Explosion à la centrale nucléaire de Flamanville

Questions sur les centrales nucléaires fonctionnant

avec des générateurs de vapeur défectueux

Source : Observatoire du nucléaire

http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article324

9 février 2017

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L’explosion qui s’est produite ce matin à la centrale nucléaire de Flamanville a entraîné l’arrêt immédiat en urgence d’un réacteur. Cet évènement illustre de façon cruciale la situation insensée qui prévaut actuellement dans de nombreuses centrales françaises.

En effet, il a été montré ces derniers mois que la majorité des réacteurs d’EDF fonctionnaient avec des pièces défectueuses, parfois couvertes par des certificats de « sûreté » falsifiés. En particulier, 18 réacteurs sont dotés de générateurs de vapeur présentant de zones de grande de fragilité du fait d’une concentration anormale de carbone dans les parois en acier.

De façon insensée, sous prétexte qu’il faisait froid et qu’il fallait produire plus d’électricité, l’Autorité de sûreté nucléaire a autorisé EDF à remettre en service ces réacteurs défectueux en échange de quelques engagements peu contraignants.

Il s’agit de « mesures compensatoires », en particulier de faire monter et descendre en température les réacteurs de façon beaucoup plus lente que d’ordinaire, à savoir 14° par heure au lieu de 28°. Ces mesures sont accompagnées de « dispositions complémentaires » supposées éviter les situations au cours desquelles les générateurs de vapeur seraient amenés à rompre

Or, l’évènement de ce matin à Flamanville montre que ces pauvres « bricolages » peuvent être balayés en une seconde lors d’un évènement accidentel qui entraine l’arrêt immédiat du réacteur et peut, de fait, causer la rupture du générateur de vapeur.

Pour mémoire, la rupture d’un générateur de vapeur est dite « exclue » dans les démonstrations de sûreté, ce qui signifie… qu’il ne faut surtout pas qu’elle se produise : il n’y a alors aucune parade possible et c’est la perspective d’une catastrophe qui peut être de la gravité de celles de Tchernobyl et Fukushima.

Le 18 janvier dernier, saisi en urgence par l’Observatoire du nucléaire, le Conseil d’Etat s’est montré tout aussi défaillant et irresponsable que l’Autorité de sûreté nucléaire et a autorisé EDF à exploiter ses réacteurs dans ces conditions qui prêteraient à rire si ce n’était pas notre vie qui était en jeu.

Aujourd’hui encore, les Autorités se gargarisent de ce que l’incident n’aurait entrainé « aucun risque radiologique » (ce qui reste à prouver) et n’ont aucunement l’intention de tirer les enseignements de cet évènement qui résonne comme un véritable avertissement…

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Désastre nucléaire en France

Réflexions concernant la votation sur l’initiative populaire fédérale «Sortir du nucléaire»
par
Ernst Pauli
Ingénieur diplômé
Source : Horizon et Débats
C.P. 729, CH-8044 Zurich
28 novembre 2016
http://www.voltairenet.org/IMG/pdf/HD_27_2016.pdf

