Négationnisme nucléaire et climat, Concurrence des catastrophismes

par Annie Péguin, Professeur de sciences physiques retraitée

et Pierre Péguin, Docteur en physique, Maître de conférence retraité.

juin 2019

 

Deux risques catastrophiques menacent le vivant et sollicitent notre engagement. Mais, si un nombre croissant de personnes se mobilisent pour « sauver le climat et la planète », ce n’est pas le cas pour l’arrêt du nucléaire civil et militaire. Est-ce justifié ? Tout se passe comme si le risque climatique est utilisé pour faire écran au risque nucléaire dont le négationnisme se perpétue depuis son origine….

Manifestations pour le climat, grèves des élèves, communiques d’ONG, etc., il apparait que la population (et en particulier les jeunes), est de plus en plus sensible aux conséquences du bouleversement climatique attribué aux activités humaines. Dès maintenant il est rendu responsables de désordres inquiétants annonciateurs d’un «effondrement » inévitable.

Tandis que le lobby pétrolier américain dépense des sommes considérables pour jeter le doute sur les travaux du GIEC* et soutenir les « climato-sceptiques », le lobby français et international du nucléaire se frotte les mains. Il soutient bien sûr le GIEC en prétendant que l’énergie nucléaire est non seulement décarbonée mais également « propre », deux allégations bien sûr contestables.

Quant au risque terrible que fait courir l’armement atomique mondial, et la production nucléaire d’électricité, il n’en est pas vraiment question. Nous sommes donc de toutes faç̧ons manipulés et il peut être utile de prendre en compte des réflexions décalées par rapport à l’idéologie dominante.

Ainsi J.-P. Dupuy, proche de Ivan Illich, auteur de « pour un catastrophisme éclairé » Seuil, 2002, estime que l’humain a des capacités étonnantes d’adaptation aux bouleversements de ses conditions de vie, comme l’histoire l’a montré. Mais Il dénonce « l’aveuglement face à l’apocalypse » atomique (pour reprendre les termes de Günther Anders) et l’incapacité à envisager le pire engendré par la guerre nucléaire que provoqueront les migrations massives. L’auteur lie donc les deux menaces climatique et nucléaire à combattre…

(lire à ce sujet dans le mensuel « La Décroissance » N°159 de mai 2019 l’article « Ne pas oubier la bombe », interview de Jean-Pierre Dupuy).

J’y ajouterais que la catastrophe nucléaire généralisée qu’elle soit due à la guerre atomique ou à un enchaînement domino d’explosions de réacteurs est d’une autre nature que la catastrophe climatique à laquelle l’humain aura à s’adapter, fusse dans la douleur. L’apocalypse nucléaire touche au génétique du vivant et donc de l’humain, ses dégâts sont transmissibles et irréversibles à notre échelle car couvrant des centaines de milliers d’années.

Face à cela, l’aveuglement de la population est entretenu soigneusement depuis le début de l’ère nucléaire, alors que les risques pour le vivant en ont été perçus très rapidement. Mais Il fallait les cacher pour ne pas entraver le développement de cette énergie colossale source de pouvoir illimité.

Le négationnisme nucléaire

C’est dès le début du nucléaire, au lancement du projet Manhattan que le négationnisme nucléaire a été institué. Il fallait que les moyens considérables mis en œuvre aux US pour aboutir à l’arme atomique ne soient pas remis en cause par l’opinion publique nationale et internationale. Les graves conséquences de la radioactivité sur le vivant devaient être cachées, y compris les horribles injections d’uranium ou de plutonium à des patients à leur insu, ou le silence acheté des familles de travailleurs victimes de contaminations, ou encore les territoires du Nevada rendus radioactifs.

De la même manière il fallait que les US ne soient pas accusés de crimes contre l’humanité pour avoir sacrifié les populations d’Hiroshima et Nagasaki. On sait maintenant qu’il a fallu prolonger la guerre et retarder la capitulation du Japon pour avoir le temps d’expérimenter cruellement in situ l’efficacité de cette nouvelle arme montrant la supériorité des USA dans la guerre froide amorcée. L’occupant américain a interdit tout accès journalistique ou scientifique étranger sur les sites martyrs et il a confisqué tous les témoignages japonais. Il fallait prétendre qu’il n’y avait pas de dangerosité durable une fois les bombes atomiques explosées !

(voir l’excellent livre de Jean-Marc Royer « Le monde comme projet Manhattan », le Passager Clandestin 2017. L’auteur développe les racines du négationnisme nucléaire avec toutes ses horreurs telles que l’évocation des 9’000 cobayes humains, ou la gestion criminelle post Hiroshima et Nagasaki. De plus il relie cette barbarie du mépris de la vie humaine à celle qui s’est imposée à notre époque).

De nos jours la même stratégie continue. Ainsi,

– Officiellement, Tchernobyl n’aurait fait qu’un nombre limité de victimes, suivant les sources, de quelques dizaines à quelque milliers passant sous silence le calvaire des centaines de milliers de liquidateurs et la contamination des populations voisines. Mais une équipe de l’Académie de médecine de New York, compilant en 2010, quelque 5’000 documents d’URSS ont estimé à près d’un million le nombre de morts….

– A la demande de députés écologiques européens, un cabinet d’étude, le CERI,* a évalué la mortalité liée au nucléaire à 61 millions de victimes, et c’était en 2003. Combien aujourd’hui car l’épidémie de cancers et leucémies sensible depuis les années 60 et 70 perdure, épidémie liée essentiellement au nucléaire militaire et civil, et à la chimie (pesticides auxquels s’attaque le mouvement des « Coquelicots »). Dans leur travail les experts du CERI ont pris en compte non seulement la mortalité directe, mais aussi les dégâts sur la santé dus à de

faibles et même de très faibles doses de contamination et leur transmissibilité aux générations suivantes scientifiquement prouvée.

– Enfin, le public sait-il qu’après les catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima, les populations sont contraintes de vivre en zone contaminée. La dangerosité étant niée, il leur est refusé que soient distribués les soins qui pourraient alléger les souffrances, celle des enfants en particulier (c’est le programme « Ethos/Core** »).

En effet pour les nucléocrates, vivre dans le « jardin nucléaire » est un
« challenge » bénéfique, c’est la peur du nucléaire, la nucléophobie, qui rend tout le monde malade! Pas question donc de soigner tous les enfants accablés de maladies de vieux (4 enfants sur 5 des zones contaminées) puisque c’est psychologique : ils ressentent l’angoisse des parents. Seuls les militants de l’institut Belrad, soutenus par l’ETB*, ayant établi un lien direct entre la contamination par le Césium 137, et les atteintes à la santé s’obstinent à proposer des cures de pectine. Mais cet institut est asphyxié, neutralisé, on lui retire les moyens de travailler, l’horreur nucléaire ne tolère pas la vérité…

A ces manœuvres on trouve nos nucléocrates investis de responsabilités nationales et internationales, Jacques Lochard récemment décédé, et Gilles Dubreuil de Mutadis Consultant. Leurs actions criminelles sont faites en notre nom.

Le négationisme évite la prise de conscience et voila pourquoi nous n’entendons pas davantage parler du risque de catastrophe nucléaire qu’elle soit d’origine militaire ou civile. Et pourtant nous sommes menacés par des équipements vieillissants, équipés de pièces défectueuses, entretenus avec des budgets réduits impliquant la sous-traitance.

