Archives mensuelles : septembre 2013

Réponse des autorités politiques suisses à l’Appel de Genève II

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Graf & Lombardi

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par | septembre 29, 2013 · 5:45

Les enfants de Tchernobyl

« Ce qui nous attend en Europe occidentale, si l’on continue… »
L’Association pour l’Appel de Genève II réédite ci-dessous
un article de Michel Hugot, Ingénieur informaticien,
daté d’octobre 2011, mis à jour le 26 septembre 2013:

Appel à financer les projets de
l’institut  de radioprotection « BELRAD »

Siège social : Résidence « Les Jardins d’Emeraude »
28 bis, rue de la République – 22770 Lancieux.
 http://enfants-tchernobyl-belarus.org

Exposé des motifs :

Deux millions de personnes au moins, dont 500 000 enfants, vivent, en Biélorussie, sur un sol contaminé par l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Toute la chaîne alimentaire est polluée par des éléments radioactifs. Parmi ceux-ci, le Césium 137. Le sol en regorge. Pour les familles peu fortunées, il est (quasiment) impossible de ne pas en ingérer. Les populations des zones les plus contaminées dépendent d’un soutien dérisoire de l’Etat biélorusse et du travail de l’Institut « Belrad », représenté en France par l’association franco-biélorusse Enfants de Tchernobyl Bélarus (ETB), loi 1901, créée le 27 avril 2001. L’Institut indépendant « Belrad » a été créé à Minsk en 1990, avec l’aide de Sakharov et de Karpov, par le Prof. Vassili Nesterenko, un physicien nucléaire du plus haut niveau qui, après l’accident de Tchernobyl, s’est reconverti dans la radioprotection des enfants qui sont les plus gravement touchés par la contamination radioactive. On constate en effet dès la naissance :

– Des malformations
– Une grande fragilité
– Atteinte de tous les systèmes de défense contre les infections
– Maladies cardiovasculaires
– Maladies endocrines dont le diabète sucré grave
– Thyroïdites
– Atteintes neuro-psychiques et oculaires
– Lésions d’autres organes
– Cancers

L’Institut BELRAD utilise un système de mesure de la radioactivité du Cesium 137 incorporé chez chaque enfant et un traitement qui réduit la charge en césium radioactif accumulé dans les organes. Ce traitement, à base de pectine de pomme vitaminée comporte des cures pour les enfants contaminés pendant 3 semaines, les cures devant être répétées de 2 à 4 fois par an pour produire un effet significatif. Cette préparation permet d’éliminer les atomes radioactifs (Cesium, Strontium et dérivés de l’Uranium). Beaucoup de Biélorusses, ayant de faibles revenus, doivent se nourrir d’aliments produits localement, fortement contaminés, et ne peuvent financer les traitements de leurs enfants. Les équipes de l’Institut BELRAD sillonnent les villages biélorusses, en mesurant le taux de Césium 137 chez les enfants et en leur fournissant gratuitement les comprimés de Pectine.

L’institut BELRAD est, avec 430 000 mesures effectuées sur les enfants en vingt ans d’activité, le seul témoin irréfutable de la contamination radioactive toujours présente dans une grande partie du territoire de Biélorussie. Il va à l’encontre de la version rassurante diffusée par les gouvernements et les organismes internationaux sous l’égide de l’OMS et de l’AIEA qui veulent faire croire que « Tchernobyl, c’est fini ». (voir le site d’Independent Who) Loin d’aider l’institut, on s’acharne à le faire disparaître.

Il y a donc deux raisons de défendre l’institut BELRAD, que pratiquement seule l’association Enfants de Tchernobyl Bélarus finance :
1) L’aide humanitaire, qui seule permet, par l’information des familles et l’utilisation des  cures de pectine pour réduire les effets délétères du Cesium137, tout spécialement chez   l ‘ e n f a n t , b i e n p l u s vulnérable que l’adulte.
2) Renforcer le combat pour que la vérité scientifique sur les conséquences sanitaires immédiates et à long terme d’un accident tel que celui de Tchernobyl soit enfin reconnue. BELRAD nous apporte pour cela une quantité de données irremplaçables.

