Sortir du nucléaire: Accorder la priorité à la baisse de consommation d’électricité

Jean-Philippe Scalbert, Ing.Dipl. Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich

 

La sortie du nucléaire : oui mais quand ?

Une grande partie de la population Suisse se sent menacée par un danger imminent, car elle estime que l’accident nucléaire peut arriver demain, aussi bien en Suisse qu’en Ukraine ou au Japon. L’autre partie de la population ne ressent pas cette angoisse, car elle a confiance dans la capacité des responsables Suisses (et Français ?) à éliminer totalement le risque d’un accident nucléaire majeur sur notre territoire. Le conflit autour des centrales nucléaires est celui de deux croyances opposées donc à la base, presque une guerre de religions.

Actuellement les défenseurs du nucléaire imposent leur «religion» et soumettent leurs adversaires à un sentiment d’insécurité latent.

Et pourtant le peuple a décidé de préserver sa propre sécurité en votant pour la sortie du nucléaire en 2012. Mais les défenseurs du nucléaire ont repris les rennes en main :l’effet Fukushima s’estompe déjà, et autour du débat sur la Stratégie Energétique 2050, le gouvernement et les chambres fédérales semblent plus soucieux de prolonger la vie des centrales vieillissantes, de soutenir les modes de productions d’énergie renouvelables et même de promouvoir des produits très gourmands en électricité comme la pompe à chaleur ou la voiture électrique rechargeable (plug-in) que de se focaliser sur ce qui est vraiment l’essentiel : réduire la consommation.

 

La population se trouve dans la situation du fumeur qui sait qu’il se fait du mal, mais n’est pas en mesure d’arrêter de consommer. Si de nouveaux produits électriques s’imposent dans notre vie courante, la dépendance à l’électricité actuelle et celle du futur, sont telles qu’il ne sera pas possible de renoncer au nucléaire dans les délais fixés. Donc le peuple qui souhaite en majorité se libérer de son angoisse, n’arrive pas à agir en conséquence, tel le fumeur qui, en continuant à fumer, ne peut se départir de son angoisse de cancer du poumon.

Il faut donc définir une stratégie efficace, pour réduire la consommation dans les délais les plus courts et il faut expliquer cette stratégie de façon transparente et crédible jusqu’à ce que le peuple et ses représentants politiques soient prêts à se doter des moyens nécessaires.

 

Conflit d’intérêt entre la sortie du nucléaire et le CO2

Il est un fait indéniable que certaines stratégies de sortie du nucléaire (par exemple les centrales à gaz ou le couplage chaleur force) ont pour conséquence une augmentation de la production de CO2. D’autre part certaines stratégies de diminution des émissions de CO2 (par exemple pompes à chaleur et voitures électriques rechargeables) ont pour effet de retarder la sortie du nucléaire. Que faire face à ce conflit d’intérêt?

Les centrales nucléaires suisses étant situées sur notre territoire et l’accident nucléaire pouvant arriver demain, sortir du nucléaire est une décision souveraine, destinée à nous protéger d’un danger peut-être imminent. Par contre la production de CO2, elle, est globale, elle évolue lentement, et surtout, sa réduction ne dépend pas seulement de nous. Même des efforts drastiques en Suisse n’empêcheront pas les autres Etats de continuer ou non à produire leur quote-part de CO2 et l’effet de serre ne sera que très peu ralenti par nos efforts. Cette analyse montre donc clairement que la priorité est à accorder à la sortie du nucléaire, sans pour autant négliger les efforts de réduction des émissions de CO2. Et les solutions qui sont en mesure de contourner ou d’éviter le conflit d’intérêt entre sortie du nucléaire et réduction du CO2 sont, bien sûr, à favoriser.

 

Chercher une alternative à la production nucléaire, oui mais…

Lorsque le soleil ne brille pas et en l’absence de vent la production de courant solaire et éolien est quasiment nulle. S’il fait froid et sombre, il faut pourtant du courant électrique pour alimenter les chauffages électriques, y compris les pompes à chaleur, et également pour l’éclairage. Si les conditions climatiques sont défavorables, il n’est donc pas possible de renoncer au nucléaire pour couvrir les pointes de consommation! L’opinion publique n’est absolument pas consciente de ce fait.

Le stockage de l’énergie solaire et de l’éolien, est une condition incontournable pour assurer que ces techniques dépendantes des conditions climatiques contribuent vraiment à la diminution de la puissance de production nécessaire pour couvrir les pointes de consommation, Ce stockage doit donc être l’objet d’une recherche intense et centralisée et non pas d’initiatives plus ou moins isolées, comme à l’heure actuelle.

