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Et si le nucléaire était encore beaucoup plus mortifère qu’on ne l’imagine ?

Est-ce pour cela que le mensonge et l’omerta accompagnent depuis ses débuts la saga atomique ?

Savons-nous combien de victimes sont dues aux technologies atomiques qu’elles soient civiles ou militaires, depuis le début de leur développement ?

Pierre Péguin, automne 2019.

Qu’est-ce qui nous pousse à un décompte morbide des victimes du nucléaire ?

C’est d’abord l’observation d’une véritable épidémie de cancers, leucémies et autres pathologies depuis les années 70 qui touche tous les âges, et qui paraît même s’aggraver. Demandons-nous comment expliquer ce qui se passe. A notre avis il s’agit essentiellement de la dégradation de notre environnement par deux principaux co-responsables : la chimie (agriculture, nourriture, dans la maison, etc.), et la radioactivité dont on ne le sait pas assez qu’elle touche insidieusement tout le vivant.

C’est aussi l’alarme lancée par certains médias (bien peu nombreux!) en 2003, alarme restée confidentielle. Ainsi le journal belge Le Soir du 12 février 2003 titre: « Morbide bilan nucléaire : soixante millions de morts depuis 1945 ». L’auteur de l’article, Christophe Schoune, ajoute : « C’est une solide dose de poil à gratter que quarante-six scientifiques viennent de glisser dans la boîte aux lettres de diverses institutions internationales, dont la Commission européenne. Le premier rapport du Comité européen sur les risques de l’irradiations CERI (1) remet en cause les normes et méthodes d’évaluation qui ont prévalu jusqu’à présent en matière de radioprotection. Sollicitée et financée par le groupe Verts européens, il y a cinq ans, l’élaboration de cette étude a été coordonnée par le chimiste anglais Chris Busby et a rassemblé une palette d’experts indépendants du monde entier».

La création du CERI reposait sur le fait « qu’il existait suffisamment de preuves démontrant qu’une exposition de faible dose due à des radio-éléments artificiels provoquait des problèmes de santé, et que les modèles conventionnels de la Commission Internationale de Protection contre les Radiations (CIPR) n’ont aucunement prévu ces effets. »

C’est pourquoi, en 2001, des membres du Parlement Européen ont décidé de soutenir la rédaction du rapport « Etude des effets sanitaires de l’exposition aux faibles doses de radiation ionisante à des fins de radioprotection », Rapport CERI publié en 2003 (1).

Comment les organismes internationaux ont-ils procédé jusque là? Et en quoi il fallait remettre en cause les bases officielles de la radioprotection.

L’UNSCEAR (2) structure chargée de dire la connaissance scientifique officielle du lobby international, et ce, sans contestation possible (!), reprend les résultats recueillis par les américains dans le suivi sanitaire des irradiés d’Hiroshima et Nagasaki qui ont survécu aux explosions. Les troupes d’occupation avaient pour mission de bloquer toute intervention d’expert indépendant, de façon à contrôler strictement la collecte et la diffusion édulcorée des résultats. Il fallait à tout prix éviter une accusation de crime contre l’humanité et prétendre que ces bombardements étaient indispensables pour mettre un terme à la guerre. En fait d’après des analyses historiques (3), la reddition du Japon a été repoussée pour laisser le temps d’effecteur les bombardements criminels, et montrer ainsi à l’URSS la supériorité des US, c’était le début de la guerre froide.

Cela a permis à la CIPR (4) de préconiser des normes laxistes de protection basées sur le suivi de l’agonie de survivants positionnés à différentes distances du cœur de l’explosion. Outre le fait que le secret a entouré ces observations, et que de plus les structures internationales de sureté nucléaire sont verrouillées sans contrôle démocratique, les experts du CERI ont critiqué la démarche scientifique pour les raisons suivantes.

– Les survivants ont dû être parmi les plus résistants des habitants de ces villes, les plus fragiles (jeunes, femmes enceintes, etc.) étant déjà tués beaucoup plus facilement. La « cohorte » suivie n’est donc pas représentative d’une population moyenne. ,

– Il s’est agi au Japon d’irradiation violente (rayonnement gamma pour l’essentiel), alors que le fonctionnement actuel des réacteurs engendre des quantités importantes de radioéléments dont la contamination interne à petite dose est d’autant plus dangereuse qu’ils peuvent se comporter chimiquement comme des élèments nécessaires à la vie et prendre leur place dans nos organismes ( Césium 137, strontium 90, iode 131, etc. ). Il n’est donc pas possible de donner du crédit à l’extrapolation vers les faibles doses de la relation linéaire liant le nombre de victimes à la dose reçue. L’existence d’un seuil en-dessous duquel l’irradiation serait inoffensive n’est pas crédible non plus, or on trouve encore des textes annonçant qu’au dessous de 100msv il n’y a pas d’effets prouvés !

– La comparaison avec la radioactivité naturelle n’a pas de sens, la radioactivité artificielle est composée d’éléments qui n’existent pas à l’état naturel, éléments qui entrent dans le cycle de la vie et contaminent les organismes vivants.

– Les calculs officiels de prennent pas en compte les graves conséquences de la contamination interne (5). Ils ne tiennent pas compte des autres pathologies provoquées par la radioactivité, ni des effets génétiques transmissibles, ni encore des fausse-couches ou des bébés mort-nés. Ils ont pu ainsi faire l’impasse sur les effets à long terme des contaminations par de faibles doses, et sur les conséquences de transmission génétique d’altérations. Et c’était avant la découverte de l’ADN, en 1953.

– Les fortes doses tuent, les faibles doses agissent à plus long terme, elles abîment les cellules, créent des radicaux libres et provoquent des mutations. Elles tuent aussi, mais à terme.

Le modèle CIPR fait comme si l’irradiation était répartie uniformement sur le corps, pas de distinction entre l’irradiation et la contamination entaînant une concentration de radioactivité localisée sur certains organes.

Quelle est la démarche du CERI ?

En comparaison, la démarche du CERI est justifiée par l’observation de ce qui se passe réellement. Il existe de nombreuses données d’études épidémiologiques étrangères (en France on se garde bien d’en faire, bien sûr) montrant une augmentation de la morbidité et de la mortalité par cancers, associée à des rejets radioactifs : taux de cancers et de leucémies dans des populations vivant à proximité de sites nucléaires ; cas des travailleurs du nucléaire ; corrélation entre l’épidémie de cancers du sein et les essais nucléaires en atmosphère ; ou encore les conséquences des catastrophes (par exemple les enfants leucémiques biélorusses après Tchernobyl).