Historique et financements :

A l’origine, le financement de BELRAD reposait sur l’aide du premier gouvernement biélorusse. Les gros donateurs étaient des millionnaires russes, comme Karpov, puis une fondation américaine qui a arrêté son aide à la suite de l’attentat de septembre 2001. D’autres sources, en provenance d’ONG occidentales, ont rapidement diminué.
– L’institut est né quand l’URSS disparaissait : il fallait répondre d’urgence aux immenses dégâts provoqués par la catastrophe de Tchernobyl sur la santé des habitants des zones contaminées et non évacuées de Biélorussie.
– La Fondation France Libertés de Danielle Mitterrand, qui nous avait aidé généreusement les premières années, a cessé toute aide.
– L’institut ne reçoit plus aucune aide d’origine publique depuis 2005.
– L’association Enfants de Tchernobyl Belarus se bat pratiquement seule pour assurer la survie de l’institut BELRAD.

Le contexte actuel :

En réponse à l’appel d’offre européen financé par EuropeAid inspiré par un nouveau programme de l’ONU, l’Institut Belrad a présenté, en avril 2009, un projet de radioprotection incluant les cures de pectine pour les enfants contaminés. Le financement demandé sur 18 mois s’élevait à 60 000 euros. La délégation de l’Union Européenne à Kiev, en charge de l’instruction de ces dossiers, a répondu à l’Institut par une insultante fin de non recevoir : « La thématique de votre projet n’est pas d’actualité ».

Pour comprendre ce refus, il faut savoir que les quatre agences de l’ONU (AIEA, OMS, PNUD, UNICEF) sous l’égide de l’AIEA, ont déclaré le 24 avril 2009 que les territoires affectés par l’accident de 1986 ne sont plus dangereux pour les populations… ce que même le gouvernement français n’ose prétendre en déconseillant formellement aux touristes de se rendre dans le Sud-Est du Bélarus (voir page web du Ministère des affaires étrangères).

Or, trois exemples – pour ne s’en tenir qu’à ceux-ci – en provenance des pays les plus touchés par l’accident, se sont inscrits en faux de cette affirmation, en confirmant l’utilité de la radioprotection des enfants telle que la pratique l’Institut Belrad au Bélarus, en empruntant la même méthode.

D’UKRAINE:

En partenariat avec le Centre de Médecine Radioactive de l’Académie des Sciences d’Ukraine, une ONG alsacienne qui s’occupe des enfants ukrainiens (Les Enfants de Tchernobyl ) a réalisé, en 2008, une étude qui reprenait le protocole de l’Institut Belrad de Nesterenko. Des centaines d’enfants, habitant des villages contaminés du nord de l’Ukraine, ont fait l’objet d’une mesure de la contamination radioactive en césium 137 incorporé dans leur organisme, avant et après leur séjour dans l’Est de la France, mais également avant et après des cures de Vitapect2, un composé de pectine, fabriqué sous licence pour l’Institut Belrad de Minsk. Dans sa dernière édition, la très officielle Revue de l’Académie des Sciences médicales du Ministère de la santé publique d’Ukraine a consacré un article de 9 pages aux résultats obtenus à l’initiative de l’association française. On retiendra de cette publication scientifique 4 informations majeures :

1) Les organismes des enfants qui n’étaient pas nés au moment de l’explosion du réacteur nucléaire contiennent du césium 137.
2) Les enfants sont contaminés par le biais de la chaîne alimentaire.
3) Un séjour de 3 semaines en France permet de réduire de 30% en moyenne la   c o n t a m i n a t i o n
interne en césium 137 et ne plus subir la contamination externe. Ces résultats sont remarquables et prouvent l’intérêt de ces projets.
4) Une cure de pectine de 3 semaines dans leur école permet de réduire de 50% à 70% la contamination interne en césium 137.

Pour permettre à BELRAD de continuer à soulager les souffrances des milliers d’enfants contaminés par les radiations dues à la catastrophe de Tchernobyl, toutes les aides sont les bienvenues.
Merci.

P.S. : Pour info, en 2011, la France possède 58 réacteurs nucléaires répartis dans 19 centrales.
         Tchernobyl: un seul réacteur, des centaines de milliers de morts, des millions de malades !

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Stratégie de l’APAG 2

Comme chacun l’aura remarqué, les signataires de l’Appel de Genève 2 relèvent de plusieurs nationalités. De fait, l’Appel de Genève 2 ne s’adresse pas qu’à la Suisse ni qu’aux Suisses.

Ce n’est pas là l’effet du hasard, mais de notre conscience du caractère international de l’extrême dangerosité de l’industrie nucléaire et de notre intention de nous adresser successivement aux autorités politiques des divers Etats nucléarisés.

Pour l’instant, l’Appel de Genève n’est officiellement diffusé qu’en français, mais il le sera prochainement aussi en allemand et en italien, donc dans les trois langues officielles de la Suisse, ainsi qu’en anglais, en attendant de l’être en d’autres idiomes.