Et dans l’immédiat, il faut faire comprendre à la population que la photovoltaïque et l’éolien ne contribuent pour l’instant que très peu à la sortie du nucléaire et qu’il faut donc se focaliser de façon urgentissime sur les économies de courant. Chaque kWh non consommé est un risque de moins, échappe au conflit d’intérêt avec le réchauffement climatique, et rendra effectivement le nucléaire obsolète.

 

 

 

Réduction de la consommation : des paroles mais peu d’actes

Même la Confédération est ambiguë : il y a trente ans, elle a lancé le programme « RAVEL » (Rationelle Verwendung der Elektrizität) qui se concentrait sur les méthodes de réduction de la consommation électrique. Ce programme est plus ou moins retourné dans les tiroirs et le gouvernement et le parlement semblent se concentrer maintenant plutôt sur les problèmes de la production électrique que sur ceux de la consommation.

On se demande comment les objectifs d’économie de courant confirmés à la suite des débats du Conseils National sur la Stratégie Energétique 2050 de 3% jusqu’en 2020 et de 13% jusqu’en 2035 nous mènerons à substituer les 37% d’énergie électrique fournie actuellement par les centrales nucléaires ! Et le Conseil Fédéral délègue la responsabilité de ces économies non seulement aux Cantons mais en plus aux distributeurs de courant qui doivent baisser leur chiffre d’affaire pour bénéficier d’un bonus…

Le chauffage à résistance est remis en question à l’échelon cantonal, mais avec « des pincettes ». Par contre, personne ne met le doigt sur le gros consommateurs de courant électrique que sont les pompes à chaleur, déjà très répandues, et les voitures électriques, en passe de s’imposer sur nos routes.

Certaines industries extrêmement gourmandes en électricité passent au travers de mesures d’assainissement pour des raisons économiques. C’est le cas par exemple de l’industrie du ciment.

Le commerce en grandes surfaces n’est que rarement montré du doigt: Coop, Migros, Manor, Jumbo, Aldi et les autres s’équipent d’enseignes lumineuses rutilantes qui éclairent la lanterne des insomniaques. En été il règne dans les magasins des températures si basses qu’il faut prendre une veste pour y faire ses emplettes.

Les pouvoirs publics n’investissent que très peu dans les mesures de réduction de consommation électrique des bâtiments, de l’éclairage et des transports publics. Les statistiques cantonales, lorsqu’elles existent, le prouvent.

 

Le financement des mesures d’économie

On voit à quel point il est difficile à l’échelon cantonal de faire interdire les chauffages électriques à résistance. Tout ce qui tend à mettre un frein à la liberté individuelle et au commerce de produits utiles mais gourmands en électricité est mal accepté.

Mais l’Etat, tout libéral qu’il soit, sait parfois prendre ses responsabilités et devenir très dirigiste : il engage sur le dos du contribuable des sommes faramineuses pour des financements, dont on se demande s’ils seraient approuvés par le peuple, si le gouvernement et les chambres n’en avaient pas les compétences nécessaires.

C’est le cas notamment du nucléaire, par exemple pour distribuer des pastilles d’iode, pour les recherches sur le démantèlement des centrales, sur la prolongation de leur durée de vie, sur l’enfouissement des déchets. C’est aussi le cas pour d’autres domaines comme celui de la politique monétaire et financière de la Confédération. Citons-là le sauvetage des banques « too big to fail » ou le maintien de la parité du franc suisse. Dans le domaine de la santé également, de grosses sommes sont allouées aux subsides pour les primes d’assurance maladie ou pour distribuer des vaccins à la population. Toutes ces « mannes » sont distribuées dans un consensus à peu près général.

Et finalement, dans le domaine de l’approvisionnement en électricité, la production d’énergie renouvelable bénéficie de la rétribution à prix coûtant (RPC).

La Confédération ne devrait-elle pas pouvoir investir des sommes équivalentes dans le financement de mesures de réduction de consommation d’électricité sur l’ensemble du territoire et pour l’ensemble des usagers? Une baisse substantielle de la demande en électricité est la condition nécessaire et le chemin le plus rapide pour la sortie du nucléaire qui, rappelons-le, a été décidée pour protéger le peuple suisse contre un accident nucléaire. Or la protection de la population contre les catastrophes est une responsabilité nationale et ne doit pas être déléguée aux cantons et encore moins à des fournisseurs d’électricité.