Mais les partis de gouvernement, les grands médias, s’en remettent à nos
« experts » du Corps des Mines chargés depuis de Gaulle de promouvoir le nucléaire militaire et donc aussi son utilisation civile au nom de la « grandeur de la France», quel qu’en soit le prix et les conséquences pour la population. Ne resterait-il à la France que les industries liées à la guerre, avec aussi la vente d’armes aux dictatures ?

Il apparaît alors une grande différence entre la prise de conscience du risque climatique et celle du risque nucléaire occulté: Le risque climatique est largement médiatisé et bien pris en charge par les écologistes associatifs et politiques. Rien de comparable pour dénoncer les mensonges et les horreurs du nucléaire civil et militaire, cette tâche incombe aux groupes spécifiquement antinucléaires qui n’accèdent pas aux grands médias et peinent à toucher un large public au-delà des cercles militants.

Et pendant que l’opinion se focalise sur le climat, l’Etat peut consacrer au sauvetage du nucléaire des sommes considérables sans pour autant engager les mesures nécessaires à la réduction de la pollution atmosphérique.

Ainsi 8 milliards d’euros ont été engagés pour sauver Areva (devenue Orano) et EDF de la faillite, et ce en plus des budgets consacrés annuellement au nucléaire (force de frappe pour laquelle un plan pluriannuel vient de prévoir 35 milliards pour la rajeunir, gestion des déchets, recherches du CEA, construction d’ITER….). La « grandeur de la France » et notre siège au Conseil de Sécurité, justifient-ils ces énormes sacrifices ?

Au nom du « rayonnement de la France » (voir le livre de Gabrielle Hecht, éd. Amsterdam, 2014) seule la France s’obstine dans la politique de l’électricité nucléaire et de l’armement atomique, se gardant bien de consulter la population. Dans les pays voisins, des processus démocratiques ont permis un désengagement au bénéfice des renouvelables.

Au niveau mondial le déclin de cette technologie obsolète est largement amorcé**, elle n’assure plus que 2 % de l’énergie totale utilisée. Même la Chine développe beaucoup plus le solaire et l’éolien que le nucléaire.

Face à la barbarie du nucléaire et en dépit de son négationnisme comment sensibiliser le public et l’amener à exiger :

– L’arrêt du nucléaire civil qui ne sert finalement qu’à faire bouillir de l’eau pour produire de l’électricité,

– La destruction de l’armement nucléaire, dont l’horrible perspective de son utilisation, la guerre nucléaire est humainement insupportable.

 

* GIEC, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

CERI, Comité Européen sur le Risque de l’Irradiation, recommandations 2003.

ETB, Enfants Tchernobyl Belarus, créé par Solange et Michel Fernex après Tchernobyl .

** – https://apag2.wordpress.com/2016/11/21/vivre-dans-le-jardin-nucleaire-avec-ethos-un- crime-contre-lhumanite/

https://apag2.wordpress.com/2017/09/26/un-rapport-sur-le-declin-irreversible-de-lindustrie- nucleaire-a-lechelle-mondiale/

 

Bibliographie sommaire :

Jean-Luc Pasquinet, Considérations sur l’arrêt de nucléaire et sur la destruction du climat, à paraître 2019.

Thierry Gadault et Hugues Demeude, Nucléaire danger immédiat, Flammarion 2018.

Erwan Benezet, Nucléaire une catastrophe francçaise, Fayard 2018.
Yves Lenoir, La comédie atomique, La découverte 2016.

A. Yablokov, V. Nesterenko, A. Nesterenko, Chernobyl: Consequences of the Catastrophe for People and the Environment, Annal of the New York Academy of Sciences, 2010.

 

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Unité 3 de Fukushima Daiichi : le transfert du combustible de la piscine a commencé

Pierre Fetet

http://www.fukushima-blog.com

27 mai 2019

(Résumé de l’article par son auteur)

 

Quand le bâtiment réacteur n°3 de Fukushima Daiichi a explosé le 14 mars 2011, il y avait 566 assemblages dans la piscine de refroidissement : 514 de combustible usé et 52 de combustible neuf. Depuis, ces 100 tonnes de combustible sont restées une menace dans un bâtiment déstructuré, malgré l’habillage récent, sans enceinte de confinement. Avec quelques années de retard par rapport aux prévisions, Tepco vient de commencer à retirer ces assemblages pour les transférer dans la piscine commune du site.

Or, malgré tous ses efforts de communication, Tepco n’a jamais expliqué la succession d’explosions qui ont eu lieu en 2011 dans ce bâtiment réacteur n°3 en provoquant l’émoi du monde entier. L’opérateur n’a pas plus montré l’état des combustibles de la piscine de refroidissement, sinon par de rares photos prises à quelques endroits de la piscine. C’est pourquoi il est intéressant de suivre l’évolution de ce transfert d’assemblages, opération qui est programmée pour durer deux ans.

 

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Russia Has Captured Two-Thirds of the International Nuclear Power Construction Market

Source : Russia Insider

https://russia-insider.com/en/russia-has-captured-two-thirds-international-nuclear-power-construction-market/ri26722?ct=t(Russia_Insider_Daily_Headlines11_21_2014)&mc_cid=7553ffb1d2&mc_eid=db7da584e6

Source originaire : Check Point Asia

https://www.checkpointasia.net/russia-has-captured-two-thirds-of-the-international-nuclear-power-construction-market/

 

Checkpoint Asia is an excellent new site which scours the media for the best Asia news with a geopolitical focus, plus 1st-class original journalism ranging from Russia to China to the Middle East. Smart, incisive, and free of globalist baloney, by a super-talented former deputy editor of ours of many years.

 

 

By Nazrin Mehdiyeva (Checkpoint Aia)

 

Russia’s Rosatom has secured more orders to build nuclear power plants abroad than all other companies in the world combined.

 

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Rosatom is a strategic, vertically integrated and fully state-owned company,which manages the assets of the Russian nuclear industry at all stages of the nuclear fuel cycleRosatom is present in all segments of the civil nuclear market: from mining uranium deposits in Russia and abroad to producing nuclear fuel commodities through conversion and enrichment, and building reactors and power plants, often with bespoke technological solutions. The company coordinates the work of a large network of engineering, infrastructure and construction companies as well as research institutes and technology parks.

The president appoints Rosatom’s director general – in 2016, Putin appointed First Deputy Minister of Economic Development Alexei Likhachev to replace Sergei Kiriyenko, who was appointed First Deputy Chief of Staff of the Presidential Administration – and members of its supervisory board.

The company’s business strategy is developed based on the goals set by the state for the civilian branch of the Russian nuclear industry and approved by the government. One of Rosatom’s key goals in the current strategy is to increase its international market share and establish itself among the top three world leaders in every segment of the global nuclear market by 2030.

Indeed, since its creation in 2007 from the Russian Atomic Energy Ministry, the company has set itself on this path, consolidating its positions as a leading international player for nuclear technologies and generating substantial overseas revenue from nuclear power plant (NPP) construction, nuclear fuel fabrication and uranium enrichment.

As part of the industry reform, the company has benefitted from the “vertical integration”, which has enhanced Russia’s competitiveness in the global nuclear market by improving coordination in the activities of over 350 enterprises and organisations that comprise Rosatom, cutting costs and creating economies of scale. At the same time, the company’s close affiliation with the Russian state has offered distinct advantages that have propelled Rosatom’sglobal expansion.