Et si seuls les cancers et leucémies sont pris en compte par les structures officielles, le CERI a analysé les différentes pathologies supportées par les victimes. Les atteintes générales à la santé, dont on souffre pendant toute sa vie, sont sans doute plus difficiles à quantifier, mais cette difficulté ne signifie pas que les rayonnements n’ont aucun effet sur ces paramètres.

Ont également été pris en compte les données sur l’augmentation des taux de mortalité infantile et d’enfants morts-nés , suite aux retombées globales des essais nucléaires en atmosphère ou aux contaminations des régions touchées par les catastrophes. Là où les données précises manquaient, il a fallu extrapoler à partir d’autres indicateurs. L’évaluation des risques liés à une exposition aux radiations, telle qu’adoptée aujourd’hui par les experts en radioprotection et qui sert de base à la législation européenne en vigueur, est donc grossièrement insuffisante et scientifiquement obsolète.

En savoir plus sur la démarche du CERI,

Le CERI ne se contente pas d’analyser les insuffisances du modèle adopté par les experts officiels pour rendre compte des effets de la radioactivité sur l’homme ; il en propose une approche nouvelle. Il se base sur toutes les données épidémiologiques disponibles et introduit pour le calcul des doses reçues des facteurs de pondération biologiques et biophysiques qui rendent compte des effets au niveau cellulaire pour tous les types d’irradiation et notamment par contamination interne.

Ainsi, les effets d’une contamination par des particules radioactives microscopiques (notamment de plutonium ou d’uranium appauvri) se révèlent 100 à 1’000 fois plus graves que prévu par les instances officielles. De même, l’exposition à certains radio-isotopes artificiels comme le cesium 137, ou encore le strontium 90 l’iode 131, rejetés par l’industrie nucléaire, est largement plus dommageable qu’envisagé à ce jour. Les scientifiques du CERI recommandent en conclusion des valeurs-limites plus sévères pour les doses reçues par le public et les travailleurs du nucléaire et, en conséquence, une réévaluation des exigences légales à l’égard de l’industrie nucléaire.

Quels sont les résultats de cette étude aux conclusions surprenantes ? L’impact total sur la santé humaine jusqu’en 2000 est calculée et comparée avec les données officielles 60 fois plus faibles !

Total des morts par cancers : 61 619 512, (CIPR  : 1 173 606),
Total des cancers : 123 239 024 ,(CIPR : 2 350 000),
Mortalité infantile : 1 600 000, (non prise en compte par la CIPR),
Mort foetale : 1 880 000, (non prise en compte par la CIPR),
Perte de la qualité de vie : 10%, (non prise en compte par la CIPR).

Conséquence « logique » pour ces experts : il importe de réduire la dose maximale de rayonnement admissible à 0,1 millisievert (contre 1 mSv actuellement) pour chaque être humain. « Cela fait quinze ans que je collecte et j’analyse l’impact des radiations à faible dose », commente le biologiste russe Alexey Yablokov, coauteur de l’étude. « Ces données m’ont convaincu que les standards internationaux ont jusqu’à présent reflété davantage les intérêts de l’industrie nucléaire que le souci réel de la santé humaine ».

A chaque problème, à chaque accident ou catastrophe, tout est fait pour que ne soit pas remis en cause le nucléaire, et ce, au mépris de la vie et de la santé des populations (6). Cette maîtrise criminelle de l’information a pu être appelée « Comédie Atomique » (7) ou encore « négationnisme » (3) bien que ce terme soit connoté.

Réaction de l’IRSN Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire(8)

Deux ans plus tard l’IRSN, institut hexagonal, a publié un contre-rapport. Il conteste le mode de calcul retenu par le CERI, souligne des « incohérences » dans son raisonnement et prétend qu’il n’y a pas lieu de remettre en cause le système actuel de radioprotection. Mais il reconnaît en même temps que « certains composants de ce système pourraient probablement être améliorés en s’intéressant de façon plus explicite et systématique aux incertitudes liées à la détermination de la dose après contamination interne. » Celle-ci désigne les radionucléides inhalés ou ingérés.

Cet aveu est un événement, tant les positions paraissaient intangibles. Jacques Repussard, directeur général de l’IRSN jusqu’en 2016, a reconnu que «l’impact des contaminations internes aux faibles doses mérite des investigations« , et appelé à des études complémentaires (bonne façon d’enterrer le problème comme d’habitude, car d’après Chris Busby coordinateur du CERI les données recueillies depuis Tchernobyl sont déjà suffisamment claires pour invalider le modèle du lobby et pour fonder la radioprotection sur la biologie plutôt que sur la physique…).

Les malheurs subis par les populations de Biélorussie ne sont pas reconnus par l’IRSN pour qui les pathologies cardio-vasculaires et les troubles du comportement constatés chez les enfants de Biélorussie, les baisses de fertilité qui touchent les adultes pourraient être dues à la peur du nucléaire, la nucléophobie, au tabac et à l’alcool. « Il faut tirer ça au clair sans préjuger du résultat », indique Jacques Repussard. En distillant le doute sur l’origine des problèmes, technique habituelle (10), les nucléocrates en viennent même à refuser les cures de pectines pouvant alléger les souffrances des enfants. Choix criminel (6) pour sauver le nucléaire.

Cancer et leucémies sont des maladies dont la multiplication est liée à l’ère atomique. Mais la radioactivité engendre bien d’autres pathologies.

Les essais nucléaires entraînent des retombées radioactives et la dispersion de radioéléments sur l’ensemble de la planète, et s’ils ont été terriblement préjudiciables à la santé dans les zones d’essai, tout notre environnement est plus ou moins contaminé, l’ADN de tout le vivant est touché. Quant à la production d’électricité nucléaire, elle fabrique énormément de ces radioéléments artificiels, en relâche en permanence par ses rejets autorisés (iode, tritium, etc.) et surtout par ses accidents et catastrophes.

D’après Michel Fernex (11), « il existe une augmentation statistiquement démontrée du nombre de  leucémies aigües chez les enfants de moins de 5 ans dans un rayon de 5 km autour des centrales nucléaires en fonctionnement normal. Celles-ci sont autorisées à rejeter dans l’air et dans l’eau des particules radioactives qui contaminent durablement la région. Ces autorisations sont éthiquement inacceptables ». C’est d’ailleurs dès 1958, qu’Alice Stewart présentait le fait que de très faibles doses de rayonnements ionisants sont cancérigènes pour le fœtus pendant la grossesse.

Les normes « admissibles » fixées par les institutions sous l’influence des lobbies pro-nucléaires ne protègent pas les travailleurs, ni les populations.

