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À propos de Ivo Rens

Professeur honoraire de l'Université de Genève

Décryptage de l’engouement pour la voiture électrique

Pierre Péguin, physicien,

et Ivo Rens, historien et juriste

3 mars 2021

Depuis quelques années, de par le monde, la voiture électrique qualifiée de “voiture propre”, est présentée comme la solution aux problèmes de pollution et de climat par les politiques et les médias. Elle répondrait aux exigences d’une société écologique de progrès. S’il est vrai que les véhicules restent indispensables, particulièrement dans la vie rurale, il est nécessaire de pouvoir en disposer qui soient sobres en consommation, fabriqués et recyclés en faisant le moins de dégâts écologiques et sociaux possibles.

L’achat des voitures fonctionnant à l’électricité, bien que généreusement subventionné en France et dans d’autres pays, reste onéreux et s’adresse d’abord à un public aisé s’équipant d’une voiture secondaire pour la ville. Mais est-on sûr que leur bilan complet soit réellement écologique ? Tentons d’élucider cette question qui vaudra aussi pour les voitures hybrides, mutatis mutandis.

En outre, face aux mesures mises en œuvre en France comme ailleurs dans le monde, mais aussi face à l’effet de mode et à l’engouement du public, tentons de voir ce que peut signifier cette promotion volontariste pour l’évolution de la société.

Le scandale écologique de la prime à la casse de véhicules en état de marche (1).

Alors qu’une société sobre se doit de renoncer à l’obsolescence programmée des objets fabriqués industriellement, voilà que des primes sont proposées pour mettre à la casse des voitures en état de marche. Il s’agit de les remplacer par des véhicules neufs plus lourds, fabriqués avec encore plus de matériaux, ceux des batteries électriques, et avec tous les gadgets modernes dont la fabrication énergivore est source de pollutions supplémentaires !

Le prétexte environnemental est que les voitures neuves, consomment moins que celles qu’elles remplacent. Certes les vieilles bagnoles consomment et polluent davantage, mais en continuant à rouler longtemps, entretenues ou rafistolées (comme en Afrique…), elles évitent la fabrication polluante et gourmande en matériaux à extraire, en énergie et en eau, de voitures neuves électriques.

Un autre gaspillage d’argent public réside dans l’installation, à grands frais, de bornes de recharge, avec places de stationnement, et dans le dégrèvement fiscal accordé à l’énergie électrique de recharge, aux bornes ou au domicile. Ces avantages bénéficient bien sûr aux tranches sociales assez aisées pour s’offrir ces véhicules électriques déjà généreusement subventionnés…

La voiture électrique est-elle écologique ? (2),(3), (4)

Le plus souvent, les acheteurs de voitures électriques estiment avoir fait un choix écologique, et il est bien vrai que l’utilisation de ce type de véhicules réduit la pollution de l’air dans les agglomérations. Mais leur production se révèle nettement plus énergivore, et polluante que celle des voitures thermiques. En effet la fabrication de leur batterie compte pour près de la moitié dans leur coût énergétique et requiert l’extraction de métaux rares.

Aujourd’hui, le point crucial d’une voiture électrique est sa batterie, le plus souvent produite en Chine. C’est elle qui en détermine un certain nombre de caractéristiques, dont l’autonomie et la puissance. Elle est responsable de l’accroissement important du poids du véhicule, elle en constitue aussi l’élément le plus coûteux. Mais surtout, elle est à l’origine de pollutions, de dégâts environnementaux et sanitaires provoqués par l’extraction, principalement dans le Tiers monde, de tous les matériaux nécessaires à sa fabrication. Quant aux mineurs qui sont parfois des enfants et aux autres acteurs impliqués dans cette extraction, ils sont le plus souvent embauchés pour un salaire de misère et avec des conditions de travail épouvantables. (4)

Paradoxalement, la production de voitures électriques est étroitement dépendante de l’industrie minière. En effet pour fabriquer leurs batteries on a besoin de lithium (provenant du Chili), en fonction des technologies elles contiennent du cobalt (dont plus de la moitié provient du Congo-Kinshasa), du nickel (de Nouvelle Calédonie), du manganèse (du Gabon). Ajoutons que leur fabrication requiert quatre fois plus de cuivre qu’il n’en faut aux voitures thermiques et que, pour alléger le surpoids de la voiture, il faut aussi remplacer l’acier par 3 à 4 fois plus d’aluminium dont l’élaboration est très gourmande en énergie. Est-il besoin de préciser que l’industrie minière est totalement dépendante des combustibles fossiles dont elle n’est pas précisément une petite consommatrice. Finalement, la fabrication de ces batteries, et donc des voitures électriques, est pratiquement deux fois plus polluante à produire que la voiture thermique. Et si au moins les batteries étaient recyclées comme annoncé. Malheureusement, tel n’est pas le cas, pour l’instant du moins, seuls les éléments les plus faciles à récupérer le sont.

Qu’en est-il de son bilan énergétique ?

Certes, au conducteur, la consommation énergétique du véhicule électrique paraît exemplaire : la quantité et le coût de l’électricité nécessaire pour le faire rouler sont minimes. Mais qu’en est-il alors du rendement thermodynamique de la voiture électrique comparée à celui de la voiture thermique ? D’après Philippe Lebreton (5), la voiture électrique utilise moins de 20 % de l’énergie fournie par l’uranium ou les hydrocarbures en centrale thermique du fait des rendements successifs, en cascade, de la centrale, de la batterie, et du moteur électrique. Ce faible rendement est à comparer à celui de la voiture thermique qui oscille autour de 30%. Voici ce qu’en disait Philippe Lebreton il y a un quart de siècle (5):

Pour comparer les rendements respectifs des véhicules électriques, et thermiques il faut partir des énergies primaires, d’une part pour la production d’électricité essentiellement en centrales thermiques (nucléaire et fossiles), et d’autre part du carburant tiré à la pompe.

Pour la voiture électrique, sachant que le rendement de conversion de chaleur en centrale thermique est à peu près de 30 % pour le nucléaire, meilleur pour le fuel, le charbon et surtout le gaz pour lequel on approche les 50 %. Sachant aussi que le rendement du stockage de l’électricité en batterie est de l’ordre de 65 %, à condition que la recharge ne soit pas accélérée, puis que le moteur électrique de la voiture aura un rendement de l’ordre de 85 %. On s’aperçoit finalement que seuls 15 à 16 % de l’énergie fournie par la désintégration de l’uranium ou 20 à 21 % de la combustion de fossiles est utilisée par la voiture électrique. Tout le reste est perdu en chaleur, et de plus le rendement baisse s’il faut réchauffer l’habitacle ou au contraire le climatiser.

Pour simplifier, il n’est pas pris en compte tout ce qu’implique l’extraction et la transformation de l’uranium ou du pétrole, dont les dégâts sont considérables, plus graves encore pour l’uranium que pour les hydrocarbures.

Quant à la voiture à essence ou diesel, son rendement moyen est actuellement de 30 % meilleur (ou moins mauvais!) que celui de la voiture électrique Il est susceptible de progrès dans l’avenir, sa limite théorique du fait du 2nd principe de la thermodynamique étant d’environ 60% (6) (7).

En France, l’électricité fournie aux bornes de recharge est alimentée à 70 % par la filière nucléaire qui crée d’énormes quantités de déchets radioactifs pour des milliers d’années. Cette filière a connu en un quart de siècle les accidents de Tchernobyl (1986) et de Fukushima (2011), avec des conséquences séculaires. Aussi peut-on dire des propriétaires de véhicules électriques qu’ils roulent au nucléaire, qu’ils se rendent co-responsables de risques majeurs menaçant leur pays, leur continent, voire le vivant et aussi de la formation de déchets radioactifs on ne peut plus durables dont nous confions la gestion, éminemment problématique, aux générations futures pour des dizaines de milliers d’années.

Le développement de ces voitures accroît inexorablement la demande en électricité, et permet aux gouvernants de prétendre à la nécessite de poursuivre sa production par le nucléaire. C’est d’ailleurs pour cette raison même que le chauffage électrique des immeubles continue à être promu malgré son bilan énergétique désastreux.

Il reste qu’en fonctionnement, un véhicule électrique n’émet pas de CO2 et que, au fil du temps, il pourrait compenser le surcroît de pollution engendrée par sa fabrication et celle de sa batterie. Dans beaucoup de pays, en termes de CO2, un véhicule électrique doit parcourir près de 200’000 kms pour rattraper le bilan carbone de la voiture thermique, et ce à condition que la batterie soit toujours fonctionnelle.

En revanche si, comme en Norvège, la production de l’électricité utilisée en recharge est renouvelable, il suffirait de 40’000 km pour compenser le surcroît de CO2 émis lors de sa fabrication. De même un particulier ou une collectivité produisant toute son électricité par voie photovoltaïque obtiendrait un meilleur rendement écologique, mais ce n’est bien sûr pas le cas de l’immense majorité des utilisateurs.

Quant à la pollution aux particules fines, d’après les nouvelles normes européennes de pollution, les gaz d’échappement n’en sont plus la principale source, même si ceux du diesel restent les plus toxiques. L’abrasion des pneus et des plaquettes de frein compte en effet pour 90 % de ces émissions.

Dans le cas des hybrides rechargeables, le bilan énergétique est également défavorable car le poids mort de la batterie entraîne une surconsommation énergétique permanente.

En guise de conclusion provisoire

Promu à l’échelle mondiale, sans la moindre réserve par nos dirigeants, pour des raisons écologiques mais surtout climatiques, le remplacement des voitures thermiques par des voitures électriques devait permettre de ne plus polluer l’air des villes et de limiter le réchauffement climatique. C’est pourquoi, dans différents pays, les autorités favorisent fiscalement et parfois même subventionnent directement les acquéreurs de voitures électriques. Dans certains pays, l’électrification du parc automobile est en bonne voie. L’air des grandes villes deviendra plus respirable et d’aucuns croiront avoir œuvré pour l’écologie. En réalité, la diffusion des voitures électriques n’aura fait que déplacer la pollution notamment vers les pays producteurs des minerais nécessaires à la production des batteries électriques et vers ceux exportant l’uranium destinés aux centrales nucléaires. Car, pour être scientifiquement pertinente, l’analyse de tout processus économique doit aller du berceau à la tombe et ne pas s’arrêter à mi-chemin.