Access to state funding has been a critical asset underpinning many of Rosatom’s projects and driving its rapid international growth. Estimates suggest that Rosatom underbids its Western competitors by between 20% and 50%, in large part thanks to government subsidies.

Consequently, it has successfully secured over 60% of recent global reactor sales and 67% of the world NPP construction market (in signed contracts and intergovernmental agreements).

The financial backing from the state has allowed Rosatom to offer large long-term loans to customers who under regular circumstances would not have been able to afford the high costs of NPP construction.

Not all has been plain sailing for Rosatom in its ambitious bid for rapid expansion. In South Africa, for instance, its plans were dealt a blow in 2017 after the High Court ruled to cancel a 2014 intergovernmental agreement to build eight nuclear reactors in the country. The agreement was deemed “unconstitutional and unlawful”; and in mid-2018, despite openings from Putin in a meeting with President Cyril Ramaphosa, South Africa proceeded to cancel all plans to add nuclear power by 2030. Nuclear power has been ruled out as too expensive and the government under Ramaphosa is now opting to generate additional electricity from natural gas, wind and other energy sources. Rosatomresponded quickly to such setbacks and the changing political environment, signing in January 2018 a hydro scheme in Mpumalanga, in what became its first energy contract in South Africa.

By the end of 2017, Rosatom’s 10-year portfolio of overseas orders amounted to $133.6 billion – more than the order books of all its Western competitors combined. The company expected to sign foreign contracts worth another $26 billion in 2018. In its global activities, Rosatom is focusing heavily on NPP construction: of the $133.6 billion portfolio of overseas orders, $97.6 billion are for power plant construction. Indeed, Rosatom has emerged as the undisputed market leader by the number of simultaneously implemented nuclear reactor construction projects: it is currently building (or has under contract) six reactors in Russia and 36 abroad.

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Les impasses de l’électronucléaire

Quatre articles récents sur le cas français

Source : http://biosphere.blog.lemonde.fr

 

24 mars 2019, Le nucléaire, inacceptable dans un pays démocratique

18 mars 2019, Le nucléaire, on n’en a ni les moyens, ni le besoin

17 mars 2019, Nucléaire, des risques sans alternative nucléaire

16 mars 2019, Le nucléaire a-t-il un avenir ? Certainement pas !

(une analyse du cycle de vie = de la construction aux déchets)

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Désastre à Fukushima et JO de Tokyo en 2020

par Hiroaki Koïde

23 août 2018

(traduction : Kolin Kobayashi)

Source : https://www.sortirdunucleaire.org/

http://www.facebook.com/sharer/sharer.php?u=https%3A%2F%2Fwww.sortirdunucleaire.org%2FDesastre-a-Fukushima-et-JO-de-Tokyo-en-2020&t=D%C3%A9sastre %C3%A0 Fukushima et JO de Tokyo en 2020

http://twitter.com/intent/tweet?text=D%C3%A9sastre %C3%A0 Fukushima et JO de Tokyo en 2020&url=https%3A%2F%2Fwww.sortirdunucleaire.org%2FDesastre-a-Fukushima-et-JO-de-Tokyo-en-2020

 

À l’approche des Jeux Olympiques qui se dérouleront au Japon en 2020, Hiroaki KOÏDE, ancien professeur adjoint à l’Institut de recherche sur les réacteurs de l’Université de Kyoto, nous alerte sur la situation réelle du Japon après la catastrophe de Fukushima, toujours en cours.

 

Le 11 mars 2011, un grave tremblement de terre frappe la région de Tōhoku au Japon, causant un tsunami d’ampleur sur la Côte pacifique de Fukushima et les préfectures de Miyagi et Iwaté, provoquant une panne d’électricité à la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi.

Comme le savent tous les scientifiques, une panne totale peut conduire à un incident potentiellement catastrophique. À Fukushima, le système de refroidissement de trois réacteurs est tombé en panne et les cœurs des réacteurs nucléaires ont fondu : une grande quantité d’éléments radioactifs ont été répandus dans l’environnement (dans la terre, dans l’eau et dans l’air). Selon le rapport remis par le gouvernement japonais à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), 1,5 x 10×16 Becquerel (une quantité de césium 137 équivalant à 168 bombes atomiques du type d’Hiroshima) ont été libérés à cause de l’accident. La bombe atomique larguée sur Hiroshima n’était qu’une seule bombe, et pourtant, elle était déjà extrêmement destructrice.

La fusion des cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale Fukushima-Daiichi a libéré au total 7 x 10×17 Becquerels, soit 8 000 fois de la quantité du césium 137 propagée par la bombe d’Hiroshima. En conséquence, une radioactivité égale à 168 fois la puissance de la bombe d’Hiroshima a été libérée dans l’air et versée en mer faisant un total de près de 1000 bombes d’Hiroshima relâchées dans l’environnement ! Une partie de cette radioactivité est encore présente dans certains bâtiments endommagés de la centrale.

TEPCO (Tokyo Electric Power Company Holdings), propriétaire de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, ne sait pas où se trouvent exactement les cœurs des réacteurs à présent fondus. Ils continuent de déverser d’énormes quantités d’eau dans les zones où ils estiment que le combustible fondu a le plus de chance de se trouver, pour continuer à le refroidir. L’arrosage constant implique une contamination de plusieurs centaines de tonnes d’eau par jour et la direction de TEPCO est obligée de construire des milliers de réservoirs à l’intérieur du site pour entreposer et confiner l’eau contaminée. Aujourd’hui, la quantité totale d’eau contaminée retenue dans ces réservoirs dépasse largement le million de tonnes.

À l’avenir, lorsque le nombre de réservoirs aura dépassé la limite possible, TEPCO envisagerait de déverser les eaux contaminées en mer, faute de place disponible.

Bien que le mieux à faire serait de déplacer les cœurs des réacteurs fondus dans un endroit sûr et sécurisé, TEPCO n’est ni capable de localiser exactement les coriums, ni de déterminer leur état précis : personne ne peut s’approcher du site pour y intervenir. L’approche du site implique d’exposer toute personne à qui cette tâche est confiée à un niveau de radioactivité extrêmement fort et très probablement létal.

Le gouvernement et TEPCO ont essayé d’envoyer plusieurs robots. La radioactivité est si puissante qu’elle interfère avec le circuit intégré du robot. De tous les robots qu’ils ont envoyés sur le site, aucun n’est revenu. À la fin du mois de janvier 2017, TEPCO a réussi à faire introduire une caméra de contrôle à distance, semblable à un gastro-oscilloscope, à l’intérieur du socle sur lequel repose le réacteur. L’exploitant a ainsi découvert que le cœur fuyait à travers un grand trou au niveau de la structure métallique. À cette occasion, ils ont pu mesurer le niveau de radioactivité de 20 Sv par heure dans le réacteur lorsque le maximum du seuil admissible pour les êtres humains est 8 Sv. Sur le chemin du réacteur, les rayons ont atteint leur maximum à 530 Sv ou 650 Sv.

L’endroit où les niveaux de radioactivité sont les plus élevés n’est pas à l’intérieur du piédestal en béton qui soutien la cuve, mais à l’extérieur, entre le mur du piédestal et celui de l’enceinte de la cuve.