Il n’est pas facile d’en trouver trace dans nos médias, bien que le sujet pourrait faire la une des journaux: 21 des 58 réacteurs nucléaires français sont actuellement à l’arrêt.1 Un tiers des centrales nucléaires françaises ne produisent pas d’électricité. Normalement, les centrales nucléaires sont déconnectées du réseau une fois par année pour l’entretien, le remplacement des barreaux de combustibles et d’éventuelles modifications. Evidemment, on répartit la période de maintenance tout au long de l’année de sorte à ce qu’une capa- cité suffisante pour la production d’électricité soit à tout moment disponible. Cependant, les arrêts actuels n’avaient pas été prévus, mais ont été décrétés, comme mesure préventive pour protéger la population, par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), l’organisation de contrôle correspondant en Suisse à l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN).2
Certaines installations ont été mise hors service directement par décret, d’autres en période de maintenance sont soumises à des contrôles supplémentaires prolongeant ainsi la phase d’ entretien pour plusieurs mois. Depuis 18 ans, les centrales nucléaires françaises n’ont plus produit aussi peu d’électricité qu’actuellement; et c’est particulièrement en hiver que la demande de courant augmente le plus.
La pénurie est vaincue par l’exploitation des centrales électriques à combustibles fossiles en France, et avant tout par les importations de courant provenant de l’Allemagne. L’Allemagne possède une grande capacité de centrales électriques en réserve et peut fournir suffisamment d’électricité. Les lumières en France ne s’éteindront donc pas malgré la quantité critique de fermetures de centrales électriques. Cependant, depuis septembre, les indices des prix moyens mensuels d’ électricité à J+1 à la bourse européenne d’électricité (EPEX SPOT SE) de Paris ont augmenté d’un facteur d’environ 21⁄2 pour atteindre 7,5 centimes d’euros par kWh.
L’ASN réagit aux failles de sécurité
Dans la nouvelle centrale électrique française de Flamanville, on a trouvé des anomalies dans l’acier utilisé dans des parties déjà installées de la cuve du réacteur. La teneur en carbone est plus élevée que spécifiée et peut donc mener à une friabilité des composants sous pression et sous température. La résistance à la rupture des matériaux n’est pas atteinte. Des fuites et la libération de radioactivité pendant l’opération du réacteur ne peuvent pas être exclues. Au cours de ces premiers examens et conclusions à Flamanville, se sont avérés d’autres indices d’irrégularités et de manipulations lors de la certification des aciers pour les cuves de réacteur et les générateurs de vapeur installés actuellement dans les centrales nucléaires françaises. Le 25 octobre 2016, une audition parlementaire a eu lieu sur la base de ces résultats, lors de laquelle les irrégularités dans de nombreux réacteurs français ont été présentées.3 Les analyses ont encore été élargies avec le résultat mentionné ci-dessus. Actuellement, on examine les documents de production et de contrôle de la qualité de 9000 composants construits dans la société métallurgique française Le Creusot et dans d’autres sociétés similaires.4 Les premiers résultats montrent des écarts dans les spécifications prescrites d’aciers utilisés mais également des documents de contrôle de qualité manipulés. Il faut supposer que dans les années 1960 des composants des centrales nucléaires suisses ont été construits dans des circonstances similaires et que la qualité de ces composants n’est éventuellement pas garantie.
L’ ASN a tiré des conséquences claires de ces conclusions. Chapeau bas devant les fonctionnaires et ingénieurs qui ont tiré, douloureusement, des conclusions claires des connaissances acquises jusqu’à présent. Ils ont mis à l’arrêt un nombre considérable de centrales nucléaires peu fiables et ont ordonné des investigations exhaustives.
Quelle en est
la signification pour la Suisse?
Une semaine avant le vote sur l’initiative populaire fédérale «Sortir du nucléaire», une grande clameur devrait s’élever des médias suisses suite à de tels événements. Après avoir déjà trouvé des défauts surprenants à Beznau 1, provenant, selon Axpo, de la production de la cuve du réacteur construit dans les années 1960, d’autres centrales nucléaires pourraient également être affectées. Cependant, il règne un étonnant silence. Aucune information sur ce sujet ne se trouve dans les médias traditionnels, et même lors de recherches actives sur Internet par une personne connaissant bien le domaine de l’énergie nucléaire, les informations ne se découvrent que par hasard. Dans le cadre de la votation sur l’initiative «Sortir du nucléaire», les citoyens devraient être informés au sujet de la sécurité des centrales nucléaires suisses et de la situation des centrales nucléaires françaises. Pensons seulement à la centrale de Fessenheim, située près de la frontière suisse! La nouvelle situation française souligne que les rapports de sécurité sou- vent cités concernant les centrales nucléaires sont une fois de plus que du camouflage. Après 30, 40 ans ou plus, on découvre soudain des défauts de matériel et de qualité ainsi que des manipulations. L’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) – selon ses propres dires toujours en étroit contact avec les collègues des autres pays – se tient plutôt très réservée concernant la situation en France.
Les problèmes de Beznau 1 sont connus et ont abouti à l’arrêt du réacteur depuis mars 2015. Cependant, ils apparaissent maintenant encore sous un autre jour. Mühleberg, avec son enveloppe de refroidissement réparée provisoirement a été mis à l’arrêt par les opérateurs eux-mêmes. Que reste-t-il encore de normal dans une telle situation? Si les centrales nucléaires suisses continuent à être exploitées, peut-être en tout encore 60 ans au-delà de la sortie «programmée» de l’énergie nucléaire, on risque bien d’être confronté à de mauvaises surprises, telles celles survenues actuellement en France.
Les arguments avancés lors des discussions sur la votation ne sont pas corrects
Dans le débat public sur la sortie du nucléaire et même dans les documents de vote, l’argumentation réside dans l’impossibilité de mettre les centrales nucléaires à l’arrêt, car sinon les exploitants pourraient adresser à la Confédération des demandes de dommages et intérêts de plusieurs milliards. Puis, on explique que le remplacement de l’énergie nucléaire par du «courant sale» produit au charbon aggraverait le bilan de CO2. Les aspects de la pollution par les rayonnements radioactifs, les énormes dégâts survenant lors de l’extraction de l’uranium et le problème non résolu du stockage définitif ne sont jamais traités. Les gros risques de l’énergie nucléaire – les documents manquants ou les rapports de sécurité établis avec des données manipulées – sont dissimulés en toute connaissance de cause. Il reste un goût amer face au débat politique sur la sortie du nucléaire. L’Etat et ses autorités doivent s’acquitter de leur tâche de prévention auprès du citoyen, face aux risques de
l’énergie nucléaire, aux omissions et manipulations connues et face au danger potentiel et la menace en résultant pour la population. Ces réalités pèsent plus lourdement dans la balance que toutes les autres considérations.
On nous dit ne pas pouvoir remplacer le courant produit dans les centrales nucléaires suisses assez rapidement par les énergies renouvelables. Pour combler le manque, tel qu’il est décrit dans la Stratégie énergétique 2050, il faudrait davantage de temps que celui imposé par la «sortie programmée». Cependant, de nombreux, parfois grands projets hydroélectriques en Suisse sont actuelle- ment bloqués pour des raisons économiques. Les nombreuses initiatives photovoltaïques prévues par des particuliers attendent d’ obtenir les subventions. Il n’existe pas encore de dynamique pour combler le plus rapidement possible ce manque dans la production, mais elle devrait être initiée par des directives poli- tiques. La seule voie pour éviter un désastre nucléaire comme actuellement en France sont la rapide mise hors service définitive des centrales nucléaires et un développement accéléré des énergies renouvelables propres. (Traduction Horizons et débats)
1 Internationale Ärzte für die Verhinderung des Atomkrieges – Ärzte in sozialer Verantwortung e.V. (IPPNW). Fehlerhafte Stahlbauteile stürzen französische Atomindustrie in die Krise. 14/11/16, http://www.ippnw.de
2 Buchsbaum, Lee. France’s Nuclear Storm: Many Power Plants Down Due to Quality Concerns. 1/11/16, http://www.powermag.com
3 Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Hearing of the Parliamentary Of ce for the Evaluation of Scien- ti c and Technological Choices on the anoma-
lies and irregularities detected on nuclear pressure equipment. 3/11/16, http://www.french-nuclear-safety.fr
4 De Beaupuy, François. Areva Said to Extend Probe of Le Creusot Forge Irregularities. 3/10/16, http://www.bloomberg.com

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Faire plus que le plein de voix à Genève : Ce que vous pouvez faire aujourd’hui.

OUI à la sortie programmée du nucléaire

Genève, le 17 novembre 2016

Faire plus que le plein de voix à Genève :

Ce que vous pouvez faire aujourd’hui.

 

 

Chers membres et sympathisants de Sortir du nucléaire,

 

Pour que la Suisse sorte du nucléaire, notre rôle à Genève est de compenser la pénurie de voix qui menace au niveau national.

 

A Genève le comité unitaire pour la sortie du nucléaire a réalisé ses propres prises de position et affiches: « Séniors pour la sortie programmée du nucléaire » et « Entrepreneurs pour la sortie programmée du nucléaire ». Nous avons tenu 8 réunions de coordination, organisé une vingtaine de stands et de tractages (Cornavin, Bel-Air, université), participé à la réalisation du tout-ménage (toutes communes sauf Genève ville), adressé une lettre aux élus des 45 communes genevoises, organisé des annonces dans la Tribune avec un appel de personnalités de centre-droite et communes.