 

Quelques propositions concrètes :

 

Remplacer les chauffages électriques et les pompes à chaleur par des chaudières à pellets

C’est bien ne dire que la moitié de la vérité que de taire que la pompe à chaleur est un chauffage électrique. Il suffit de faire le calcul suivant : un ménage de 2 personnes consomme par an en moyenne de 3 à 4000 kWh de courant électrique. Pour le chauffage d’une maison de 150 m2 aux normes actuelles, il faut 10 à 12000 kWh par an. Si le chauffage s’effectue avec une pompe à chaleur qui « pompe » 2/3 de cette énergie à l’environnement, elle aura besoin de 3 à 4000 kWh supplémentaires pour entraîner le compresseur électrique de la pompe à chaleur. Donc la consommation du ménage sera doublée… Même en admettant qu’elle soit alimentée uniquement par du solaire on aura un statu quo, et non une diminution. Si ce ménage prend sur lui l’équipement de panneaux solaire, c’est à l’éclairage et aux appareils ménagers et multimédias qu’il doit le consacrer, pas à une pompe à chaleur, si l’on veut diminuer vraiment la consommation. De manière générale l’électricité doit être réservée à l’alimentation d’installations qui ne peuvent fonctionner autrement qu’avec du courant électrique. Il faut donc le plus rapidement possible réduire le parc de pompes à chaleur, et décréter un moratoire pour leur installation dans des centrales de chauffages neuves, ou leur remplacement lorsqu’elles ont atteint leur durée de vie.

Il existe pour cela une solution de substitution vraiment efficace et neutre sur le plan de l’effet de serre : le chauffage au bois. Les chaudières à pellets ont atteint aujourd’hui un degré de maturité équivalent à celui des chaudières à combustibles fossiles et n’émettent pratiquement plus de poussières, contrairement à l’idée reçue. De plus le bois étant un combustible neutre quant à l’effet de serre, il permet de contourner le conflit d’intérêt cité plus haut.

 

Reprendre, actualiser et forcer le programme RAVEL et en subventionner les mesures

Pour les particuliers propriétaires de maison existantes, les mesures à appliquer et à subventionner seraient par exemple :

  • Remplacement de toutes les lampes à incandescences et halogènes par du LED ou de la basse consommation.
  • Redimensionnement des pompes de circulation de l’eau de chauffage
  • Remplacement accéléré de tous les appareils ménagers anciens par des produits économes

 

Pour le commerce, en plus:

  • Elever les températures dans les grandes surfaces et les centres commerciaux en été. Se limiter aux produits frais et ne pas descendre à plus de 6° en dessous de la température extérieure
  • Repenser les durées et les quantités d’air de ventilation
  • Equiper les enseignes lumineuses de lampes LED ou à basse consommation, rester un peu modeste dans les dimensions et les éteindre la nuit

 

Ce genre de mesures s’applique bien sûr à l’ensemble des bâtiments publics.

Le potentiel technique d’économies doit être exploité dans les installations techniques gérées par les pouvoirs publics, dans les transports publics ainsi que dans les entreprises du tertiaire, de l’artisanat et de l’industrie. Pour cela des études spécifiques et ciblées sont à initier dans les plus brefs délais et la réalisation des mesures techniques à mettre en œuvre en première priorité.

 

Il est indispensable et urgent de réfléchir sur la dimension du chantier, donc sur les besoins en ressources humaines et en financement, que représenterait la réalisation exhaustive et rapide de telles mesures d’économie d’électricité ! En ce qui concerne le financement, pourquoi ne pas étendre le RPC aux mesures d’économie qui mènent à une « non consommation de courant » (ce qui revient à une production renouvelable) ? C’est à dire subventionner le remplacement prématuré d’un réfrigérateur gourmand par un appareil AA+++, de lampes halogènes ou à incandescence par des LED ou des lampes économiques, ou celui d’une pompe à chaleur par une chaudière à bois, de la même manière que l’isolation de façades ou les fenêtres à triple vitrage sont aujourd’hui subventionnées?

 

Stopper la promotion de la voiture électrique

Tant que la question du stockage n’est pas résolue, il faut s’abstenir de promouvoir la voiture électrique. Les quantités de courant que celle-ci sollicitera sont énormes et enrayeront tout effort de sortir du nucléaire. La aussi un petit calcul montrerait que notre ménage triplerait sa consommation avec une voiture électrique même en ne l’utilisant que 6000 km par an ! La voiture électrique comme la pompe à chaleur ne sont admissibles que si le courant qui l’alimente est solaire ou éolien, et si les économies ont déjà conduit à la sortie du nucléaire.