En adoptant des normes restreignant drastiquement les émissions de CO2, l’Union européenne a emprunté une voie favorisant l’essor des voitures électriques adapté à une clientèle aisée, délaissant ainsi la conception de petits véhicules thermiques sobres, rustiques au coût écologique moindre, ne consommant guère plus de 3 litres aux cent kilomètres.

Dans cet ordre d’idées, on peut s’étonner que les autorités politiques non seulement européennes mais mondiales n’ont jamais même tenté de taxer le kérosène qui a permis de doper une aviation devenue pléthorique ni d’interdire l’utilisation de fuels lourds utilisés à satiété par le trafic maritime qui a puissamment contribué à polluer les mers et les océans. Et que dire de la frilosité de la plupart des Etats peu enclins à favoriser le transport ferroviaire des personnes et des marchandises ?

Mais tentons d’aller plus loin. N’y a-t-il pas lieu de s’interroger sur les conséquences sociétales du développement imposé de la voiture électrique ? Se pourrait-il que cette dernière ne constitue qu’un aspect d’une transformation en cours de la société ? Avec l’imposition en France des compteurs électriques connectés Linky, le déploiement mondial de la G5, la diffusion des objets connectés, le rêve de la voiture autonome et le mythe d’une électrification intégrale, n’assistons-nous pas à la mise en place de l’infrastructure d’une société complètement normée et surveillée évoquant le célèbre 1984 de George Orwell ? (8)

Il y a d’ores et déjà sur la planète 1,4 milliards de véhicules automobiles à quatre roues. (9) Et il semble bien que le véhicule autonome soit tout sauf exemplaire en sobriété. Pour passer d’un véhicule actuel à un véhicule capable de se conduire et de se garer tout seul, pour remplacer la perception et la conduite humaine par des algorithmes, il faut quantité d’équipements supplémentaires : caméras, radars et d’innombrables capteurs gérés par des ordinateurs. Tout cela comporte des conséquences écologiques avec encore plus d’extraction de métaux rares, plus de centrales nucléaires et aussi plus de centres de données (data centers) dont le refroidissement est gourmand en énergie électrique… et il n’est pas dit qu’ils puissent tous être déplacés ailleurs !

L’engouement actuel pour la voiture électrique n’a de justification ni thermodynamique ni écologique. Il amorce une mutation sociétale qui n’a rien de spontané. Cette mutation a vraisemblablement été conçue déjà vers la fin du siècle dernier dans les arcanes de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) en marge de réflexions sur la courbe de Keeling (10) qui mit en relation la hausse continue du CO2 dans l’atmosphère avec la consommation des énergies fossiles par les sociétés humaines. Mais son histoire reste à écrire…

Notes

 (1) « La voiture électrique et le compteur Linky : deux béquilles absurdes et vaines pour une société techniciste aux abois… » Communication de Stéphane Lhomme, décembre 2020.

(2) « Non la voiture électrique n’est pas écologique », Reporterre, Célia Izoard, 1 septembre 2020 ,

https://reporterre.net/Non-la-voiture-electrique-n-est-pas-ecologique,

(3) Challenges du 21/03/2018 « Et si la voiture électrique était un désastre écologique ? » par Nicolas Meunier. https://www.challenges.fr/automobile/dossiers/et-si-la-voiture-electrique-etait-un-desastre-ecologique_575450,

(4)« La voiture électrique cause une importante pollution minière » Reporterre, Célia Izoard, 2 septembre 2020 ,

https://reporterre.net/La-voiture-electrique-cause-une-enorme-pollution-miniere,

(5) Philippe Lebreton – « le véhicule électrique autonome : alternative écologique crédible ou gadget électropublicitaire », 1995, Stratégies Energétiques, Biosphère et Société (SEBES).

(6) Courriel de Philippe Lebreton à Ivo Rens, 26 septembre 2020.

(7) « Le moteur thermique n’a pas dit son dernier mot » Sciences et Avenir https://www.sciencesetavenir.fr/high-tech/automobile-le-moteur-thermique-n-a-pas-dit-son-dernier-mot_106708,

(8)« Derrière la voiture électrique, l’empire des Gafam » Reporterre, Célia Izoard, 3 septembre 2020

https://reporterre.net/Derriere-la-voiture-electrique-l-empire-des-Gafam,

(9) Transitions & Energies, https://www.transitionsenergies.com/combien-voitures-monde/

(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Courbe_de_Keeling

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Incendies à Tchernobyl : quels impacts en Auvergne-Rhône-Alpes ?

15 avril 2020 à 16:07

par Florient Deligia

Source : https://www.lyoncapitale.fr/actualite/incendies-a-tchernobyl-quels-impacts-en-auvergne-rhone-alpes/

À partir du 4 avril, des incendies ont eu lieu dans des forêts à proximité de la centrale nucléaire de Tchernobyl. La fumée radioactive dégagée a-t-elle eu un impact dans la région Auvergne-Rhône-Alpes ? 

Durant près de dix jours, des incendies ont eu lieu dans des forêts en bordure de la centrale nucléaire de Tchernobyl en Ukraine. Les fumées qui s’en dégageaient pouvaient être radioactives. Rapidement, la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD) s’est emparée du dossier pour surveiller l’évolution de la situation.

« Ces incendies ont entraîné une augmentation ponctuelle de plus de 700 fois de la concentration en césium 137 (NDLR : un élément radioactif) dans l’air de la ville de Kiev située à plus de 100 kilomètres au sud de la centrale de Tchernobyl« , précise la CRIIRAD, qui s’interroge sur l’exposition des pompiers et habitants à proximité.

Selon la CRIIRAD, les masses d’air en provenance de la zone ont pu atteindre la France « en début de semaine dernière« , « mais avec des niveaux de contamination très faibles et difficiles à mesurer« . L’analyse des balises de surveillance exploitée par la CRIIRAD à Montélimar et Romans-sur-Isère dans la Drôme montre que « l’activité volumique du césium 137 dans l’air ambiant est restée très faible, en dessous des limites de détection« . La CRIIRAD poursuit sa surveillance, tout en constatant que les dernières images satellites montrent que les incendies à proximité de la centrale sont circonscrits.

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COVID-19 et sûreté nucléaire, faut-il s’inquiéter ?

Communiqué de la CRIIRAD en date du 31 mars 2020

http://www.criirad.org/actualites/dossier2020/2020-03-31-CP_Covid19_Surete.pdf?utm_source=sendinblue&utm_campaign=Communiqu_de_presse__COVID19_et_Sret_Nuclaire_fautil_sinquiter____Envoi_Adhrents&utm_medium=email

 

Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité

(CRIIRAD)

29 route Manuel de Falla

F-26000 Valence

Tél. : 33 (0)4 75 41 82 50

Courriel : laboratoire@criirad.org

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Derrière le confinement sanitaire, le risque nucléaire…

Malgré les efforts de l’État, le nucléaire est en difficulté, et si notre confinement en accroissait la dangerosité?

 

Pierre Péguin

Docteur ès sciences

mars 2020

Avant le confinement, et malgré une actualité chargée (retraite, virus menaçant), le nucléaire était resté dans l’actualité et dans les préoccupations des gouvernants. Il a fallu en effet sauver de la faillite EDF et Areva/Orano, à coups de milliards et de restructurations (1), et ce dans un contexte international de déclin de la production d’électricité nucléaire (malgré quelques îlots de résistance en Chine, Russie, Inde). Celle-ci nécessitant un haut niveau de technologie, une capacité de financement très importante, n’ayant pu se développer que dans des pays industrialisés, elle ne représente plus que 10 % de l’électricité consommée dans le monde, soit que 2 % de l’énergie totale consommée, tandis que la part des renouvelables plus rentable croit rapidement (2).

On verra dans ce qui suit que cela n’a pas découragé nos dirigeants, s’appuyant avec opportunisme sur le fait que cette technologie serait prétendue non carbonée, et serait un levier pour limiter le taux de rejet de CO2….. Sauf qu’elle peut provoquer une catastrophe impossible à maîtriser, et qu’elle engendre en fonctionnant des déchets radioactifs à gérer jusqu’à la fin des temps à notre échelle, et pour lesquels aucune réelle solution n’existe (3)… Le nucléaire n’est-il pas la plus mauvaise solution pour faire bouillir l’eau alimentant les alternateurs ?

On connaît déjà le serpent de mer du fiasco des EPR de Flamanville et de Finlande dont délais et coûts ont été multipliés par 3 ou 4 sans que pour autant ils puissent fonctionner…. La mise à l’arrêt des deux réacteurs de Fessenheim, a ouvert une brèche dans le bloc intouchable du nucléaire (4); la décision en avait été prise et reportée depuis plusieurs années sous Hollande pour ces vieux réacteurs dont la dangerosité est dénoncée aussi par la Suisse et l’Allemagne.

Quant aux riverains du bas-Rhône, ils ont eu à commenter la suspension du projet de construction à Marcoule du réacteur Astrid, dont la mouvance écologique se réjouit, mais qui inquiète les personnels et les collectivités qui vivent des générosités de l’électronucléaire.

Cette décision est à nos yeux très importante car elle repousse (on espère aux calandres grecques) la filière des réacteurs à neutrons rapides, l’une des deux filières portées par le CEA, filière très difficile à maîtriser (voir les multiples arrêts et difficultés des gouffres financiers qu’ont été les fiascos de Phenix et superphenix). Il s’agit d’une technologie particulièrement délicate, dangereuse car alimentée au plutonium extrait des combustibles usés à la Hague, lié à l’uranium dit « appauvri » dont les stocks s’accumulent au Tricastin à la sortie de l’usine d’enrichissement.

