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Reprise de l’électrification nucléaire du pays

Reprise de l’électrification nucléaire du pays
Rien ne change, l’État se moque des conséquences sociales et écologiques de ses choix

Pierre Péguin
Docteur ès sciences
juin 2020

Alors que les déchets nucléaires s’accumulent et saturent les sites de stockage sans qu’existe aucune solution satisfaisante pour leur gestion à long terme ; alors que la filière française vieillissante, avec des cœurs fissurés et des éléments de construction mal en point tels que les générateurs de vapeur ou les diesels de secours, inquiète même des responsables du lobby, l’État relance sa politique d’électrification nucléaire du pays.
Pourtant le président de l’Autorité de sûreté nucléaire, a exprimé son souci de la « situation très préoccupante » de la filière nucléaire française (1) , et du « déficit de culture de précaution » (2). Nous pouvons donc légitimement nous inquiéter de l’éventualité d’une catastrophe atomique.
Mais l’État aux mains du lobby de l’atome, s’obstine, il met en place les dispositifs favorables à la poursuite et donc à la relance de la production d’électricité nucléaire. Cette activité est visiblement plus importante aux yeux du pouvoir que la sécurité de la population qu’il est sensé protéger. La dégradation de services publics, en particulier hospitaliers dont on a cruellement mesuré l’insuffisance de moyens face au covid19, a déjà illustré le manque d’intérêt de nos gouvernants pour la protection et le bien-être de leurs concitoyens.

Décisions récentes pour la relance de la consommation d’électricité nécessaire à la survie de l’électronucléaire
Elles concernent essentiellement la promotion de la voiture dite « propre » d’une part, et d’autre part la promotion des chauffages électriques pour des logements moins bien isolés.

Bonus « écologique » pour un véhicule électrique ou hybride
Plan de soutien à l’automobile, présenté le 26 mai par le Président de la République, mesures pour faciliter l’achat de véhicules électriques, bonus « écologique » et prime à la conversion pour remplacer un véhicule condamné à la casse.
Mais ce plan est-il vraiment écologique ? Le soutien à l’achat de voitures n’est-il pas en contradiction avec le souci de développer les transports en commun, le train en particulier qui à ce jour n’a pas obtenu d’aide, alors que les milliards vont arroser également l’aéronautique?
La voiture prétendue « propre » l’est-elle vraiment ? Certes elle semble moins polluer que les véhicules à moteur thermique, mais la pollution n’est que déplacée vers toute la chaîne du combustible nucléaire, de la mine d’uranium à La Hague en passant par Malvesi, Tricastin, Marcoule, etc. ; et avec la création de déchets radioactifs pour des milliers d’années qu’on ne sait pas gérer ; et avec des réacteurs à démanteler pendant des dizaines d’années.
EDF livrant une électricité à 70 % d’origine atomique, les véhicules « propres » roulent en fait au nucléaire, est-ce mieux que le pétrole ?

Et envoyer des véhicules encore utilisables à la casse pour obtenir la prime à la conversion n’est-ce pas justement anti-écologique, alors que nous appelons à l’utilisation d’objets durables et réparables?
La fabrication d’un véhicule neuf et de ses batteries n’est-elle pas très coûteuse en énergie et en matériaux dont certains de plus en plus rares?
Quant à la production des particules fines, l’avantage de l’électricité est peut-être bien un leurre : d’après « Transitions et Energies » du 18 mars, Pneus et freins pollueraient bien plus que les moteurs. Les moteurs diesel, et essence ne représenteraient qu’une part limitée des émissions de particules fines émises par tous les types de véhicules, car provenant avant tout de l’abrasion des pneumatiques et des systèmes de freinage.

8 milliards d’euros sont consacrés à ce plan d’aide à l’achat de véhicules « propres ». Si on y ajoute ceux d’un montant comparable versés à Areva/Orano et EDF pour les sauver de la faillite, ainsi que le versement à EDF de la coquette somme de plus de 3 milliards d’€ pour « manque à gagner » dû à l’arrêt de la centrale de Fessenheim (3), on voit bien quel est l’un des soucis majeurs du gouvernement !
On en vient à rêver de tout ce qu’on pourrait faire avec ces sommes considérables si elles étaient consacrées à de véritables choix sociaux et écologiques, comme par exemple la rénovation des logements anciens, la généralisation de chauffe-eaux solaires, etc. toutes activités génératrices de nombreux emplois décentralisés ! ….

Ce plan d’aide à l’achat de véhicules prétendus « propres », est un choix anti-écologique destiné à soutenir la production d’électricité nucléaire, et en même temps permettant de satisfaire le lobby de l’automobile.
D’ailleurs le coût élevé de ces véhicules les réservent aux voitures secondaires des couches aisées de la population à nouveau subventionnées….

La relance incroyable du chauffage électrique !


L’arnaque (4) : L’État, en changeant un simple coefficient, relance la pose de radiateurs électriques dans les logements qui pourront même être moins bien isolés. Les factures de chauffage des gens modestes qui les habiteront vont s’envoler, voilà une mesure antiécologique et antisociale de plus.
En quoi consiste l’entourloupe ? Sous l’impulsion de consignes européennes, les consommations d’énergie pour le chauffage et l’eau chaude avaient été limitées à 50Kwh/m2 de logement, ces 50kwh étant comptés en énergie primaire, c.a.d. en énergie nécessaire à leur production. Cela a enfin ramené l’électricité à leur réalité, car il faut en effet fournir 3 kwh en chaleur pour pouvoir en produire 1 consommable du fait du mauvais rendement des réacteurs et des centrales thermiques, chaque kwh électrique consommé est alors compté comme 2,58 kwh (coefficient bien favorable le plus juste serait plutôt de 2,7), contre 1 pour ceux d’origine renouvelable ou pour le gaz brûlé sur place plus efficace. Cela a mis un frein au chauffage électrique au profit des pompes à chaleur et des chauffages au gaz. Et bien il suffit de diminuer arbitrairement ce coefficient à 2,3 pour que chauffage et eau chaude électriques puissent à nouveau passer sous la barre du 50Kwh/m2, et ce, même dans les logements moins bien isolés.

Ainsi l’exception française de chauffage électrique des logements et de l’eau sanitaire est maintenue, malgré le non sens écologique et économique qu’elle constitue. C’est aussi un plan antisocial, un défi aux classes populaires. Comment paieront-elles les factures de chauffage électrique de plus en plus élevées (avec l’augmentation en cours des tarifs) au point parfois de ne plus pouvoir se chauffer ?

En guise de commentaires
Nos voisins européens dont la plupart ont quitté ou sont en voie de quitter le nucléaire, sans pour autant retourner à la bougie et à la caverne, procèdent autrement. Aucun d’entre eux ne favorise la production de chaleur par l’électricité, mais ils développent la production d’énergie renouvelable pour l’eau chaude et l’électricité. En Espagne par exemple aucun permis de construire n’est accordé s’il ne comprend pas un système solaire ; ou encore en Allemagne qui produit son électricité à plus de 45 % par des renouvelables, et qui investit dans la production d’hydrogène « Vert », on observe bien plus d’équipements solaires qu’en France pourtant bien plus ensoleillée.

Retenons donc que si beaucoup de pays voisins se préoccupent de diminuer leurs émissions de CO2, ils le font sans nucléaire, tandis que la France, 9 ans après la catastrophe de Fukushima toujours incontrôlable, (5) s’obstine dans une technologie périmée, lourde, coûteuse et surtout dangereuse. Elle s’obstine à prendre des mesures favorables à la surconsommation d’électricité, alors qu’à nos yeux l’arrêt indispensable de la production d’électricité atomique nécessite en priorité des mesures de sobriété.

Nous risquons de nous retrouver en situation d’avoir à subir une catastrophe comparable à celle de Fukushima. Il est criminel d’ignorer pareil risque.
Non seulement l’Etat ne se soucie pas réellement de prendre des mesures alliant l’écologie et le social, mais en plus il nous maintient sous la menace de la catastrophe nucléaire tant redoutée.

Pourtant on sait maintenant que la fin du nucléaire est mondialement programmée, (6) et qu’il n’est pas une solution contre le réchauffement climatique » (7).