Après l’accident, TEPCO et le gouvernement ont émis l’hypothèse que la plupart des cœurs avaient fondu dans le réacteur et s’étaient arrêtés à l’intérieur. TEPCO et le gouvernement ont avancé un scénario selon lequel les coriums s’entasseraient à l’intérieur du piédestal intact au fond du récipient de confinement, à la manière d’une boule. Cela permettrait de récupérer les cœurs fondus dans 30 à 40 ans et de les stocker ailleurs, permettant ainsi de faire une déclaration de traitement complet des catastrophes de Fukushima.

Contrairement à leur hypothèse, les coriums ne sont pas du tout en un seul morceau mais se détachent du socle, ce qui fait qu’il est impossible de les récupérer, contrairement au scénario imaginé. TEPCO et le gouvernement doivent donc changer leur « feuille de route ».

Moi-même, j’avais insisté pour que les réacteurs touchés par la catastrophe soient scellés par l’installation d’un « sarcophage » à l’instar de ce qui avait été fait par le gouvernement soviétique après la catastrophe de Tchernobyl, même si ce n’est pas la meilleure des solutions. À Tchernobyl, les couvertures du sarcophage se détériorent avec le temps et en novembre 2016, la seconde couverture du sarcophage a été remplacée. La vie de la seconde couverture est estimée à cent ans.

Personne ne sait quelle solution définitive pourra être trouvée à ce moment-là. Personne parmi les humains vivants n’aura la chance de voir la fin de l’accident de Tchernobyl. Ce serait encore pire à Fukushima. Même si on parvenait à confiner les coriums, la radioactivité ne disparaîtra pas et la situation devra être surveillée de manière permanente pendant plusieurs centaines et milliers d’années.

Le jour de la catastrophe, le gouvernement japonais a déclaré l’état d’urgence nucléaire. Tous les résidents ont été évacués, dans un rayon de 3 km de la centrale nucléaire, puis 10 km et enfin 20 km. Les procédures d’évacuation ont été si rapides que les gens n’ont été autorisés à n’apporter que ce qui était strictement nécessaire, laissant la plupart de leurs effets personnels, leur bétail et même leurs animaux domestiques, derrière eux. Itaté est l’un des villages de la préfecture de Fukushima, situé à 40 km de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi. Ses citoyens ont été informés de l’extrême contamination de leur village un mois après l’accident et ont été forcés de quitter les lieux.

Au début, ils ont été transférés dans un abri temporaire, puis dans une petite maison avec une petite pièce pour 2 personnes. Au fil des événements, ils se sont retrouvés isolés de leur ancienne communauté ; les familles ont été forcées de vivre séparément. Leur ancienne vie a été détruite et les gens, désespérés, n’ont pas ré-accédé à une existence normale. Toute la structure sociale d’une communauté a été touchée, sachant que le concept de bonheur dans la culture japonaise ne diffère d’aucune autre culture dans le monde : qu’est-ce que le bonheur ? Cela implique beaucoup de choses simples, mais pas encore accordées, comme vivre avec leurs familles, leurs amis, leurs voisins et leurs amants. Mais à Fukushima, leur bonheur a brusquement pris fin car ils ont tout perdu. Il y a des habitants qui en viennent à se suicider à force de désespoir.

Ce n’est pas tout. Les retombées radioactives affectent d’autres zones très vastes autour de celles évacuées. C’est ce que l’on appelle « zone irradiée contrôlée ». C’est une zone réglementée où l’entrée est strictement interdite sauf au personnel autorisé, généralement des professionnels et des ingénieurs nucléaires. Personne n’est autorisé à boire, manger, dormir à l’intérieur de la zone. Il n’y a même pas de toilettes.

Cependant, le gouvernement japonais permet à des millions de résidents de vivre dans des zones ayant les mêmes caractéristiques que la zone contrôlée sans qualifier ces zones de la même manière, au mépris de la loi précédemment applicable. Le gouvernement japonais a justifié cet écart par rapport à la loi applicable en raison de l’état d’urgence. Parmi ces habitants, on comptent des nourrissons et des enfants, contraints de vivre dans un endroit aussi contaminé que la zone contrôlée et exposés de manière quotidienne à un environnement délétère pour la santé. Certaines familles ont décidé de quitter leur emploi et de quitter Fukushima afin de protéger leurs enfants de la contamination radioactive. D’autres ont décidé de vivre séparément : l’homme reste habituellement car il est obligé de travailler à Fukushima tandis que la femme et les enfants déménagent.

Fukushima est un environnement social conservateur ; les gens y respectent les traditions et ont l’habitude de vivre ensemble, de génération en génération. Une telle séparation affectera profondément les structures familiales et sociales, à mesure que les habitants renoncent à mener une vie normale. Ce sont des conflits avec deux issues, forcément douloureuses : soit rentrer chez soi et se retrouver dans une région contaminée où ils s’exposent au risque de nuire à leur santé ; soit partir et souffrir de quitter la vie qu’ils avaient autrefois. Les habitants abandonnés survivent difficilement à des souffrances quotidiennes depuis plus de 7 ans et devront encore tenir pendant de nombreuses années.

Pour aggraver l’insulte depuis mars 2017, le gouvernement a commencé à réinstaller les réfugiés de Fukushima dans leur pays d’origine ou villes d’origine où les niveaux de radioactivité sont inférieurs à 20 mSv par an. En conséquence, toute allocation d’aide au relogement est supprimée.

La reconstruction représente la priorité numéro une pour le département de Fukushima et les personnes qui n’ont pas d’autre choix que de vivre à Fukushima suivront probablement les souhaits du gouvernement et oublieront que Fukushima est un endroit dangereux plutôt que de vivre toute leur vie dans la peur et l’anxiété. Ils pourraient même oublier la radioactivité et la contamination qui, heureusement pour l’industrie nucléaire, malheureusement pour les victimes, est invisible. Le gouvernement et le département local laissent les gens oublier de toute façon. Au contraire, si l’on parle de la contamination ou de la peur, il sera reproché d’entraver la reconstruction, de ne pas vouloir aller de l’avant.

Un facteur important pour les habitants touchés est que le gouvernement japonais, après l’accident, a revu la limite légale de doses radioactives en la faisant passer de 1m Sv/an à 20 mSv/an. Il faut dire que 20 mSv/an était auparavant la limite fixée pour les experts ou scientifiques qui travaillaient avec le rayonnement nucléaire comme je l’ai fait et qu’elle n’a jamais été appliquée à des civils ordinaires. En particulier, les nourrissons et les enfants qui sont plus sensibles aux radiations et qui n’ont aucune responsabilité non plus dans la catastrophe nucléaire de Fukushima, ni dans la politique nucléaire du Japon qui a dépassé la limite du raisonnable.

Alors, le gouvernement japonais continue de dire qu’il ne peut pas faire grand-chose à cause de la situation d’urgence nucléaire. Cette déclaration de l’état d’urgence n’a pas été reconduite par la nécessité absolue de l’urgence. Elle ne doit pas continuer sans limite mais elle est toujours en vigueur après plus de 7 ans et demi, ce qui n’est pas acceptable.

Apparemment, le gouvernement encourage activement l’oubli de la catastrophe de Fukushima et les médias sont complices. Ils omettent de rendre compte de la contamination réelle, des risques sanitaires et de la situation réelle à Fukushima sans pouvoir supprimer l’état d’urgence. La plupart des Japonais ne savent pas que Fukushima est toujours sous état d’urgence nucléaire. L’élément le plus nocif pour l’environnement et la santé est le césium 137 ; il faut 30 ans pour réduire sa quantité de moitié et il reste après 100 ans à 10% de sa valeur. En fait, dans 100 ans, le Japon sera toujours soumis à cette « déclaration d’état d’urgence » et cette radionucléides continuera de contaminer l’eau, l’air, la terre et la nourriture.

