluer et permettre dans plusieurs dizaines d’années de trouver une meilleure manière de traiter ce type de déchets, d’autant que l’enfouissement est irréversible », estime-t-il.
D’autant plus que courant janvier, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a demandé à Cigéo de revoir sa copie pour les déchets les plus inflammables. « Si ce sujet n’est pas traité de manière satisfaisante, le stockage de ces déchets ne sera pas autorisé par l’ASN », avait indiqué le président de cette dernière, Pierre-Franck Chevet, dans un entretien au Monde.
(avec AFP)

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Risques et inconvénients inhérents à la pose des nouveaux compteurs électriques LINKY

Source : Gazette nucléaire No 289 de septembre 2018

http://gazettenucleaire.org/2018/289/

 

Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Non, évidemment. Pour certains consommateurs, le courant passe mal avec Enedis.

C’est le cas de Charles qui habite Nice-Est*. Engagé depuis vingt ans sur les questions écologiques, il a mobilisé les copropriétaires de son immeuble pour refuser l’installation de Linky et nous donne cinq « bonnes » raisons d’adhérer à la fronde.

  1. Le forcing 

Avec Enedis, l’installation est non négociable pour les particuliers et les collectivités. Selon la Métropole, « la commune (…) ou encore l’usager n’ont pas la possibilité de s’opposer au déploiement de Linky ».

Charles s’offusque: « L’installation est complètement illégale et forcée parce que ni la loi du 17 août 2015, retranscrite dans l’article L.341-4 du code de l’énergie, ni le décret du 30 décembre 2015 n’oblige les consommateurs à installer le dispositif. »

Effectivement, aucune « obligation » stricto sensu n’est mentionnée pour les particuliers.

  1. Le risque sanitaire

Le compteur communicant utilise la technologie du Courant porteur en ligne (CPL). C’est un courant électrique qui permet d’envoyer des informations à Enedis et d’en recevoir. Ainsi, il produit un champ électromagnétique à basse fréquence qui peut avoir des conséquences néfastes sur la santé.

Pour Charles, « la fréquence varie entre 30 kHz et 90 kHz (près de deux mille fois supérieure au 50 Hz prévus dans le contrat) […] Toute l’installation électrique (câbles, prises, appareils) se transforme en véritable antenne- relais d’ondes électromagnétiques. »

Selon le dernier rapport de l’Agence de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), même si les durées d’exposition sont plus longues que prévu, il n’existe qu’une « très faible probabilité que l’exposition aux champs électromagnétiques émis […] puisse engendrer des effets sanitaires à court ou long terme ».

  1. Les problèmes techniques

« La répétition des impulsions radiatives à fréquence élevée provoque une obsolescence plus rapide des appareils électroménagers, des disjonctions constantes, voire des incendies (11 incendies déjà répertoriés) ou des explosions de compteurs. »

Selon Charles, les appareils ménagers auront une durée de vie réduite.

  1. L’espionnage

« Opérant parfois pendant l’absence de l’usager, ou contre sa volonté, ils [les techniciens] ne donnent aucun conseil et ne transmettent aucune information, alors que pour la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) le consentement de l’usager est nécessaire pour la collecte des données qui constitueront ensuite la courbe de charge (graphique de votre consommation transcrite en temps réel avec appel de puissance, etc.).

Ceux qui auront accès à ces données (les professionnels de l’électricité) sauront tout sur les habitudes de consommation des usagers… pour leur proposer de nouveaux services payants, bien sûr. »

  1. Le coût important

« Enedis prétend que l’installation est gratuite, c’est faux. En fait, la Commission de Régulation de l’Énergie […] a prévu que le coût de l’installation du Linky […] qui atteindra plus vraisemblablement les 10 milliards d’euros, serait répercuté progressivement sur les factures des usagers. »

Pour Christophe Salini, physicien spécialiste dans la mesure des champs électromagnétiques et le conseil concernant l’environnement électromagnétique: « Linky utilise les ondes électromagnétiques pour communiquer […] or les câbles de nos installations électriques n’ont pas été prévus pour transporter des signaux de fréquences aussi élevées. Parcourus par les CPL, les signaux rayonnent, ce qui augmente encore un peu plus notre exposition aux ondes. Nous manquons de recul concernant les effets sur le long terme des champs électromagnétiques CPL. On ne connaît pas non plus les effets du cocktail d’ondes auxquels nous sommes exposés en permanence. Enedis aurait pu brancher Linky directement sur le réseau téléphonique ou la fibre optique, deux technologies sans onde radiofréquence, respectant ainsi le principe de sobriété en matière d’exposition aux ondes électromagnétiques introduit par la loi Abeille (9 février 2015). »

 

*Par précaution pour lui-même et sa copropriété, le témoin a préféré garder l’anonymat.

 

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Projet de construire 6 réacteurs EPR : une plaisanterie alors qu’EDF est incapable d’en construire un seul !