Une seule urgence : l’arrêt du nucléaire dans les plus brefs délais. (8)

 

Notes

(1) https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/pour-le-gendarme-du-nucleaire-la-filiere-francaise-est-dans-une-situation-tres-preoccupante-1142556

(2) https://www.lemonde.fr/energies/article/2020/05/28/le-gendarme-du-nucleaire-s-%20inquiete-d-un-recul-de-la-rigueur-dans-l-exploitation-des-%20centrales_6041023_1653054.html

(3) Alors qu’EDF aurait eu beaucoup à investir pour assurer plus longtemps le fonctionnement des 2 réacteurs de cette centrale. Il s’agit bien d’un cadeau déguisé pour échapper à la surveillance de l’Europe préservant « la concurrence libre et non faussée ». Cela veut dire aussi que ce cadeau sera renouvelé à tout nouvel arrêt de centrale….)

(4) « Si la transition écologique par le nucléaire est le choix de la technocratie française, il faut le dire clairement » https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/02/28/energie-si-la-transition-ecologique-par-le-nucleaire-est-le-choix-de-la-technocratie-francaise-il-faut-le-dire-clairement_6031208_3232.html
Voir aussi, https://www.batiactu.com/edito/acteurs-vent-debout-face-a-rede nition-niveau-bbc- 58949.php?,MD5email=7a2b62c8e205e645d1cbd48f8a6d7387&utm_source=news_actu&utm_ medium=edito&utm_content=article

(5) Voilà 9 ans que la catastrophe nucléaire de Fukushima se développe et s’aggrave, contaminant toujours plus de territoires, d’habitants. Les autorités japonaises veulent reverser dans le Pacifique les quantités astronomiques d’eau radioactive stockée dans des milliers de réservoirs autour de la centrale accidentée. Quant au démantèlement de cette dernière, il durera au moins une cinquantaine d’années https://bit.ly/3cjcfCn, tandis que la décontamination des sols paraît impossible : https://www.soil-journal.net/5/333/2019

(6) La fin programmée de l’énergie nucléaire dans le monde,
https://www.trahnsitionsenergies.com/ n-energie-nucleaire-monde/, Et extrait de la lettre de l’Observatoire du nucléaire: « Concurrencé par les renouvelables, le nucléaire décline dans le monde, voir Reporterre, 19 décembre 2019 : https://bit.ly/32ccnid et le World Nuclear Industry Status Report qui, sous la direction de Mycle Schneider, analyse l’état de l’industrie nucléaire dans le monde et, cette année, consacre un nouveau chapitre à l’évaluation de l’option nucléaire comme moyen de combattre l’urgence climatique ».

(7) https://www.liberation.fr/planete/2019/12/17/le-nucleaire-une-option-de-plus-en-plus-fumeuse-contre-le-rechauffement_1769816

(8) L’arrêt immédiat du nucléaire français est techniquement possible à l’échelle européenne http://collectif-adn.fr/2019/arret-immediat-europe.htm

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Et si le nucléaire était encore beaucoup plus mortifère qu’on ne l’imagine ?

Est-ce pour cela que le mensonge et l’omerta accompagnent depuis ses débuts la saga atomique ?

Savons-nous combien de victimes sont dues aux technologies atomiques qu’elles soient civiles ou militaires, depuis le début de leur développement ?

Pierre Péguin, automne 2019.

Qu’est-ce qui nous pousse à un décompte morbide des victimes du nucléaire ?

C’est d’abord l’observation d’une véritable épidémie de cancers, leucémies et autres pathologies depuis les années 70 qui touche tous les âges, et qui paraît même s’aggraver. Demandons-nous comment expliquer ce qui se passe. A notre avis il s’agit essentiellement de la dégradation de notre environnement par deux principaux co-responsables : la chimie (agriculture, nourriture, dans la maison, etc.), et la radioactivité dont on ne le sait pas assez qu’elle touche insidieusement tout le vivant.

C’est aussi l’alarme lancée par certains médias (bien peu nombreux!) en 2003, alarme restée confidentielle. Ainsi le journal belge Le Soir du 12 février 2003 titre: « Morbide bilan nucléaire : soixante millions de morts depuis 1945 ». L’auteur de l’article, Christophe Schoune, ajoute : « C’est une solide dose de poil à gratter que quarante-six scientifiques viennent de glisser dans la boîte aux lettres de diverses institutions internationales, dont la Commission européenne. Le premier rapport du Comité européen sur les risques de l’irradiations CERI (1) remet en cause les normes et méthodes d’évaluation qui ont prévalu jusqu’à présent en matière de radioprotection. Sollicitée et financée par le groupe Verts européens, il y a cinq ans, l’élaboration de cette étude a été coordonnée par le chimiste anglais Chris Busby et a rassemblé une palette d’experts indépendants du monde entier».

La création du CERI reposait sur le fait « qu’il existait suffisamment de preuves démontrant qu’une exposition de faible dose due à des radio-éléments artificiels provoquait des problèmes de santé, et que les modèles conventionnels de la Commission Internationale de Protection contre les Radiations (CIPR) n’ont aucunement prévu ces effets. »

C’est pourquoi, en 2001, des membres du Parlement Européen ont décidé de soutenir la rédaction du rapport « Etude des effets sanitaires de l’exposition aux faibles doses de radiation ionisante à des fins de radioprotection », Rapport CERI publié en 2003 (1).

Comment les organismes internationaux ont-ils procédé jusque là? Et en quoi il fallait remettre en cause les bases officielles de la radioprotection.

L’UNSCEAR (2) structure chargée de dire la connaissance scientifique officielle du lobby international, et ce, sans contestation possible (!), reprend les résultats recueillis par les américains dans le suivi sanitaire des irradiés d’Hiroshima et Nagasaki qui ont survécu aux explosions. Les troupes d’occupation avaient pour mission de bloquer toute intervention d’expert indépendant, de façon à contrôler strictement la collecte et la diffusion édulcorée des résultats. Il fallait à tout prix éviter une accusation de crime contre l’humanité et prétendre que ces bombardements étaient indispensables pour mettre un terme à la guerre. En fait d’après des analyses historiques (3), la reddition du Japon a été repoussée pour laisser le temps d’effecteur les bombardements criminels, et montrer ainsi à l’URSS la supériorité des US, c’était le début de la guerre froide.

Cela a permis à la CIPR (4) de préconiser des normes laxistes de protection basées sur le suivi de l’agonie de survivants positionnés à différentes distances du cœur de l’explosion. Outre le fait que le secret a entouré ces observations, et que de plus les structures internationales de sureté nucléaire sont verrouillées sans contrôle démocratique, les experts du CERI ont critiqué la démarche scientifique pour les raisons suivantes.

– Les survivants ont dû être parmi les plus résistants des habitants de ces villes, les plus fragiles (jeunes, femmes enceintes, etc.) étant déjà tués beaucoup plus facilement. La « cohorte » suivie n’est donc pas représentative d’une population moyenne. ,

– Il s’est agi au Japon d’irradiation violente (rayonnement gamma pour l’essentiel), alors que le fonctionnement actuel des réacteurs engendre des quantités importantes de radioéléments dont la contamination interne à petite dose est d’autant plus dangereuse qu’ils peuvent se comporter chimiquement comme des élèments nécessaires à la vie et prendre leur place dans nos organismes ( Césium 137, strontium 90, iode 131, etc. ). Il n’est donc pas possible de donner du crédit à l’extrapolation vers les faibles doses de la relation linéaire liant le nombre de victimes à la dose reçue. L’existence d’un seuil en-dessous duquel l’irradiation serait inoffensive n’est pas crédible non plus, or on trouve encore des textes annonçant qu’au dessous de 100msv il n’y a pas d’effets prouvés !

– La comparaison avec la radioactivité naturelle n’a pas de sens, la radioactivité artificielle est composée d’éléments qui n’existent pas à l’état naturel, éléments qui entrent dans le cycle de la vie et contaminent les organismes vivants.

– Les calculs officiels de prennent pas en compte les graves conséquences de la contamination interne (5). Ils ne tiennent pas compte des autres pathologies provoquées par la radioactivité, ni des effets génétiques transmissibles, ni encore des fausse-couches ou des bébés mort-nés. Ils ont pu ainsi faire l’impasse sur les effets à long terme des contaminations par de faibles doses, et sur les conséquences de transmission génétique d’altérations. Et c’était avant la découverte de l’ADN, en 1953.