Quant à l’autre enfant chéri du CEA, la fusion nucleaire dont la construction en cours du monstrueux Iter à Cadarache (5) illustre une fois de plus le gaspillage de fonds public et les dégâts écologiques d’un projet qui a toutes chances de se terminer par un fiasco de plus, mais dont la dimension internationale empêche tout arrêt du projet…. .

Que peut signifier la décision de renoncer, provisoirement au moins, à Astrid ? Nous nous interrogeons encore sur cette excellente nouvelle qui nous a surpris, est-ce la résolution d’une lutte interne d’influence entre les cadres polytechniciens du corps des ponts qui tiennent EDF sur ceux du corps des mines qui tiennent le CEA? Est-ce que face aux difficultés économiques, l’État est obligé de sauver EDF empêtré dans ses dettes et ses projets pourris de construction à Hinkley Point en Angleterre, incapable d’assurer financièrement le « grand carénage » qui pourrait lui permettre d’obtenir de prolonger la vie des réacteurs au-delà de 40 ans, ni de construire de nouveaux EPR pour maintenir la production d’électricité nucléaire, et encore moins de provisionner suffisamment pour le démantèlement inévitable des installations ?

Pour un pouvoir pronucléaire la situation est évidemment inacceptable…

Pour sauver EDF, électrification à tout prix, et assurer

ainsi l’avenir du nucléaire français. Il semble bien qu’en effet la seule façon pour nos nucléocrates de sauver le nucléaire français soit de conforter EDF

qui aurait pu être mis en faillite sans l’aide de l’État aux frais du contribuable. Des décisions récentes le laissent penser.

Ainsi l’État annonce le versement à EDF de la coquette somme de plus de 3 milliards d’€ pour manque à gagner dû à l’arrêt de Fessenheim. Somme considérable, alors qu’EDF aurait eu beaucoup à investir pour assurer le fonctionnement de ces 2 réacteurs plus longtemps. Il s’agit bien d’un cadeau déguisé, pour échapper à la surveillance de l’Europe préservant « la concurrence libre et non faussée ». Cela veux dire aussi que ce cadeau sera renouvelé à tout nouvel arrêt de centrale….

Et dans le même temps un programme d’accaparement de terres autour des centrales est lancé, montrant par là qu’EDF, Etat dans l’État, a une politique d’extension à très long terme de la pieuvre atomique (6)

Mais le plus important pour assurer l’avenir de l’électricité atomique est d’en développer à tout prix l’utilisation, notre société doit grâce au nucléaire s’electrifier le plus possible, prétenduement au nom de la lutte contre le réchauffement climatique! Notons que tous nos pays voisins ont le même objectif de réduire leurs emissions de gaz à effet de serre, mais…. en renonçant au nucléaire (probablement font-ils le choix du retour à la caverne et à la bougie…). Et bonne nouvelle l’Europe a refusé que le nucléaire soit reconnu équivalent aux énergies renouvelables, et puisse donc être soutenu comme elles, comme le revendiquait la France !

Et qu’en est-il de la sobriété nécessaire ? On en est loin : L’État français nous a déjà habitué à favoriser la surconsommation d’électricité et son gaspillage pour assurer le financement de l’électronucléaire. Ce fut d’abord la promotion du chauffage électrique, ainsi que de l’eau chaude et de la cuisine électriques provoquant les plus importantes pointes de consommation de l’Europe en fin de journée (pointes que le nucléaire fonctionnant en base ne peut assurer, et qui sont donc couvertes par le thermique et les renouvelables d’Allemagne et des autres pays voisins). Ce fut le cas aussi qu’a constitué la propagande pour la climatisation par Pompes à chaleur promue grâce aux étés chauds (mais là encore pas de chance, la canicule ne permettant plus le refroidissement des réacteurs par l’eau de fleuves, ce sont fréquemment les renouvelables étrangers qui soutiennent le réseau).

Et depuis peu tout est fait pour lancer la voiture électrique avec de coquettes subventions, bien qu’elle ne soit pas vraiment écologique du fait des batteries. De plus elle parait émettre presqu’autant de particules fines que les voitures à essence ou diesel (7). Son utilisation a des limites et son succès se fait attendre…

Mais la nucléocratie ne baisse pas les bras, elle vient d’imposer une arnaque pour relancer le chauffage électrique (8)! Voila que l’État en changeant un simple coefficient relance la pose de radiateurs électriques dans les logements même mal isolés.

En quoi consiste l’entourloupe ?  Sous l’impulsion de consignes européennes, les consommations d’énergie avaient été récemment limitées à 50Kwh/m² de logement, ce qui a limité le chauffage électrique au profit des pompes à chaleur et des chauffages au gaz. En effet du fait du mauvais rendement des réacteurs, l’utilisation de chaque Kwh électrique correspond à 3 fois plus de chaleur produite pour faire bouillir l’eau alimentant les alternateurs (les 2/3 de la chaleur étant donc rejetés dans l’environnement !). Un coefficient de 2,58 déjà bien favorable à l’électricité fut attribué à la consommation de Kwh électriques, de 1 pour le gaz bien plus efficace, et de 1 aux renouvelables bien sûr. Et bien il suffit de diminuer encore et arbitrairement ce coefficient à 2,3 pour que chauffage et eau chaude électriques puissent à nouveau passer sous la barre du 50Kwh/m², et même dans les logements mal isolés.

Retenons donc que si beaucoup de pays voisins se préoccupent de diminuer leurs emissions de CO2, ils le font sans nucléaire, tandis que la France, 9 ans après la catastrophe de Fukushima toujours incontrolable (9), s’obstine dans une technologie périmée, lourde, coûteuse et surtout dangereuse, elle s’obstine à prendre des mesures favorables à la surconsommation d’électricité, alors qu’à nos yeux l’arrêt indispensable de la production d’électricité atomique nécessite des mesures de sobriété et de production renouvelables.

Le risque de nous retrouver en situation d’avoir à subir une catastrophe comparable à celle de Fukushima impose d’appeler à l’arrêt quasi immédiat du nucléaire. Et c’est possible :

Pour l’arrêt indispensable quasi immédiat du nucléaire, .

Lorsqu’un immeuble se fissure sous l’effet de séisme ou de travaux et menace de s’effondrer, doit-on attendre longuement que soient réunies de bonnes conditions de relogement pour évacuer l’immeuble ? Non on évacue en extrême urgence. Il en est de même pour ces vieux réacteurs dont les cœurs, les générateurs de vapeur, se fissurent et subissent bien d’autres défauts alarmant. L’arrêt du nucléaire est à effectuer quasi immédiatement, avant la catastrophe de plus en plus probable.

Et c’est possible, oui contrairement à ce qu’on nous raconte, et bien que rien ne soit fait en ce sens en France, c’est possible : Le réseau interconnecté européen relie des capacités de production sous utilisées d’électricité, supérieures aux besoins, pouvant soutenir le réseau francais défaillant (10). Et tant pis si en transition vers plus de sobriété et de renouvelables, on brûle provisoirement plus de fossiles si cela permet à l’Europe occidentale de ne pas avoir à subir la catastrophe à venir.

On ne peut accepter que soit reconnu officiellement que la catastrophe est possible, que soit organisé sa gestion éventuelle, et continuer comme si de rien n’était. n’est-ce pas criminel ?

Et l’épidémie de virus en cours rend la gestion des installations atomiques difficile et de plus en plus dangereuse.

Les centrales sont gérées par de petites équipes de travailleurs spécialisés, et ce, qu’elles soient en production ou à l’arrêt, il faut toujours veiller au refroidissement du cœur pour en éviter la fusion catastrophique. EDF aura beau restreindre les équipes, allonger le temps de travail, il n’est pas exclu que la pénurie de personnel touché par le virus crée des situations de risques accrus (11), d’autant que le parc est déjà en mauvais état, et que les incidents de fonctionnement se multiplient.

Dès maintenant, Flamanville est à l’arrêt, le retraitement à la Hague est arrété (12). D’autres sites suivront.

Mais imaginons ce que serait la situation si un accident ou une catastrophe atomique survenait dans la situation actuelle de confinement et de système hospitalier débordé ! N’est-il pas criminel de poursuivre la production d’électricité nucléaire ?

Et par ailleurs le confinement imposé contre la propagation du virus n’est-il pas une répétition générale de ce qui se passerait après l’accident nucléaire : confinement, contrôle des déplacements, messages du gouvernement sur les portables, état d’urgence sanitaire.
les autorités civiles et militaires vont certainement tirer de bons enseignements de cette expérience grandeur nature (même si virus et

radioactivité ne se gèrent pas de la même façon)… pour savoir comment la population se comporte.
Et dans le même temps le fichage des antinucléaires s’organise (13
).

(1)EDF, « un fiasco industriel, économique et financier », Le Monde, 13 décembre 2019 : https://bit.ly/32cti49 . Et quand l’État reprend en main EDF avec son projet « Hercule » La Tribune, 11 décembre 2019 : https://bit.ly/2V8UOOx

(2) La fin programmée de l’énergie nucléaire dans le monde, https://www.trahnsitionsenergies.com/fin-energie-nucleaire-monde/,

Et extrait de la lettre de l’Observatoire du nucléaire: « Concurrencé par les renouvelables, le nucléaire décline dans le monde, voir Reporterre, 19 décembre 2019 : https://bit.ly/32ccnid et le World Nuclear Industry Status Report qui, sous la direction de Mycle Schneider, analyse l’état de l’industrie nucléaire dans le monde et, cette année, consacre un nouveau chapitre à l’évaluation de l’option nucléaire comme moyen de combattre l’urgence climatique ».