Observatoire du nucléaire

Communiqué du 30 août 2018

Source : http://www.observatoire-du-nucleaire.org

 

L’industrie nucléaire mondiale n’en finit plus de se déliter (*), sa part dans la production d’électricité est passée de 17% en 2001 à 10% à ce jour, et cette chute libre va continuer au fil des nombreuses fermetures de centrales : la plupart des 400 réacteurs encore en service sur Terre sont très anciens et en fin de vie.

Mais, en France, le lobby de l’atome vit dans un déni total de cette réalité et croit pouvoir revivre un âge d’or (ou plutôt d’uranium) comme au siècle dernier, quand une soixantaine de réacteurs ont été construits en quelques années.

Or, à l’époque, l’argent coulait à flot, EDF était encore un service public puissant et avait (hélas) les compétences nécessaires pour un tel programme.

Aujourd’hui, la société anonyme EDF SA est en quasi faillite et, de plus, elle se montre incapable de construire un seul réacteur EPR : le chantier de Flamanville n’en finit plus de collectionner les malfaçons les plus graves, les retards et les surcoûts.

Ce réacteur devait être construit en 4 ans et demi pour un coût de 2,8 milliards (et non 3,3 comme écrit ici où là) or, au bout de 11 ans, il est loin d’être terminé et coûte déjà 4 fois plus, sachant que ce bilan catastrophique n’est en rien définitif.

Aussi, il est parfaitement dérisoire et ridicule de voir que de prétendus « experts » préconisent la construction par EDF de 6 EPR. Et encore, sans rire, ils évoquent là seulement « un premier lot ».

Non seulement EDF est bien incapable de construire des EPR, que ce soit en France ou en Grande-Bretagne (projet virtuel à Hinckley Point) mais la société n’est même pas en capacité de financer la rénovation des réacteurs actuels qui, inévitablement, vont devoir être fermés les uns après les autres dans les années à venir (en espérant que ce soit avant une catastrophe et non du fait d’une catastrophe comme au Japon en 2011).

Au final, sachant qu’il empêche le développement de toute alternative au nucléaire alors que ce dernier est amené à disparaitre, le lobby de l’atome condamne la France à l’impasse énergétique et au désastre financier. Et ce sont bien sûr les habitants les plus modestes qui vont être les principales victimes de cette folie…

 

 

(*) Faillite d’Areva et de Westinghouse ; désengagements d’entreprises en Allemagne, au Japon, aux USA ; annulation de programme nucléaire en Afrique du Sud, en Tchéquie, ralentissement net en Chine, etc.

 

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ITER : Tritium, danger, 
l’arnaque mortifère du lobby du nucléaire

Ou comment le lobby prétend à tord que le tritium est inoffensif pour en rejeter allègrement dans l’environnement, et pour prétendre que la fusion nucléaire, avec la construction d’ITER à Cadarache, est sans danger.

Pierre Péguin,

Docteur en physique,

juillet 2018.

Le tritium, dont le symbole est H3, est un isotope radioactif de l’hydrogène dont il a les mêmes propriétés chimiques, il se désintègre en émettant un rayonnement bêta de très faible énergie. Il est généré au sein des réacteurs nucléaires, et ceux-ci sont autorisés à le rejeter généreusement dans l’environnement, mais ce sont les piscines de stockage de combustibles usés et l’usine de retraitement de la Hague (Manche) qui en relâchent le plus. Du fait de sa très petite taille, le piéger, le confiner nécessite des dispositifs coûteux, aussi pour ne pas avoir à les financer on prétend qu’il est sans danger….

 

Pourtant des études récentes montrent que la toxicité du tritium a été sous-évaluée quand il est absorbé par l’organisme, l’ASN l’a reconnu.* Il pénètre alors dans l’ADN des cellules. Si en raison de ses caractéristiques, il ne présente presque aucun risque en cas d’exposition externe, pas trop grands risques non plus lié à l’eau (sauf en cas de gestation, il peut atteindre les cellules de l’embryon en développement, y compris celles de l’ADN, avec des dégâts irréversibles), mais c’est lorsqu’il remplace un atome d’hydrogène dans une molécule organique qui rentre dans le cycle de la vie et la chaîne alimentaire que les choses s’aggravent….

Des données scientifiques montrent une concentration de tritium au voisinage de l’ADN d’organismes vivants contaminés, et cela devient alors un problème majeur: La désintégration et la transmutation en hélium s’accompagne de l’émission de rayonnement bêta (électron) trop faible pour sortir de la cellule et qui se dépose dans l’ADN, il y a alors perturbation de la molécule contaminée avec des conséquences biologiques inévitables.

Ainsi le tritium généreusement dispersé dans l’environnement, prenant la place d’atomes d’hydrogène non seulement dans l’eau, mais aussi dans toute matière organique et donc dans la chaîne alimentaire, est un dangereux agent perturbateur de l’ADN de tout le vivant. Il est donc faux d’affirmer que le tritium est un radioélément quasi inoffensif, il est criminel de le laisser contaminer librement l’environnement.