– Les fortes doses tuent, les faibles doses agissent à plus long terme, elles abîment les cellules, créent des radicaux libres et provoquent des mutations. Elles tuent aussi, mais à terme.

Le modèle CIPR fait comme si l’irradiation était répartie uniformement sur le corps, pas de distinction entre l’irradiation et la contamination entaînant une concentration de radioactivité localisée sur certains organes.

Quelle est la démarche du CERI ?

En comparaison, la démarche du CERI est justifiée par l’observation de ce qui se passe réellement. Il existe de nombreuses données d’études épidémiologiques étrangères (en France on se garde bien d’en faire, bien sûr) montrant une augmentation de la morbidité et de la mortalité par cancers, associée à des rejets radioactifs : taux de cancers et de leucémies dans des populations vivant à proximité de sites nucléaires ; cas des travailleurs du nucléaire ; corrélation entre l’épidémie de cancers du sein et les essais nucléaires en atmosphère ; ou encore les conséquences des catastrophes (par exemple les enfants leucémiques biélorusses après Tchernobyl).

Et si seuls les cancers et leucémies sont pris en compte par les structures officielles, le CERI a analysé les différentes pathologies supportées par les victimes. Les atteintes générales à la santé, dont on souffre pendant toute sa vie, sont sans doute plus difficiles à quantifier, mais cette difficulté ne signifie pas que les rayonnements n’ont aucun effet sur ces paramètres.

Ont également été pris en compte les données sur l’augmentation des taux de mortalité infantile et d’enfants morts-nés , suite aux retombées globales des essais nucléaires en atmosphère ou aux contaminations des régions touchées par les catastrophes. Là où les données précises manquaient, il a fallu extrapoler à partir d’autres indicateurs. L’évaluation des risques liés à une exposition aux radiations, telle qu’adoptée aujourd’hui par les experts en radioprotection et qui sert de base à la législation européenne en vigueur, est donc grossièrement insuffisante et scientifiquement obsolète.

En savoir plus sur la démarche du CERI,

Le CERI ne se contente pas d’analyser les insuffisances du modèle adopté par les experts officiels pour rendre compte des effets de la radioactivité sur l’homme ; il en propose une approche nouvelle. Il se base sur toutes les données épidémiologiques disponibles et introduit pour le calcul des doses reçues des facteurs de pondération biologiques et biophysiques qui rendent compte des effets au niveau cellulaire pour tous les types d’irradiation et notamment par contamination interne.

Ainsi, les effets d’une contamination par des particules radioactives microscopiques (notamment de plutonium ou d’uranium appauvri) se révèlent 100 à 1’000 fois plus graves que prévu par les instances officielles. De même, l’exposition à certains radio-isotopes artificiels comme le cesium 137, ou encore le strontium 90 l’iode 131, rejetés par l’industrie nucléaire, est largement plus dommageable qu’envisagé à ce jour. Les scientifiques du CERI recommandent en conclusion des valeurs-limites plus sévères pour les doses reçues par le public et les travailleurs du nucléaire et, en conséquence, une réévaluation des exigences légales à l’égard de l’industrie nucléaire.

Quels sont les résultats de cette étude aux conclusions surprenantes ? L’impact total sur la santé humaine jusqu’en 2000 est calculée et comparée avec les données officielles 60 fois plus faibles !

Total des morts par cancers : 61 619 512, (CIPR  : 1 173 606),
Total des cancers : 123 239 024 ,(CIPR : 2 350 000),
Mortalité infantile : 1 600 000, (non prise en compte par la CIPR),
Mort foetale : 1 880 000, (non prise en compte par la CIPR),
Perte de la qualité de vie : 10%, (non prise en compte par la CIPR).

Conséquence « logique » pour ces experts : il importe de réduire la dose maximale de rayonnement admissible à 0,1 millisievert (contre 1 mSv actuellement) pour chaque être humain. « Cela fait quinze ans que je collecte et j’analyse l’impact des radiations à faible dose », commente le biologiste russe Alexey Yablokov, coauteur de l’étude. « Ces données m’ont convaincu que les standards internationaux ont jusqu’à présent reflété davantage les intérêts de l’industrie nucléaire que le souci réel de la santé humaine ».

A chaque problème, à chaque accident ou catastrophe, tout est fait pour que ne soit pas remis en cause le nucléaire, et ce, au mépris de la vie et de la santé des populations (6). Cette maîtrise criminelle de l’information a pu être appelée « Comédie Atomique » (7) ou encore « négationnisme » (3) bien que ce terme soit connoté.

Réaction de l’IRSN Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire(8)

Deux ans plus tard l’IRSN, institut hexagonal, a publié un contre-rapport. Il conteste le mode de calcul retenu par le CERI, souligne des « incohérences » dans son raisonnement et prétend qu’il n’y a pas lieu de remettre en cause le système actuel de radioprotection. Mais il reconnaît en même temps que « certains composants de ce système pourraient probablement être améliorés en s’intéressant de façon plus explicite et systématique aux incertitudes liées à la détermination de la dose après contamination interne. » Celle-ci désigne les radionucléides inhalés ou ingérés.

Cet aveu est un événement, tant les positions paraissaient intangibles. Jacques Repussard, directeur général de l’IRSN jusqu’en 2016, a reconnu que «l’impact des contaminations internes aux faibles doses mérite des investigations« , et appelé à des études complémentaires (bonne façon d’enterrer le problème comme d’habitude, car d’après Chris Busby coordinateur du CERI les données recueillies depuis Tchernobyl sont déjà suffisamment claires pour invalider le modèle du lobby et pour fonder la radioprotection sur la biologie plutôt que sur la physique…).

Les malheurs subis par les populations de Biélorussie ne sont pas reconnus par l’IRSN pour qui les pathologies cardio-vasculaires et les troubles du comportement constatés chez les enfants de Biélorussie, les baisses de fertilité qui touchent les adultes pourraient être dues à la peur du nucléaire, la nucléophobie, au tabac et à l’alcool. « Il faut tirer ça au clair sans préjuger du résultat », indique Jacques Repussard. En distillant le doute sur l’origine des problèmes, technique habituelle (10), les nucléocrates en viennent même à refuser les cures de pectines pouvant alléger les souffrances des enfants. Choix criminel (6) pour sauver le nucléaire.

Cancer et leucémies sont des maladies dont la multiplication est liée à l’ère atomique. Mais la radioactivité engendre bien d’autres pathologies.

Les essais nucléaires entraînent des retombées radioactives et la dispersion de radioéléments sur l’ensemble de la planète, et s’ils ont été terriblement préjudiciables à la santé dans les zones d’essai, tout notre environnement est plus ou moins contaminé, l’ADN de tout le vivant est touché. Quant à la production d’électricité nucléaire, elle fabrique énormément de ces radioéléments artificiels, en relâche en permanence par ses rejets autorisés (iode, tritium, etc.) et surtout par ses accidents et catastrophes.

D’après Michel Fernex (11), « il existe une augmentation statistiquement démontrée du nombre de  leucémies aigües chez les enfants de moins de 5 ans dans un rayon de 5 km autour des centrales nucléaires en fonctionnement normal. Celles-ci sont autorisées à rejeter dans l’air et dans l’eau des particules radioactives qui contaminent durablement la région. Ces autorisations sont éthiquement inacceptables ». C’est d’ailleurs dès 1958, qu’Alice Stewart présentait le fait que de très faibles doses de rayonnements ionisants sont cancérigènes pour le fœtus pendant la grossesse.

Les normes « admissibles » fixées par les institutions sous l’influence des lobbies pro-nucléaires ne protègent pas les travailleurs, ni les populations.

EN GUISE DE CONCLUSION

Ne nous faisons pas d’illusions, les organismes officiels de protection contre les rayonnements ont en fait pour rôle de protéger l’industrie de l’atome plutôt que la santé des populations (7). On retrouve finalement ce que Royer (3) a appelé le négationnisme nucléaire. Tout est fait pour cacher la gravité des dégâts de cette technologie qu’elle soit civile ou militaire. L’acharnement du lobby à prétendre que les pathologies liées aux contaminations radioactives sont dues pour l’essentiel à la « nucléophobie » est honteuse, l’obligation à faire vivre les populations dans le « jardin nucléaire » en application du programme Ethos-Core (6), allant jusqu’à supprimer les cures de pectines pouvant alléger les souffrances des enfants contaminés, est criminelle. Cela montre ce qui nous attend en cas de catastrophe en France ou en Belgique.