La vitesse avec laquelle seront franchies ces étapes dépendra de l’ampleur du mouvement. L’Appel de Genève 2 s’adresse aux citoyens des Etats nucléarisés, de toutes les orientations politiques, sans exclusive aucune. C’est dire que nous comptons sur votre engagement en faveur d’un avenir sans nucléaire.

Ivo Rens

 

 

 

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Lettre au Conseil fédéral

A Monsieur Ueli Maurer,
Président de la Confédération
Au Conseil fédéral de la
Confédération suisse

Palais fédéral
3003 Berne

Genève, ce 14 septembre 2013

Concerne : Sortie du nucléaire.

Monsieur le Président de la Confédération,
Mesdames les Conseillères fédérales,
Messieurs les Conseillers fédéraux,

Survenu après une suite d’accidents de centrales nucléaires de gravité croissante (Lucens en 1969, Three Mile Island en 1979 et Tchernobyl en 1986, pour ne citer que les plus connus), l’accident de Fukushima, désastre hors normes, toujours en cours, démontre que tant que notre pays n’aura pas renoncé à ses centrales nucléaires, les Suisses continueront d’être à la merci d’un accident ou d’un attentat nucléaires.

Il en résulte que l’industrie nucléaire est incompatible avec la sécurité et la sûreté radiologiques qui conditionnent l’habitabilité de notre pays, comme de tout autre. En cas d’accident ou d’attentat majeurs sur une de nos centrales, accident ou attentat qui comporteraient la nécessité d’évacuer une ou plusieurs de nos villes sous le vent, comment procéderait-on ?

Le stratégie du Conseil fédéral visant à faire sortir la Suisse du nucléaire est assurément une décision positive, sauf en ce qui concerne son étalement dans le temps qui laisserait subsister pendant plus de vingt ans la menace existante sur la sécurité et la sûreté radiologiques de la population de notre pays.

Pour être conséquent, il nous paraît urgent de sortir sans délai du nucléaire pour respecter  l’article 2, alinéa 1, de la Constitution fédérale qui dispose que la Confédération « assure l’indépendance et la sécurité du pays » et pour faire face à nos « responsabilités envers les générations futures » invoquées dans le Préambule de ladite Constitution.

Nous sommes conscients des difficultés et des contraintes inhérentes à une reconversion de notre économie dans l’urgence. Mais ces difficultés et contraintes sont sans commune mesure avec celles qui résulteraient d’un accident ou d’un attentat nucléaires.

A propos d’économie, on sait depuis longtemps que le problème des déchets des centrales nucléaires, qui devraient être maintenus à l’écart de la biosphère pendant des millénaires, n’est pas résolu. Le sera-t-il un jour ? Il est permis d’en douter. Le temps où la Suisse, comme d’autres nations industrialisées, s’en débarrassait dans les fosses océaniques est heureusement révolu. On sait moins que, même en fonctionnement normal, l’industrie nucléaire a pour effet d’ajouter à la radioactivité naturelle une radioactivité artificielle infiniment plus considérable et donc infiniment plus dangereuse que la naturelle, notamment sous la forme de déchets radioactifs. Les coûts cachés de ces “externaIités“, comme ceux du démantèlement, rendent complètement fallacieux tous les arguments relatifs à la prétendue compétitivité de l’énergie nucléaire.

Bien entendu, il nous semble indispensable que la Confédération s’efforce d’obtenir la fermeture des centrales et dépôts nucléaires que les Etats voisins ont installés à proximité de nos frontières. Mais, c’est en montrant l’exemple par sa renonciation immédiate à l’électronucléaire que la Suisse deviendra crédible. Alors que la Suisse va assumer la présidence de l’Organisation pour la paix et la sécurité en Europe (OSCE), notre pays pourrait ainsi ouvrir la voie que l’Europe et le monde devront emprunter tôt ou tard.

Telles sont les raisons qui nous ont conduits à lancer l’Appel de Genève II ci-annexé.

Dans l’espoir que vous voudrez bien nous entendre, nous vous adressons, Monsieur le Président de la Confédération, Mesdames et Messieurs les Conseillers fédéraux, l’assurance de notre haute considération.

Pour l’Appel de Genève II,

Ivo Rens, Professeur honoraire, Université de Genève
RémyPagani, Conseiller administratif, Ancien Maire de Genève
Paul Bonny, Citoyen de Genève

Copie aux Présidents du Conseil national, du Conseil des Etats, du Conseil d’Etat de Genève, du Grand Conseil de Genève et de la Maire de Genève.

APAG 2, Case postale 113, CH-1211 Genève 17.

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