Les enjeux économiques étant considérables, la nucléocratie cherche alors à nier et à maintenir le doute, la toxicité radioactive du tritium est officiellement considérée comme particulièrement faible, et on se garde bien de tout nous dire. Mais le cas de Brenilis** a de quoi nous alerter, et d’ailleurs, dans son rapport sur la gestion des déchets nucléaires, Christian Bataille affirmait que le tritium « présente pour la santé humaine des dangers incontestables qu’il convient de ne jamais oublier. »

Notons que le tritium est utilisé pour la fabrication des bombes atomiques (bombes H), dont l’expérimentation se poursuit par simulation au centre Mégajoule dans les Landes.

La fusion nucléaire, ITER : Puisque prétendu « sans danger », cela permet aussi de présenter la technologie de la fusion nucléaire sur laquelle le CEA travaille depuis 60 ans, comme une technologie d’avenir sécurisée. La construction très controversée d’ITER*** à Cadarache (Provence) constitue un immense gouffre financier et un fiasco technologique qui ne fonctionnera probablement jamais et cela vaut mieux****, d’autant qu’il se trouve sur la grande faille sismique active qui de la méditerranée à la Scandinavie reçoit la poussée de la plaque Afrique sur la plaque Europe. Un séisme comme celui de 1907, dit séisme de Lambesc, aurait de terribles conséquences.

Rappelons tout d’abord qu’il s’agit de la construction d’une gigantesque usine destinée à reproduire le soleil par la technique dite de fusion nucléaire (fusion des deux isotopes de l’hydrogène H2 deutérium et H3 tritium. Pour « mettre le soleil en boite » (alors qu’il serait tellement plus simple d’utiliser son énergie reçue gratuitement….). Il faut porter ces éléments, maintenus par des champs magnétiques intenses dans l’axe d’un tore (énorme tuyau refermé sur lui- même), à des températures supérieures à cent millions de degrés. Ce réacteur est appelé « tokamak ». Les atomes sont alors à l’état de « plasma » comme dans un éclair de foudre, état physique de la matière dans lequel les atomes peuvent fusionner.

Diverses analyses mettent en évidence que ITER ne peut échapper à des phénomènes d’instabilité appelés « disruptions », véritables coups de foudre détruisant la structure, perforant la paroi, endommageant gravement la machine et libérant le tritium dans l’environnement.

Prix Nobel de physique, Pierre-Gilles de Gennes, partisan convaincu du nucléaire, déclarait en 2006 : « ITER je n’y crois malheureusement plus ». Également prix Nobel de physique, le chercheur atomiste japonais Masatoshi Koshiba exprime : « ITER est extrêmement dangereux du point de vue de la sûreté et de la contamination environnementale. Le tritium est hautement toxique et une grande partie des nappes phréatiques sera contaminée, ce qui crée un risque extrêmement grave pour l’environnement. ».

* Livre blanc de l’ASN p248/251, H3 est plus dangereux dans le noyau que C14 (Carbone 14) car de plus faible énergie, le rayonnement béta reste à l’intérieur.

**Site nucléaire de Brennilis, Finistère, en cours de démantèlement depuis 20 ans. « La moitié des personnes qui ont travaillé sur le circuit eau lourde (durant la première phase de démantèlement du site, sont décédées avant 65 ans ».

http://www.dissident-media.org/infonucleaire/demantelement.html

*** http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2018/05/03/ITER-et-la- fusion -nucleaire-une-accumulation-de-mensonges-depuis-le-debut par Antoine Calendra

****Une immense arnaque d’extrême dangerosité, ITER. Pierre Péguin, janv 2012. ITER, Chronique d’une faillite annoncée. Jean-Pierre Petit.

http://www.enquete-debat.fr/archives/iter-chronique-d’une-faillite-annoncee )

Annexes

Ci-dessous on trouvera deux annexes l’une consacrée au tritium et sa dangerosité, l’autre à la construction d’ITER et à tous ses risques.

En savoir plus sur le tritium et sa dangerosité

L’hydrogène a deux isotopes, le deutérium H2, atome stable dont le noyau est composé d’un proton et d’un neutron – c’est le composant de « l’eau lourde »-, et le tritium H3 dont le noyau est composé d’un proton et de deux neutrons, instable, donc radioactif, il se désintègre en émettant un rayonnement béta (électron) de très faible énergie et se transforme en hélium, sa période radioactive est d’une douzaine d’années. il n’existe qu’en traces à l’état naturel créé par le rayonnement cosmique interagissant essentiellement avec des atomes d’azote.