Un combat auprès des médias est nécessaire pour que soit enfin révélée la véritable nature du nucléaire, une technologie mortifère au service des puissants de ce monde, qu’il faut arrêter de toute urgence. La désinformation,le mensonge sont la règle du nucléaire héritier de la fabrication de la bombe. Caractéristique logique d’une technologie sophistiquée et dangereuse qui ne peut survivre que par des fonds publics colossaux, devant exclure le citoyen de l’information.

En ont été particulièrement victimes les militaires des essais nucléaires ; les populations d’Algérie, du Pacifique, de Polynésie; les populations des sites de guerre de Bosnie, Kosowo, Irak, Afghanistan ; les Européens occidentaux suite à Winsdcale, en 1957 ; les populations de Biélorussie et d’Ukraine (1986) et du Japon (2011), les populationd voisines des installations nucléaires, et toute la planète du fait des essais nucléaires atmosphériques. Comme les temps de latence sont relativement longs chez les adultes, les effets se sont manifestés avec plus de retard qu’à Tchernobyl où une population enfantine importante a été touchée.

Le système actuel de définition des normes de protection repose sur l’étude de la cohorte des survivants d’Hiroshima-Nagasaki. Il est certain que la tragédie de Tchernobyl a montré, une fois de plus, les limites de ce système. A Hiroshime-Nagasaki les personnes n’ont pas pu subir une contamination interne chronique pour l’excellente raison qu’il n’y a qu’1 kilogramme de matière qui a fissionné. A Tchernobyl on parle en tonnes et de millions de personnes dont l’immense majorité n’ont pas été irradiées mais contaminées.

D’après le CERI le nucléaire est responsable de 61,6 millions de morts par cancers de 1945 à 2000, contre 1,1 million selon les sources officielles, le nombre de cancers est pour sa part évalué à 123,2 millions contre 2,3 et l’étude estime en outre que les radiations ont induit une importante mortalité infantile et foetale (3,4 millions).

Et aujourd’hui 20 ans plus tard à combien de victimes serions-nous, 70 millions ? La mortalité infantile, indicateur de la pollution radioactive, augmente dans le monde.

Alors pourquoi s’encombrer d’une telle technologie aussi dangereuse, lourde, coûteuse, alors qu’elle n’assure que 2 % de toute l’énergie consommée dans le monde, ce qui est dérisoire. Qu’est-ce qui pousse l’État et le lobby français à s’entêter dans cette voie contrairement à nos voisins européens ? La « grandeur » de la France est-elle à ce prix, et cette grandeur contribue-t-elle au bien vivre ? Le prétexte climatique n’est-il pas un faux prétexte ? Nous laisserons-nous longtemps manœuvrer par le complexe militaro-techico-politique ?

Il est temps d’exiger l’arrêt du nucléaire en extrème urgence (11).

On trouvera en annexe des compléments relatifs à Tchernobyl, Fukushima et aux pathologies liées à la radioactivité.

En Annexe

Après Tchernobyl

La contamination radioactive due à Tchernobyl est plus dangereuse que celle de Hiroshima et Nagasaki, tant parce que la quantité des radionucléides rejetés par la Catastrophe dans la biosphère est des milliers de fois supérieure, qu’à cause de la nature des radionucléides. En effet l’industrie nucléaire génère des éléments qui n’existent pratiquement pas dans la nature et qui sont métabolisés dans le cycle de la vie tels que le césium 137ou encore le strontium 90, prenant la place du potassium et du calcium dans les organismes vivants. Les conséquences génétiques de la catastrophe de Tchernobyl toucheront pendant des siècles des centaines de millions de personnes, parmi lesquelles:

· celles qui ont subi le premier choc radiologique par les radionucléides de courte période dans le monde entier, en 1986. c’est le cas de l’iode 131 qui provoque de multiples pathologies de la thyroide ;

· celles qui vivent, et vivront dans les territoires contaminés par les catastrophes ou sur les sites de guerre ayant subi les explosions d’obus à tête d’uranium, pendant des milliers d’années;

· les enfants et descendants des géniteurs irradiés et ce pendant des générations (même en vivant loin des territoires contaminés).

Le professeur Youri Bandajevsky a effectué de nombreuses recherches sur les effets de la contamination des enfants des territoires du Bélarus contaminés. Il a établi que les enfants avaient des problèmes cardiaques en fonction de leur teneur en Césium 137,menaçant le pronostic vital, notamment des arythmies, une insuffisance cardiaque (angine) et des crises cardiaques (infarctus) pouvant entraîner la mort. Ces recherches ont d’ailleurs abouti à ce qu’il soit jeté en prison pendant plusieurs années par le Gouvernement biélorusse : il n’a été libéré que suite à une pression massive de l’Union européenne et à la délivrance d’un passeport européen.

Mais l’Institut Belrad, soutenu à bout de bras par ETB (12) continue à fournir aux enfants des cures à base de pectine, et ce malgré l’hositilité du pouvoir Biélorusse encouragé par l’action criminelle du lobby nucléaire français (13) pour qui ces traitements sont inutiles puisque Tchernobyl n’aurait fait que peu de victimes. D’après le programme Ethos/Core (14) il est possible de vivre dans le « jardin nucléaire »…..

Mais si le lobby concède qu’il y aurait pu y avoir quelques milliers de victimes, la compilation de 5000 documents a permis à l’Université de médecine de New-York (15) d’estimer le nombre de décès attribuables aux retombées de l’accident de Tchernobyl, entre 1986 et 2004 à un million, dans le monde entier.

Après Fukushima La catastrophe nucléaire de Fukushima Daiichi a été évaluée au niveau 7 comme Tchernobyl, niveau utilisé pour décrire un « rejet majeur de matières radioactives avec des effets considérables sur la santé générale et l’environnement qui nécessite la mise en œuvre de contre-mesures planifiées et étendues ».

Environ 32 millions de personnes au Japon, soit un quart de la population du pays, ont été affectées par la radioactivité émise par l’accident nucléaire de Fukushima, selon un nouveau rapport de Green Cross, montrant une nouvelle fois le risque inconsidéré de l’énergie nucléaire. Le comité ECRR a décidé de publier la présentation de Bandajevsky, lors de la conférence de 2009 à Lesbos, au sujet des populations vivant dans les territoires contaminés de Fukushima (16).

Il reste que cette catastrophe diffère de celle de Tchernobyl en ce que la fusion des cœurs, constituant le corium, font que la catastrophe perdure sans contrôle possible de leur évolution.

Les pathologies engendrées par la radioactivité outre cancer et leucémies,

Passons les en revue même si c’est rébarbatif. Elles sont multiples et s’il faut en retenir quelque chose, c’est qu’au delà de l’épidémie de cancers et de leucémies, les contaminations radioactives entraînent de toutes façons une altération du système immunitaire fragilisant la résistances aux agressions sanitaires et un vieillissement prématuré, au point que les enfants de Biélorussie contaminés ont des pathologies de vieux !

Mais retenir aussi que les altérations subies sont transmissibles aux descendances. Les enfants de « liquidateurs » survivants ou de « vétérans » nés après coup et loin des zones contaminées en subissent les conséquences. Quant aux jeunes filles touchées par Fukushima, elles savent qu’elles auront de mal à se marier.

Cela commence par un affaiblissement général de l’état de santé lié à la détérioration de l’ADN des cellules, se produisant dès les faibles doses dues à l’exposition aux retombées radioactives des bombes atomiques (2400 ont explosé à titre d’essais !), et à celles des catastrophes nucléaires. Il faut y ajouter les contaminations par les rejets autorisés en fonctionnement « normal » des centrales et des centres nucléaires tels que la Hague, Sellafield, Cadarache. Cet affaiblissement peut conduire non seulement à un vieillissement précoce, mais à diverses maladies : système cardiovasculaire, glandulaire tel que thyroïde ce qui entraîne pathologies et retards mentaux, affections neurologique, du foie, du pancréas, des reins, d’où diabète, stérilité, etc.