 

Ces derniers jours précédant le vote sont décisifs. Parce que les indécis votent en dernier. Parce que des personnes nous approuvent mais ne voteront que si on le leur demande.

 

Nous vous invitons, aujourd’hui même, à lister les personnes qui dans votre entourage font partie des politiquement passifs, dites leur avec vos mots pourquoi ce vote est capital et demandez leur de remplir et renvoyer leur enveloppe de vote ! Vous pouvez utiliser des cartes annexées par exemple.

 

Nous vous demandons aussi de contribuer à financer la dernière semaine de campagne (BV annexé). Tout don sera le bienvenu, pour permettre de financer des annonces supplémentaires. Apparemment nous sommes sur le ballant et la majorité pourra basculer vers le oui ou le non. Merci de nous aider à assurer un maximum de voix positives !

 

Voici les coordonnées bancaires de l’association Sortir du nucléaire qui fait office de compte de campagne : CCP: Initiatives Sortir du Nucléaire 1211 Genève  / 10-19179-8

 

Meilleures salutations, pour le comité unitaire genevois (entièrement composé de bénévoles):

 

 

Sophie Desbiolles – Olivier Amrein – Jérôme Montessuit – Eric Peytremann – Philippe de Rougemont – Mathias Schlegel – Florian Martenot – René Bonard – Max Schneider – Jacqueline Lecoq – Delphine Klopfenstein – Stéphane Baratelli – Thomas Viatte – Philippe Meyer de Stadelhofen – Ivo Rens

 

 

 

PS: Nous envoyons d’office une attestation à partir de 50.- de donation, à joindre à votre déclaration d’impôts annuels pour déduction.

Comité unitaire pour la sortie programmée du nucléaire.

c/o Sortir du nucléaire * Case postale 9 * 1211 Genève 7 * 076 693 62 93

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Vivre dans le jardin nucléaire avec Ethos, un crime contre l’humanité

par

Pierre Péguin, automne 2016

Source : Fukushima 福島第一 a publié le nouvel article : Vivre dans le jardin nucléaire avec Ethos, un crime contre l’humanité

Publié par Pierre Fetet. Sur le blog susmentionné.

Cet article de Pierre Péguin a été publié le 7 novembre 2016 sur le site de la Coordination Antinucléaire Sud-est. Il explique ce qu’est le programme Ethos pour les pays contaminés actuels et futurs.

 

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Cet article de Pierre Péguin a été publié le 7 novembre 2016 sur le site de la Coordination Antinucléaire Sud-est. Il explique ce qu’est le programme Ethos pour les pays contaminés actuels et futurs. 0,56 µSv/h dans une maison pour cette famille de l…

 

Pour reprendre les termes d’une récente tribune libre*, les aménageurs de la vie mutilée (vie dite aussi demi-vie**), prétendent que la contamination, dangereuse en principe, s’avérerait en fait inoffensive dans la vie réelle. C’est un mensonge d’une extrême violence, une insulte aux proches des victimes et aux survivants, dans le but de restreindre les évacuations et les mesures de protection, exposant ainsi les populations touchées aux terribles dégâts sanitaires. C’est un crime.

Il s’agit donc d’endiguer l’horreur des effets de la contamination en la camouflant, en prétendant qu’on peut échapper au danger en s’y confrontant, en gérant sa peur.  Car il s’agit bien en effet de bloquer toute velléité d’hérésies remettant en cause la religion de l’atome, et pour cela d’emplir discrètement les hôpitaux de malades et les cimetières de victimes, plutôt que d’évacuer et de soigner les populations des terres devenues inhabitables. Pas question donc de reconnaître l’inhumanité et la terrible dangerosité de l’atome.

Dans ce qui suit on va voir comment et pourquoi tout est fait pour cacher le crime atomique et ce qu’il en coûte aux populations, avec une grande responsabilité de la nucléocratie française et en particulier de deux de ses principaux représentants Jacques Lochard et  Gilles Hériard-Dubreuil.

 

*Tribune libre collective de : Cécile Asanuma-Brice, Jean-Jacques Delfour, Kolin Kobayashi, Nadine Ribault et Thierry Ribault. http://sciences-critiques.fr/tchernobyl-fukushima-les-amenageurs-de-la-vie-mutilee/

**Michael Ferrier, « Fukushima – Récit d’un désastre » 2012.

 

 

Les enfants sont particulièrement touchés par les catastrophes, un seul traitement disponible : la pectine.

 

En pleine croissance, les enfants sont particulièrement fragiles face à la contamination par les  radioéléments dispersés dans l’environnement que ce soit par les catastrophes atomiques jusqu’à des milliers de km, ou par les multiples incidents qui émaillent le fonctionnement des centres nucléaires. Que faire pour protéger la multitude d’enfants malades ou bien affaiblis vivant dans les territoires contaminés ? Principales victimes, leur situation s’aggrave d’année en année,  en fonction de la teneur de leur corps en Césium137 et Strontium 90.

C’est le césium qui se loge dans tous les organes (un peu à la façon du potassium) qui est le plus facile à mesurer pour apprécier la nécessité de donner un traitement. Seule la pectine connue pour permettre l’élimination des métaux lourds ,dont ces radioéléments, peut soulager ces jeunes.

L’expérience acquise au Bélarus montre que des cures de trois semaines de pectine de pomme vitaminée permettent de diminuer la charge de césium, donc de diminuer les dommages. Ces cures peuvent être renouvelées tous les trois mois et doivent s’accompagner de mesures de précaution dans le choix et la préparation de la nourriture.

 

Mais le lobby de l’atome a bloqué la généralisation de cures de pectine.

 

Aussi incroyable que cela puisse paraître, la pectine de pomme est un véritable adversaire du lobby atomique. C’est la seule explication de la guerre qu’il lui fait. En effet ceux qui sont chargées de veiller à la protection contre les effets du nucléaire, prétendent que les malades ne sont victimes que de stress et de peurs irraisonnées qui annihilent le système immunitaire. Pour la CIPR* et le CEPN**  reconnaître qu’une cure de pectine, connue pour sa capacité à éliminer le césium et le strontium, est efficace pour améliorer la santé des enfants, c’est reconnaître qu’ils sont bien contaminés. Ainsi au nom de la religion de l’atome on condamne des centaines de milliers de jeunes à une vie amputée.