 

Repenser les techniques de climatisation

La climatisation est un « gouffre » d’électricité. Avec une gestion parcimonieuse des systèmes de ventilation et des seuils de températures il y a un énorme potentiel de réduction à exploiter. Dans bien des cas il est possible de rafraichir des bâtiments en été et de préchauffer l’air dans des systèmes d’échangeurs thermiques sol/air du type puits canadien ou apparentés et de faire 90% d’économie de courant par rapport à la climatisation avec compresseurs électriques.

 

Promouvoir les systèmes domotiques

La domotique est au goût du jour. Et elle permet de gérer le chauffage, l’éclairage et la climatisation de manière optimale et d’adapter la consommation aux besoins réels. Il est donc opportun de promouvoir cette branche qui dispose encore de très peu de capacités en ressources humaines.

 

Stratégie à court terme

Faire des mesures pour sortir du nucléaire un immense moteur économique

Sortir du nucléaire implique des abandons d’activités donc d’emplois en certains domaines (industrie nucléaire, commerce de pompes à chaleur et de voitures électrique), mais pour atteindre cet objectif il faut mobiliser une multitude de corps de métiers. Il est vraisemblable que le bilan quant à l’emploi et les retombées économique soit positif.

 

Promouvoir les métiers de la branche

Malheureusement nos jeunes boudent souvent la carrière d’ingénieur et les métiers de la technique du bâtiment. Les grands défis technologiques n’ont à leurs yeux plus d’attractivité.

Sur ce plan il y a à mener un travail pédagogique et médiatique visant à donner auprès des jeunes l’image d’un désengagement nucléaire qui ne se contente pas de dénoncer et de protester mais qui inclue la dimension d’une profession d’avenir et pleine de sens.

 

Lancer des campagnes nationales de sensibilisation

L’objectif d’économiser suffisamment d’électricité pour pouvoir vraiment se passer de centrales nucléaires est une entreprise nationale ! Avec des campagnes nationales de la dimension de la campagne contre le SIDA il serait possible de faire changer l’opinion publique et les choix politiques. L’heure n’est plus à la mesure et au compromis helvétique, il faut des coups de gueule et des coups de poings médiatiques !

Dans ces campagnes, il faut aussi être clair sur la moitié de la vérité qui n’est pas dite concernant le prix réel des centrales nucléaires en tenant compte de leur démantèlement, de l’enfouissement des déchets et de montrer que les mesures décrites ci-dessus ne seront pas plus chères que l’absurde prolongement de la vie des centrales vieillissantes.

Le désengagement nucléaire est souvent associé à l’idée d’un mode de vie alternatif, voire marginal. Les messages anti-nucléaires s’adressent quant à eux trop souvent à des groupes de personnes déjà convaincues et manquent de crédibilité auprès de la majorité de la population, qui craint que la sortie du nucléaire ne signifie un renoncement au confort que l’électricité lui procure. Le message sur la sortie du nucléaire doit donc être crédible et rassurant sur ce point.

 

Créer un mouvement politique massif

Les campagnes de sensibilisation sont nécessaires pour forger l’opinion publique, mais sans un profond mouvement politique rien ne sera possible. Les décisions à prendre sont tellement difficiles à accepter, qu’il faudra aller même jusqu’à choquer dans un premier temps, mais sans omettre de faire simultanément les propositions qui permettront d’atténuer l’impact du choc et de le transformer en un mouvement constructif et dynamique vers l’avenir.

Les phases suivantes sont à envisager :

  • Créer un noyau fort, reconnu et crédible
  • Former des multiplicateurs qui répandront la volonté politique d’agir rapidement
  • Utiliser les réseaux sociaux
  • S’associer à d’autres associations, entre autres l’observatoire du nucléaire (Stéphane Lhomme), Greenpeace, WWF, etc.
  • Lancer une campagne couvrant la Suisse de slogans clairs et crédibles

 

Se doter des lois et ordonnances nécessaires

Sans interventionnisme il sera impossible d’accélérer la sortie du nucléaire, ni même de l’atteindre. Par exemple :

  • Il faut non seulement interdire les chauffages à résistance mais aussi décréter un moratoire sur les pompes à chaleur et les autres produits pouvant être alimentés autrement qu’avec de l’électricité
  • Il faut stopper pour le moment l’introduction à grande échelle de la voiture électrique

 

Ce genre de mesures absolument discriminatoires du point de vue de la liberté du marché n’est applicable qu’avec un consensus politique. Est-ce une utopie ?