Les Jeux Olympiques ont toujours été utilisés comme outil de propagande pour promouvoir le nationalisme. Ces dernières années, construire de nombreuses structures gigantesques sans aucune perspective d’utilisation après les Jeux olympiques, c’est juste dans l’intérêt des entreprises de construction et des autres entreprises de services qui font d’énormes profits dans cette société de consommation.

Je pense que le gouvernement japonais doit faire un effort énorme et de son mieux pour résoudre l’urgence nucléaire à Fukushima dans les plus bref délais pour sauver les habitants de Fukushima qui vivront dans des situations extraordinaires, ou au moins de sauver d’abord les enfants.

Cependant, le gouvernement japonais considère que la réussite des Jeux Olympiques de Tokyo en 2020 est un objectif primordial. Ce genre de grands événements peut distraire les gens de leurs problèmes graves. Les médias font de leur mieux pour élever la « fièvre olympique » qui fait de tout opposant aux Jeux olympiques de 2020 à Tokyo un mauvais citoyen. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les médias n‘ont diffusé que des informations officielles très positives et la population japonaise a coopéré avec le gouvernement. Le « bon citoyen » a accusé ses « méchants » voisins, opposés à la politique nationaliste, pour qu’ils soient conduits en prison. Si mon pays considère que le succès des Jeux Olympiques de Tokyo en 2020 est un objectif plus important que de sauver d’innocents citoyens, je préfère être un « mauvais citoyen ».

La vérité est que le désastre de Fukushima durera plus de 100 ans et, à ma plus grande surprise, personne n’a été officiellement incriminé à ce jour, aucun représentant de TEPCO, aucun directeur, aucun ministre, aucun politicien, aucun spécialiste qui l’ait causée. Personne n’a même été accusé d’être responsable du désastre de Fukushima. Pour ajouter l’insulte à nos blessures, notre gouvernement veut redémarrer ces vieilles centrales nucléaires qui ne sont pas opérationnelles et veut exporter la construction de centrales nucléaires vers d’autres pays étrangers. Être l’hôte des Jeux Olympiques dans le pays en situation d’urgence nucléaire est absurde. Les États participants et quiconque parrainant un tel acte prennent le risque, d’une part d’être exposé à la contamination radioactive, et d’autre part d’être les complices de comportements criminels, coupables par leur silence et leur déni.

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Pétition demandant l’abrogation du traité EURATOM

Source : http://www.criirad.org

Pour en finir avec un régime d’exception, qui freine le développement

des énergies renouvelables.

13 Décembre 2018

A Mr le Président de la République Française,

La Communauté Européenne de l’Energie Atomique, dite EURATOM, a été instituée par un traité signé en 1957 par les six pays membres de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA). Fixée à l’article 1, sa mission est très claire : promouvoir le développement de l’industrie nucléaire en Europe.

La CECA a été dissoute en 2002 et intégrée à la Communauté Européenne mais, 60 après sa création, le traité EURATOM continue d’exister en dehors de l’Union Européenne. Maintenir un tel passe-droit au profit de l’énergie nucléaire est  aussi anachronique qu’anormal.

Alors qu’EURATOM est chargé de développer en Europe des industries nucléaires puissantes, c’est ce traité qui définit les normes de protection contre les dangers de la radioactivité. Le conflit  d’intérêt est criant, au détriment de la protection des populations.

EURATOM constitue également un obstacle majeur au développement des énergies renouvelables : en drainant un volume considérable d’aides financières, son existence restreint les investissements nécessaires aux solutions d’avenir que les citoyens européens plébiscitent et qui préservent les générations futures.

Sur ce constat, nous vous demandons, Mr le Président de la République, d’intervenir en tant que membre de la Commission EURATOM, pour que cette instance se réunisse dès 2019 afin de  préparer la résiliation du traité instituant la Communauté Européenne de l’Énergie Atomique EURATOM.

Signature sur le site de la CRIIRAD :

http://abrogationeuratom.wesign.it/fr

 

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Squattant le débat climatique, l’hydre nucléaire relève la tête

René Longet

3 mars 2019

Source : https://blogs.letemps.ch/rene-longet/2019/03/03/squattant-le-debat-climatique-lhydre-nucleaire-releve-la-tete/

 

Le lobby nucléaire qu’on croyait mort et enterré après le vote le 21 mai 2017 de la nouvelle loi sur l’énergie qui interdit toute nouvelle centrale nucléaire en Suisse (« L’octroi d’autorisations générales pour la construction de centrales nucléaires est interdit ») relève la tête, prenant en otage le débat climatique.

Remplacer le fossile par le fissile, est-ce vraiment si facile ?

Un petit calcul va permettre de donner rapidement la réponse. C’est la règle des 3 x 10: 10 ans de travail avant la mise en service d’un réacteur nucléaire, 10 milliards de $ par unité de production de 1000 MWe, 10 % de la production d’électricité est d’origine nucléaire dans le monde.

10 ans de travail : le dossier de construction et d’autorisation, la préparation du site, les travaux de génie civil, l’installation elle-même, les essais.
10 milliards, sans les coûts de démantèlement (estimés à la moitié de ce montant) et de gestion des déchets.
10% de l’électricité mondiale, qui elle-même représente 20% du mix énergétique mondial, c’est donc…2 %. Le fossile quant à lui représente environ 75% de ce mix, le solde étant la biomasse (bois…).

Ces 2% sont assurés aujourd’hui par quelque 450 réacteurs. Pour ne serait-ce que doubler cette part, passer de 2% à environ 5% (en supposant une stabilisation de la consommation, qui est malheureusement loin d’être acquise), il faudrait attendre 10 ans, dépenser 4500 milliards… pour un effet condamné à rester fort limité. A moins que… comme certains pronucléaires ne se gênent pas de le revendiquer, on accélère le rythme. Ainsi pouvait-on lire dans le journal allemand Die Welt du 27 février dernier qu’il faudrait construire… 115 réacteurs par an dans le monde !

La stratégie de la mise en valeur des énergies renouvelables décentralisées, géothermie, éolien, solaire, hydraulique, biomasse combinée avec une vraie volonté de parvenir à un usage économe des énergies est infiniment plus réaliste. Elle est clairement meilleure en termes d’efficience par rapport au résultat, d’engagement de moyens et de résilience du système énergétique, y compris en termes d’emplois diversifiés et locaux.

Et les risques ?
Tout cela sans prendre en compte le problème clé de cette forme de production d’énergie : la radioactivité. Une centrale nucléaire, c’est tout simplement une chaudière à eau dont la vapeur actionne une turbine, sauf que … la chaleur à l’origine de la production de vapeur est issue de la réaction radioactive. Il se trouve que si l’on sait parfaitement mettre en route cette radioactivité, l’on reste totalement incapable de la stopper une fois lancée.

Et c’est ainsi que le nucléaire dit civil ajoute sa dose de radioactivité à la radioactivité naturelle et celle militaire. Chaque réacteur nucléaire de plus, c’est autant de radioactivité en plus qu’il faut pouvoir confiner de manière étanche de la biosphère. Ceci sur tout le circuit de l’atome, la mine, les transports, l’enrichissement, son usage dans les réacteurs sous forme de barres de combustible – puis sa gestion comme déchet durant des milliers d’années.