Du tritium artificiel est produit par l’homme en plus grande quantité depuis les années 1940, via les explosions nucléaires, dans le fonctionnement normal des réacteurs nucléaires, et lors du retraitement des combustibles usés Il est, avec le carbone 14, l’un des deux radionucléides les plus émis dans l’environnement par les installations nucléaires. Au sein des réacteurs, du tritium est produit par capture de neutrons dans l’eau qui sert au refroidissement, ainsi que dans le combustible lors de fissions parasites. De ce fait, ce tritium se retrouve dans les piscines d’entreposages de combustibles usés ou dans les effluents lors du retraitement de ces déchets à l’usine de la Hague. Chaque réacteur en produit environ 3 grammes par an, et ce qui s’en échappe est stocké sur site, avant d’être rejeté avec de larges autorisations fonction de la puissance électrique, autant dire qu’entre La Hague et Flamanville, le Cotentin est particulièrement gâté !…

Mais ces limites, bien que généreuses, peuvent être largement dépassées incidemment, voire discrètement. Ainsi la centrale nucléaire de Cruas-Meysse a pollué les eaux souterraines pendant plusieurs semaines au printemps 18, à une concentration de près de 20 fois supérieure au taux habituel et n’a informé l’Autorité de sûreté nucléaire que tardivement.

l’ASN estime que « le développement de projets de nouvelles installations (EPR, ITER) et l’évolution des modes de gestion des combustibles nucléaires conduisent tous deux à une augmentation des rejets en tritium ».

Le tritium est très mobile comme l’hydrogène, on le retrouve partout. il se retrouve dans l’eau combiné avec l’oxygène pour former l’eau tritiée, appelée alors HTO et dans les molécules organiques, la molécule infestée est appelée OBT, participant alors au cycle de la vie et donc à la chaîne alimentaire. Il pénètre facilement dans l’organisme, à travers le cycle de l’eau, les molécules d’eau s’éliminant rapidement, le tritium lié a peu de temps pour se désintégrer, l’exposition interne est donc généralement faible et avec une très faible énergie de désintégration. C’est ce qui permet de prétendre à l’innocuité du tritium. Mais il n’en est pas de même lorsqu‘il intègre une molécule organique, qui ne sera éliminée que bien plus tard.

Dans la vie courante, des composés tritiés gazeux sont utilisés pour leur capacité à faire briller dans le noir les matériaux phosphorescents, avec bien moins de risque qu’avec le radium maintenant interdit (montres, chronomètres, systèmes de visée d’armes, éclairage de panneaux, feux de pistes d’aéroport, cadrans lumineux, signalétique de sécurité type « sortie de secours » n’ayant alors plus besoin d’être alimentés). Mais on ne peut pas facilement le mesurer car la trop faible énergie des rayons ne leur permet pas de franchir la paroi des compteurs usuels.

Mais le confiner est très difficile et coûteux. Comme l’hydrogène, le tritium gazeux est difficile à stocker. De nombreux matériaux apparemment étanches, sont poreux pour le tritium, il a la particularité de diffuser par la moindre porosité. Il peut pénétrer le béton et la plupart des aciers. Des études menées au Japon sont menées dans la recherche de revêtement étanches tels que la glaçure par des céramiques (oxyde d’erbium), ou en Allemagne (oxyde d’aluminium).

Produire le tritium. Sa production est assurée par irradiation de lithium, méthode choisie par le grand fournisseur anglais de tritium civil, Reviss Service. Quant au projet ITER, il utiliserait environ 2 kilos de tritium. Pour mettre cette quantité « relativement faible » en perspective, on peut estimer le stock mondial actuel à 30 kilos. La dose mortelle pour cet élément est de 1 mg. Deux kilos de tritium pourraient ainsi tuer jusqu’à 2 millions de personnes, mais également servir à la fabrication de centaines de bombes H.

Et les nucléocrates futuristes rêvent que la réaction de fusion soit capables de régénerer du tritium dans une zone périphérique enveloppant le cœur du réacteur devenant ainsi surgénérateur ….. comme les surgénérateurs au plutonium dont on connaît le fiasco de Phénix et de Superphenix…..

Objectif militaire. Le principal usage du tritium produit dans le monde est la réalisation de bombes thermonucléaires ou bombes H, ou encore bombes à neutrons. Elles contiennent de 10 à 30 grammes de tritium. Leur explosion est amorcée par celle d’uranium 235 ou de plutonium 239.

Alors pourquoi la contamination par le tritium est-elle dangereuse ?

En raison de ses caractéristiques, il ne présente presque aucun risque en cas d’exposition externe. Lié à l’eau, la molécule d’eau tritiée HTO, est rapidement éliminée avec une période biologique de 10 jours ; les risques sont alors limités sauf en cas de gestation : Traversant alors la barrière placentaire et participant à la composition des cellules du fœtus en croissance, y compris celles de l’ADN, le risque de cassure de l’ADN est plus élevé s’il pénètre le noyau ou le cytoplasme au moment de la division cellulaire. Ces dégâts ont été observés au cours d’études menées en Angleterre sur des organismes marins.