Ces données ne résument pas tous les problèmes dont souffrent les personnes irradiés on contaninées. Il reste les maladies liées à l’atteinte du système immunitaire, le “Sida de Tchernobyl”, les maladies auto-immunes, les hypothyroïdies, les diabètes sucrés type I et type II, et d’autres maladies endocriniennes, y compris la stérilité, des maladies digestives, gastrites et ulcères duodénaux, le retard pour la cicatrisation des plaies ou pour la réparation des fractures .

La majorité de ces maladies touchent davantage les jeunes. Mais aussi, pour tous, après un temps de latence de quelques années, on constate des atteintes du système nerveux central, troubles neuro-psychiques, états dépressifs fréquents pouvant conduire au suicide, schizophrénie cinq fois plus fréquente chez les irradiés ou contaminés que dans la population non irradiée et non contaminée. Également difficultés à penser, perte de mémoire, fatigue intense et persistante (syndrome de fatigue chronique), impuissance sexuelle, douleurs neuro-musculaires et articulaires.

Les mêmes effets ont été reconnus chez les vétérans des guerres où des soldats ont été exposés aux aérosols des explosions d’obus à tête d’uranium (dit uranium appauvri) notamment en Serbie. On peut retrouver ces symptômes chez des militaires qui ont participé aux essais nucléaires.

Mais pour le lobby c’est simple, « circulez il n’y a rien à voir », cela est dû à la peur du nucléaire, la nucléophobie qui provoque ces dommages. C’est donc simplement psychologique, et si votre gamin est malade c’est parce qu’il est sensible à votre stress, ou si dans les hopitaux d’Irak les naissances de monstres affreux se multiplient, c’est encore la faute des parents et non de la pollution par les poussières d’uranium…..

Pour en savoir plus, consulter (17).

A propos des faibles doses de contamination, (d’après Michel Fernex (18), à Biederthal, le 15 septembre 2015).  

Dès 1958, Alice Stewart (qui fut la première présidente du CERI à sa création) porte à la connaissance de la communauté scientifique et du public le fait que de très faibles doses de rayonnements ionisants sont cancérigènes pour le fœtus pendant la grossesse. On découvre une augmentation de l’incidence des cancers et notamment des leucémies aiguës des enfants étant nés ou habitant autour des centrales nucléaires.

Autour de la centrale atomique de Krümmel en Allemagne, l’incidence des leucémies de l’enfant a nettement augmenté 5 ans après la mise en route de la centrale en 1983. Une pétition avec 10’000 signatures de citoyens inquiets a demandé une enquête et une étude épidémiologique de grande envergure a été initiée. Les chercheurs ont étudié l’incidence des leucémies autour de 16 centrales atomiques allemandes. Cette étude finalement publiée en 2007 montre que ces centrales, situées dans des environnements très différents, s’accompagnent d’une augmentation statistiquement significative du nombre de leucémies aigües chez le jeune enfant (moins de 5 ans) dans un rayon de 5 km autour des centrales.

Les sites de retraitement des déchets nucléaires sont source d’une augmentation des leucémies aigües et d’autres cancers dans un bien plus vaste territoire qu’autour des centrales atomiques. C’est le cas du site de Sellafield en Grande Bretagne. L’augmentation des leucémies aigües autour du site de retraitement de La Hague en France a été démontrée par le professeur Jean-François Viel, qui a été sanctionné pour cette révélation.

Qu’en est-il de la descendance d’adultes ayant été irradiés. D’après les études du Pr Goncharova (19)sur des rongeurs et des poissons, il n’y a pas d’adaptation génétique à l’effet mutagène des rayonnements: la fréquence des mutations continue à croître dans les générations successives au delà de la 10ème génération.

Michel Fernex a fait état d’observations sur un insecte , le « papillon bleu », dont les malformations présentes sur la 1ere génération irradiée, augmentent sur les générations suivantes au point qu’à la 10ième plus de la moitié des papillons sont touchés…

Et voila pourquoi les enfants et petits enfants des vétérans ou des liquidateurs de Tchernobyl sont touchés, comme le sont les descendants des populations contaminées… (voir les naissances monstrueuses dans les hopitaux irakiens des zones de guerre contaminées par les obus à terre d’uranium).

(1) CERI (Comité Européen sur le risque de l’irradiation, créé en 1997 à l’initative d’Alice Stewart) Recommandations 2003 du CERI, traduit par Françoise Dupont et Paul Lannoye, disponible en librairie, ed Frison-Roche, 2004.

(2) UNSCEAR (Comité scientifique des Nations unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation, créé par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1955) C’est l’instance de l’ONU qui «  dit la science », qui en a le monopole sans contestation possible. Ses membres sont nommés par les Etats, ils sont choisis évidemment pour porter la parole officielle et neutraliser toute remise en cause (par exemple nier l’effet des contaminations par de faibles doses).

(3)  Le monde comme projet Manhattan , Jean-Marc Royer, ed le passager clandestin, 2017

CIPR  La Commission internationale de protection radiologique (CIPR, en anglais International Commission on Radiological Protection ou ICRP) est une organisation non gouvernementale internationale qui émet des recommandations concernant la mesure de l’exposition aux rayonnements ionisants et les mesures de sécurité à prendre sur les installations sensibles. La quasi-totalité des réglementations et normes internationales et des réglementations nationales en radioprotection reposent sur ces recommandations. Issue de la création en 1928 du Comité international de protection contre les rayons X et le radium, elle est formellement fondée sous son actuelle appellation en 1950. Toujours de jure une association-fille de la Société internationale de radiologie, son domaine d’intérêt ne se limite plus à la protection dans le secteur médical : ses travaux englobent aujourd’hui l’ensemble des aspects de la protection contre les radiations (ou radioprotection), par exemple la sécurité des travailleurs du nucléaire ou la protection de la population. Désormais, la CIPR émet également des recommandations dans le domaine de la radiopharmaceutique. Elle fonde ses préconisations sur la base des indications fournies par l’UNSCAER.

(5) Irradiation ou contamination. Il convient de bien faire la différence entre l’irradiation, rayonnement que le corps reçoit de l’extérieur, et la contamination qui concerne l’ingestion ou l’absorption par l’air, l’eau, la nourriture, les blessures, de radioélements qui en se désintégrant détruisent ou modifient les cellules voisines.

(6) Vivre dans « le jardin nucléaire » avec Ethos, un crime contre l’humanité, Pierre Péguin 2016 https://apag2.wordpress.com/2016/11/21/vivre-dans-le-jardin-nucleaire-avec-ethos-un-crime-contre-lhumanite/, ou http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2016/11/07/Vivre-dans-le-jardin-nucleaire-avec-Ethos-un-crime-contre-l-humanite,

(7« La Comédie Atomique », Yves Lenoir, ed La découverte, 2016

(8) IRSN: L’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire est un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) C’ est l’expert public en matière de recherche et d’expertise sur les risques nucléaires et radiologiques. Ne comptons pas trop sur ce comité de l’IRSN pour reélement nous protéger même si des associations y participent voire s’y compromettent (l’ACRO, France Nature Environnement, Ligue nationale contre le cancer).

(9) <La science asservie>, Annie Thébaud-Mony, ed La découverte, 2014. Comment les lobbies instaurent la « stratégie du doute » pour nier les risques industriels (amiante, plomb, nucléaire, pesticides, etc.) et leurs conséquences.

(10) Chernobyl : Consequences of the catastrophe for people and the environment, Alexey Yablokov (Vassili Nesterenko et Alexey Nesterenko, publication de l’Académie des sciences de New York (NYAS), Annals of the New York Academy of Sciences, vol. 1181, Wiley-Blackwell, avril 2010) fait état d’un nombre de décès attribuables aux retombées de l’accident de Tchernobyl, entre 1986 et 2004 de 985.000, dans le monde entier.