EN GUISE DE CONCLUSION

Ne nous faisons pas d’illusions, les organismes officiels de protection contre les rayonnements ont en fait pour rôle de protéger l’industrie de l’atome plutôt que la santé des populations (7). On retrouve finalement ce que Royer (3) a appelé le négationnisme nucléaire. Tout est fait pour cacher la gravité des dégâts de cette technologie qu’elle soit civile ou militaire. L’acharnement du lobby à prétendre que les pathologies liées aux contaminations radioactives sont dues pour l’essentiel à la « nucléophobie » est honteuse, l’obligation à faire vivre les populations dans le « jardin nucléaire » en application du programme Ethos-Core (6), allant jusqu’à supprimer les cures de pectines pouvant alléger les souffrances des enfants contaminés, est criminelle. Cela montre ce qui nous attend en cas de catastrophe en France ou en Belgique.

Un combat auprès des médias est nécessaire pour que soit enfin révélée la véritable nature du nucléaire, une technologie mortifère au service des puissants de ce monde, qu’il faut arrêter de toute urgence. La désinformation,le mensonge sont la règle du nucléaire héritier de la fabrication de la bombe. Caractéristique logique d’une technologie sophistiquée et dangereuse qui ne peut survivre que par des fonds publics colossaux, devant exclure le citoyen de l’information.

En ont été particulièrement victimes les militaires des essais nucléaires ; les populations d’Algérie, du Pacifique, de Polynésie; les populations des sites de guerre de Bosnie, Kosowo, Irak, Afghanistan ; les Européens occidentaux suite à Winsdcale, en 1957 ; les populations de Biélorussie et d’Ukraine (1986) et du Japon (2011), les populationd voisines des installations nucléaires, et toute la planète du fait des essais nucléaires atmosphériques. Comme les temps de latence sont relativement longs chez les adultes, les effets se sont manifestés avec plus de retard qu’à Tchernobyl où une population enfantine importante a été touchée.

Le système actuel de définition des normes de protection repose sur l’étude de la cohorte des survivants d’Hiroshima-Nagasaki. Il est certain que la tragédie de Tchernobyl a montré, une fois de plus, les limites de ce système. A Hiroshime-Nagasaki les personnes n’ont pas pu subir une contamination interne chronique pour l’excellente raison qu’il n’y a qu’1 kilogramme de matière qui a fissionné. A Tchernobyl on parle en tonnes et de millions de personnes dont l’immense majorité n’ont pas été irradiées mais contaminées.

D’après le CERI le nucléaire est responsable de 61,6 millions de morts par cancers de 1945 à 2000, contre 1,1 million selon les sources officielles, le nombre de cancers est pour sa part évalué à 123,2 millions contre 2,3 et l’étude estime en outre que les radiations ont induit une importante mortalité infantile et foetale (3,4 millions).

Et aujourd’hui 20 ans plus tard à combien de victimes serions-nous, 70 millions ? La mortalité infantile, indicateur de la pollution radioactive, augmente dans le monde.

Alors pourquoi s’encombrer d’une telle technologie aussi dangereuse, lourde, coûteuse, alors qu’elle n’assure que 2 % de toute l’énergie consommée dans le monde, ce qui est dérisoire. Qu’est-ce qui pousse l’État et le lobby français à s’entêter dans cette voie contrairement à nos voisins européens ? La « grandeur » de la France est-elle à ce prix, et cette grandeur contribue-t-elle au bien vivre ? Le prétexte climatique n’est-il pas un faux prétexte ? Nous laisserons-nous longtemps manœuvrer par le complexe militaro-techico-politique ?

Il est temps d’exiger l’arrêt du nucléaire en extrème urgence (11).

On trouvera en annexe des compléments relatifs à Tchernobyl, Fukushima et aux pathologies liées à la radioactivité.

En Annexe

Après Tchernobyl

La contamination radioactive due à Tchernobyl est plus dangereuse que celle de Hiroshima et Nagasaki, tant parce que la quantité des radionucléides rejetés par la Catastrophe dans la biosphère est des milliers de fois supérieure, qu’à cause de la nature des radionucléides. En effet l’industrie nucléaire génère des éléments qui n’existent pratiquement pas dans la nature et qui sont métabolisés dans le cycle de la vie tels que le césium 137ou encore le strontium 90, prenant la place du potassium et du calcium dans les organismes vivants. Les conséquences génétiques de la catastrophe de Tchernobyl toucheront pendant des siècles des centaines de millions de personnes, parmi lesquelles:

· celles qui ont subi le premier choc radiologique par les radionucléides de courte période dans le monde entier, en 1986. c’est le cas de l’iode 131 qui provoque de multiples pathologies de la thyroide ;

· celles qui vivent, et vivront dans les territoires contaminés par les catastrophes ou sur les sites de guerre ayant subi les explosions d’obus à tête d’uranium, pendant des milliers d’années;

· les enfants et descendants des géniteurs irradiés et ce pendant des générations (même en vivant loin des territoires contaminés).

Le professeur Youri Bandajevsky a effectué de nombreuses recherches sur les effets de la contamination des enfants des territoires du Bélarus contaminés. Il a établi que les enfants avaient des problèmes cardiaques en fonction de leur teneur en Césium 137,menaçant le pronostic vital, notamment des arythmies, une insuffisance cardiaque (angine) et des crises cardiaques (infarctus) pouvant entraîner la mort. Ces recherches ont d’ailleurs abouti à ce qu’il soit jeté en prison pendant plusieurs années par le Gouvernement biélorusse : il n’a été libéré que suite à une pression massive de l’Union européenne et à la délivrance d’un passeport européen.

Mais l’Institut Belrad, soutenu à bout de bras par ETB (12) continue à fournir aux enfants des cures à base de pectine, et ce malgré l’hositilité du pouvoir Biélorusse encouragé par l’action criminelle du lobby nucléaire français (13) pour qui ces traitements sont inutiles puisque Tchernobyl n’aurait fait que peu de victimes. D’après le programme Ethos/Core (14) il est possible de vivre dans le « jardin nucléaire »…..

Mais si le lobby concède qu’il y aurait pu y avoir quelques milliers de victimes, la compilation de 5000 documents a permis à l’Université de médecine de New-York (15) d’estimer le nombre de décès attribuables aux retombées de l’accident de Tchernobyl, entre 1986 et 2004 à un million, dans le monde entier.

Après Fukushima La catastrophe nucléaire de Fukushima Daiichi a été évaluée au niveau 7 comme Tchernobyl, niveau utilisé pour décrire un « rejet majeur de matières radioactives avec des effets considérables sur la santé générale et l’environnement qui nécessite la mise en œuvre de contre-mesures planifiées et étendues ».