Mais il n’en est pas de même lorsqu’il remplace un hydrogène dans une molécule organique, OBT, qui rentre dans le cycle de la vie, on le retrouve dans les sols, végétaux, animaux. Intégrant la chaîne alimentaire, la durée de sa présence dans le corps dépend alors de celle de la molécule, 40 jours en moyenne, rapide pour des molécules qui participent au cycle énergétique, plus longue jusqu’à quelques années, pour des molécules de structure ou des macromolécules comme l’ADN. Il peut même alors se concentrer dans certains organes. Cela a été observé sur des organismes marins autour de Sellafield, les herbivores étant moins contaminés que les carnivores, reproduisant les effets de concentration dans la chaîne alimentaire due à la différence de masse entre l’hydrogène et le tritium 3 fois plus lourd.

Là où ça se corse, c’est que des données scientifiques récentes montrent une concentration de tritium au voisinage de l’ADN, et cela devient alors un problème majeur du fait du faible parcours du rayonnement béta dans la matière vivante. Ce parcours de l’ordre du micron (0,6 μm en moyenne et 6 μm au maximum), nettement inférieur au diamètre moyen d’une cellule, conduit à ce qu’il reste déposé dans l’ADN si l’atome de tritium est localisé au niveau de la chromatine (La chromatine est la structure au sein de laquelle l’ADN se trouve empaqueté). La situation est alors complexe, là où un atome de H3 s’est désintégré et transmuté en hélium il va manquer un électron, là où le béta aboutit, à 1 micron plus loin, il y aura un électron de trop, le comportement biochimique de la molécule en sera inévitablement perturbé par des lésions.

La dégradation des noyaux et les conséquences ont été mises en évidence par exemple à l’université de Plymouth sur des moules de la baie de Severn près de Cardiff. Des dégâts sont rapidement apparus dans les noyaux des cellules de ces moules, mis en évidence et mesurés par les analyses de différents tissus et organes, dégâts visibles dans le génome des hémocytes de ces moules. Cette étude a aussi confirmé que le tritium est fixé de façon différentiée dans les tissus de la moule : c’est l’intestin qui fixe le plus de radioactivité, suivi par les branchies, confirmant que le tritium peut se lier à l’organisme, avec des affinités différentes selon les tissus.

Cinq ans plus tôt, la même université avait publié une étude sur les effets de l’eau tritiée sur les premiers stades de la vie de cette même espèce ; lI avait été observé une augmentation significative des dommages génétiques, des anomalies du développement et de la mortalité des embryons et larves, corrélés à la concentration en tritium. Cela confirme les inquiétudes concernant les embryons humains.

Un expert en radiologie au St Bartholomew’s Hospital de London a considéré qu’il existe un risque accru pour les consommateurs réguliers de poissons pêchés en aval de l’usine de Cardiff. On imagine ce qu’il est est aux alentours de la Hague…

Pour ceux qui pourraient en douter, consulter le livre blanc du tritium publié par l’ASN, mais oui, et sans pour autant que l’ASN en tire les conclusion ! Et dont voici quelques réferences citées: – Jha AN, Dogra Y, Turner A, Millward GE., Impact of low doses of tritium on the marine mussel, Mytilus edulis : genotoxic e&ects and tissue-speci(c bioconcentration. Mutat Res. 2005 Sep 5;586(1):47-57

– Cf. Pursuant to Rule 13a-16 or 15d-16 of the Securities Exchange Act of 1934, 2003-04-14 Jha AN, Cheung VV, Foulkes ME, Hill SJ, Detection of genotoxins in the marine environment: adoption and evaluation of an integrated approach using the embryo-larval stages of the marine mussel, Mytilus edulis ; Depledge MH. Mutat Res. 2000 Jan 24; 464(2):213-28

– Jaeschke BC, Millward GE, Moody AJ, Jha AN, Tissue-specific incorporation and genotoxicity of different forms of tritium in the marine mussel, Mytilus edulis. ; Environ Pollut. 2011 Jan;159(1):274-80. Epub 2010-09-29

– Hagger JA, Atienzar FA, Jha AN, Genotoxic, cytotoxic, developmental and survival e&ects of tritiated water in the early life stages of the marine mollusc, Mytilus edulis ; Aquat Toxicol. 2005 Sep 10;74(3):205-17

Le tritium généreusement dispersé dans l’environnement, prenant la place d’atomes d’hydrogène non seulement dans l’eau, mais aussi dans toute matière organique donc dans la chaine alimentaire, est un dangereux agent pertubateur de l’ADN de tout le vivant. Il est donc faux d’affirmer que le tritium est un radioélèment quasi inoffensif, il est criminel de le laisser contaminer librement l’environnement.