Il est criminel de la part de nos organismes d’État de proposer à la Biélorussie et au Japon qui ne demandent que ça, l’application du programme Ethos-Core dont le rôle est d’étouffer les effets de la radioactivité, pour sauver l’image de l’industrie atomique et celle du pays, et ce aux dépens des victimes abandonnées à leur sort.

Et, soyons-en sûrs, il en sera de même chez nous en cas de catastrophe, tout sera fait pour en minorer les effets, pour cacher la réalité des risques et des dégâts humains, le but étant de sauver l’industrie nucléaire quel qu’en soit le prix, au nom de l’identité et de la « grandeur » de la France.…

 

Réclamons que la pectine soit fournie aux enfants de la deuxième génération de Tchernobyl, quasiment tous malades, et à ceux de la première génération de Fukushima. En vue de la catastrophe atomique qui nous menace de plus en plus, réclamons également que la pectine soit disponible  pour la distribution en France, comme l’iode pour la thyroïde.

 

C’est par les études réalisées dans le cadre des projets Ethos et Core que la stratégie du lobby de l’atome a été précisée, il faut donc expliquer de quoi il s’agit, pour comprendre ce qui se passe en Biélorussie, au Japon et ce qui est prévu pour nous….

 

Le projet franco-européen Ethos  

 

Le projet ETHOS a été mis en œuvre par une équipe de recherche impliquant quatre organismes scientifiques : le Centre d’étude sur l’Evaluation de la Protection dans le domaine Nucléaire (CEPN), l’Institut National d’Agronomie de Paris-Grignon (INAPG), l’Université de Technologie de Compiègne (UTC) et le groupe d’étude Mutadis qui en a assuré la coordination. Il a été présenté comme devant améliorer durablement les conditions de vie des habitants affectés par la présence à long terme de contamination radioactive à la suite de l’accident de Tchernobyl.

Il s’agit en fait de plusieurs programmes successifs, toujours financés par l’Europe et la France (qui y a intérêt), Ethos 1 puis 2, Core, Sage (dans la suite on les appellera « projet Ethos » , voire « éthos », pour simplifier). Ils ont été expérimentés sur les populations vivant en territoire contaminé par Tchernobyl,  dans des bourgs situés au sud-est de la Biélorussie, à 200 km environ de Tchernobyl.

Le but officiel a été d’étudier comment aider la population à vivre en territoire contaminé par la radioactivité. Le but réel est de prétendre qu’on peut y vivre, quitte à observer des précautions élémentaires, d’autant que tout est fait pour convaincre qu’il y a peu de contamination, et qu’on peut s’y adapter. Ces campagnes sont soutenues par des « experts » francais  (Gilles Heriad‑Dubreuil, Jacques Lochard) et internationaux, membres des organismes chargés de la sécurité du nucléaire.

Ces intervenants nient la réalité d’une contamination dangereuse. Leur stratégie criminelle va même jusqu’à annoncer que les dommages subis par les habitants ne sont pas dus à la radioactivité, mais à la peur et la phobie du nucléaire qui les rendent fragiles et malades. Donc toute thérapie comme la distribution de pectines, n’a pas lieu d’être… Tout cela arrange bien le gouvernement du pays pressé de se débarrasser de cette sale affaire.

Et il en est de même au Japon où Jacques Lochard y sévit pour favoriser la relance du nucléaire sous la tutelle française qui a besoin de ce précieux client..

Il en sera de même pour nous après la catastrophe, il est prévu d’évacuer le moins possible d’habitants, et de persuader ceux qui restent que c’est sans risques…. Quitte à imposer une norme de dose reçue très importante: En France, la norme actuelle est 1 mSv/an, mais s’il y a un accident, ce sera 20 mSv/an et si on a la malchance d’habiter trop près du désastre, on aura droit à 100 mSv/an.  La contamination des aliments est prévue aussi d’être multipliée dans tous les pays européens de façon à ne pas gêner les échanges et les exportations (business as usual).

L’épidémie de maladies mortelles ou handicapantes qui se développeront plus tard avec douleur ne comptent pas pour nos dirigeants, les dégâts de santé et génétiques étant reportés dans le temps, la criminalité de la démarche sera diluée, d’autant que les habitants seront rendus responsables de effets de la catastrophe dont ils sont pourtant victimes. ….

 

Le projet Ethos ne constitue-t-il pas un crime contre l’humanité, dont les responsables sont la CIPR et le CEPN ?

 

Quelques chiffres pour bien voir les enjeux : (cf communiqué de la Criirad du 3/10/2016). En situation normale, la limite maximale de dose applicable au public est de 1 mSv/an et cette valeur correspond déjà à un niveau de risque élevé : si 66 millions de Français recevaient une dose de 1 mSv, cette exposition provoquerait en effet, à terme probablement plus de 22 000 cancers radio-induits, sans compter toutes les pathologies non cancéreuses, les malformations et maladies génétiques. Si l’on multiplie ces chiffres par 20 ou par 100, les niveaux de risque retenus par les autorités donnent le vertige.

Il souligne également le nombre très élevé de ceux qui seront exposés à des doses inférieures mais qui n’en sont pas moins inacceptables : des nourrissons, des enfants, des ados pourraient recevoir tout à fait légalement des doses de 10 mSv/an, c’est-à-dire des doses qui ne sont envisageables que pour des travailleurs du nucléaire.

Plus les niveaux de références sont élevés et plus s’allègent les dépenses de mesures de  protection des personnes et d’indemnisation des dommages. Le choix des autorités est tout à fait cohérent, rappelons en effet que l’industrie nucléaire est dispensée de l’application du principe pollueur-payeur : pour l’essentiel, les conséquences sanitaires et économiques de la catastrophe seront supportées par ses victimes et par l’État. La décision de fixer des niveaux de référence aussi élevés est le fruit de 20 ans d’efforts du lobby nucléaire, et plus précisément du lobby nucléaire français (CEPN). Plutôt que de proposer des indemnisations permettant de commencer une nouvelle vie dans un environnement sain, on enjoint aux victimes d’être résilientes et de s’adapter à la nouvelle réalité : celle d’un environnement contaminé. C’est évidemment tout bénéfice pour l’industrie nucléaire. Les accidents nucléaires majeurs ne sont plus des catastrophes mais des aléas gérables.