Environ 32 millions de personnes au Japon, soit un quart de la population du pays, ont été affectées par la radioactivité émise par l’accident nucléaire de Fukushima, selon un nouveau rapport de Green Cross, montrant une nouvelle fois le risque inconsidéré de l’énergie nucléaire. Le comité ECRR a décidé de publier la présentation de Bandajevsky, lors de la conférence de 2009 à Lesbos, au sujet des populations vivant dans les territoires contaminés de Fukushima (16).

Il reste que cette catastrophe diffère de celle de Tchernobyl en ce que la fusion des cœurs, constituant le corium, font que la catastrophe perdure sans contrôle possible de leur évolution.

Les pathologies engendrées par la radioactivité outre cancer et leucémies,

Passons les en revue même si c’est rébarbatif. Elles sont multiples et s’il faut en retenir quelque chose, c’est qu’au delà de l’épidémie de cancers et de leucémies, les contaminations radioactives entraînent de toutes façons une altération du système immunitaire fragilisant la résistances aux agressions sanitaires et un vieillissement prématuré, au point que les enfants de Biélorussie contaminés ont des pathologies de vieux !

Mais retenir aussi que les altérations subies sont transmissibles aux descendances. Les enfants de « liquidateurs » survivants ou de « vétérans » nés après coup et loin des zones contaminées en subissent les conséquences. Quant aux jeunes filles touchées par Fukushima, elles savent qu’elles auront de mal à se marier.

Cela commence par un affaiblissement général de l’état de santé lié à la détérioration de l’ADN des cellules, se produisant dès les faibles doses dues à l’exposition aux retombées radioactives des bombes atomiques (2400 ont explosé à titre d’essais !), et à celles des catastrophes nucléaires. Il faut y ajouter les contaminations par les rejets autorisés en fonctionnement « normal » des centrales et des centres nucléaires tels que la Hague, Sellafield, Cadarache. Cet affaiblissement peut conduire non seulement à un vieillissement précoce, mais à diverses maladies : système cardiovasculaire, glandulaire tel que thyroïde ce qui entraîne pathologies et retards mentaux, affections neurologique, du foie, du pancréas, des reins, d’où diabète, stérilité, etc.

Ces données ne résument pas tous les problèmes dont souffrent les personnes irradiés on contaninées. Il reste les maladies liées à l’atteinte du système immunitaire, le “Sida de Tchernobyl”, les maladies auto-immunes, les hypothyroïdies, les diabètes sucrés type I et type II, et d’autres maladies endocriniennes, y compris la stérilité, des maladies digestives, gastrites et ulcères duodénaux, le retard pour la cicatrisation des plaies ou pour la réparation des fractures .

La majorité de ces maladies touchent davantage les jeunes. Mais aussi, pour tous, après un temps de latence de quelques années, on constate des atteintes du système nerveux central, troubles neuro-psychiques, états dépressifs fréquents pouvant conduire au suicide, schizophrénie cinq fois plus fréquente chez les irradiés ou contaminés que dans la population non irradiée et non contaminée. Également difficultés à penser, perte de mémoire, fatigue intense et persistante (syndrome de fatigue chronique), impuissance sexuelle, douleurs neuro-musculaires et articulaires.

Les mêmes effets ont été reconnus chez les vétérans des guerres où des soldats ont été exposés aux aérosols des explosions d’obus à tête d’uranium (dit uranium appauvri) notamment en Serbie. On peut retrouver ces symptômes chez des militaires qui ont participé aux essais nucléaires.

Mais pour le lobby c’est simple, « circulez il n’y a rien à voir », cela est dû à la peur du nucléaire, la nucléophobie qui provoque ces dommages. C’est donc simplement psychologique, et si votre gamin est malade c’est parce qu’il est sensible à votre stress, ou si dans les hopitaux d’Irak les naissances de monstres affreux se multiplient, c’est encore la faute des parents et non de la pollution par les poussières d’uranium…..

Pour en savoir plus, consulter (17).

A propos des faibles doses de contamination, (d’après Michel Fernex (18), à Biederthal, le 15 septembre 2015).  

Dès 1958, Alice Stewart (qui fut la première présidente du CERI à sa création) porte à la connaissance de la communauté scientifique et du public le fait que de très faibles doses de rayonnements ionisants sont cancérigènes pour le fœtus pendant la grossesse. On découvre une augmentation de l’incidence des cancers et notamment des leucémies aiguës des enfants étant nés ou habitant autour des centrales nucléaires.

Autour de la centrale atomique de Krümmel en Allemagne, l’incidence des leucémies de l’enfant a nettement augmenté 5 ans après la mise en route de la centrale en 1983. Une pétition avec 10’000 signatures de citoyens inquiets a demandé une enquête et une étude épidémiologique de grande envergure a été initiée. Les chercheurs ont étudié l’incidence des leucémies autour de 16 centrales atomiques allemandes. Cette étude finalement publiée en 2007 montre que ces centrales, situées dans des environnements très différents, s’accompagnent d’une augmentation statistiquement significative du nombre de leucémies aigües chez le jeune enfant (moins de 5 ans) dans un rayon de 5 km autour des centrales.

Les sites de retraitement des déchets nucléaires sont source d’une augmentation des leucémies aigües et d’autres cancers dans un bien plus vaste territoire qu’autour des centrales atomiques. C’est le cas du site de Sellafield en Grande Bretagne. L’augmentation des leucémies aigües autour du site de retraitement de La Hague en France a été démontrée par le professeur Jean-François Viel, qui a été sanctionné pour cette révélation.

Qu’en est-il de la descendance d’adultes ayant été irradiés. D’après les études du Pr Goncharova (19)sur des rongeurs et des poissons, il n’y a pas d’adaptation génétique à l’effet mutagène des rayonnements: la fréquence des mutations continue à croître dans les générations successives au delà de la 10ème génération.

Michel Fernex a fait état d’observations sur un insecte , le « papillon bleu », dont les malformations présentes sur la 1ere génération irradiée, augmentent sur les générations suivantes au point qu’à la 10ième plus de la moitié des papillons sont touchés…

Et voila pourquoi les enfants et petits enfants des vétérans ou des liquidateurs de Tchernobyl sont touchés, comme le sont les descendants des populations contaminées… (voir les naissances monstrueuses dans les hopitaux irakiens des zones de guerre contaminées par les obus à terre d’uranium).

(1) CERI (Comité Européen sur le risque de l’irradiation, créé en 1997 à l’initative d’Alice Stewart) Recommandations 2003 du CERI, traduit par Françoise Dupont et Paul Lannoye, disponible en librairie, ed Frison-Roche, 2004.