Ce problème n’a jamais été résolu et c’est pourquoi de nombreux pays ont décidé de ne pas s’engager sur cette voie, ne voulant pas faire payer les générations à venir pour notre confort (ou notre paresse) d’aujourd’hui. S’ajoutent, en quelque sorte comme le “sommet de l’iceberg nucléaire”, les accidents tels que celui de Tchernobyl ou de Fukushima, qui statistiquement vont nécessairement augmenter avec le nombre des installations, quelles que soient les précautions prises.

Remplacer le fossile par le fissile, non merci, nous avons mieux à faire. Ne cédons pas à la tentation de cette diversion que ne fait que remplacer (très partiellement vu les coûts et les délais) un mal (le changement climatique) par un autre (l’irradiation radioactive progressive de la Planète). Et au final, au lieu d’avoir un problème, nous en aurons deux.

longet

René Longet

Licencié en lettres à l’Université de Genève, René Longet a mené en parallèle d’importants engagements, dans le domaine des ONG et du monde institutionnel, pour le vivre-ensemble ainsi qu’un développement durable. Passionné d’histoire et de géographie, il s’interroge sur l’étrange trajectoire de cette Humanité qui, capable du meilleur comme du pire, n’arrive pas encore bien à imaginer son destin commun.

 

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Concurrence des catastrophismes Climat versus Nucléaire

Pierre Péguin, physicien,

février 2019

 

Deux risques catastrophiques menacent le vivant et sollicitent notre engagement. Mais, si un nombre croissant de personnes se mobilisent pour « sauver le climat et la Planète », ce n’est pas le cas pour l’arrêt du nucléaire. Tout se passe comme si le risque climatique faisait écran au risque nucléaire.

 

Manifestations pour le climat, grèves des élèves, communiqués d’ONG, etc, il apparaît que la population, et en particulier parmi les jeunes, est de plus en plus sensible aux conséquences du bouleversement climatique attribué aux activités humaines, qui dès maintenant serait responsable d’une augmentation de la température moyenne de 1°, et de désordres climatiques inquiétants. D’après le GIEC*, dans les conditions actuelles, cette température pourrait s’accroître encore plus vite, de quelques degrés d’ici quelques dizaines d’années (croissance économique mondiale que rien n’arrête, effets secondaires sur les océans, le permafrost, etc). Comme un « pédalo ivre », notre monde irait dans le mur et vers « l’effondrement » (allusions aux livres marquants l’un de François Partant, l’autre de Bruno Servigne et Raphael Stevens).

Tandis que le lobby pétrolier américain dépense des sommes considérables pour jeter le doute sur les travaux du GIEC et soutenir les« climato-sceptiques », le lobby français et international du nucléaire se frotte les mains et soutient bien sûr le GIEC en prétendant que l’énergie nucléaire est « décarbonnée », ce qui bien sûr n’est pas vrai, le cycle de l’atome nécessitant le recours à beaucoup d’énergie fossile. Nous sommes donc de toutes façons manipulés.

Les dégâts déjà présents, et surtout à venir du bouleversement climatique sont suffisamment connus pour qu’il ne soit pas nécessaire d’y revenir ici. Par contre ceux dus aux 2’400 bombes atomiques qui ont explosé à titre d’essai, comme ceux dus au fonctionnement normal et aux catastrophes du nucléaire dit civil de production électrique, ou encore ceux dus aux armes conventionnelles utilisées dans les guerres récentes ou en cours équipées de tête d’uranium, sont passées sous silence de façon à ne pas inquiéter le public.

Et pourtant il y a de quoi s’inquiéter malgré les mensonges du lobby du nucléaire français et international. Qu’on en juge :

– Officiellement Tchernobyl n’aurait fait qu’un nombre limité de victimes, suivant les sources, de quelques dizaines à quelques milliers passant sous silence le calvaire des centaines de milliers de liquidateurs. Sauf qu’une équipe de l’Académie des sciences de New York, compilant en 2010, quelque 5’000 documents d’URSS ont estimé à près d’un million le nombre de morts.

– A la demande de députés écologiques européens, un cabinet d’étude le CERI* a évalué la mortalité liée au nucléaire à 61 millions de victimes, et c’était en 2003. Combien aujourd’hui car l’épidémie de cancers et leucémies, sensible depuis les années 60 et 70, perdure, épidémie liée essentiellement au nucléaire militaire et civil, et à la chimie (pesticides auxquels s’attaque le mouvement des « Coquelicots »). Dans leur travail les experts du CERI ont pris en compte non seulement la mortalité directe, mais aussi les dégâts sur la santé dus à de faibles, et même de très faibles doses de contamination.

– On sait maintenant scientifiquement que l’ADN de tout le vivant a été touché, et que les anomalies génétiques provoquées par la contamination radioactive de nos organismes sont transmissibles aux générations suivantes.

– Enfin le public sait-il qu’après les catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima, les populations sont contraintes de vivre en zone contaminée. La dangerosité étant niée, il leur est refus que soient distribués les soins qui pourraient alléger les souffrances, celle des enfants en particulier (c’est le programme « ethos/Core** » dont les leaders français du nucléaire sont responsables).

En effet pour les nucléocrates, vivre dans le « jardin nucléaire » est un « challenge » bénéfique, car c’est la peur du nucléaire, la nucléophobie, qui rend tout le monde malade ! Pas question donc de soigner tous les enfants accablés de maladies de vieux puisque c’est psychologique : ils ressentent l’angoisse des parents. Certes, les résistants obstinés de l’institut Belrad, soutenus par l’ETB*, ont établi un lien direct entre la contamination par le césium 137, et les atteintes à la santé qui concernent 4 enfants sur 5 des zones contaminées. Mais cet institut est asphyxié, neutralisé, on lui retire les moyens de travailler, l’horreur nucléaire ne tolère pas la vérité….

Est-ce ainsi que nous serons traités en cas de catastrophe? C’est bien probable, ce que nos leaders nationaux ont réussi à imposer au-delà de nos frontières le sera aussi chez nous.

Pourquoi n’entendons-nous pas davantage parler du risque de catastrophe nucléaire en France et ailleurs ?

En France en particulier nous sommes dirigés par des élites tributaires d’idéologies productivistes qui s’obstinent dans une impasse économique et écologique. Nous sommes menacés par des réacteurs vieillissants, équipés de pièces défectueuses fabriquées au Creusot, entretenus avec des budgets réduits faisant appel à la sous-traitance et recourant au mensonge généralisé. Mais les partis de gouvernement, les grands médias, s’en remettent à nos « experts » du Corps des Mines chargés depuis de Gaulle de promouvoir le nucléaire militaire et civil au nom de la « grandeur de la France», quel qu’en soit le prix et les conséquences pour la population.

Il apparaît alors une grande différence entre la prise de conscience du risque climatique et celle du risque nucléaire : Le risque climatique est largement médiatisé par les rapports du GIEC et il bénéficie du soutien de l’Agence internationale pour l’énergie atomique, ces deux structures bénéficiant du prestige de l’ONU dont elles relèvent. A cela s’ajoute en France le cocorico de la Cop21 de Paris, l’engagement des écologistes associatifs et politiques.