En savoir plus sur la construction d’ITER :

Et si ITER, outre l’immense arnaque et la gabégie financière, était bien plus dangereux qu’on ne nous le dit…. qu’en est-il de sa prétendue non dangerosité ?

Au début des années 2000, la France de Chirac a livré bataille contre le Japon pour avoir la « chance » d’être le pays d’accueil d’ITER, un projet international de réacteur expérimental consacré à la fusion nucléaire. Aujourd’hui, ITER est un désastre industriel et financier duquel divers partenaires aimeraient bien se désengager, tandis que des expérimentations immensément moins coûteuses de fusion nucléaire se développent ailleurs.

Le projet ITER prétend «montrer qu’il est possible de produire de l’énergie propre et abondante grâce à la fusion nucléaire». Rappelons tout d’abord qu’il s’agit de la construction à Cadarache, en Provence, sur une faille sismique active, d’une gigantesque usine destinée à reproduire le soleil par la fusion du deuterium H2 et du H3 le tritium, produisant de l’hélium et de l’énergie dans des réacteurs appelés « tokamak »(machine en forme d’anneau métallique creux, énorme tuyau refermé sur lui-même, une invention de physiciens soviétiques dans les années 1950-60). Il faut pour cela maintenir ces isotopes de l’hydrogène dans l’axe du tore par des champs magnétiques intenses, et les porter à des températures de cent à deux cent millions de degrés. Les atomes doivent alors pour pouvoir fusionner, passer à l’état de « plasma », état physique de la matière dans lequel les atomes sont « ionisés ». C’est ce qui se passe dans un éclair de foudre. Cela rend leur manipulation des plus difficiles.

Comme aucun matériau ne peut résister à de telles températures, des aimants « supraconducteurs », c’est à dire maintenus à -270°C, sont prévus pour tenter de contenir le plasma à distance des parois, tel un bouclier magnétique. De l’immensément chaud d’un côté, du froid absolu de l’autre, l’énergie dépensée pour lancer le processus devra être phénoménale.

Dans l’enceinte d’un tokamak, l’énergie générée par la fusion des noyaux atomiques est absorbée sous forme de chaleur par les parois de la chambre à vide. Comme dans toute centrale électrique, la chaleur est utilisée pour faire bouillir de l’eau (….!) destinée aux alternateurs producteurs d’électricité.

Les inconnues technologiques. Elles sont telles que la réussite de cette expérience est très peu probable.

Diverses analyses mettent en évidence que ITER ne peut échapper à des phénomènes d’instabilité appelés « disruptions » qui se traduisent par de véritables coups de foudre détruisant la structure et libérant le tritium dans l’environnement. En effet, maintenir un plasma dans un état stable à si haute température est en fait très difficile. Des événements imprévus peuvent se produire et mettre en péril le fragile équilibre du plasma. Lorsque celui-ci est perturbé, il y a alors disruption qui se déroule sur un laps de temps de l’ordre de quelques dizaines de millisecondes.

La température du plasma s’effondre, le champ magnétique devient chaotique, cessant de se boucler sur lui-même, l’énorme courant électrique se projette sur la paroi selon un arc électrique comme un éclair de foudre. Les colères d’ITER qui, prédisent des spécialistes, atteindront les 15 millions d’ampères, perforeront une paroi d’un centimètre d’épaisseur, composée à 80 % d’un métal toxique et cancérigène, le béryllium, dont la température de fusion n’est que de 1280°C, et s’accompagneront de forces gigantesques pouvant déplacer de 5’000 à 15’000 tonnes, endommageant gravement la machine.

Par ailleurs les neutrons de très haute énergie qui iront bombarder les parois de l’enceinte de confinement risquent fort de la détériorer et de la rendre radioactive. Aucun matériau connu ne peut résister à un tel bombardement.

ITER ne peut échapper à des phénomènes d’instabilité appelés « disruptions », véritables coups de foudre détruisant la structure, perforant la paroi, endommageant gravement la machine et libérant le tritium dans l’environnement. « ITER est extrêmement dangereux du point de vue de la sûreté et de la contamination environnementale. Le tritium est hautement toxique avec une dose mortelle de 1mg, les 2 Kg présents dans ITER pourraient tuer 2 millions de personnes. Le flux radioactif de 2 Kg de tritium est à peu près du même niveau que celui produit par l’accident de Tchernobyl. » Voilà l’opinion du Prix Nobel de physique, le chercheur atomiste japonais Masatoshi Koshiba qui précise « une grande partie des nappes phréatiques sera contaminée, et la zone de contamination augmente avec le temps, ce qui crée un risque extrêmement grave pour l’environnement. »

L’arnaque ! Le but prétendu d’ITER est de générer une puissance de 500 Mégawatts durant au moins 6 minutes avec 50 Mw injectés, soit libérer dix fois plus d’énergie qu’il n’en consomme. En fait les 50 MW injectés ne correspondent pas à l’énergie électrique utilisée, mais seulement à la puissance de chaleur injectée dans le plasma. Car pour injecter 50 MW dans la chambre à vide du tokamak, la machine a besoin de 150 MW de puissance électrique de façon permanente pour son fonctionnement et jusqu’à 500 MW par intervalles, soit un minimum de 300 MW de puissance électrique. Ce qui signifie que dans le meilleur des cas ITER pourrait libérer non pas dix fois plus d’énergie qu’il n’en consomme, mais seulement 1,6 fois ! Ce résultat dérisoire sera t-il obtenu…. Les partisans de la fusion nucléaire ont depuis le début entretenu la confusion. Ils savaient très bien qu’il était impossible de multiplier par dix l’énergie injectée.