(2) UNSCEAR (Comité scientifique des Nations unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation, créé par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1955) C’est l’instance de l’ONU qui «  dit la science », qui en a le monopole sans contestation possible. Ses membres sont nommés par les Etats, ils sont choisis évidemment pour porter la parole officielle et neutraliser toute remise en cause (par exemple nier l’effet des contaminations par de faibles doses).

(3)  Le monde comme projet Manhattan , Jean-Marc Royer, ed le passager clandestin, 2017

CIPR  La Commission internationale de protection radiologique (CIPR, en anglais International Commission on Radiological Protection ou ICRP) est une organisation non gouvernementale internationale qui émet des recommandations concernant la mesure de l’exposition aux rayonnements ionisants et les mesures de sécurité à prendre sur les installations sensibles. La quasi-totalité des réglementations et normes internationales et des réglementations nationales en radioprotection reposent sur ces recommandations. Issue de la création en 1928 du Comité international de protection contre les rayons X et le radium, elle est formellement fondée sous son actuelle appellation en 1950. Toujours de jure une association-fille de la Société internationale de radiologie, son domaine d’intérêt ne se limite plus à la protection dans le secteur médical : ses travaux englobent aujourd’hui l’ensemble des aspects de la protection contre les radiations (ou radioprotection), par exemple la sécurité des travailleurs du nucléaire ou la protection de la population. Désormais, la CIPR émet également des recommandations dans le domaine de la radiopharmaceutique. Elle fonde ses préconisations sur la base des indications fournies par l’UNSCAER.

(5) Irradiation ou contamination. Il convient de bien faire la différence entre l’irradiation, rayonnement que le corps reçoit de l’extérieur, et la contamination qui concerne l’ingestion ou l’absorption par l’air, l’eau, la nourriture, les blessures, de radioélements qui en se désintégrant détruisent ou modifient les cellules voisines.

(6) Vivre dans « le jardin nucléaire » avec Ethos, un crime contre l’humanité, Pierre Péguin 2016 https://apag2.wordpress.com/2016/11/21/vivre-dans-le-jardin-nucleaire-avec-ethos-un-crime-contre-lhumanite/, ou http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2016/11/07/Vivre-dans-le-jardin-nucleaire-avec-Ethos-un-crime-contre-l-humanite,

(7« La Comédie Atomique », Yves Lenoir, ed La découverte, 2016

(8) IRSN: L’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire est un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) C’ est l’expert public en matière de recherche et d’expertise sur les risques nucléaires et radiologiques. Ne comptons pas trop sur ce comité de l’IRSN pour reélement nous protéger même si des associations y participent voire s’y compromettent (l’ACRO, France Nature Environnement, Ligue nationale contre le cancer).

(9) <La science asservie>, Annie Thébaud-Mony, ed La découverte, 2014. Comment les lobbies instaurent la « stratégie du doute » pour nier les risques industriels (amiante, plomb, nucléaire, pesticides, etc.) et leurs conséquences.

(10) Chernobyl : Consequences of the catastrophe for people and the environment, Alexey Yablokov (Vassili Nesterenko et Alexey Nesterenko, publication de l’Académie des sciences de New York (NYAS), Annals of the New York Academy of Sciences, vol. 1181, Wiley-Blackwell, avril 2010) fait état d’un nombre de décès attribuables aux retombées de l’accident de Tchernobyl, entre 1986 et 2004 de 985.000, dans le monde entier.

(11)L’Arrêt immédiat du nucléaire est techniquement possible à l’échelle européenne par Élisabeth Brenière et François Vallet. Arrêt du Nucléaire (ADN) http://collectif-adn.fr/2019/Arret_immediat_Europe.pdf,

(12) ETB (Enfants Tchernobyl Bélarus, site http://enfants-tchernobyl-belarus.org

(13) Le CEPN, Centre d’Étude sur l’évaluation de la Protection dans le domaine Nucléaire, représente le lobby nucléaire français il rassemble : EDF, AREVA, CEA, l’IRSN ! Les membres de ces structures sont tous issus du même moule, cooptés ou nommés hors de tout processus démocratique, ils sont interchangeables. Ainsi Jacques Lochard fut directeur du CEPN et vice président de la CIPR.… Et c’est le CEPN qui a obtenu de l’Europe un financement pour développer les programmes Ethos et Core en Biélorussie destinés à convaincre les populations de vivre en zones contaminées par Tchernobyl, avec tous les risques que cela comporte, programmes que le CEPN applique maintenant à Fukushima. C’est un véritable crime contre l’humanité.

(14) De la pectine de pommesà Ethos et au crime contre l’humanité ! Par Annie et Pierre Péguin natureetprogres.org/wp-content/uploads/articles/article80.pdf Les enfants particulièrement touchés par les catastrophes nucléaires, peuvent être soulagés par des cures de pectine, mais….. cela pourrait porter atteinte à l’image du nucléaire….

(15) Tchernobyl : Publication de l’Académie des sciences de New York (NYAS), Chernobyl : Consequences of the catastrophe for people and the environment, Alexey Yablokov (Vassili Nesterenko et Alexey Nesterenko. Annals of the New York Academy of Sciences, vol. 1181, Wiley-Blackwell, avril 2010).

(16) Bandajevsky, Actes de la 3e Conférence internationale du Comité européen sur le risque de rayonnement, Lesbos Grèce, 5-9 mai 2009.

(17) Monique Sené, risques liés à une exposition aux radiations ionisantes autres que le cancer, Physicienne nucléaire. Directrice de la Gazette nucléaire.

(18) Michel Fernex, professeur émérite de la faculté de médecine de l’université de Bâle. Biederthal, 15 septembre 2015 Excès de mortalité par leucémies aigües chez les enfants autour des centrales nucléaires en état de marche normal.

(19 Pr Goncharova, avril 1997, colloque organisé à Genève par le centre universitaire d’écologie humaines et des sciences de l’environnement et publié dans les actes du colloque (avril 1998) « Ecologie humaine après Tchernobyl –Minsk ».

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Jeux Olympiques de Tokyo et la radioactivité Tokyo Olympics and radioactivity

A l’attention de Mr. Thomas Bach
Président du Comité International Olympique

 

Cher Monsieur,

Nous avons appris votre décision de transférer la tenue du marathon à Sapporo, Hokkaïdo, pour minimiser les risques provoqués par la chaleur éventuelle de l’été japonais sur la santé des athlètes et du public. Nous nous étonnons cependant que les risques provoqués par la radioactivité due à l’accident de la centrale de Fukushima Daï-ichi n’aient pas, à notre connaissance, été pris en compte par votre comité. Il est vrai que ceux-ci sont moins « visibles » mais sont source de danger à long terme.

En dépit de 9 années écoulées, actuellement, l’accident nucléaire de Fukushima n’est pas terminé, et fait toujours l’objet d’une déclaration d’urgence nucléaire.