Rien de tout cela pour dénoncer les mensonges et les horreurs du nucléaire civil et militaire, cette tâche incombe aux groupes spécifiquement antinucléaires, et il ne leur est pas facile d’accéder aux grands médias et de toucher un large public au-delà des cercles militants.

Il y aurait-il manipulation ? Pendant que l’opinion se focalise sur le climat, l’Etat peut consacrer au sauvetage du nucléaire, les sommes considérables qui seraient si utiles pour lancer des programmes d’isolation des logements, de sobriété énergétique, de développement des renouvelables. Ainsi 8 milliards d’euros ont été engagés pour sauver Areva (devenue Orano) et EDF de la faillite et ce, en plus des budgets consacrés annuellement au nucléaire (force de frappe pour laquelle un plan pluriannuel vient de prévoir 35 milliards pour la rajeunir, gestion des déchets, recherche…), assurant ainsi notre grandeur et justifiant notre siège au Conseil de Sécurité.

La catastrophe nucléaire qui toucherait des dizaines de millions de personnes ne relèguerait-elle pas le risque climatique au 2nd rang ? Sait–on que le scénario de la catastrophe est déjà écrit dans la loi française, que c’est l’armée qui gérera les flux de population pour prévenir la fuite des centaines de milliers de personnes affolées, qu’il est prévu de tolérer pour tous une radioactivité 20 fois plus élevée que la norme actuelle pourtant déjà excessive, les maladies de vieillesse toucheront toutes les générations, qu’il naîtra des bébés monstrueux ?

Au nom du « rayonnement de la France ». (voir le livre de Gabrielle Hecht) Seule la France s’obstine, alors que les pays voisins se désengagent du nucléaire au bénéfice des renouvelables. Même la Chine, pourtant fer de lance du nucléaire, développe beaucoup plus le solaire et l’éolien que le nucléaire. Le déclin mondial de cette technologie obsolète est largement amorcé.**

Face à la barbarie du nucléaire comment sensibiliser le public et l’amener à exiger l’arrêt du nucléaire ? Le nucléaire n’est-il pas la plus mauvaise et la plus dangereuse façon de faire bouillir de l’eau pour produire de l’électricité ? Et pour quelques dizaines d’années de confort électrique est-il raisonnable de contaminer la Planète pour des centaines de milliers d’années alors que le nucléaire n’assure finalement que quelque 2 % de l’énergie consommée dans le monde…

 

* GIEC, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

CERI, Comité Européen sur le Risque de l’Irradiation, recommandations 2003.

ETB, Enfants Tchernobyl Belarus, créée par Solange et Michel Fernex après Tchernobyl

** – https://apag2.wordpress.com/2016/11/21/vivre-dans-le-jardin-nucleaire-avec-ethos- un-crime-contre-lhumanite/

https://apag2.wordpress.com/2017/09/26/un-rapport-sur-le-declin-irreversible-de- lindustrie-nucleaire-a-lechelle-mondiale/

 

Bibliographie sommaire :

Considérations sur l’arrêt de nucléaire et sur la destruction du climat, Jean-Luc Pasquinet, à paraître 2019.

– Thierry Gadault et Hugues Demeude, Nucléaire danger immédiat, Flammarion 2018.

– Erwan Benezet, Nucléaire une catastrophe française, Fayard 2018.

– Yves Lenoir, La comédie atomique, La découverte 2016.

-. A. Yablokov, V. Nesterenko, A. Nesterenko, Chernobyl: Consequences of the catastrophe for people and the environment, Annals of the New York Academy of Sciences, 2010.

 

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Suisse. Le rêve nucléaire fondait avec l’accident de Lucens, dans le canton de Vaud.

Le Matin

Lausanne

15 janvier 2019

Source : https://www.lematin.ch/vaud-regions/Le-reve-nucleaire-fondait-avec-l-accident-de-Lucens/story/18868122

 

La fusion partielle du coeur de réacteur expérimental de Lucens (VD) en 1969 avait provoqué un choc en Suisse et dans le monde.

 

Il y a 50 ans, l’accident nucléaire le plus grave de l’histoire suisse s’est produit à Lucens (VD). La fusion partielle du coeur de réacteur expérimental, l’un des accidents nucléaires les plus importants au monde, a mis fin au rêve nucléaire suisse.

Le responsable de la protection contre les radiations est tombé sous le choc lorsqu’il a fait sa tournée d’inspection peu après l’arrêt automatique inattendu de l’installation. À l’entrée de la caverne du réacteur, il y avait un badge d’un employé, ce qui indiquait que ce dernier se trouvait dans la zone concernée.

Derrière la porte, dans la caverne du réacteur, le gaz de refroidissement qui fuyait avait atteint une concentration mortelle. La radioactivité était à un tel niveau qu’elle dépassait la valeur maximum des instruments de mesure. Mais il y a eu un peu de chance dans le malheur: l’employé dont le badge se trouvait à l’entrée a été retrouvé sain et sauf, il n’était pas dans la salle concernée, il y avait simplement oublié son badge.

 

Caverne pas étanche

Mais la caverne du réacteur n’était pas complètement étanche: les radiations se sont propagées jusqu’à 100 mètres de la salle de contrôle. Dans la caverne la plus proche du réacteur, une équipe impliquée dans l’arrêt de la turbine a été irradiée. Comme les douches de décontamination étaient inutilisables, les travailleurs ont dû trouver une solution de remplacement et se sont douchés sans eau chaude.

L’installation n’était pas non plus complètement hermétique vis-à-vis de l’extérieur. La radioactivité a faiblement augmenté dans les villages voisins, sans toutefois atteindre des valeurs dangereuses, selon deux responsables de la radioprotection de la Commission fédérale pour la surveillance de la radioactivité.

La construction souterraine du réacteur a protégé la population du pire. Mais ce choix d’un réacteur enterré a probablement causé l’accident: l’eau pénétrant de l’extérieur s’est avérée problématique depuis le début.

 

Corrosion en cause

Ce fut le cas après la première phase d’exploitation de l’installation qui dura trois mois en 1968. Lorsque l’usine a été fermée pour révision, l’eau s’est infiltrée à l’insu du personnel. Elle a provoqué la corrosion du revêtement en magnésium des barres de combustible.

Des écailles de rouille se sont détachées et ont bloqué les tuyaux du gaz de refroidissement. Lorsque les opérations ont repris le matin du 21 janvier 1969, il a fallu 13 heures pour que le cœur fonde, prenne feu et explose.

 

Démantèlement

L’usine a été démantelée en 1973, les matières radioactives ont été en partie laissées sur le site et en partie transportées au centre d’entreposage temporaire des déchets nucléaires à faible radioactivité de Würenlingen (AG). Aujourd’hui, le canton de Vaud utilise les salles qui n’ont pas été comblées par du béton comme dépôts pour les musées.

La Suisse était passée à un cheveu d’un drame. Elle va en limiter l’impact sur l’opinion publique par une communication habile. Dix ans plus tard, un accident nucléaire de la même gravité à Three Mile Island aux Etats-Unis provoquait un tollé dans le monde entier. Ce ne fut pas le cas pour Lucens.

 

Intérêt militaire

A la fin des années 1960, la Suisse percevait encore l’énergie nucléaire comme une source d’énergie propre et inépuisable. Le fait que du plutonium de qualité militaire soit produit lors de la fission pour la production d’électricité se révélait également très pratique pour la Suisse pendant la guerre froide.