(11)L’Arrêt immédiat du nucléaire est techniquement possible à l’échelle européenne par Élisabeth Brenière et François Vallet. Arrêt du Nucléaire (ADN) http://collectif-adn.fr/2019/Arret_immediat_Europe.pdf,

(12) ETB (Enfants Tchernobyl Bélarus, site http://enfants-tchernobyl-belarus.org

(13) Le CEPN, Centre d’Étude sur l’évaluation de la Protection dans le domaine Nucléaire, représente le lobby nucléaire français il rassemble : EDF, AREVA, CEA, l’IRSN ! Les membres de ces structures sont tous issus du même moule, cooptés ou nommés hors de tout processus démocratique, ils sont interchangeables. Ainsi Jacques Lochard fut directeur du CEPN et vice président de la CIPR.… Et c’est le CEPN qui a obtenu de l’Europe un financement pour développer les programmes Ethos et Core en Biélorussie destinés à convaincre les populations de vivre en zones contaminées par Tchernobyl, avec tous les risques que cela comporte, programmes que le CEPN applique maintenant à Fukushima. C’est un véritable crime contre l’humanité.

(14) De la pectine de pommesà Ethos et au crime contre l’humanité ! Par Annie et Pierre Péguin natureetprogres.org/wp-content/uploads/articles/article80.pdf Les enfants particulièrement touchés par les catastrophes nucléaires, peuvent être soulagés par des cures de pectine, mais….. cela pourrait porter atteinte à l’image du nucléaire….

(15) Tchernobyl : Publication de l’Académie des sciences de New York (NYAS), Chernobyl : Consequences of the catastrophe for people and the environment, Alexey Yablokov (Vassili Nesterenko et Alexey Nesterenko. Annals of the New York Academy of Sciences, vol. 1181, Wiley-Blackwell, avril 2010).

(16) Bandajevsky, Actes de la 3e Conférence internationale du Comité européen sur le risque de rayonnement, Lesbos Grèce, 5-9 mai 2009.

(17) Monique Sené, risques liés à une exposition aux radiations ionisantes autres que le cancer, Physicienne nucléaire. Directrice de la Gazette nucléaire.

(18) Michel Fernex, professeur émérite de la faculté de médecine de l’université de Bâle. Biederthal, 15 septembre 2015 Excès de mortalité par leucémies aigües chez les enfants autour des centrales nucléaires en état de marche normal.

(19 Pr Goncharova, avril 1997, colloque organisé à Genève par le centre universitaire d’écologie humaines et des sciences de l’environnement et publié dans les actes du colloque (avril 1998) « Ecologie humaine après Tchernobyl –Minsk ».

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Le nucléaire national va de plus en plus mal, le danger qui nous menace s’accroît

Pierre Péguin, septembre 2019

Les mauvaises nouvelles de l’industrie nucléaire s’accumulent et nous ne pouvons que nous en réjouir, nous qui en annonçons depuis longtemps la faillite inexorable, les dégâts avérés sur la santé des populations et des travailleurs, et qui en revendiquons l’arrêt au plus vite, avant qu’il ne soit trop tard pour une catastrophe. Mais les conséquences et les dangers liés à la gestion irresponsable du nucléaire sont de plus en plus graves.

Signe des temps, des grands médias jusque là discrets sur les difficultés du complexe électro nucléaire s’ouvrent maintenant à ses déboires qui s’ajoutent les uns aux autre : Fiasco de l’EPR de Flamanvile et de celui de Finlande qui déconsidèrent définitivement les « fleurons de notre industrie », malfaçons frauduleuses des pièces élaborées par Framatome au Creusot, quasi faillite d’EDF et d’Areva engagés dans des programmes insensés, mais sauvés par l’État à coup de milliards et de restructurations (Areva/Orano, casse d’EDF en préparation).

Ajoutons les surcoûts et retards considérables des équipements en construction à Cadarache qui sont peu médiatisés: C’est d’abord le cas d’ITER, gigantesque machine destinée à essayer de rendre crédible la fusion nucléaire (1). On pense qu’il ne sera qu’un échec de plus, après avoir englouti des sommes considérables, et provoqué tant de dégâts écologiques. Et c’est aussi le cas du réacteur Jules Horowitz (2) annoncé pour un coût d’un demi milliard, et qui en est maintenant à 4 fois plus…..

Mais la nouvelle la plus surprenante reste celle de l’abandon du projet de réacteur de 4ème génération, Astrid (3), dit « réacteur à neutrons rapides » ou « RNR ». Sa réalisation préparée par le CEA (4) était prévue à Marcoule, et près d’un milliard d’€ lui ont déjà été consacrés. Astrid s’inscrivait dans la filière des « surgénérateurs » dont on connaît les déboires, Phenix à Marcoule et Superphenix à Morestel.

Cette filière est conçue pour fonctionner avec l’uranium dit « appauvri » dont on accumule des stocks (5), et avec le plutonium, matériau de la plus haute dangerosité, extrait à la Hague (6). Sa technologie est encore plus pointue et dangereuse que celle des réacteurs actuels à eau pressurisée (7). La dangerosité est d’autant plus grande que c’est le sodium liquide qui en assure le refroidissement, alors que celui-ci brûle au contact de l’air et explose au contact de l’eau. L’abandon du projet Astrid, après l’arrêt définitif du réacteur Monju au Japon, signe la fin (provisoire?) de cette filière, c’est une excellente nouvelle pour la sécurité des populations !

Cet abandon est tout de même surprenant : En effet c’est depuis une soixantaine d’années, que le CEA travaille sur deux filières « du futur » destinées à maintenir la France au top de la technologie : La fusion nucléaire dont ITER est l’énorme avatar, et la surgénération promise à illustrer « le nucléaire durable » dont Astrid devait être le prototype, et démontrer l’excellence d’un système fonctionnant sur lui même pour produire de l’énergie à profusion.

On ne croirait donc plus en haut lieu à ce rêve de l’électricité abondante et pas chère ? Il y aurait-il perte d’influence du CEA et de ses cadres issus du Corps des Mines, face à un chef de gouvernement énarque et à EDF aux mains du Corps des Ponts? La nucléocratie en serait-elle réduite à prendre en compte la réalité économique d’une technologie devenant de plus en plus onéreuse et non compétitive face aux renouvelables dans le marché européen de l’énergie électrique (8)?

Ce qui est moins surprenant est le projet de casser EDF pour séparer les activités rentables, telles que les renouvelables dont le très rentable hydraulique, activités privatisables, de celle justement qui ne l’est pas, le nucléaire, qui nécessite des apports financiers tellement importants que seul l’État peut les couvrir et en assurer le fonctionnement. Une fois de plus nos gouvernements au service du libéralisme s’illustrent dans la privatisation de secteurs publics lucratifs (cf les autoroutes) pour ne garder que ceux qui ont besoin d’être refinancés.

Au delà de la ponction sur les impôts, les tarifs d’électricité sont appelés à augmenter sensiblement. Il y aura dans l’avenir à assurer les coûts faramineux du démantèlement des réacteurs et des usines atomiques, et celui de la gestion des déchets radioactifs pour bien longtemps. De plus aucune société d’assurance ne peut prendre en charge le risque atomique, cela ne peut rester qu’à la charge de l’État…. N’est-ce pas la démonstration de ce que le nucléaire est la plus mauvaise, la plus chère, et la plus dangereuse façon de faire bouillir l’eau nécessaire aux alternateurs produisant l’électricité ?

Mais ne chantons pas victoire trop vite, le nucléaire militaire ne baisse pas la garde et au contraire se modernise dans le cadre de la programmation militaire pluriannuelle, tandis que les menaces internationales de conflit sont de retour, Trump ayant rallumé la mèche (9).

Et surtout nous sommes entrés dans une phase de dangers accrus pour notre sécurité. Le fonctionnement de nos équipements était déjà inquiétant, et nous avions eu la chance d’échapper jusque là à la catastrophe, mais la déliquescence actuelle du nucléaire en accroît fortement les dangers.

En quoi l’industrie nucléaire devient-elle de plus en plus dangereuse ?

Chacun sait qu’elle l’est déjà. La dispersion planétaire de multiples radioéléments par vents et eaux contribue à l’épidémie de cancers et de maladies graves qui sévit depuis quelques dizaines d’années. Ces contaminants radioactifs issus des nombreuses bombes atomiques explosées (plus de 2000), et des catastrophes et multiples difficultés de fonctionnement des réacteurs et usines nucléaires, ont touché l’ADN de tout le vivant et dont les altérations sont transmissibles.

Pour illustrer les effets de la contamination généralisée de notre environnement, un cabinet d’étude le CERI (10) a évalué, à la demande de députés écologiques européens, la mortalité liée au nucléaire depuis son origine à 61 millions de victimes, et c’était en 2003. Combien aujourd’hui car l’épidémie perdure plus que jamais.