Depuis près de 8 ans les dégagements de radioactivité n’ont pas pu être arrêtés. L’accident a engendré une contamination radioactive excessive dans l’ensemble du Japon et tout particulièrement dans l’Est où la préfecture de Fukushima est touchée de plein fouet. Cette même zone a été, il y a peu, frappée par les typhons Faxai et Hagibis d’une puissance sans précédent ; de fortes doses de la radioactivité toujours présente dans la nature ont été répandues un peu partout par les crues des rivières, et force est de constater que cette dissémination n’est pas contrôlable.

Il est incompréhensible qu’il soit prévu que la flamme olympique débute son parcours à partir du J village, non loin du site de Fukushima Daï-ichi, utilisé comme centre opérationnel de gestion de l’accident nucléaire, et qu’elle doive sillonner toute la zone contaminée.

Les mesures effectuées sur les sols autour du Stade Azuma Fukushima, où sont prévus les matchs de baseball et de softball, ont révélé une contamination allant jusqu’à 6176 Bq/kg.

De même, dans la partie de la baie de Tokyo où auront lieu les épreuves de natation du triathlon, l’eau est non seulement trouble et nauséabonde, mais une radioactivité importante s’y est accumulée. Car il faut savoir qu’à Tokyo aussi de nombreux « hot spots » radioactifs existent maintenant.
Outre l’inquiétude concernant la santé des athlètes en général, nous craignons que cet évènement, dans la région de Fukushima en grande partie contaminée pour des centaines voire milliers d’années, n’efface la gravité de la situation hautement dérangeante des résidents contraints d’y vivre. Parmi ceux-ci, des femmes – enceintes ou en âge de procréer – et des enfants sont touchés par la catastrophe et exposés à des taux élevés de rayonnements ionisants. En ne dénonçant pas la gravité de cette situation, vous risqueriez de vous en rendre complice laissant ainsi croire au monde entier que l’accident de la centrale de Fukushima n’a laissé aucune trace et fait désormais partie du passé.

Au vu des risques pour la santé encourus au Japon, nous vous demandons de faire vérifier par des scientifiques indépendants les doses de radioactivité présentes dans les localités concernées par les Jeux Olympiques et d’en tirer les conséquences qui s’imposeront.

署名者:premiers signataires

Françoise Bloch, socio-anthropologue CNRS retraitée, membre de Contratom et de l’ex-collectif IWHO

Anne-Marie Bonnisseau, Collectif Contre l’ordre atomique, France

Bruno Boussagol, metteur en scène, Appel du 26 avril

Françoise Bouvier, membre de l’ex- collectif IWHO

Françoise Chanial, des amis de la Terre et du collectif ADN

Martial Château, SDN 72, France

Bernard Elman, Collectif Contre l’ordre atomique, France

Odile Gordon-Lennox, membre du comité de l’association “Soigner les Enfants de Tchernobyl” Genève

George Gordon-Lennox, journaliste et fonctionnaire international à la retraite

Yu Kajikawa, Sayonara Nukes Berlin, Berlin

Claudio Knüsli, oncologue, membre du comité IPPNW Suisse (International Physicians for the Prevention of Nuclear War), Bâle

Kolin Kobayashi, journaliste indépendant, Echo-Echanges, Paris

Hiroko Komori, Association Plus, Paris

Bernard Laponche, Association Global Chance

Andreas Nidecker, bureau IPPNW Suisse

Jean-Luc Pasquinet, Collectif ADN

Pierre Péguin, Collectif Arrêt du Nucléaire

Jean-Yves Peillard, membre de l’ex-collectif IWHO

Eric Peytremann, membre du comité “ Soigner les Enfants de Tchernobyl” ((Care for the Children of Chernobyl – SET)

Claude Proust, juriste retraité EDF, Corenc

Anne-Cécile Reimann, Présidente de Contratom, Genève, Suisse,

Ivo Rens, Professeur honoraire, Université de Genève

Philippe de Rougemont, President of Sortir du nucléaire Suisse romande

Annick Steiner, membre de l’ex-collectif IWHO, Genève

Kurumi Sugita, socio-anthropologue CNRS retraitée, Nos Voisins lointains 3.11

Yûki Takahata, écrivaine, traductrice, Yosomono-net France, Paris

Wladimir Tchertkoff, documentariste co-fondateur de l’association Enfants de Tchernobyl Belarus

Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche honoraire Inserm, IRIS/GISCOP93/GISCOP84

Jean-Luc Tonnerieux, membre de Vosges Alternatives au Nucléaire et de l’ex collectif IIWHO

Toshiko Tsuji, membre de Yosomono-Net,

Erwin Weiss, membre du comité Contratom,

Olivier Zimmermann
団体:Organisations/associations

ADN 75, Paris

Association Echo-Echanges, France

Collectif Contre l’ordre atomique, France

« Enfants de Tchernobyl Belarus », par les huit membres de son CA :

– Marie-Elise Hanne,

– Michel Hugot (co-auteur et réalisateur des documentaires Belrad 2015 et Survivre à la pollution atomique),

– Yves Lenoir (auteur de La Comédie atomique et, avec le cinéaste Marc Petitjean, de Tchernobyl, le monde d’après),

– Catherine Lieber (autrice de la brochure Introduction à la radio-protection et du CD Lune d’Avril),

– Jean-Claude et Maryse Mary,

– Françoise Tailhan,

– Wladimir Tchertkoff (auteur de Le Crime de Tchernobyl et réalisateur des films Le Sacrifice, Controverses nucléaires et de nombreux autres documents audiovisuels sur Tchernobyl).

Association Henri Pézerat, France

Association Nos Voisins Lointains 3.11, France

Réseau Sortir du nucléaire, France

SDN Berry-Giennois-Puisaye, France

SDN Isère, France

SDN 72, France

Sortir du nucléaire Suisse romande

Yosomono-Net France

 

Signez : http://chng.it/y8VrWzhQ

 

English Version

 

 

For the attention of Mr. Thomas Bach
President of the International Olympic Committee