Et combien ça coûte ! La multiplication du cout, initialement, les coûts du réacteur nucléaire ITER annoncés s’élevaient à 5 milliards d’euros pour la construction et à 5 milliards d’euros pour la maintenance et la recherche pour les 35 années d’existence. Ces coûts ont été volontairement largement sous-estimés pour faire accepter me projet.

Le CEA a présenté en mai 2016 le nouveau coût du projet ITER et un nouveau calendrier. Le coût est à présent évalué à 20 milliards d’euros! 4 fois le montant initial! et les travaux ne sont qu’à mi-parcours. Il faut ajouter à ces 20 milliards d’euros le montant des composants donnés en nature par des pays partenaires.

L’Europe a un poids déterminant dans le projet : elle assure 45 % des financements, soit 9 milliards, la France, pays hôte y participe à hauteur de 20% de la contribution européenne. soit 1,8 milliard, dont 500 millions approximativement sont couverts par les collectivités territoriales (Conseil généraux des départements limitrophes et Conseil régional PACA pour 200 millions, Christian Estrosi ayant rappelé son « indéfectible soutien à la filière nucléaire »…..

Un calendrier réaliste ? Et le premier plasma est renvoyé à 2025, soit 9 ans de retard sur le calendrier, Chaque jour de retard coûtant très cher, environ un million d’euros ! Cette fois, ce serait un « calendrier ambitieux mais
crédible ». Cette date de 2025 suppose qu’aucun imprévu ne vienne provoquer un nouveau retard. Cela tiendrait du miracle ! Et le très probable cauchemar de l’assemblage….. un puzzle géant qui a de fortes chances d’être un casse- tête insurmontable. la moindre modification sur un élément de la machine ayant des répercussions en chaîne.

L’ampleur des nouveaux délais et surcoûts a surpris les 7 pays partenaires du projet (Union européenne, Russie, Japon, États-Unis, Chine, Inde, Corée du Sud) mais le Conseil ITER a tout de même validé ce plan le 16 juin 2016.

Des travaux démentiels et des dégâts écologiques considérables…. Les promoteurs d’ITER se sont toujours enorgueillis de leurs records mondiaux en tous genres : un poids total de 400 000 tonnes, 23 000 tonnes pour le tokamak soit 3 tours Eiffel, 100 000 kilomètres de câbles supraconducteurs, 18 bobines de champ toroïdal pesant chacune 310 tonnes, etc. Combien de milliers de tonnes de ressources naturelles précieuses dilapidées ? Combien de tonnes de pétrole consommées? Plus de 200 convois exceptionnels de Berre à Cadarache (104 km) sont prévus pour amener les pièces réalisées par les différents partenaires internationaux. Seuls 15 convois ont parcouru la route à ce jour. Les bâtiments prévus pour accueillir les pièces ne sont pas prêts, ce qui pose de sérieux problèmes, il fait donc louer des lieux de stockage à Fos-sur-mer.

D’importants travaux sont en cours pour renforcer la dalle, construire un portique capable de soulever et manutentionner les charges, agrandir la porte pour faire passer les gros colis. De gigantesques bâtiments s’élèvent à présent sur la plate-forme de 42 hectares qui a remplacé la forêt domaniale .

Pour plus de détails:

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2017/04/11/ITER

%2C-mensonges%2C-niaiseries-%E2%80%A6-et-;asco-in%C3%A9luctable%21-la- situation-au-printemps-2017 Antoine Calandra

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2018/05/03/ITER-et-la-

fusion, -nucleaire-une-accumulation-de-mensonges-depuis-le-debut par Antoine Calendra

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Linky: après le reportage d’Envoyé spécial, Enedis et l’Etat doivent sortir du déni…

par Stéphane Lhomme

14 juin 2018

http://refus.linky.gazpar.free.fr

 

Près de 700 communes et des centaines de milliers d’habitants refusent les compteurs communicants, chiffres en augmentation continue

– Enedis et ses sous-traitants doivent cesser d’intimider les habitants et d’installer les Linky par la force ou la ruse

– Comme la Belgique ou l’Allemagne, la France doit renoncer à la généralisation des compteurs communicants

Le reportage d’Envoyé spécial diffusé hier jeudi 14 juin sur France2 est venu confirmer ce que nous dénonçons depuis deux ans et demi : le distributeur Enedis (filiale d’EDF) et ses sous-traitants utilisent des méthodes inqualifiables pour imposer les compteurs Linky, par les mensonges, l’intimidation voire la force, à d’innombrables habitants qui n’en veulent pas.