(3) Déchets nucléaires : une étude émet des doutes sur le conditionnement à Bure : Le Quotidien, 27 janvier 2020 : https://bit.ly/2wQePzf

(4) Yves Marignac https://savoie-antinucleaire.fr/2020/02/22/lindustrie-nucleaire-refuse-lidee-dun-declin/, (5) « Soleil trompeur – Iter ou le fantasme de l’énergie illimitée », Isabelle Bourboulon, ed les Petits

matins, 2020.
(6) EDF achète des terres. Partout en France, EDF prospecte et cherche à accumuler des hectares autour

de sites déjà nucléaires (mais pas que) https://lundi.am/Des-terres-pas-du-nucleaire,

(7) d’après Transitions et Energies du 18 mars, Particules fines: Pneus et freins polluent bien plus que les moteurs thermiques. Les moteurs diesel, et essence ne représentent qu’une part limitée des émissions de particules fines ; elles sont émises par tous les types de véhicules, à moteur diesel, à moteur essence et à moteur électrique, car provenant avant tout de l’abrasion des pneumatiques et des systèmes de freinage.

(8) « Si la transition écologique par le nucléaire est le choix de la technocratie française, il faut le dire clairement » https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/02/28/energie-si-la-transition-ecologique-par-le-nucleaire-est-le-choix-de-la-technocratie-francaise-il-faut-le-dire-clairement_6031208_3232.html,
Voir aussi, https://www.batiactu.com/edito/acteurs-vent-debout-face-a-redefinition-niveau-bbc-58949.php?,MD5email=7a2b62c8e205e645d1cbd48f8a6d7387&utm_source=news_actu&utm_medium=edito&utm_content=article,

(9) 9 ans que la catastrophe nucléaire de Fukushima se développe et s’aggrave, contaminant toujours plus de territoires, d’habitants. Les autorités japonaises veulent reverser dans le Pacifique les quantités astronomiques d’eau radioactive stockée dans des milliers de réservoirs autour de la centrale accidentée. Quant au démantèlement de cette dernière, il durera au moins une cinquantaine d’années https://bit.ly/3cjcfCn, tandis que la décontamination des sols paraît impossible : https://www.soil- journal.net/5/333/2019

(10) L’arrêt immédiat du nucléaire est techniquement possible à l’échelle européenne http://collectif-adn.fr/2019/arret-immediat-europe.html

(11) Coronavirus : comment maintenir le nucléaire sans le personnel ?http://coordination- antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2020/03/17/Coronavirus-%3A-comment-maintenir-le- nucleaire-sans-le-personnel,
L’entêtement du gouvernement et de EDF nous menace.

(12) Orano à arrêté les activités de retraitement à La Hague. Toutefois, la réception des combustibles usés et l‘expédition du plutonium vers Marcoule. Continuent.

https://actu.fr/normandie/beaumont-hague_50041/coronavirus-orano-hague-met-larret- installations_32342507.html

C’est une bonne nouvelle car avec l’arrêt du retraitement la Hague cesse de rejeter 90% de l’ensemble du tritium rejeté par les installations nucléaires françaises : Note de la CRIIRAD – 21/06/2019, https://www.criirad.org/actualites/dossier2019/Note_CRIIRAD_tritium.pdf.

(13) Fichage des antinucléaires, https://reporterre.net/Un-decret-risque-de-renforcer-le-fichage-des- antinucleaires Un décret pris par le gouvernement a transformé une instance chargée de filtrer les entrées sur les sites nucléaires en cellule de renseignement sur les antinucléaires (notons le parallèle avec la récente création du service de gendarmerie Déméter pour surveiller les opposants à l’agroindustrie….).

 

 

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Projet de construire 6 réacteurs EPR : une plaisanterie alors qu’EDF est incapable d’en construire un seul !

Observatoire du nucléaire

Communiqué du 30 août 2018

Source : http://www.observatoire-du-nucleaire.org

 

L’industrie nucléaire mondiale n’en finit plus de se déliter (*), sa part dans la production d’électricité est passée de 17% en 2001 à 10% à ce jour, et cette chute libre va continuer au fil des nombreuses fermetures de centrales : la plupart des 400 réacteurs encore en service sur Terre sont très anciens et en fin de vie.

Mais, en France, le lobby de l’atome vit dans un déni total de cette réalité et croit pouvoir revivre un âge d’or (ou plutôt d’uranium) comme au siècle dernier, quand une soixantaine de réacteurs ont été construits en quelques années.

Or, à l’époque, l’argent coulait à flot, EDF était encore un service public puissant et avait (hélas) les compétences nécessaires pour un tel programme.

Aujourd’hui, la société anonyme EDF SA est en quasi faillite et, de plus, elle se montre incapable de construire un seul réacteur EPR : le chantier de Flamanville n’en finit plus de collectionner les malfaçons les plus graves, les retards et les surcoûts.

Ce réacteur devait être construit en 4 ans et demi pour un coût de 2,8 milliards (et non 3,3 comme écrit ici où là) or, au bout de 11 ans, il est loin d’être terminé et coûte déjà 4 fois plus, sachant que ce bilan catastrophique n’est en rien définitif.

Aussi, il est parfaitement dérisoire et ridicule de voir que de prétendus « experts » préconisent la construction par EDF de 6 EPR. Et encore, sans rire, ils évoquent là seulement « un premier lot ».

Non seulement EDF est bien incapable de construire des EPR, que ce soit en France ou en Grande-Bretagne (projet virtuel à Hinckley Point) mais la société n’est même pas en capacité de financer la rénovation des réacteurs actuels qui, inévitablement, vont devoir être fermés les uns après les autres dans les années à venir (en espérant que ce soit avant une catastrophe et non du fait d’une catastrophe comme au Japon en 2011).

Au final, sachant qu’il empêche le développement de toute alternative au nucléaire alors que ce dernier est amené à disparaitre, le lobby de l’atome condamne la France à l’impasse énergétique et au désastre financier. Et ce sont bien sûr les habitants les plus modestes qui vont être les principales victimes de cette folie…

 

 

(*) Faillite d’Areva et de Westinghouse ; désengagements d’entreprises en Allemagne, au Japon, aux USA ; annulation de programme nucléaire en Afrique du Sud, en Tchéquie, ralentissement net en Chine, etc.

 

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ITER : Tritium, danger, 
l’arnaque mortifère du lobby du nucléaire

Ou comment le lobby prétend à tord que le tritium est inoffensif pour en rejeter allègrement dans l’environnement, et pour prétendre que la fusion nucléaire, avec la construction d’ITER à Cadarache, est sans danger.

Pierre Péguin,

Docteur en physique,

juillet 2018.

Le tritium, dont le symbole est H3, est un isotope radioactif de l’hydrogène dont il a les mêmes propriétés chimiques, il se désintègre en émettant un rayonnement bêta de très faible énergie. Il est généré au sein des réacteurs nucléaires, et ceux-ci sont autorisés à le rejeter généreusement dans l’environnement, mais ce sont les piscines de stockage de combustibles usés et l’usine de retraitement de la Hague (Manche) qui en relâchent le plus. Du fait de sa très petite taille, le piéger, le confiner nécessite des dispositifs coûteux, aussi pour ne pas avoir à les financer on prétend qu’il est sans danger….

 

Pourtant des études récentes montrent que la toxicité du tritium a été sous-évaluée quand il est absorbé par l’organisme, l’ASN l’a reconnu.* Il pénètre alors dans l’ADN des cellules. Si en raison de ses caractéristiques, il ne présente presque aucun risque en cas d’exposition externe, pas trop grands risques non plus lié à l’eau (sauf en cas de gestation, il peut atteindre les cellules de l’embryon en développement, y compris celles de l’ADN, avec des dégâts irréversibles), mais c’est lorsqu’il remplace un atome d’hydrogène dans une molécule organique qui rentre dans le cycle de la vie et la chaîne alimentaire que les choses s’aggravent….

Des données scientifiques montrent une concentration de tritium au voisinage de l’ADN d’organismes vivants contaminés, et cela devient alors un problème majeur: La désintégration et la transmutation en hélium s’accompagne de l’émission de rayonnement bêta (électron) trop faible pour sortir de la cellule et qui se dépose dans l’ADN, il y a alors perturbation de la molécule contaminée avec des conséquences biologiques inévitables.

Ainsi le tritium généreusement dispersé dans l’environnement, prenant la place d’atomes d’hydrogène non seulement dans l’eau, mais aussi dans toute matière organique et donc dans la chaîne alimentaire, est un dangereux agent perturbateur de l’ADN de tout le vivant. Il est donc faux d’affirmer que le tritium est un radioélément quasi inoffensif, il est criminel de le laisser contaminer librement l’environnement.

Les enjeux économiques étant considérables, la nucléocratie cherche alors à nier et à maintenir le doute, la toxicité radioactive du tritium est officiellement considérée comme particulièrement faible, et on se garde bien de tout nous dire. Mais le cas de Brenilis** a de quoi nous alerter, et d’ailleurs, dans son rapport sur la gestion des déchets nucléaires, Christian Bataille affirmait que le tritium « présente pour la santé humaine des dangers incontestables qu’il convient de ne jamais oublier. »

Notons que le tritium est utilisé pour la fabrication des bombes atomiques (bombes H), dont l’expérimentation se poursuit par simulation au centre Mégajoule dans les Landes.

La fusion nucléaire, ITER : Puisque prétendu « sans danger », cela permet aussi de présenter la technologie de la fusion nucléaire sur laquelle le CEA travaille depuis 60 ans, comme une technologie d’avenir sécurisée. La construction très controversée d’ITER*** à Cadarache (Provence) constitue un immense gouffre financier et un fiasco technologique qui ne fonctionnera probablement jamais et cela vaut mieux****, d’autant qu’il se trouve sur la grande faille sismique active qui de la méditerranée à la Scandinavie reçoit la poussée de la plaque Afrique sur la plaque Europe. Un séisme comme celui de 1907, dit séisme de Lambesc, aurait de terribles conséquences.