 

Pour se convaincre de la criminalité de l’application du programme ethos, voir ces deux documents : 

 

– Tribune libre collective de : Cécile Asanuma-Brice, Jean-Jacques Delfour, Kolin Kobayashi, Nadine Ribault et Thierry Ribault :

http://sciences-critiques.fr/tchernobyl-fukushima-les-amenageurs-de-la-vie-mutilee/

 

– Et la vidéo (30 mn) « Save Kids Japan » , une  présentation sous titrée en francais d’Ethos Fukushima par la journaliste indépendante japonaise Mari Takenouchi aux prises avec la justice de son pays pour la remise en cause du projet ETHOS, visant à maintenir et faire revenir les habitants de Fukushima dans les zones contaminées.

http://www.youtube.com/watch?v=ccYPtQwPx78

 

Notes :

 

*-La CIPR, Commission internationale de protection radiologique est une ONG qui émet des recommandations concernant les mesures de sécurité à prendre sur les installations sensibles. Elle fonde ses préconisations sur la base des indications fournies par le Comité scientifique des Nations Unies sur les Effets des Radiations Atomiques, l’UNSCAER. Le mandat de l’UNSCEAR est de rendre compte aux États Membres de l’ONU des effets et dangers des radiations dans l’environnement. C’est au sein de cette instance que la doctrine officielle s’élabore à l’abri de toute critique scientifique ou de remise en cause, L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) ayant abdiqué de toute compétence dans le domaine de la radioactivité. 

La quasi-totalité des réglementations et normes internationales et des réglementations nationales reposent sur les recommandations destinées surtout à ne pas gêner l’industrie atomique.

*-Le CEPN, Centre d’Étude sur l’évaluation de la Protection dans le domaine Nucléaire, représente le lobby nucléaire français. Créé en 1976, Le CEPN est un « faux-nez » du CEA où il a son siège (à Fontenay aux Roses près de Paris),c’est une association qui rassemble : EDF, AREVA, CEA, l’IRSN !

 

Les membres de ces structures sont tous issus du même moule, cooptés ou nommés hors de tout processus démocratique, ils sont interchangeables. Ainsi Jacques Lochard est directeur du CEPN et vice président de la CIPR.…

 

Lire :

 

« La comédie atomique » d’Yves Lenoir, sur la compromission de ces organismes dont le rôle n’est pas de protéger les populations comme on pourrait le penser, mais de protéger l’industrie de l’atome et leurs servants. 2016, La Découverte,

 

« Le nucléaire en Asie. Fukushima, et après ? » de Mathieu Gaulène,  journaliste indépendant, spécialiste du Japon, où il réside depuis cinq ans, auteur de nombreux articles sur Fukushima et ses suites, la politique énergétique du Japon et l’opposition au nucléaire.  2016 aux éditions Piquier

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Enfant portant un dosimètre dans la préfecture de Fukushima (Photo Alain de Halleux)

http://img.over-blog-kiwi.com/0/54/77/39/20161120/ob_8e8a72_dosimetre.JPG

Enfant portant un dosimètre dans la préfecture de Fukushima (Photo Alain de Halleux)

_______________

 

Annexes :

 

1) Le jardin nucléaire d’ethos

– Complément d’info sur la pectine – cas de la Biélorussie

– La Chélation, ou comment la pectine détoxifie l’organisme

– L’association Enfants Tchernobyl Belarus (ETB)

– Effets pervers et but réel d’Ethos

– Belrad

– La France a dans ses rangs les champions de la gestion criminelle post-catastrophe (Jacques Lochard, Gilles Hériard-Dubreuil, François Rollinger)

– Le village nucléaire mondial

– Le CODIRPA : vers la gestion par l’État de la vie durablement contaminée après un accident nucléaire en France (démarche PAREX, CODIRPA)

 

2) Quelques contre-informations et témoignages

– Tchernobyl : conséquences de la catastrophe sur la population et l’environnement

– Nombre total de victimes liées à Tchernobyl

– Les victimes du nucléaire

– Vivre en zone contaminée

– Témoignage de Bella Belbeoch

– Le Dr Michel Fernex dénonce mensonges et silences qui mettent en danger les populations.

– Conférence récente de Nakajima Takashi, habitant à Sōma, ville du département de Fukushima.

 

Pour lire l’ensemble de ces annexes, cliquer sur ce lien.

 

Publié par Pierre Fetet

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Votation sur le NUCLEAIRE : Synthèse pour indécis

par

Paul Bonny

Crans-près-Céligny

 

 

En approchant des votations vitales pour l’avenir de notre pays, de nombreux avis ont pu s’exprimer sur le sujet du nucléaire. J’ai été frappé par l’usage fréquent des chiffres – CHF et KWh – dans les argumentations. Vous n’en trouverez pas ci-dessous, à part les 350’000 morts au Japon, sous les bombes dont l’efficacité donnera naissance à l’énergie nucléaire. A l’origine du nucléaire, il y a la radioactivité naturelle qu’on trouve dans l’environnement. Le génie humain s’est empressé de créer une radioactivité artificielle qui est redoutable. Invisible, inodore, elle a tué celle qui l’a découverte : Marie Curie. Ainsi que sa fille. L’OMS confirme la nocivité des rayonnements qui provoquent en outre des mutations chez l’homme et ses descendants (Rapport OMS 1957). Cette mise en garde de vingt généticiens de renommée mondiale provoque alors une vive réaction des promoteurs de « L’atome pour la Paix » : L’OMS sera désormais soumise à la censure de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique). Un accord signé en 1959 obligera ces deux organes de l’ONU ­– aux buts diamétralement opposés « à agir en coopération étroite ». Cet accord est toujours en vigueur et empêche l’OMS de remplir sa mission.