Ces dernières années, plusieurs critiques ont souligné que l’intérêt militaire était primordial dans le cas de Lucens et primait sur une utilisation civile. Lorsque le réacteur expérimental a alimenté pour la première fois le réseau public en électricité le 29 janvier 1968, l’énergie nucléaire était déjà bien établie en Suisse.

Les producteurs d’électricité suisses s’étaient lancés dans le nucléaire avec des réacteurs américains. Les travaux de construction de la centrale de Beznau I avaient commencé en 1965 et ceux de la centrale de Mühleberg deux ans plus tard. L’entreprise Sulzer s’était d’ailleurs retirée du projet de Lucens en 1967.

Si le projet de Lucens, dont les coûts budgétés ont presque doublé, a continué, c’est par intérêt pour la bombe atomique, selon deux auteurs de livres. Car l’événement fascine toujours, que ce soit le physicien et chimiste Peter Beutler dans son roman policier «Lucens» ou l’historien Michael Fischer dans son prochain livre «Atomfieber» («La fièvre de l’atome»). (ats/nxp)

 

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Autolib définitivement débranché : encore un ennemi de l’Observatoire qui mord la poussière !

Observatoire du nucléaire

Saint-Macaire, 24 juin 2018

Bolloré était pourtant averti : après avoir défié l’Observatoire du nucléaire, jusqu’à l’attaquer en justice, la multinationale atomique Areva a dû baisser pavillon en Cour d’appel (*), puis déposer le bilan et finalement changer de nom pour tenter de sauver quelques miettes.

L’inconscient Vincent Bolloré n’a pas souhaité tenir compte du terrible danger qui menace les adversaires de l’Observatoire du nucléaire et, malgré les avertissements lancés (**), a maintenu sont système anti-écologique et anti-social de voitures électro-nucléaires : Autolib à Paris, BlueCub à Bordeaux et BlueLy à Lyon.
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Le 21 juin 2018, mieux vaut tard que jamais, les élus d’Ile-de-France ont enfin mis un terme à l’aventure absurde d’Autolib. Ils ne l’ont cependant fait que pour des raisons financières, ce qui est certes très important s’agissant d’argent public, mais ils ont hélas laissé passer l’occasion de reconnaître qu’ils se sont lourdement trompés, et se trompent encore, sur la voiture électrique.
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En effet, cette dernière est une calamité environnementale au même titre que la voiture thermique (essence ou diesel) qu’il ne s’agit évidemment pas pour nous de réhabiliter : le plus scandaleux et injustifiable dans cette affaire est de détruire des quantités astronomiques d’argent public pour remplacer des voitures polluantes (essence ou diesel) par d’autres voitures polluantes (électriques).
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Qui plus est, l’argent de tous est gaspillé (voire carrément offert aux plus fortunés par le biais de bonus prétendus « écologiques ») au profit d’urbains occidentaux privilégiés, et au détriment des plus modestes (qui n’achètent pas de voitures électriques) et de populations éloignées.
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C’est en particulier le cas de tribus qui vivaient paisiblement depuis des milliers d’années dans les Andes et qui sont déportées car elles ont le malheur d’habiter au dessus des plus grandes réserves mondiales de lithium : chacun devrait savoir que les batteries d’une voiture électrique sont bourrées de lithium et d’autres éléments comme le graphite, et que les filières industrielles correspondantes sont assises sur des désastres environnementaux et des pratiques sociales dignes de Germinal.
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Par ailleurs, la fabrication des batteries d’une voiture électrique génère des gaz à effet de serre en quantité équivalente à 10 à 15 ans d’utilisation d’une voiture thermique : contrairement à un mensonge diffusé par les industriels, et hélas trop souvent relayé par des médias qui ne prennent pas le temps de creuser la question, la voiture électrique n’est même pas vertueuse concernant la lutte contre le changement climatique.
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Pour en revenir aux Autolib (et BlueCub et BlueLy), ce sont assurément les pires de toutes puisqu’elles doivent rester en charge même lorsque leurs batteries sont pleines, entrainant un injustifiable et massif gaspillage d’électricité.
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De plus, les allégations de Bolloré, selon qui les voitures électriques seraient rechargées « avec de l’électricité renouvelable », sont de purs mensonges puisqu’il ne s’agit là que de jeux d’écriture : le courant utilisé est celui du réseau électrique ordinaire, à savoir à 75% nucléaire.
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Il est d’ailleurs regrettable que la plainte déposée par Bolloré, qui a donné lieu à l’audition par les gendarmes du directeur de l’Observatoire du nucléaire le 21 novembre 2014, ait été lâchement retirée par l’industriel, privant ainsi l’opinion publique d’un débat fort intéressant à propos de l’activité citoyenne consistant à débrancher les voitures électriques en charge sur la voie publique (voir extraits des reportages de France2 et France5, liens ci-dessous).
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Il faut désormais que les élus des Métropoles de Bordeaux et de Lyon fassent au plus vite la vérité sur la situation de Bluecub et de BlueLy : on se demande bien comment une opération terriblement déficitaire à Paris (en plus d’être anti-sociale et anti-écolo) ne le serait pas en province.
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Pour mémoire, l’Observatoire du nucléaire avait déjà infligé une cuisante défaite à Bolloré mais aussi aux autres constructeurs de voitures électriques en les contraignant à retirer de leurs propagandes respectives les mentions « écolo », « verte » ou « propre » (***).
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Après Areva et Autolib, ce sont EDF, sa filiale Enedis et son complice UFC-QueChoisir qui sont désormais dans l’œil du cyclone, attendant d’être à leur tour désossées par l’Observatoire du nucléaire.
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Ainsi, ce dernier a lancé des procédures contre EDF (et son complice improprement appelé Autorité de sûreté nucléaire : elle n’a aucune « autorité » sur EDF et ne garantit aucune « sûreté ») à propos des pièces nucléaires défectueuses que sont entre autres la cuve du réacteur EPR et les générateurs de vapeur présents dans plusieurs réacteurs actuellement service.
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D’autre part, par le biais de son directeur, l’Observatoire du nucléaire est engagé contre le déploiement du compteur malfaisant Linky et combat avec pertinence et dextérité la direction d’Enedis, filiale d’EDF, et sa complice la direction de l’association UFC-QueChoisir, déjà ramenée à la raison une première fois (****) en attendant de se faire à nouveau pourfendre lors des quatre procédures qu’elle a inconsidérément lancées.
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Comme le chantait si bien Queen (*****), « Another one bites the dust » : encore un qui mord la poussière !
Stéphane Lhomme
Directeur de l’Observatoire du nucléaire
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(*) http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article22

(**) Communiqué de l’Observatoire du nucléaire : http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article58
Extrait d’un reportage de France 2 :
https://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/envoye-special/video-la-voiture-verte-electrique-mais-pas-ecologique_817419.html
Extrait d’un reportage de France 5 :
https://www.youtube.com/watch?v=VeK1DUPvGhk

(***) https://www.lemonde.fr/planete/article/2014/06/26/publicite-la-voiture-electrique-n-est-pas-ecologique_4445251_3244.html

(****) https://www.sudouest.fr/2018/01/11/compteurs-linky-que-choisir-perd-son-proces-contre-le-girondin-stephane-lhomme-4101422-4697.php

(*****) https://www.youtube.com/watch?v=rY0WxgSXdEE

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