Rappelons tout d’abord qu’il s’agit de la construction d’une gigantesque usine destinée à reproduire le soleil par la technique dite de fusion nucléaire (fusion des deux isotopes de l’hydrogène H2 deutérium et H3 tritium. Pour « mettre le soleil en boite » (alors qu’il serait tellement plus simple d’utiliser son énergie reçue gratuitement….). Il faut porter ces éléments, maintenus par des champs magnétiques intenses dans l’axe d’un tore (énorme tuyau refermé sur lui- même), à des températures supérieures à cent millions de degrés. Ce réacteur est appelé « tokamak ». Les atomes sont alors à l’état de « plasma » comme dans un éclair de foudre, état physique de la matière dans lequel les atomes peuvent fusionner.

Diverses analyses mettent en évidence que ITER ne peut échapper à des phénomènes d’instabilité appelés « disruptions », véritables coups de foudre détruisant la structure, perforant la paroi, endommageant gravement la machine et libérant le tritium dans l’environnement.

Prix Nobel de physique, Pierre-Gilles de Gennes, partisan convaincu du nucléaire, déclarait en 2006 : « ITER je n’y crois malheureusement plus ». Également prix Nobel de physique, le chercheur atomiste japonais Masatoshi Koshiba exprime : « ITER est extrêmement dangereux du point de vue de la sûreté et de la contamination environnementale. Le tritium est hautement toxique et une grande partie des nappes phréatiques sera contaminée, ce qui crée un risque extrêmement grave pour l’environnement. ».

* Livre blanc de l’ASN p248/251, H3 est plus dangereux dans le noyau que C14 (Carbone 14) car de plus faible énergie, le rayonnement béta reste à l’intérieur.

**Site nucléaire de Brennilis, Finistère, en cours de démantèlement depuis 20 ans. « La moitié des personnes qui ont travaillé sur le circuit eau lourde (durant la première phase de démantèlement du site, sont décédées avant 65 ans ».

http://www.dissident-media.org/infonucleaire/demantelement.html

*** http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2018/05/03/ITER-et-la- fusion -nucleaire-une-accumulation-de-mensonges-depuis-le-debut par Antoine Calendra

****Une immense arnaque d’extrême dangerosité, ITER. Pierre Péguin, janv 2012. ITER, Chronique d’une faillite annoncée. Jean-Pierre Petit.

http://www.enquete-debat.fr/archives/iter-chronique-d’une-faillite-annoncee )

Annexes

Ci-dessous on trouvera deux annexes l’une consacrée au tritium et sa dangerosité, l’autre à la construction d’ITER et à tous ses risques.

En savoir plus sur le tritium et sa dangerosité

L’hydrogène a deux isotopes, le deutérium H2, atome stable dont le noyau est composé d’un proton et d’un neutron – c’est le composant de « l’eau lourde »-, et le tritium H3 dont le noyau est composé d’un proton et de deux neutrons, instable, donc radioactif, il se désintègre en émettant un rayonnement béta (électron) de très faible énergie et se transforme en hélium, sa période radioactive est d’une douzaine d’années. il n’existe qu’en traces à l’état naturel créé par le rayonnement cosmique interagissant essentiellement avec des atomes d’azote.

Du tritium artificiel est produit par l’homme en plus grande quantité depuis les années 1940, via les explosions nucléaires, dans le fonctionnement normal des réacteurs nucléaires, et lors du retraitement des combustibles usés Il est, avec le carbone 14, l’un des deux radionucléides les plus émis dans l’environnement par les installations nucléaires. Au sein des réacteurs, du tritium est produit par capture de neutrons dans l’eau qui sert au refroidissement, ainsi que dans le combustible lors de fissions parasites. De ce fait, ce tritium se retrouve dans les piscines d’entreposages de combustibles usés ou dans les effluents lors du retraitement de ces déchets à l’usine de la Hague. Chaque réacteur en produit environ 3 grammes par an, et ce qui s’en échappe est stocké sur site, avant d’être rejeté avec de larges autorisations fonction de la puissance électrique, autant dire qu’entre La Hague et Flamanville, le Cotentin est particulièrement gâté !…

Mais ces limites, bien que généreuses, peuvent être largement dépassées incidemment, voire discrètement. Ainsi la centrale nucléaire de Cruas-Meysse a pollué les eaux souterraines pendant plusieurs semaines au printemps 18, à une concentration de près de 20 fois supérieure au taux habituel et n’a informé l’Autorité de sûreté nucléaire que tardivement.

l’ASN estime que « le développement de projets de nouvelles installations (EPR, ITER) et l’évolution des modes de gestion des combustibles nucléaires conduisent tous deux à une augmentation des rejets en tritium ».

Le tritium est très mobile comme l’hydrogène, on le retrouve partout. il se retrouve dans l’eau combiné avec l’oxygène pour former l’eau tritiée, appelée alors HTO et dans les molécules organiques, la molécule infestée est appelée OBT, participant alors au cycle de la vie et donc à la chaîne alimentaire. Il pénètre facilement dans l’organisme, à travers le cycle de l’eau, les molécules d’eau s’éliminant rapidement, le tritium lié a peu de temps pour se désintégrer, l’exposition interne est donc généralement faible et avec une très faible énergie de désintégration. C’est ce qui permet de prétendre à l’innocuité du tritium. Mais il n’en est pas de même lorsqu‘il intègre une molécule organique, qui ne sera éliminée que bien plus tard.

Dans la vie courante, des composés tritiés gazeux sont utilisés pour leur capacité à faire briller dans le noir les matériaux phosphorescents, avec bien moins de risque qu’avec le radium maintenant interdit (montres, chronomètres, systèmes de visée d’armes, éclairage de panneaux, feux de pistes d’aéroport, cadrans lumineux, signalétique de sécurité type « sortie de secours » n’ayant alors plus besoin d’être alimentés). Mais on ne peut pas facilement le mesurer car la trop faible énergie des rayons ne leur permet pas de franchir la paroi des compteurs usuels.

Mais le confiner est très difficile et coûteux. Comme l’hydrogène, le tritium gazeux est difficile à stocker. De nombreux matériaux apparemment étanches, sont poreux pour le tritium, il a la particularité de diffuser par la moindre porosité. Il peut pénétrer le béton et la plupart des aciers. Des études menées au Japon sont menées dans la recherche de revêtement étanches tels que la glaçure par des céramiques (oxyde d’erbium), ou en Allemagne (oxyde d’aluminium).

Produire le tritium. Sa production est assurée par irradiation de lithium, méthode choisie par le grand fournisseur anglais de tritium civil, Reviss Service. Quant au projet ITER, il utiliserait environ 2 kilos de tritium. Pour mettre cette quantité « relativement faible » en perspective, on peut estimer le stock mondial actuel à 30 kilos. La dose mortelle pour cet élément est de 1 mg. Deux kilos de tritium pourraient ainsi tuer jusqu’à 2 millions de personnes, mais également servir à la fabrication de centaines de bombes H.

Et les nucléocrates futuristes rêvent que la réaction de fusion soit capables de régénerer du tritium dans une zone périphérique enveloppant le cœur du réacteur devenant ainsi surgénérateur ….. comme les surgénérateurs au plutonium dont on connaît le fiasco de Phénix et de Superphenix…..

Objectif militaire. Le principal usage du tritium produit dans le monde est la réalisation de bombes thermonucléaires ou bombes H, ou encore bombes à neutrons. Elles contiennent de 10 à 30 grammes de tritium. Leur explosion est amorcée par celle d’uranium 235 ou de plutonium 239.

Alors pourquoi la contamination par le tritium est-elle dangereuse ?

En raison de ses caractéristiques, il ne présente presque aucun risque en cas d’exposition externe. Lié à l’eau, la molécule d’eau tritiée HTO, est rapidement éliminée avec une période biologique de 10 jours ; les risques sont alors limités sauf en cas de gestation : Traversant alors la barrière placentaire et participant à la composition des cellules du fœtus en croissance, y compris celles de l’ADN, le risque de cassure de l’ADN est plus élevé s’il pénètre le noyau ou le cytoplasme au moment de la division cellulaire. Ces dégâts ont été observés au cours d’études menées en Angleterre sur des organismes marins.

Mais il n’en est pas de même lorsqu’il remplace un hydrogène dans une molécule organique, OBT, qui rentre dans le cycle de la vie, on le retrouve dans les sols, végétaux, animaux. Intégrant la chaîne alimentaire, la durée de sa présence dans le corps dépend alors de celle de la molécule, 40 jours en moyenne, rapide pour des molécules qui participent au cycle énergétique, plus longue jusqu’à quelques années, pour des molécules de structure ou des macromolécules comme l’ADN. Il peut même alors se concentrer dans certains organes. Cela a été observé sur des organismes marins autour de Sellafield, les herbivores étant moins contaminés que les carnivores, reproduisant les effets de concentration dans la chaîne alimentaire due à la différence de masse entre l’hydrogène et le tritium 3 fois plus lourd.

Là où ça se corse, c’est que des données scientifiques récentes montrent une concentration de tritium au voisinage de l’ADN, et cela devient alors un problème majeur du fait du faible parcours du rayonnement béta dans la matière vivante. Ce parcours de l’ordre du micron (0,6 μm en moyenne et 6 μm au maximum), nettement inférieur au diamètre moyen d’une cellule, conduit à ce qu’il reste déposé dans l’ADN si l’atome de tritium est localisé au niveau de la chromatine (La chromatine est la structure au sein de laquelle l’ADN se trouve empaqueté). La situation est alors complexe, là où un atome de H3 s’est désintégré et transmuté en hélium il va manquer un électron, là où le béta aboutit, à 1 micron plus loin, il y aura un électron de trop, le comportement biochimique de la molécule en sera inévitablement perturbé par des lésions.

La dégradation des noyaux et les conséquences ont été mises en évidence par exemple à l’université de Plymouth sur des moules de la baie de Severn près de Cardiff. Des dégâts sont rapidement apparus dans les noyaux des cellules de ces moules, mis en évidence et mesurés par les analyses de différents tissus et organes, dégâts visibles dans le génome des hémocytes de ces moules. Cette étude a aussi confirmé que le tritium est fixé de façon différentiée dans les tissus de la moule : c’est l’intestin qui fixe le plus de radioactivité, suivi par les branchies, confirmant que le tritium peut se lier à l’organisme, avec des affinités différentes selon les tissus.