Tous les jours, les sociétés privées mandatées par Enedis prétendent que « si vous refusez le compteur Linky, nous allons vous couper l’électricité« , ou « nous allons appeler la police« , ou « vous devrez payer le compteur » ou encore « vous allez payer des pénalités« , etc. Tout ceci est inventé – il n’existe légalement aucune mesure de rétorsion – mais c’est hélas souvent efficace auprès des gens mal informés ou vulnérables, en particulier les personnes âgées.

Mais il y a pire : lorsque ces allégations ne suffisent pas, il arrive que les installateurs insultent et bousculent les habitants. Les incidents de plus en plus inquiétants se multiplient et, au lieu de mettre le holà, la direction d’Enedis… accuse les habitants. Or, faut-il le rappeler, ce sont bien les installateurs de Linky qui débarquent dans les communes, les quartiers, les immeubles, et qui sont donc les fauteurs de troubles.

Le déni d’Enedis et de l’Etat ne concerne pas seulement les méthodes des installateurs mais aussi les différentes raisons pour lesquelles les habitants refusent les compteurs communicants. Il est à ce sujet totalement inadmissible que les citoyens soient traités de « complotistes » ou d’arriérés terrorisés par le « Progrès ».

En effet, il ne suffit pas qu’un objet soit nouveau pour qu’il soit bénéfiquemême s’il est peint en vert fluo. Et, justement, le Linky pose et cause de nombreux problèmes, dont certains sont très graves, à tel point qu’il s’agit bien là d’une terrible régression par rapport aux compteurs ordinaires.

Qui plus est, peu à peu, instances officielles et organismes reconnus viennent confirmer les critiques des citoyens. Ainsi, dans son récent rapport, la Cour des comptes a montré que le programme Linky bénéficiait financièrement à Enedis et absolument pas aux usagers. Ainsi la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) a été obligée d’intervenir après que Direct énergie ait commencé à s’accaparer illégalement des données privées collectées dans le cadre du programme Linky.

Ainsi Promotelec (dont fait partie Enedis) a avoué que « lorsque le technicien place Linky chez un particulier et règle le disjoncteur de branchement, il n’est pas chargé de vérifier si l’installation électrique du foyer est en mesure de supporter le niveau de puissance défini » et que « des accidents (feu) peuvent se produire le jour où le particulier fait la demande auprès d’Enedis afin d’augmenter la puissance de son compteur« .

Il n’est donc pas étonnant que la presse régionale et locale se fasse continuellement l’écho d’incendies qui se déclenchent après la pose du Linky, parfois le jour même, mais aussi d’innombrables appareils électroménagers détruits, sans oublier les installations qui disjonctent à d’innombrables reprises, les factures qui s’envolent, etc.

A tout cela s’ajoute bien sûr la question des données personnelles et la controverse sanitaire sur les ondes électromagnétiques. L’affaire Directe énergie, déjà évoquée, mais aussi l’affaire Facebook ne doivent laisser aucun doute : malgré les belles promesses et assurances avancées, il est évident que les données captées par les Linky seront tôt ou tard détournées, volées, revendues, etc.

Quant à la question des ondes, c’est une controverse scientifique au même titre que celles anciennes ou récentes sur le tabac, la radioactivité ou les pesticides : les uns disent blanc, les autres noir, l’Organisation mondiale de la santé s’interroge. Mais l’expérience et le bon sens apportent la bonne réponse, qu’il s’agisse des données personnelles ou des ondes : la SEULE façon d’être protégé est… de garder les compteurs ordinaires. Il est d’ailleurs notable que ces derniers sont parfaitement efficaces et légaux, ayant été installés… par EDF et Enedis (auparavant ErDF).

Alors que la fronde anti-Linky se développe de façon exponentielle, que les déconvenues et accidents se multiplient, les autorités françaises se doivent de réagir immédiatement et, par exemple, de suivre le récent exemple de la Belgique (et plus ancien de l’Allemagne) : renoncer à la généralisation des compteurs communicants.

Ce n’est pas seulement une question de finances, de sécurité, de respect de la vie privée : c’est finalement une véritable question de démocratie. Le gouvernement et le Président de la République sont au pied du mur : désormais, ils ne pourront plus dire qu’ils ne savaient pas, ils seront donc clairement responsables et coupables des futurs drames causés par le Linky. Ils doivent donc agir… vite.

 

Stéphane Lhomme

Conseiller municipal de Saint-Macaire (33)

Animateur du site web http://refus.linky.gazpar.free.fr

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