 

Assurer le financement des mesures à court terme

Si le législateur oblige l’utilisateur à remplacer des installations à très court terme, il doit en assurer pratiquement la totalité de l’investissement. Il doit également soutenir les branches économiques lésées par de telles mesures, et assurer l’étude de mesures de réduction de consommation dans l’industrie et le commerce. Et il lui faut aussi trouver des accords financiers pour leur réalisation à court terme. Il doit donc être muni des compétences et des ressources humaines qui lui permettront d’agir rapidement.

 

Là aussi, on peut se demander si on se trouve dans le domaine de l’utopie mais il n’y a pas d’autres voie pour aller vite, et – rappelons le – il s’agit ici de se donner les moyens non seulement de respecter mais d’accélérer les délais fixés pour une sortie du nucléaire, qui sur le principe est déjà décidée.

 

Conclusion

Ce n’est pas avec des demi-mesures et des bonnes paroles que l’objectif de sortir du nucléaire rapidement est atteignable. Dénoncer les dangers et les coûts liés aux centrales vieillissantes ne suffit pas non plus. Les réflexions et les mesures proposées ici peuvent paraître démesurées mais face à la débauche de moyens engagés pour promouvoir le nucléaire, et à faire oublier Fukushima et les problèmes liés à l’enfouissement de déchets radioactifs, il n’est pas suffisant d’opposer un compromis helvétique !

 

 

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3 Commentaires

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3 réponses à “Sortir du nucléaire: Accorder la priorité à la baisse de consommation d’électricité

  1. Etant par ailleurs d’accord avec l’ensemble de votre texte, je tiens néanmoins à faire une petite remarque: « il n’est donc pas possible de renoncer au nucléaire pour couvrir les pointes de consommation » avez-vous écrit. Il faudrait revoir cette affirmation étant donné qu’au contraire le nucléaire ne peut fonctionner qu’en base et que ce sont toutes les autres sources qui couvrent ces pointes (principalement l’hydroélectricité pour la Suisse)
    Energ…éthiquement vôtre!
    Yves Renaud, webmaistre de la Gazette Nucléaire et de SEBES (voir site web)

  2. Guillaume

    Baisser la consommation d’électricité est une évidence. D’ailleurs, elle n’augmente pas dans de nombreux pays d’Europe depuis quelques années.

    La production d’électricité renouvelable ne se limite pas à l’éolien et au solaire. Ne jamais oublier l’hydraulique et la biomasse, à compléter par les énergies de la mer pour les pays concernés.

    Les STEP (*), en France comme en Suisse, peuvent être utilisées pour stocker les énergies renouvelables à la place des excédents nocturnes d’électricité nucléaire.

    En complément, le stockage en cycle quotidien / hebdomadaire pourra se généraliser à divers niveau du réseau avec des systèmes de stockage à base de batteries lithium dans moins de dix ans. Le coût de ces systèmes est en baisse rapide, comme l’a été celui des installations photovoltaïques depuis dix ans.

    Pour le CO2, l’arrêt de tous les réacteurs nucléaires de la planète n’aurait que peut de conséquences sur les émissions totales de CO2 et surtout de gaz à effet de serre (GES).

    http://energeia.voila.net/nucle/sans_nucleaire_co2.htm

    Par contre, l’option inverse de multiplier par trois ou quatre la capacité nucléaire est irréalisable, que ce soit d’ici 2050 ou plus tard.

    Surtout vu le prix exorbitant des nouveaux réacteurs.

    (*) STEP : stockage d’énergie par pompage turbinage.

  3. Guillaume

    Les voitures électriques peuvent être alimentées avec des énergies renouvelables. Pas besoin de nucléaire pour cela.

    Pour donner un ordre de grandeur, si tous les véhicules qui circulent sur les routes de France (camions compris) étaient remplacés par des véhicules électriques, il faudrait produire chaque année environ 210 TWh d’électricité chaque année pour cet usage.

    Bien que le solaire ne soit que l’une des énergies renouvelables disponibles, produire ces 210 TWh avec du photovoltaïque ne nécessiterait que 250.000 hectares de terrain pour des installations au sol ou deux fois moins en toiture.

    http://energeia.voila.net/transport/vehicule_electrique_twh.htm

    Avec 870.000 hectares de toitures en France, 360.000 hectares de parkings et des centaines d’autres hectares de friches, terrains vagues et jachères, il y a plus d’espace disponible que nécessaire pour produire de l’électricité éolienne et solaire (voir le lien sur les surfaces).

    D’autant plus, comme on le voit avec le projet d’EPR en Grande-Bretagne, que l’électricité du nouveau nucléaire coûte nettement plus cher que celle de l’éolien ou du solaire mis en service à l’heure actuelle.

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