Mais de nos jours nous avons de plus en plus à craindre une catastrophe atomique en France qui bouleverserait complètement nos vies, comme cela se passe en Biélorussie et au Japon suite à Tchernobyl et Fukushima (11). Nous avons déjà frôlé ce processus, par exemple au Blayais en 99, et avons eu la chance d’y échapper, mais jusqu’à quand ?

Les budgets consacrés à l’entretien se restreignent, les temps d’arrêts imposés aux sous-traitants pour leurs interventions dans les réacteurs se retrécissent et obligent en quelque sorte à bâcler le travail. Les travaux sont confiés aux entreprises les « moins dis-antes », voire les moins compétentes, et les moins regardantes sur les doses reçues par leurs personnels intérimaires dont le suivi médical n’est pas assuré. Quant aux agents d’EDF qui perdent en compétence et en fierté de leur travail, ne sont-ils pas menacés par le découragement et risquent-ils de manquer de vigilance ? Tout cela avec des équipements vieillissants dont une partie des éléments ont été élaborés au Creusot sans respect des normes de qualité.

Dialogue imaginaire pour répondre à un pro nucléaire, même si on n’y connaît rien mais qu’on en a compris le danger:

– Le pro-nuc : Mais on ne peut pas se passer du nucléaire,

– Et bien retournons à la caverne et à la bougie comme tous les autres pays européens voisins qui, à part la Belgique, en sont tous sortis ou finissent d’en sortir comme l’Allemagne,

– Oui, mais il va falloir brûler plus de fossiles pour compenser, bonjour l’effet de serre !

Si peu, le climat n’est qu’un prétexte (13). le nucléaire ne fournit dans le monde que 10 % de l’électricité, soit 2 % de l’énergie totale consommée, l’augmentation de 2 % de consommation d’énergie fossile peut facilement être compensée par des mesures de sobriété et par le développement des renouvelables. C’est vrai qu’en France l’État nous a mis dans une situation critique unique au monde, le nucléaire produisant près des 3/4 de l’électricité. Mais ces 3/4 d’électricité ne sont finalement que 11 % de

l’énergie totale consommée. Nous gaspillons tant d’énergie qu’il ne serait pas difficile de l’économiser autant et ainsi faire reculer le risque de catastrophe.

Peut-être, mais en tout cas cette conversion prendra du temps, ce que tu racontes n’est pas pour demain !

Bon alors prenons l’exemple d’un immeuble dont on s’aperçoit qu’il menace de s’éffondrer, comme à Marseille, doit-on attendre plusieurs années de construire de nouveaux logements bien étudiés pour évacuer ? Non bien sûr, on évacue immédiatement.

Ne sommes-nous pas dans la même situation avec le risque de catastrophe qui peut survenir dès demain ? Donc je revendique d’arrêter immédiatement.

Et à part la bougie et la caverne dont tu parlais, comment ferons-nous en France pour assurer nos besoins légitimes et le fonctionnement de la société, des hôpitaux?

Mais on sait maintenant que les capacités de production européennes d’électricité sont excédentaires, elles peuvent couvrir provisoirement nos besoins en attendant qu’une vraie politique de sobriété et de développement des renouvelables nous rendent autonomes. On en bénéficie déjà pour assurer nos pointes de consommation, ce sont l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et autres qui soutiennent notre réseau électrique, car là encore seule la France a des pointes aussi importantes tant est grand le gaspillage de consommation électrique.

Que ce dialogue possible ne nous fasse pas oublier que

– de toutes façons on ne sortira jamais du nucléaire car il faudra en assurer le démantèlement pendant des dizaines d’années, et en gérer les déchets pendant des millénaires !

– Et même après son arrêt les risques perdurent dans la gestion des déchets, et du démantèlement. En particulier les piscines de refroidissement des combustibles usés sont très fragiles face à des séismes ou des attaques, la destruction de l’une d’entre elles aurait des conséquences terribles.

– Enfin le militaire qui nous maintient au bord de cataclysmes (9) par l’existence d’armes atomiques pouvant tout détruire.

Cela montre bien que l’existence même du nucléaire est absurde, insensée ! Vouloir en faire un outil pour contenir le bouleversement climatique est un bluff (12) que nous avons à dénoncer.

Revendiquons l’arrêt du nucléaire dans notre pays le plus nucléarisé du monde par habitant, et dont la gestion de nos équipements vieillissants en aggrave dangereusement les risques. La surcapacité de production électrique européenne et l’interconnexion des réseaux rend cet arrêt possible (13).

(1) ITER, https://apag2.wordpress.com/2018/08/02/iter-tritium-danger-%e2%80%a8larnaque- mortifere-du-lobby-du-nucleaire/

(2) Réacteur Jules Horowitz, destiné à des études de matériaux devant résister aux conditions de fonctionnement des réacteurs, et à l’élaboration de radioélèments commandés par certains secteurs tels que la médecine, Cadarache.

(3) ASTRID, https://www.youtube.com/watch?v=KLbjyYfsgSA, https://apag2.wordpress.com/2018/02/08/astrid-le-cea-en-di culte/

(4) CEA, Commissariat à l’Energie Atomique dont les cadres pour l’essentiel sont issus d’X corps des Mines, tandis qu’EDF est plutôt aux mains du corps des Ponts

(5) Uranium appauvri. C’est dans l’usine d’enrichissement duTricastin qu’est préparé l’uranium « enrichi » en isotope ssible U235 destiné à être utilisé dans les réacteurs, cet enrichissement entraine la production d’uranium dit « appauvri » en U235 en grande quantité (7 fois plus).

Les stocks s’accumulent inutilisés sauf par l’armement militaire! http://coordination- antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2018/02/02/A-propos-de-l-uranium-dit-appauvri,

(6) Plutonium. C’est dans l’usine de retraitement de la Hague, haut lieu d’intense pollution radioactive, qu’est extrait le plutonium du combustible usé des réacteurs en fonctionnement. Le plutonium n’existe pratiquement pas à l’état naturel, c’est la pire substance jamais élaborée par les humains par son extrème radio- et chimico- toxicité, et par sa très longue durée de vie (période d’un peu pkus de 24,000 ans).

(7) PWR, les réacteurs en fonctionnement en France, réacteurs à eau sous pression, ont été construits sous licence Westinghouse. Signe des temps, l’entreprise Westinghouse a fait récemment faillite.

(8) « Le nucléaire trop lourd et coûteux pour sauver le climat », selon un rapport de l’agence Reuters du 24 sept 2019, et bien d’autres articles.

(9 ) « Le monde au bord de la crise nucléaire » par Jacques Hubert-Rodier un article des Echos Publié le 20/09/19

« L’abandon des grands traités de réduction et d’élimination des armes nucléaires conclus entre la Russie et les Etats-Unis fait peser une grave menace sur le monde. Le monde se rapproche dangereusement d’une situation de crise nucléaire, comme ce fut le cas à Cuba dans les années 1960 ou en Europe avec l’installation de missiles soviétiques SS-20 et de Pershing américains. »

(10) CERI, Comité Européen sur le Risque de l’Irradiation, recommandations 2003. * ( 11) Ethos– https://apag2.wordpress.com/2016/11/21/vivre-dans-le-jardin-nucleaire-avec-

ethos-un-crime-contre-lhumanite, (12) Blu s et mythes du nucléaire. Le prétexte du climat

Jean-Luc Pasquinet, Edition Libre et solidaire, date de parution : 17 octobre 2019. (13) L’Arrêt immédiat du nucléaire est techniquement

possible à l’échelle européenne par Élisabeth Brenière et François Vallet Arrêt du Nucléaire (ADN) http://collectif-adn.fr/2019/Arret_immediat_Europe.pdf,

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Mises en garde de l’ASN concernant l’enfouissement des déchets radioactifs et la fusion des cœurs de réacteurs

Hugues Henri

Source : Academia

https://www.academia.edu/35742843/CHRONIQUES_ANTI-NUCLEAIRES_MISES_EN_GARDE_DE_LASN_CONTRE_LENFOUISSEMENT_DES_DECHETS_RADIOACTIFS_ET_LA_FUSION_DES_COEURS_DE_REACTEURS

 

Dans un avis daté du 8 janvier et publié le 9 février (2015) sur son site Internet, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) recommande que les recherches “soient approfondies” dans les domaines du conditionnement des déchets nucléaires, de l’enfouissement en profondeur des déchets, du transport de substances radioactives et des accidents nucléaires graves. Ce document signé de la direction collégiale de l’ASN met en évidence des carences dans la gestion des déchets radioactifs, révèle des incertitudes sur la viabilité du projet Cigéo * d’enfouissement des déchets nucléaires les plus dangereux dans l’Est de la France et souligne la fragilité des réacteurs nucléaires face à un accident grave.