 

Les bombes atomiques expérimentales larguées sur Hiroshima et Nagasaki (350’000 morts) ont donné l’idée à des physiciens de domestiquer cette nouvelle énergie baptisée « Atome pour la Paix ». Désormais le nucléaire se forge une image trompeuse : pacifique, inépuisable, propre, bon marché, sans danger. On a fait passer des guillotines pour des couteaux suisses ! Et ça a marché ! En 1969, à Lucens (VD) la première centrale suisse frise l’explosion suite à une conduite obstruée. C’est le sauve-qui-peut et désormais on achètera nos centrales à l’étranger. Episode peu glorieux soigneusement camouflé (Secret défense – La Suisse prévoyait de fabriquer sa bombe atomique, avec les déchets). L’accident est néanmoins classé en 4e position sur 7 des accidents mondiaux. « Il est criminel de développer une technologie qu’on ne maîtrise pas, surtout quand elle engage les générations futures » Théodore Monod.

 

Un congrès d’experts de l’EPFL réunis les 26 et 27 juin 1990 a reconnu que la technologie nucléaire ne peut et ne doit pas être considérée comme maîtrisée. Après les catastrophes de Tchernobyl et Fukushima (loin d’être maîtrisées) des progrès ont été réalisés, surtout dans la façon de gérer une catastrophe dont la probabilité augmente avec l’âge des centrales. En France, les consignes sont de s’enfermer chez soi et de s’y calfeutrer, les évacuations s’étant révélées impraticables. Les gens seront donc contaminés et devront attendre d’éventuelles consignes d’évacuation. La fameuse pastille d’iode distribuée n’est efficace que si on l’absorbe 48 h avant l’arrivée du nuage radioactif. C’est le temps qu’il faut pour saturer votre tyroïde en iode non radioactif, ce qui l’empêchera de fixer l’iode radioactif. Donc seuls ceux qui habitent à plus de deux mille km du sinistre pourront laisser au nuage le temps d’arriver, et seront protégés.

 

Au Japon, comme en Ukraine et au Belarus après Tchernobyl, la stratégie des autorités est identique : il faut faire accepter la contamination aux victimes. Tous les moyens sont bons grâce à l’intervention d’experts en processus psychologiques pour parvenir « à ajuster l’homme à un monde dans lequel l’énergie nucléaire est largement utilisée ».

J’ignore si les habitants de notre pays ont réellement pris conscience de l’importance du scrutin du 27 novembre. Peuvent-ils s’imaginer cloîtrés dans leur logis, dans l’attente d’un exode massif vers l’inconnu ? Il suffit d’une erreur humaine, d’une vanne bloquée, d’un attentat … J’ignore si les membres du gouvernement de ce pays sont réellement conscients des responsabilités écrasantes qu’ils prennent en nous incitant à faire confiance à une technologie peu fiable qui a déjà démontré l’ampleur des désastres dont elle est capable ?

Albert Jacquard (illustre généticien français) nous a pourtant prévenu: « On est en train d’organiser le suicide à long terme de l’humanité. Face à un tel danger, si nouveau, si pervers, seul un effort intellectuel permettra de se prémunir ».

 

 

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Impasse de l’atome

par

Philippe Bach

Editorial du Courrier

Genève, 17 novembre 2016

 

Deux sondages, trois avis? Les projections relatives à l’initiative des Verts et des milieux antinucléaires pour une sortie de l’énergie atomique dans un délai rapproché (treize ans) sont nimbées d’un certain flou artistique. L’étude de l’institut GFS réalisée pour la SSR mesure une baisse du soutien populaire (de 57% à 48%), tandis que le sondage Tamedia table sur une stabilité du «oui» à 57%.

Il nous faudra attendre le 27 novembre pour être définitivement fixés. Dans tous les cas, comme il s’agit d’une initiative populaire, il faudra atteindre la double majorité du peuple et des cantons. Une gageure. Et pourtant, ce vote est une chance qu’il serait bien opportun de saisir. Pour des raisons de risque technologique majeur, de filière en bout de course et de durabilité.

Le risque – que le lobby de l’atome minimise constamment – croît avec le vieillissement des centrales. Celles de la Suisse sont parmi les plus anciennes du monde. Ce n’est pas de gaieté de cœur que les exploitants de Mühleberg se sont résolus à annoncer la fermeture de leur installation à l’horizon 2019. Les frais de re- mise à niveau n’en valaient plus la chandelle.

En cas d’avarie majeure d’une de ces centrales, c’est bien de la in de la Suisse que nous connaissons qu’il est question. Il suit de lire La Supplication, le magnifique ouvrage sur la catastrophe de Tchernobyl du Prix Nobel de littérature Svetlana Aleksievitch, pour avoir des frissons dans le dos à l’idée d’une telle perspective.

Deuxième raison: l’énergie atomique est onéreuse. Son coût est maintenu artificiellement bas par deux moyens. Une partie des coûts de développement a été pris en charge par l’Etat. Et, surtout, les exploitants n’ont pas à assumer le risque qu’il font porter sur la collectivité. Sils devaient s’acquit- ter d’une assurance RC en bonne et due forme, cela ferait longtemps que ces installations seraient fer- mées. Et l’on ne parle même pas du casse-tête que constitue la gestion des déchets radioactifs pour lesquels aucune solution n’a été trouvée, alors que cela fait des décennies que l’on cherche.

Enfin, troisièmement, cette filière est une scorie du passé, une impasse technologique. L’avenir est au solaire, à l’éolien, à la géothermie. En tentant d’exploiter ces centrales jusqu’au dernier kilowatt, coûte que coûte, le lobby de l’atome bloque, pour de basses raisons de gros sous, la transformation inéluctable de l’appareil industriel suisse. Une manière de s’accrocher au passé plutôt que de parier sur l’avenir. I

 

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Les Suisses pour une sortie du nucléaire, dit un nouveau sondage

Source : Agence télégraphique suisse

(ats / 04.11.2016 08h00)

 

 

A trois semaines de la votation, l’initiative des Verts « Sortir du nucléaire » tient le cap : 56% des Suisses diraient « oui », selon un deuxième sondage Tamedia. La part de votes favorables a légèrement augmenté.

 

 

Il y a deux semaines, ils étaient 55% à se dire convaincus par le texte des écologistes, qui demande une sortie programmée du nucléaire. Parmi les Suisses qui soutiennent l’initiative, 50% accepteraient clairement le texte, tandis que 6% mettraient « plutôt un oui » dans l’urne, révèle vendredi le sondage effectué par Tamedia.

 

 

La crainte d’une défaillance reste l’argument le plus cité en faveur d’un abandon du nucléaire (43%). Pour 25% des sondés, il faut limiter la durée de vie des centrales , sinon elles resteront actives pendant encore des décennies.