Dear Sir,

We have learned of your decision to transfer the marathon of the Tokyo 2020 Olympic Games to Sapporo, Hokkaido to minimize the risk of the heat of the Japanese summer on the health of athletes and the public. We are surprised, however, that the risks posed by radioactivity due to the accident at the Fukushima Dai-ichi plant have not, to our knowledge, been taken into account by your committee. It is true that these are less « visible » but are a danger in the long term.
Despite the fact that nine years have passed, the Fukushima nuclear accident is not over yet, and is still subject to a nuclear emergency declaration. During almost eight years the emissions of radioactivity could not be controlled. The accident resulted in excessive radioactive contamination throughout Japan, especially in the east, where Fukushima Prefecture is hit hard. This same zone was recently struck by typhoons Faxai and Hagibis of unprecedented force; high doses of the radioactivity still present in nature have been spread everywhere by flooding rivers, and it is clear that this dissemination is not controllable.
It is incomprehensible that the Olympic flame will begin its journey at J village, not far from the Fukushima Dai-Ichi site, used as an operational center for the management of the nuclear accident, and is planned to crisscross the entire contaminated area.
Measurements carried out on the grounds around the Fukushima Azuma Stadium, where the baseball and softball games are scheduled, revealed a contamination of up to 6176 Bq / kg. Similarly, in the part of Tokyo Bay where triathlon swimming events are to be held, the water is not only murky and nauseating, but significant radioactivity has accumulated in the surrounding area. Indeed one should be aware that in Tokyo too many radioactive « hot spots » still exist.
In addition to our concern about the health of athletes in general, we fear that the organization of these events in the Fukushima region, largely contaminated for hundreds or even thousands of years, will obfuscate the gravity of the highly disturbing situation of residents forced to live in these areas. Among them, women – pregnant or of childbearing age – and children are affected by the disaster and exposed to elevated levels of ionizing radiation. By not denouncing the seriousness of this situation, you risk making yourself an accomplice to this cover-up by letting the world believe that the accident of the Fukushima plant has left no trace and is now a thing of the past.
In view of the health risks incurred in Japan, we ask you to ensure that independent scientists check the doses of radioactivity present in the localities concerned by the Olympic Games and draw the necessary conclusions.
Yours sincerely,

 

Françoise Bloch, socio-anthropologue CNRS retraitée, membre de Contratom et de l’ex-collectif IWHO;

Anne-Marie Bonnisseau, photographe, member of Contre l’Ordre Atomique, France;

Bruno Boussagol, director, Appel of April 26th;

Françoise Bouvier, member of ex IWHO;

Françoise Chanial, member of Friends of Earth and ADN;

Martial Chateau, SDN72;

Martine Cuennet, Soigner les Enfants de Tchernobyl (Care for the Children of Chernobyl – SET) Geneva

Denise Gonnet, Soigner les Enfants de Tchernobyl (Care for the Children of Chernobyl – SET) Geneva

Bernard Elmann, member of Contre l’ordre Atomique, France;

Odile Gordon-Lennox, member of the board of l’association “Soigner les Enfants de Tchernobyl” Genève

George Gordon-Lennox, journaliste and retired International civil Servant;

Marie-Elise Hanne

Michel Hugot (co-author and director of the documentaries Belrad 2015 et Survivre à la pollution atomique – Survive Atomic Pollution)

Yu Kajikawa, Sayonara Nukes Berlin ;

Kolin Kobayashi, Independent journalist, Echo-Echanges, France;

Hiroko Komori, Association Plus, Paris;

Claudio Knüsli, oncologue, member of the board IPPNW Suisse (International Physicians for the Prevention of Nuclear War), Basel;

Yves Lenoir (author of the book La Comédie atomique – The Atomic Comedy – and, with the filmmaker Marc Petitjean, of Tchernobyl, le monde d’après – Chernobyl, the world after)

Catherine Lieber (author of the brochure Introduction à la radio-protection – Introduction to radioprotection – and of the CD Lune d’Avril -April Moon)

Jean-Claude and Maryse Mary

Caroline Mehrmann, Soigner les Enfants de Tchernobyl (Care for the Children of Chernobyl – SET) Geneva

Bernard Laponche, Association Global Chance;

Andreas Nidecker, board IPPNW Suisse;

Jean-Luc Pasquinet, Collectif ADN

Pierre Péguin, Collectif Arrêt du Nucléaire;

Jean-Yves Peillard, membre de l’ex-collectif IWHO;

Eric Peytremann, member of the committee “ Soigner les Enfants de Tchernobyl” ((Care for the Children of Chernobyl – SET)

Claude Proust, retired lawyer EDF, Corenc

Anne-Cécile Reimann, President of Contratom, Geneva, Suisse;

Ivo Rens, Honorary Professor, University of Geneva;

Philippe de Rougemont, President of Sortir du nucléaire Suisse romande;

Annick Steiner, member dof l’ex-IWHO, Geneva;

Kurumi Sugita, retired social anthropologist CNRS, Nos Voisins lointains 3.11;

Françoise Tailhan

Yûki Takahata, writer, translator, Yosomono-net France, Paris;

Wladimir Tchertkoff, documentary co-founder of l’association Enfants de Tchernobyl Belarus;

Annie Thébaud-Mony, honorary research director Inserm, IRIS/GISCOP93/GISCOP84;

Jean-Luc Tonnerieux, member of Vosges Alternatives au Nucléaire and  l’ex-IWHO;

Toshiko Tsuji, membre de Yosomono-Net, France;

Erwin Weiss, member of the committee Contratom;

Olivier Zimmermann;

 

associations :

ADN 75

Association Echo-Echanges;

Collectif contre l’ordre atomique;

« Enfants de Tchernobyl Belarus », par les huit membres de son CA :

Association Henri Pézerat;

Association Nos Voisins Lointains 3.11;

Réseau Sortir du nucléaire, France;

SDN Berry-Giennois-Puisaye;

SDN Isère;

SDN 72;

Sortir du nucléaire Suisse romande;

Yosomono-Net France;

 

 

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Après le séisme du 11 novembre en Ardèche, qu’en est-il du nucléaire régional ?

par Pierre Péguin,

physicien

le 14 novembre 2019, Pierre Péguin, du Collectif Halte Aux Nucléaires Gard (CHANG).

Lundi 11 en fin de matinée, un séisme d’une magnitude de 5,4 sur l’echelle de Richter a gravement touché la ville du Teil en Ardèche (en face de Montélimar à une dizaine de kms des réacteurs de Cruas, à une trentaine de ceux du Tricastin, et à une quarantaine du site nucléaire de Marcoule qui, facteur aggravant, y reçoit et conditionne le plutonium destiné aux réacteurs « moxés » (1)). C’est le séisme le plus important survenu en France en seize ans. Au delà des victimes (1 mort et des blessés) les habitants de la région se sont immédiatement inquiété du risque de catastrophe atomique et de l’état des centrales nucléaires.

Rappels sur le risque sismique

La région du bas Rhône est une zone de risque sismique important. Sous la pression de la plaque tectonique Afrique sur la plaque Europe, la région est très ssurée avec trois grandes failles qui partent de la Méditerranée vers le nord de l’Europe, et de nombreuses failles transversales. Il en résulte un grand risque sismique illustré par le séisme dévastateur de 1909 de Lambesc, en Provence, de magnitude 6,2. Notons aussi Le séisme de Clansayes en juin 1772 (à 14km de Tricastin) dont les répliques durèrent longtemps.