Cinq ans plus tôt, la même université avait publié une étude sur les effets de l’eau tritiée sur les premiers stades de la vie de cette même espèce ; lI avait été observé une augmentation significative des dommages génétiques, des anomalies du développement et de la mortalité des embryons et larves, corrélés à la concentration en tritium. Cela confirme les inquiétudes concernant les embryons humains.

Un expert en radiologie au St Bartholomew’s Hospital de London a considéré qu’il existe un risque accru pour les consommateurs réguliers de poissons pêchés en aval de l’usine de Cardiff. On imagine ce qu’il est est aux alentours de la Hague…

Pour ceux qui pourraient en douter, consulter le livre blanc du tritium publié par l’ASN, mais oui, et sans pour autant que l’ASN en tire les conclusion ! Et dont voici quelques réferences citées: – Jha AN, Dogra Y, Turner A, Millward GE., Impact of low doses of tritium on the marine mussel, Mytilus edulis : genotoxic e&ects and tissue-speci(c bioconcentration. Mutat Res. 2005 Sep 5;586(1):47-57

– Cf. Pursuant to Rule 13a-16 or 15d-16 of the Securities Exchange Act of 1934, 2003-04-14 Jha AN, Cheung VV, Foulkes ME, Hill SJ, Detection of genotoxins in the marine environment: adoption and evaluation of an integrated approach using the embryo-larval stages of the marine mussel, Mytilus edulis ; Depledge MH. Mutat Res. 2000 Jan 24; 464(2):213-28

– Jaeschke BC, Millward GE, Moody AJ, Jha AN, Tissue-specific incorporation and genotoxicity of different forms of tritium in the marine mussel, Mytilus edulis. ; Environ Pollut. 2011 Jan;159(1):274-80. Epub 2010-09-29

– Hagger JA, Atienzar FA, Jha AN, Genotoxic, cytotoxic, developmental and survival e&ects of tritiated water in the early life stages of the marine mollusc, Mytilus edulis ; Aquat Toxicol. 2005 Sep 10;74(3):205-17

Le tritium généreusement dispersé dans l’environnement, prenant la place d’atomes d’hydrogène non seulement dans l’eau, mais aussi dans toute matière organique donc dans la chaine alimentaire, est un dangereux agent pertubateur de l’ADN de tout le vivant. Il est donc faux d’affirmer que le tritium est un radioélèment quasi inoffensif, il est criminel de le laisser contaminer librement l’environnement.

En savoir plus sur la construction d’ITER :

Et si ITER, outre l’immense arnaque et la gabégie financière, était bien plus dangereux qu’on ne nous le dit…. qu’en est-il de sa prétendue non dangerosité ?

Au début des années 2000, la France de Chirac a livré bataille contre le Japon pour avoir la « chance » d’être le pays d’accueil d’ITER, un projet international de réacteur expérimental consacré à la fusion nucléaire. Aujourd’hui, ITER est un désastre industriel et financier duquel divers partenaires aimeraient bien se désengager, tandis que des expérimentations immensément moins coûteuses de fusion nucléaire se développent ailleurs.

Le projet ITER prétend «montrer qu’il est possible de produire de l’énergie propre et abondante grâce à la fusion nucléaire». Rappelons tout d’abord qu’il s’agit de la construction à Cadarache, en Provence, sur une faille sismique active, d’une gigantesque usine destinée à reproduire le soleil par la fusion du deuterium H2 et du H3 le tritium, produisant de l’hélium et de l’énergie dans des réacteurs appelés « tokamak »(machine en forme d’anneau métallique creux, énorme tuyau refermé sur lui-même, une invention de physiciens soviétiques dans les années 1950-60). Il faut pour cela maintenir ces isotopes de l’hydrogène dans l’axe du tore par des champs magnétiques intenses, et les porter à des températures de cent à deux cent millions de degrés. Les atomes doivent alors pour pouvoir fusionner, passer à l’état de « plasma », état physique de la matière dans lequel les atomes sont « ionisés ». C’est ce qui se passe dans un éclair de foudre. Cela rend leur manipulation des plus difficiles.

Comme aucun matériau ne peut résister à de telles températures, des aimants « supraconducteurs », c’est à dire maintenus à -270°C, sont prévus pour tenter de contenir le plasma à distance des parois, tel un bouclier magnétique. De l’immensément chaud d’un côté, du froid absolu de l’autre, l’énergie dépensée pour lancer le processus devra être phénoménale.

Dans l’enceinte d’un tokamak, l’énergie générée par la fusion des noyaux atomiques est absorbée sous forme de chaleur par les parois de la chambre à vide. Comme dans toute centrale électrique, la chaleur est utilisée pour faire bouillir de l’eau (….!) destinée aux alternateurs producteurs d’électricité.

Les inconnues technologiques. Elles sont telles que la réussite de cette expérience est très peu probable.

Diverses analyses mettent en évidence que ITER ne peut échapper à des phénomènes d’instabilité appelés « disruptions » qui se traduisent par de véritables coups de foudre détruisant la structure et libérant le tritium dans l’environnement. En effet, maintenir un plasma dans un état stable à si haute température est en fait très difficile. Des événements imprévus peuvent se produire et mettre en péril le fragile équilibre du plasma. Lorsque celui-ci est perturbé, il y a alors disruption qui se déroule sur un laps de temps de l’ordre de quelques dizaines de millisecondes.

La température du plasma s’effondre, le champ magnétique devient chaotique, cessant de se boucler sur lui-même, l’énorme courant électrique se projette sur la paroi selon un arc électrique comme un éclair de foudre. Les colères d’ITER qui, prédisent des spécialistes, atteindront les 15 millions d’ampères, perforeront une paroi d’un centimètre d’épaisseur, composée à 80 % d’un métal toxique et cancérigène, le béryllium, dont la température de fusion n’est que de 1280°C, et s’accompagneront de forces gigantesques pouvant déplacer de 5’000 à 15’000 tonnes, endommageant gravement la machine.

Par ailleurs les neutrons de très haute énergie qui iront bombarder les parois de l’enceinte de confinement risquent fort de la détériorer et de la rendre radioactive. Aucun matériau connu ne peut résister à un tel bombardement.

ITER ne peut échapper à des phénomènes d’instabilité appelés « disruptions », véritables coups de foudre détruisant la structure, perforant la paroi, endommageant gravement la machine et libérant le tritium dans l’environnement. « ITER est extrêmement dangereux du point de vue de la sûreté et de la contamination environnementale. Le tritium est hautement toxique avec une dose mortelle de 1mg, les 2 Kg présents dans ITER pourraient tuer 2 millions de personnes. Le flux radioactif de 2 Kg de tritium est à peu près du même niveau que celui produit par l’accident de Tchernobyl. » Voilà l’opinion du Prix Nobel de physique, le chercheur atomiste japonais Masatoshi Koshiba qui précise « une grande partie des nappes phréatiques sera contaminée, et la zone de contamination augmente avec le temps, ce qui crée un risque extrêmement grave pour l’environnement. »

L’arnaque ! Le but prétendu d’ITER est de générer une puissance de 500 Mégawatts durant au moins 6 minutes avec 50 Mw injectés, soit libérer dix fois plus d’énergie qu’il n’en consomme. En fait les 50 MW injectés ne correspondent pas à l’énergie électrique utilisée, mais seulement à la puissance de chaleur injectée dans le plasma. Car pour injecter 50 MW dans la chambre à vide du tokamak, la machine a besoin de 150 MW de puissance électrique de façon permanente pour son fonctionnement et jusqu’à 500 MW par intervalles, soit un minimum de 300 MW de puissance électrique. Ce qui signifie que dans le meilleur des cas ITER pourrait libérer non pas dix fois plus d’énergie qu’il n’en consomme, mais seulement 1,6 fois ! Ce résultat dérisoire sera t-il obtenu…. Les partisans de la fusion nucléaire ont depuis le début entretenu la confusion. Ils savaient très bien qu’il était impossible de multiplier par dix l’énergie injectée.

Et combien ça coûte ! La multiplication du cout, initialement, les coûts du réacteur nucléaire ITER annoncés s’élevaient à 5 milliards d’euros pour la construction et à 5 milliards d’euros pour la maintenance et la recherche pour les 35 années d’existence. Ces coûts ont été volontairement largement sous-estimés pour faire accepter me projet.

Le CEA a présenté en mai 2016 le nouveau coût du projet ITER et un nouveau calendrier. Le coût est à présent évalué à 20 milliards d’euros! 4 fois le montant initial! et les travaux ne sont qu’à mi-parcours. Il faut ajouter à ces 20 milliards d’euros le montant des composants donnés en nature par des pays partenaires.

L’Europe a un poids déterminant dans le projet : elle assure 45 % des financements, soit 9 milliards, la France, pays hôte y participe à hauteur de 20% de la contribution européenne. soit 1,8 milliard, dont 500 millions approximativement sont couverts par les collectivités territoriales (Conseil généraux des départements limitrophes et Conseil régional PACA pour 200 millions, Christian Estrosi ayant rappelé son « indéfectible soutien à la filière nucléaire »…..

Un calendrier réaliste ? Et le premier plasma est renvoyé à 2025, soit 9 ans de retard sur le calendrier, Chaque jour de retard coûtant très cher, environ un million d’euros ! Cette fois, ce serait un « calendrier ambitieux mais
crédible ». Cette date de 2025 suppose qu’aucun imprévu ne vienne provoquer un nouveau retard. Cela tiendrait du miracle ! Et le très probable cauchemar de l’assemblage….. un puzzle géant qui a de fortes chances d’être un casse- tête insurmontable. la moindre modification sur un élément de la machine ayant des répercussions en chaîne.