 

 

La question, toujours ouverte, de l’élimination des déchets radioactifs préoccupe quant à elle 20% de ceux qui approuveraient le texte. Enfin, 6% de ces votants estiment que le nucléaire n’est de toute façon plus rentable et que maintenir les centrales en vie coûtera cher.

 

 

Crainte du charbon

Dans le camp du « non », 37% des sondés rejetteraient nettement l’initiative et 6% diraient « plutôt non », des chiffres stables par rapport au premier sondage. Parmi ces opposants, un tiers estime que l’initiative menace l’approvisionnement en courant électrique sur le sol suisse . Un autre tiers considère que l’ énergie nucléaire est respectueuse de l’ environnement : un abandon prématuré de l’atome pousserait la Suisse à importer du courant provenant du charbon.

 

 

Plus d’un cinquième des opposants (21%) pense en outre qu’il est absurde de fixer une limite à l’ exploitation des centrales, car celle -ci doit dépendre de leur état. Enfin, 6% de ceux qui refusent le texte estiment que les centrales sont sûres (les exploitants étant contraints de les équiper en conséquence ) et 6% invoquent une facture salée pour le contribuable en cas de débranchement précipité.

 

 

D’après ce sondage mené en ligne les 31 octobre et 1er novembre, seul 1% des personnes interrogées sont encore indécises. Les résultats se basent sur 15’617 réponses pondérées selon des variables démographiques, géographiques et politiques . La marge d’erreur est de +/- 1,2%.

 

 

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Oui le 27 novembre à la sortie programmée nucléaire d’ici 2029

ATE Association Transports et Environnement (Suisse)

L’ATE Association transports et environnement oeuvre depuis 1979

en faveur d’ une mobilité d’avenir.

Oui le 27 novembre à la sortie programmée nucléaire d’ici 2029

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Le 27 novembre, nous serons appelés à décider si nous voulons renoncer à l’énergie nucléaire. L’initiative pour une sortie programmée demande d’interdire la construction et l’exploitation de nouvelles centrales nucléaires, ainsi que de limiter à 45 ans la durée d’exploitation des centrales nucléaires actuelles. En plus, l’initiative exige une transition énergétique basée sur des économies en énergie, l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables.

 

L’ATE se bat pour des productions d’énergie modernes et entend résolument débarrasser la Suisse de méthodes dépassées, dangereuses et polluantes, dont fait le nucléaire partie. Si nous parvenons à remplacer le nucléaire par des sources d’énergie renouvelables, alors le transport ferroviaire sera encore plus écologique qu’aujourd’hui. Cela est aussi important en regard du nombre croissant de véhicules électriques sur la route. Car également pour le trafic, l’énergie nucléaire n’est pas une solution d’avenir.

 

Le tournant énergétique deviendra réalité uniquement si la Suisse met en œuvre une sortie programmée et graduelle du nucléaire. Les centrales nucléaires vieillissantes de la Suisse constituent un sérieux risque pour tous, pour l’environnement et pour notre économie. Elles ne peuvent être maintenues en état de fonctionner que par des investissements de plusieurs milliards de francs et encore, puisque pour certaines d’entre elles un rééquipement s’avère impossible. La centrale de Beznau I – le plus vieux réacteur du monde encore en service – en est un bon exemple: il est hors service depuis plus d’une année en raison de graves lacunes au niveau de la sécurité!

 

Selon les premiers sondages, nous pouvons gagner cette votation – n’oublions cependant pas que chaque voix compte!

 

Davantage d’informations à l’adresse: www.sortie-programmee-nucleaire.ch.

 

Avec mes meilleures salutations

Roger Nordmann

Oui à la sortie programmée du nucléaire Vice-Président de l’ATE

 

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Bure/Cigéo : la démocratie enfouie avec les déchets radioactifs

par Stéphane Lhomme

Directeur de l’Observatoire du nucléaire

19 juillet 2016

Source : http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article316

 

Les affirmations de M. Bouillon, président de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), dans sa tribune titrée « Stockage des déchets radioactifs : ne pas se tromper de débat » – Les Echos, 11 juillet 2016 (*) – méritent une sérieuse mise au point.

nucleaire-tue-avenir-d7229Le nucléaire irradie aussi la démocratie

  1. Bouillon prétend pour commencer que le projet Cigéo, qui consiste à enfouir sous terre les déchets radioactifs les plus dangereux, à Bure (Meuse), a pour but de « protéger l’homme et l’environnement de la dangerosité de ces déchets ».

C’est tout à fait faux. Ce projet n’existe que pour une raison : permettre aux industriels de l’atome de prétendre que la question des déchets nucléaires est « réglée », afin de se sentir fondés à… continuer à en produire.

Si encore M Bouillon se désolait de l’existence de l’industrie nucléaire, et demandait son arrêt le plus rapide possible, on pourrait éventuellement croire à sa bonne foi mais, comme d’ailleurs tous les promoteurs de l’enfouissement des déchets radioactifs, il est un fervent pronucléaire.

C’est donc avec le plus grand cynisme que M. Bouillon ose se poser… en défenseur des générations futures, en demandant : « Pourquoi serait-ce à nos arrière-petits-enfants de trouver une solution pour des déchets qu’ils n’ont pas produits ? ».

La vraie question, que l’auteur évite soigneusement de poser, est « Comment a-t-on pu accepter, et accepte-t-on encore, une industrie produisant des déchets qui vont mettre en danger nos descendants pour des centaines de générations ? »

Car, enfouissement ou pas, le problème va rester entier. M Bouillon tente d’ailleurs d’abuser l’opinion en écrivant à propos de ces déchets que « ce serait un pari fou que d’imaginer qu’ils seront toujours en sécurité dans des entrepôts de surface », comme si l’enfouissement réglait miraculeusement le problème.

En effet, une fois enfouis, ces déchets vont continuellement dégager des quantités immenses de chaleur mais aussi de gaz extrêmement dangereux et explosifs comme l’hydrogène, ces processus étant susceptibles de causer un désastre dont les conséquences seraient dramatiques y compris à la surface.