En remontant sur des milliers et des dizaines de milliers d’années, la paléosismologie a révélé l’existence de tremblements de terre d’intensité ou de magnitude très supérieures à celles révélées sur la séquence historique. Nous ne sommes donc pas à l’abri de secousses bien plus fortes que celles prévues.

Les raisons légitimes de l’inquiétude de la population

Les réacteurs de Cruas et Tricastin ont été construits sur la base d’un risque sismique d’une magnitude de 4,7 avec une majoration de sécurité, de magnitude 5,2. Cela nous paraît tout à fait insuffisant, la vallée du Rhône étant particulièrement exposée.

– A la vétusté des équipements , aussi bien à Cruas qu’au Tricastin, s’ajoute de graves défauts déjà identifiés tels que les fissures des cœurs de réacteur, les soudures des échangeurs de chaleur, la corrosion des circuits, ou même le risque d’indisponibilité des groupes électrogènes de secours. Tout cela inquiète légitimement sur les possibles dégradations dues au tremblement de terre.

– Il n’y a pas que les bâtiments et les équipements des réacteurs qui peuvent être atteints par un séisme et mettre en danger leur fonctionnement. La rupture de barrage en amont, la rupture de la digue le long du Rhône qui protège le Tricastin peuvent avoir pour conséquence l’inondation des installations comme cela s’est produit à Fukushima. Cela a d’ailleurs été dénoncé par l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire).

Comment est gérée l’activité du nucléaire suite au seisme (3).

La centrale de Cruas comprend quatre réacteurs (915 MW chacun) et représente environ 5% de la production nucléaire française, EDF doit désormais procéder à son

examen. Cruas 1 avait été stoppé début septembre pour des travaux de maintenance. Cruas 2, 3 et 4 ont été arrêtés dès lundi soir, avec l’intention de les redémarrer dès vendredi soir. Mais EDF a averti ensuite que le redémarrage pourrait être retardé, en raison « de la durée du processus de contrôle en cours ». « EDF devra vérifier, entre autres, l’absence de fissures, de fuites au niveau des joints, voir si les ancrages ont été endommagés ou si les équipements ont besoin de nouveaux essais ». Nous apprenons ce jour qu’EDF a prolongé les arrêts des quatre réacteurs et en prévoit les redémarrages échelonnés entre le 2 et 19 décembre.

Deux réacteurs de Tricastin sur les quatre sont également arrêtés:

https://www.services-rte.com/fr/visualisez-les-donnees-publiees-par-rte/production- realisee-par-groupe.html, tandis que l’usine d’enrichissement GB2 n’est pas en fonctionnement.

Questions et commentaires. Si au premier abord la magnitude de 5,4 dépasse la marge de sécurité fixée à 5,2, l’exploitant prétend qu’il ne faut considérer que les ondes de surface qui n’auraient atteint que la magnitude de 4,5. Attendons à ce sujet d’en savoir plus.

Dès l’annonce du séisme, la CRIIRAD (2) en situation de vigilance renforcée a confirmé que ses balises de surveillance en continu de la radioactivité atmosphérique en Vallée du Rhône (Valence, Montélimar, Saint-Marcel d’Ardèche, Avignon) n’ont mis en évidence aucune contamination ou élévation anormale du rayonnement ambiant.

Mais on peut se poser des questions sur ce qui a été annoncé jusqu’à présent, ou pas, par EDF et l’ASN :

– Pourquoi le dépassement de seuil n’a été détecté que par un seul des cinq capteurs du site de Cruas? Quelle est la valeur détectée par ce capteur et par les autres ?

– Pourquoi les réacteurs en fonctionnement au moment du séisme n’ont pas été arrêtés instantanément, alors qu’un dépassement de seuil avait été détecté ; est-ce conforme aux règles de sûreté qu’un dépassement de seuil mesuré par un capteur sismique n’entraîne pas la mise à l’arrêt automatique des réacteurs du site ?

– Et la gestion du réacteur Cruas 4 pose question. IL a fonctionné à puissance réduite (360 à 420 MW) depuis le 13 octobre avec des oscillations de puissance irrégulières. Le 9 novembre, entre 3h et 5h du matin, le réacteur a été mis à l’arrêt (4) jusqu’au 10 novembre pour remonter en puissance jusqu’à 400 MW environ. Le 11 novembre, à 17h, il a été arrêté progressivement.

Que s’est-il réellement passé pendant près d’un mois pour que le réacteur N°4 fonctionne à puissance réduite avec cet arrêt en urgence? EDF faisait-elle des essais? Est-ce « normal » et autorisé par l’ASN de faire fonctionner un réacteur de 900 MW au tiers de sa puissance pendant une période aussi longue ? L’ASN était-elle au courant ?

ON ne peut donc, décemment, se contenter du message rassurant de ces dernières heures « aucune incidence n’est à craindre, ni sur la production d’électricité ni sur la sûreté des installations des centrales du Tricastin et de Cruas ».

Tout cela nous montre une fois de plus qu’on frôle le risque de catastrophe atomique! Jusque là nous avons eu de la chance, mais jusqu’à quand ?

Quand les décideurs comprendront-ils qu’ils n’ont pas le droit d’exposer les populations à de tels dangers. Ces dangers imposés sans débat démocratique, ne se justifient pas. Ils imposent l’arrêt des vieux réacteurs de notre région en extrême urgence, pendant qu’il en est encore temps.

(1) une bonne partie des plus vieux réacteurs, ceux de 900MW peuvent utiliser un « combustible » conditionné à Marcoule appelé MOX, mélange d’oxydes d’uranium dit « appauvri » et de plutonium, ce qui les rend plus dangereux.

(2) CRIIRAD, Communiqué du 12 novembre 2019 13H, Site http://www.criirad.org

communiqué de presse STOP nucléaire Drôme Ardèche (collectif ADN) – 11 novembre 2019 18h

(3) La consultation du site internet de RTE indique en temps réel l’état de fonctionnement de l’ensemble des moyens de production d’électricité en France : https://www.services- rte.com/fr/visualisez-les-donnees-publiees-par-rte/production-realisee-par-groupe.html

(4)Le CAN du Sud Est indique sur son site internet qu’il y a eu un arrêt en urgence du réacteur N°4 le 9 novembre : http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php? post/2019/11/10/Centrale-atomique-de-Cruas-%3A-arr%C3%AAt-d-urgence-d-un-r %C3%A9acteur-nucl%C3%A9aire

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