L’ampleur des nouveaux délais et surcoûts a surpris les 7 pays partenaires du projet (Union européenne, Russie, Japon, États-Unis, Chine, Inde, Corée du Sud) mais le Conseil ITER a tout de même validé ce plan le 16 juin 2016.

Des travaux démentiels et des dégâts écologiques considérables…. Les promoteurs d’ITER se sont toujours enorgueillis de leurs records mondiaux en tous genres : un poids total de 400 000 tonnes, 23 000 tonnes pour le tokamak soit 3 tours Eiffel, 100 000 kilomètres de câbles supraconducteurs, 18 bobines de champ toroïdal pesant chacune 310 tonnes, etc. Combien de milliers de tonnes de ressources naturelles précieuses dilapidées ? Combien de tonnes de pétrole consommées? Plus de 200 convois exceptionnels de Berre à Cadarache (104 km) sont prévus pour amener les pièces réalisées par les différents partenaires internationaux. Seuls 15 convois ont parcouru la route à ce jour. Les bâtiments prévus pour accueillir les pièces ne sont pas prêts, ce qui pose de sérieux problèmes, il fait donc louer des lieux de stockage à Fos-sur-mer.

D’importants travaux sont en cours pour renforcer la dalle, construire un portique capable de soulever et manutentionner les charges, agrandir la porte pour faire passer les gros colis. De gigantesques bâtiments s’élèvent à présent sur la plate-forme de 42 hectares qui a remplacé la forêt domaniale .

Pour plus de détails:

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2017/04/11/ITER

%2C-mensonges%2C-niaiseries-%E2%80%A6-et-;asco-in%C3%A9luctable%21-la- situation-au-printemps-2017 Antoine Calandra

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2018/05/03/ITER-et-la-

fusion, -nucleaire-une-accumulation-de-mensonges-depuis-le-debut par Antoine Calendra

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Linky: après le reportage d’Envoyé spécial, Enedis et l’Etat doivent sortir du déni…

par Stéphane Lhomme

14 juin 2018

http://refus.linky.gazpar.free.fr

 

Près de 700 communes et des centaines de milliers d’habitants refusent les compteurs communicants, chiffres en augmentation continue

– Enedis et ses sous-traitants doivent cesser d’intimider les habitants et d’installer les Linky par la force ou la ruse

– Comme la Belgique ou l’Allemagne, la France doit renoncer à la généralisation des compteurs communicants

Le reportage d’Envoyé spécial diffusé hier jeudi 14 juin sur France2 est venu confirmer ce que nous dénonçons depuis deux ans et demi : le distributeur Enedis (filiale d’EDF) et ses sous-traitants utilisent des méthodes inqualifiables pour imposer les compteurs Linky, par les mensonges, l’intimidation voire la force, à d’innombrables habitants qui n’en veulent pas.

Tous les jours, les sociétés privées mandatées par Enedis prétendent que « si vous refusez le compteur Linky, nous allons vous couper l’électricité« , ou « nous allons appeler la police« , ou « vous devrez payer le compteur » ou encore « vous allez payer des pénalités« , etc. Tout ceci est inventé – il n’existe légalement aucune mesure de rétorsion – mais c’est hélas souvent efficace auprès des gens mal informés ou vulnérables, en particulier les personnes âgées.

Mais il y a pire : lorsque ces allégations ne suffisent pas, il arrive que les installateurs insultent et bousculent les habitants. Les incidents de plus en plus inquiétants se multiplient et, au lieu de mettre le holà, la direction d’Enedis… accuse les habitants. Or, faut-il le rappeler, ce sont bien les installateurs de Linky qui débarquent dans les communes, les quartiers, les immeubles, et qui sont donc les fauteurs de troubles.

Le déni d’Enedis et de l’Etat ne concerne pas seulement les méthodes des installateurs mais aussi les différentes raisons pour lesquelles les habitants refusent les compteurs communicants. Il est à ce sujet totalement inadmissible que les citoyens soient traités de « complotistes » ou d’arriérés terrorisés par le « Progrès ».

En effet, il ne suffit pas qu’un objet soit nouveau pour qu’il soit bénéfiquemême s’il est peint en vert fluo. Et, justement, le Linky pose et cause de nombreux problèmes, dont certains sont très graves, à tel point qu’il s’agit bien là d’une terrible régression par rapport aux compteurs ordinaires.

Qui plus est, peu à peu, instances officielles et organismes reconnus viennent confirmer les critiques des citoyens. Ainsi, dans son récent rapport, la Cour des comptes a montré que le programme Linky bénéficiait financièrement à Enedis et absolument pas aux usagers. Ainsi la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) a été obligée d’intervenir après que Direct énergie ait commencé à s’accaparer illégalement des données privées collectées dans le cadre du programme Linky.

Ainsi Promotelec (dont fait partie Enedis) a avoué que « lorsque le technicien place Linky chez un particulier et règle le disjoncteur de branchement, il n’est pas chargé de vérifier si l’installation électrique du foyer est en mesure de supporter le niveau de puissance défini » et que « des accidents (feu) peuvent se produire le jour où le particulier fait la demande auprès d’Enedis afin d’augmenter la puissance de son compteur« .

Il n’est donc pas étonnant que la presse régionale et locale se fasse continuellement l’écho d’incendies qui se déclenchent après la pose du Linky, parfois le jour même, mais aussi d’innombrables appareils électroménagers détruits, sans oublier les installations qui disjonctent à d’innombrables reprises, les factures qui s’envolent, etc.

A tout cela s’ajoute bien sûr la question des données personnelles et la controverse sanitaire sur les ondes électromagnétiques. L’affaire Directe énergie, déjà évoquée, mais aussi l’affaire Facebook ne doivent laisser aucun doute : malgré les belles promesses et assurances avancées, il est évident que les données captées par les Linky seront tôt ou tard détournées, volées, revendues, etc.

Quant à la question des ondes, c’est une controverse scientifique au même titre que celles anciennes ou récentes sur le tabac, la radioactivité ou les pesticides : les uns disent blanc, les autres noir, l’Organisation mondiale de la santé s’interroge. Mais l’expérience et le bon sens apportent la bonne réponse, qu’il s’agisse des données personnelles ou des ondes : la SEULE façon d’être protégé est… de garder les compteurs ordinaires. Il est d’ailleurs notable que ces derniers sont parfaitement efficaces et légaux, ayant été installés… par EDF et Enedis (auparavant ErDF).

Alors que la fronde anti-Linky se développe de façon exponentielle, que les déconvenues et accidents se multiplient, les autorités françaises se doivent de réagir immédiatement et, par exemple, de suivre le récent exemple de la Belgique (et plus ancien de l’Allemagne) : renoncer à la généralisation des compteurs communicants.

Ce n’est pas seulement une question de finances, de sécurité, de respect de la vie privée : c’est finalement une véritable question de démocratie. Le gouvernement et le Président de la République sont au pied du mur : désormais, ils ne pourront plus dire qu’ils ne savaient pas, ils seront donc clairement responsables et coupables des futurs drames causés par le Linky. Ils doivent donc agir… vite.

 

Stéphane Lhomme

Conseiller municipal de Saint-Macaire (33)

Animateur du site web http://refus.linky.gazpar.free.fr

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Nouvelle preuve de l’usage permanent d’armes à uranium appauvri

par Pyrophor

En complément à l’article de Pierre Péguin A propos de l’uranium dit “appauvri” que nous avons publié en février 2018, nous croyons utile de renvoyer ci-après à la livraison de mai 2018 de la revue de  l’Association Pyrophor contre les armes à uranium appauvri :

https://depleteduranium.org/2018/05/11/monthly-delivery-of-birth-defects-iraq-one-case-from-yemen-livraison-mensuelle-de-malformations-congenitales-irak-et-un-cas-au-yemen

Précisons toutefois que si les arguments de Pyrophore contre l’utilisation d’armes à uranium appauvri nous paraissent absolument convaincants, il n’en va pas de même de ceux accusant ces armes des conséquences sanitaires attribuées jusqu’ici à l’agent orange, répandu par l’armée américaine pendant la guerre du Vietnam, non plus que ceux attribuant l’accident de Tchernobyl à l’explosion d’un surgénérateur au plutonium utilisant le sodium liquide comme caloporteur et non point à l’explosion d’un réacteur à l’uranium enrichi du type RBMK, comme généralement admis jusqu’ici.

IR

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ITER et la fusion nucléaire, une accumulation de mensonges depuis le début !

par Antoine Calandra

Coordination antinucléaire sud-est

mai 2018

 

Si politiques et scientifiques n’avaient pas menti sur le coût et les performances du projet de réacteur à fusion nucléaire ITER, ils n’auraient jamais obtenu ces milliards d’argent public pour un objectif aussi ridicule et qui ne sera pas même atteint.

 

Depuis octobre 2017 Steven B. Krivit a publé sur le site New Energy Times plusieurs articles pour révéler comment les responsables du projet ITER utilisent un langage fallacieux, c’est à dire mentent sur les performances attendues de ce réacteur nucléaire en affirmant qu’il pourra générer une puissance de 500 Mégawatts durant 6 minutes avec 50 Mw injectés, soit libérer dix fois plus d’énergie qu’il n’en consomme.

 

Les 50 MW injectés ne correspondent pas à l’énergie électrique utilisée, mais seulement à la puissance de chaleur injectée dans le plasma. Car pour injecter 50 MW dans la chambre à vide du tokamak, la machine a besoin de 150 MW de puissance électrique de façon permanente pour son fonctionnement et jusqu’à 500 MW par intervalles, soit un minimum de 300 MW de puissance électrique.

 

Ce qui signifie que dans le meilleur des cas ITER pourrait libérer non pas dix fois plus d’énergie qu’il n’en consomme, mais seulement 1,6 fois ! Ce résultat dérisoire ne sera même pas être obtenu.

 

Les partisans de la fusion nucléaire ont depuis le début confondu de leur plein gré les valeurs de gain de puissance du plasma (Q-fusion) et de gain de puissance du réacteur (Q-engineering). Ils savaient très bien qu’il était impossible de multiplier par dix l’énergie injectée.