Pour tenter de parer ce phénomène, des infrastructures d’extraction de ces gaz sont supposées fonctionner… pendant des siècles. Il est évident que ce système sera mis en cause par « les aléas de la civilisation (guerres…) comme les éléments naturels » cités précisément par M. Bouillon pour tenter sans rire de justifier l’enfouissement.

Les prétentions des apprentis sorciers de l’atome sombrent même dans le ridicule et le tragique puisqu’un éboulement mortel s’est récemment produit (**) dans le laboratoire censé prouver la fiabilité de leur projet : comment croire que ces pieds-nickelés peuvent construire une installation fiable pour des centaines de milliers d’années ?

Le discrédit du projet Cigéo est enfin absolu lorsque l’on sait que, pour mieux verrouiller le processus, M. Bouillon est à la fois le président du conseil d’administration de l’Andra et le député désigné comme rapporteur de la récente proposition de loi sur l’enfouissement de ces déchets.

Jusqu’alors, les entreprises se contentaient de rédiger en coulisse les amendements, voire les projets de loi in extenso, à charge pour les parlementaires acquis à leur cause (***) de les faire adopter. Désormais, le mélange du genre est total.

Pour finir, il nous faut une bonne fois pour toute récuser le terme de « solution » pour les déchets radioactifs : il n’existe que des options, toutes mauvaises d’ailleurs. Peut-être sera-t-il possible d’en trouver une (un peu) moins mauvaise que les autres, mais seuls des gens ayant décidé ou soutenu l’arrêt du nucléaire pourront être crédibles pour faire ce choix : à défaut, il s’agira toujours de subterfuges pour promouvoir la continuation de l’industrie atomique.

Nous ne pouvons qu’inviter les citoyens, en particulier ceux de l’Est de la France, à se mobiliser en nombre pour soutenir les militants jeunes et moins jeunes, zadistes ou « à l’ancienne », qui tentent courageusement, malgré les coups de matraques et les gaz lacrymogènes, d’empêcher l’enfouissement simultané de la démocratie et des déchets nucléaires.

Stéphane Lhomme

Directeur de l’Observatoire du nucléaire

http://www.observatoire-du-nucleaire.org

 

(*) http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0211111888974-stockage-des-dechets-radioactifs-ne-pas-se-tromper-de-debat-2013549.php

(**) http://www.leparisien.fr/faits-divers/eboulement-mortel-sur-le-site-de-stockage-de-dechets-nucleaires-de-bure-26-01-2016-5486845.php

(***) Souvent en échange de promesses d’embauches pour eux-mêmes ou leurs proches : l’affaire Barroso / Goldman Sachs n’est que l’illustration emblématique de ces pratiques nauséabondes.

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Votation fédérale du 27 novembre 2016 OUI à la sortie programmée du nucléaire

Source : https://www.sp-ps.ch/fr/campagnes/votations-du-27-novembre/oui-la-sortie-programmee-du-nucleaire

 

L’énergie atomique n’est pas rentable. Et Fukushima nous a définitivement convaincus d’une chose: les risques ne sont pas contrôlables. L’avenir appartient aux énergies renouvelables. A fortiori dans notre pays, qui exploite les plus vieilles centrales nucléaires du monde et dispose d’un potentiel gigantesque en termes d’énergies renouvelables. La sortie programmée du nucléaire complète la Stratégie énergétique 2050 avec la durée d’exploitation maximale, si importante, imposée pour les réacteurs atomiques. Elle ouvre ainsi la voie au tournant énergétique.

L’électricité d’origine nucléaire n’est pas rentable et elle est coûteuse

Elle est, aujourd’hui déjà, plus chère que l’électricité provenant de l’énergie hydraulique. Rien que pour les centrales de Gösgen et de Leibstadt, les investissements atteindront environ 1 milliard au cours des prochaines années. Mais les coûts de la désaffectation, pour laquelle les exploitants devraient se mettre ensemble pour constituer un fonds, sont encore plus élevés, raison pour laquelle les exploitants investissent de préférence dans la poursuite de l’exploitation non rentable en espérant une hausse des prix de l’électricité – ou la création d’une société de sauvegarde étatique.

Les centrales nucléaires plus que vétustes représentent une menace

La Suisse se permet le luxe d’exploiter le plus vieux parc de centrales nucléaires du monde. Beznau I, par exemple, est confrontée à de graves problèmes de sécurité. Les centrales nucléaires fonctionnent avec une radioactivité élevée, une charge de pression considérable et de hautes températures. Cela cause une grande usure du matériel et des machines. Des éléments de construction centraux, comme le réacteur, ne peuvent pas se régénérer. Avec nos centrales nucléaires, nous avons dépassé la limite de ce qui est techniquement faisable et supportable. Et le risque de voir un accident se produire aussi sur le territoire suisse a massivement augmenté. L’élimination sécurisée des déchets constitue elle aussi un problème irrésolu.

La sortie programmée crée de la sécurité en matière de planification

La Stratégie énergétique 2050 indique à la Suisse la bonne voie à suivre pour son avenir énergétique. D’ici à 2050, notre approvisionnement en énergie doit reposer en majeure partie sur l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, les centrales nucléaires doivent donc être débranchées. Le Parlement n’a pas su saisir l’occasion qui s’offrait à lui de réglementer cette partie centrale de la nouvelle stratégie énergétique de façon contraignante. Seule une nouvelle interdiction a été ancrée dans la loi. Il manque toutefois des réglementations sur la mise hors service progressive des centrales nucléaires existantes. L’initiative comble cette importante lacune  de la législation au niveau constitutionnel et veille à ce que les centrales nucléaires soient débranchées par étapes (2017, 2024 et 2029).

Le tournant énergétique garantit notre approvisionnement et des places de travail

En Suisse, nous disposons d’un grand potentiel en termes de ressources renouvelables: eau, soleil, vent, biomasse, bois. Le soleil et le vent constituent des ressources dans lesquelles l’on peut puiser pour ainsi dire à l’infini. Autre avantage: contrairement au pétrole, au gaz et à l’uranium, on n’a besoin ni de se les procurer ni de se les faire livrer. Ils nous affranchissent des importations coûteuses de matières premières. En Suisse, l’exploitation d’une centrale nucléaire ne crée que peu de places de travail. Il en va tout autrement des énergies renouvelables. Elles créent des places de travail durables et pleines de sens à l’intérieur du pays, même dans les régions structurellement défavorisées.

 

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