 

Les performances du tokamak européen JET (Joint European Torus) sont tout aussi bidons et mensongères. En 1997 son « record mondial dans le domaine de la fusion», ou il avait généré une puissance de 16 Mw pour 24 Mw injectés durant une seconde, c’est-à-dire restitué sous forme d’énergie pendant une seconde environ 70 % de la puissance qui lui avait été apportée, a nécessité en fait une puissance totale d’entrée de 700 MW, soit une perte nette de 684 MW !

 

Suite aux publications de New Energy Times, l’organisation ITER a corrigé une petite partie des déclarations fausses de son site web.

 

Ceci n’a pas empêché M. Bernard Bigot, directeur général d’ITER, de mentir à nouveau le 6 mars 2018 devant le Congrès américain sur les performances du réacteur JET et sur les résultats attendus du réacteur ITER, parlant toujours de multiplier par 10 la puissance injecté e. Suite au discours de M. Bigot, les Etats-Unis qui avaient réduit de moitié leur participation à ITER en 2017 (50 millions de dollars) ont à la dernière minute doublé leur contribution pour 2018, soit 122 millions de dollars.

 

Dès le début du projet ITER, avec l’association Médiane, nous avions montré du doigt la puissance électrique colossale requise pour le fonctionnement de ce futur réacteur. En effet, dans le dossier du débat public ITER en 2006 nous lisions : « pendant une expérience, la consommation électrique variera entre 120MW et 620MW » et « chaque année la consommation d’ITER sera de l’ordre de 600 GWh », ce qui représente la consommation électrique annuelle d’une ville de 100 000 habitants !

 

Si politiques et scientifiques n’avaient pas menti dans la présentation du projet ITER, ils n’auraient jamais obtenu tous ces milliards pour un objectif si ridicule.

 

De même, ils savaient très bien que le coût initial de 5 milliards d’euros annoncé pour la construction était largement sous-estimé, mais s’ils avaient annoncé le double, le projet serait resté dans les cartons. A ce jour, le coût de la construction a été multiplié par 4, soit 20 milliards d’euros, et les travaux ne sont qu’à mi parcours.

 

Initialement, les coûts du réacteur nucléaire ITER s’élevaient à 5 milliards d’euros pour la construction et à 5 milliards d’euros pour la maintenance et la recherche pour les 35 années d’existence.
Rappelons que ces 20 milliards d’euros ne correspondent pas au coût réel du réacteur. Ses composants sont « donnés en nature » par les pays partenaires, ce qui rajoute encore des milliards d’euros à la facture.

 

Mensonges et tromperies vont plus loin encore : L’après ITER a déjà commencé !

 

Ces funestes technocrates se concentrent déjà sur DEMO, le prototype pré-industriel qui mettra à profit « les connaissances et le savoir-faire accumulé par l’exploration des plasmas de haute température dans le tokamak ITER … L’exploitation de ou des DEMO devrait commencer au début des années 2030; la commercialisation d’électricité issue de la fusion étant prévue à l’horizon 2040» est écrit sur le site de l’organisation ITER.

 

Mais oui, bien sûr ! Leur ignominie est sans limites.

 

Nous sommes déjà en mesure de produire une énergie respectueuse de l’environnement et pour le bienfait de l’humanité. Avec tous ces milliards et de saines motivations politiques, nous aurions pu avancer concrètement dans cette voie. Mais cela n’a jamais été l’objectif du projet ITER malgré les messages de propagande fallacieux.

 

Les promoteurs d’ITER se sont toujours enorgueillis de leurs records mondiaux en tous genres : un poids total de 400 000 tonnes, 23 000 tonnes pour le tokamak soit trois tours Eiffel, 100 000 kilomètres de câbles supraconducteurs, 18 bobines de champ toroïdal pesant chacune 310 tonnes, etc…

 

Combien de milliers de tonnes de ressources naturelles précieuses dilapidées ?

 

Combien de milliers de litres de pétrole partis en fumées?

 

Pour changer des mensonges et des tromperies, il serait intéressant que l’organisation ITER indique sur son site à combien s’élève l’impact environnemental de ce projet nucléaire ? Et pour quel retour ?
Il y a certainement là aussi un record mondial.

 

En dilapidant tous ces milliards, le lobby nucléaire aura tout de même atteint un objectif : bloquer toute avancée vers un autre modèle énergétique et de ce fait tenter d’imposer la poursuite de l’industrie nucléaire pour les années futures.

 

ITER est une illustration magistrale de la folie de ce monde. Ce gaspillage e rayant de milliards d’euros d’argent public doit cesser au plus vite !
Le nucléaire, fusion comme fission, est une énergie sale et sera toujours une menace de mort pour l’humanité ; certainement pas une source de bienfait.

 

L’organisation ITER devrait être poursuivi en justice pour mensonges sur le coût et les performances de ce réacteur nucléaire.

Je reviendrai prochainement sur les avancées du réacteur ITER à Cadarache. Vous pouvez voir en attendant : http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2017/04/11/ITER%2C-mensonges%2C-niaiseries-%E2%80%A6-et- asco-in%C3%A9luctable%21-la-situation-au-printemps-2017

 

Références :

http://news.newenergytimes.net/

https://www.iter.org/fr/sci/iterandbeyond

 

 

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RUTHENIUM 106 : UN INCROYABLE FIASCO La CRIIRAD met en cause les rapports officiels.

CRIIRAD

Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité
29 cours Manuel de Falla 26000 Valence
(. 33 (0)4 75 41 82 50 / contact@criirad.org

Communiqué du 27 mars 2018

Source : http://www.criirad.org/accident-et-pollutions/2018-03_ru-106_critique_cp.pdf

Des experts internationaux qui se discréditent,
un taux sidérant d’anomalies dans le rapport de l’IRSN, il y a de plus en plus de zones d’ombre dans le dossier du ruthénium 106.

À Moscou, la commission “scientifique » internationale a évacue, sans preuve, et en contradiction avec le peu de données disponibles, la question clef des conséquences sanitaires du rejet. En France, cette question a également disparu, sans explication, du rapport de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN).

Lire 1. Les experts officiels passent l’impact sanitaire par pertes et profits

Alors que près de 6 mois se sont écoulés, il est toujours impossible d’accéder à un fichier exhaustif et fiable des niveaux de ruthénium 106 mesurés dans l’air en septembre et octobre 2017 !

En novembre 2017, la CRIIRAD interpellait l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) sur les innombrables erreurs et lacunes de son listing ; en janvier 2018, elle relevait des modifications inexpliquées dans les rapports successifs de l’agence fédérale russe Rosguidromet.

Dernière étape en date, la découverte d’un taux record d’anomalies dans le rapport publié le 6 février 2018 par l’IRSN : des erreurs multiples sur les résultats, les dates, les localisations… mais plus grave, des raisonnements biaisés et toute une série d’incohérences, voire de contradictions, entre les différentes pages du rapport !

Lire 2. Une accumulation sidérante d’anomalies

Comment interpréter ces constats ? Traduisent-ils des défaillances graves dans le système d’assurance qualité des organismes officiels ou la volonté délibérée de maintenir le public, et les scientifiques indépendants, dans le brouillard en gardant secrètes les véritables bases de données ? Les deux hypothèses sont également graves.

Les populations européennes sont soumises au risque nucléaire sans y avoir consenti. La moindre des choses est qu’elles aient un accès plein et entier aux mesures effectuées sur l’air qu’elles respirent, sur le sol où elles vivent, sur les aliments qu’elles consomment. Ce droit est théoriquement garanti par le droit européen et franç̧ais. L’ampleur des dysfonctionnements constatés dans la gestion du dossier Ru-106 montre l’importance des écarts entre la théorie et la pratique.

La prochaine contamination sera peut-être majeure pour les pays européens. Il est plus que temps de rectifier le tir. La CRIIRAD attend des explications et des garanties.

La CRIIRAD présente aujourd’hui le résultat de son analyse critique des conclusions de la commission internationale et du rapport de l’IRSN. Sur la base de ses constats et conclusions, elle interpellera ensuite : 1/ la commission scientifique internationale, 2/ les autorités françaises, 3/ les instances européennes. Tous les documents seront mis en ligne sur son site Internet.

Pour le présent dossier, la CRIIRAD a procédé à l’analyse critique des documents suivants :

Documents AIEA

Documents non publics de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, réservés à l’usage exclusif des autorités, basés sur les résultats d’analyse transmis à l’AIEA jusqu’au 13/10/2017 – 19h.
o AIEA : status of measurements of Ru-106 in Europe (4 pages)
o AIEA : status of Ru-106 measurements / technical attachment (11 pages de tableaux de résultats)

Valence, le 27 mars 2018

Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité
29 cours Manuel de Falla / 26000 Valence
(. 33 (0)4 75 41 82 50 / contact@criirad.org

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Documents ROSGUIDROMET

Publications de l’agence fédérale russe d’hydrométéorologie et de surveillance de l’environnement (documents en russe) :
o Rapport mensuel de septembre 2017
o Rapport mensuel d’octobre 2017

o Bulletin d’alerte du 6 au 13 octobre 2017 : version initiale et version corrigée Rapport spécial Ru-106 de décembre 2017

Documents IRSN

o Note d’information du 9 novembre 2017 : Détection de ruthénium 106 en France et en Europe : Résultat des investigations de l’IRSN ;

o Note d’information du 6 février 2018 : Mise à jour de la note du 9 novembre 2017 ;
o Rapport de janvier 2018, publié le 6 février 2018: «Report on the IRSN’s investigations following the widespread detection of Ruthenium 106 in Europe early October 2017 ». Rapport rédigé en anglais et présenté

le 31 janvier, à Moscou, dans le cadre de la première réunion de commission scientifique internationale.

Conclusions des commissions

o Conclusions de la commission d’enquête interministérielle (publiées le 8/12/2017 ;
o Conclusions de la première réunion de la Commission scientifique internationale (publiées le 1/02/2018)

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