La gestion désordonnée des déchets nucléaires

L’ASN rappelle qu’il existe une grande variété de déchets radioactifs parmi lesquels certains sont mal répertoriés, dont on ignore le contenu radioactif et chimique et pour lesquels il n’existe pas encore d’emballage disponible. Un problème aigu qui concerne certains déchets produits par le passé. Entre 1966 et 1998, des déchets de l’usine de La Hague (Cotentin) d’Areva * ont été stockés en vrac dans sept installations nucléaires. Ces déchets mal connus doivent maintenant être repris et conditionnés. L’ASN estime que les déchets radioactifs “destinés à être stockés dans une installation de stockage encore à l’étude doivent faire l’objet de recherches sur leur comportement en stockage”. L’Autorité considère aussi que l’on en sait peu sur “le comportement à long terme des colis de déchets en conditions de stockage”, ainsi que sur “le comportement à long terme en stockage de matières radioactives qui ne sont pas aujourd’hui considérées comme des déchets”, comme les combustibles au plutonium (MOX).

Par ailleurs, l’Autorité souligne un manque de compréhension sur “le comportement des déchets de boues bitumées”, des déchets inflammables. Elle note aussi que les connaissances doivent progresser sur la production d’hydrogène – un gaz inflammable et explosif, au sein des “colis” de déchets nucléaires (et particulièrement les déchets contenant du bitume). Or le projet Cigéo * prévoit l’enfouissement à 500 mètres sous terre de dizaines de milliers de fûts de déchets radioactifs bitumineux qui présentent des risques d’incendie et d’explosion.

L’enfouissement des déchets nucléaires en question

L’ASN porte un regard sévère sur l’enfouissement des déchets nucléaires en profondeur, jugeant qu’il faut “mieux appréhender les différentes composantes de la sûreté à long terme du stockage”. Elle constate des zones d’ombre autour des “phénomènes physico-chimiques, biologiques, mécaniques et thermiques au sein d’un stockage” et demande le développement de travaux “en vue de la gestion réversible d’un stockage”. L’ASN s’interroge également sur “la transmission des compétences, des savoirs et de la mémoire sur des échelles de temps appropriées”. Beaucoup d’inconnues persistent donc sur les risques liés à l’enfouissement des déchets les plus radioactifs, que l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra)* voudrait démarrer dans dix ans, en 2025.

Fusion des cœurs de réacteurs : l’ASN confirme la vulnérabilité des réacteurs en service

En ce qui concerne les accidents nucléaires graves sur les réacteurs existants et futurs, l’ASN affirme que les données recueillies à ce jour “présentent encore de grandes incertitudes quant à la capacité à prévenir la fusion du cœur”. Des interrogations qui s’étendent à la capacité de la cuve à résister au combustible en fusion, à la tenue de l’enceinte de confinement, ainsi qu’à l’efficacité de la filtration des rejets radioactifs dans l’environnement en cas d’accident grave. L’Autorité rejoint les conclusions de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN)* sur la vulnérabilité des réacteurs lors d’un accident de fusion, auxquelles le Journal de l’énergie a récemment consacré un article.

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La situation n’évolue guère en France en ce qui concerne les réponses urgentes à rechercher et à mettre en œuvre pour les deux problèmes principaux posés par le tout nucléaire : La question primordiale du retraitement des déchets hautement radioactifs à vie longue, vis-à-vis de laquelle, la pseudo solution de l’enfouissement profond se révèle inappropriée et dangereuse y compris selon l’ASN qui prend enfin position en énonçant clairement les limites et les dangers de cet enfouissement. C’est avec circonspection et de manière nuancée que cet avis a été rendu mais sur le fond, la cause est enfin entendue, l’ASN recommande sinon l’abandon du projet de l’ANDRA, tout du moins de prendre au préalable toutes les précautions pour permettre un retour en arrière et la gestion réversible du stockage, c’est-à-dire que si cette gestion de l’enfouissement se révélait problématique pour ne pas dire désastreuse, il sera impératif de stopper net l’enfouissement et de procéder à une autre forme de retraitement ou de stockage, selon la forme et la nécessité impérative que cela prendrait.

L’autre question qu’il faut traiter impérativement, c’est la question du risque de fusion du cœur de réacteur nucléaire en cas d’arrêt de refroidissement, qui pourrait survenir dans nombre de réacteurs anciens même après le « grand carénage » promis par EDF* pour remettre les centrales françaises de plus de trente ans d’âge aux normes post-Fukushima. L’IRSN a produit un rapport démontrant que ce risque d’accident majeur existait, qu’il y avait une forte probabilité qu’il advienne à une échéance imprévisible. Là encore, l’ASN ne fait que confirmer ce que l’IRSN a déjà affirmé et cela corrobore cet état de fait dénoncé par Greenpeace et Réseau Sortir du Nucléaire: en France, l’Etat a choisi d’ignorer ce risque majeur d’une catastrophe nucléaire avec fusion du cœur du réacteur, comme cela s’est déjà produit à Three Miles Island aux USA en 1978, à Saint Laurent des Eaux en 1980, à Fukushima en 2011. Les cuves en ciment et celles en acier des réacteurs des vieilles centrales françaises à eau pressurisée ont dépassé leur durée de vie de 30 ans garantie par leur concepteur, l’américain Westinghouse. Elles ont été bombardées par des isotopes hautement radioactifs qui ont ébranlé leurs structures moléculaires, provoquant d’innombrables microfissures dans le béton et dans l’acier. On ne peut pas changer cela, c’est impossible, il faut arrêter ces réacteurs et les démanteler, puis réhabiliter les sites. C’est à cela que se sont attelés les autorités et les industriels allemands de l’énergie. Très récemment, le gouvernement allemand par la voix de sa ministre sociale démocrate de l’énergie a demandé fermement à Ségolène Royal de définir au nom du gouvernement français les dates et modalités d’arrêt et de démantèlement de la centrale nucléaire de Fessenheim dans le Bas Rhin, conformément aux engagements de François Hollande pendant la campagne présidentielle de 2012. Cette démarche sera certainement perçue par certains milieux franchouillards et chauvins comme une sorte d’incongruité malvenue et même comme une ingérence inqualifiable de la part d’un membre d’un gouvernement étranger, qui lui s’est engagé résolument dans la sortie du nucléaire. Il n’empêche que cette démarche démontrait aussi l’inquiétude des populations allemandes frontalières avec l’Alsace envers cette centrale nucléaire dont tous les voyants sont au rouge en tant que doyenne de toutes les autres centrales françaises. Il semble qu’il ne soit pas certain que malgré les engagements verbaux de ce gouvernement, Fessenheim soit bientôt arrêtée et démantelée, car Ségolène Royal s’est défaussée sur EDF pour la prise de décision qui aurait du lui revenir. Il faut que cela soit désormais tranché, quand Fessenheim sera-t-elle arrêtée et démantelée ? Quoi qu’il en soit, si un évènement tragique devait advenir dans l’une de ces centrales qui comme Fessenheim ont atteint leurs limites d’âge et de fiabilité, surtout s’il advenait un accident grave du type de la fusion d’un cœur de réacteur, ce gouvernement comme ceux qui l’ont précédé depuis 1975, date de la mise en route du “Tout nucléaire” en France métropolitaine devra en assumer toutes les conséquences. Il ne pourra, tout comme ses prédécesseurs pas échapper à sa mise en cause pour sa non prise en compte des risques majeurs générés par la perpétuation du tout nucléaire dans ce pays, ni pour celle d’avoir ignoré les mises en garde de l’IRSN et de l’ASN. Il est révélateur que les plans d’urgence pour parer à ce genre d’éventualités soit souvent dérisoires, les projections d’évacuation des populations riveraines des centrales ne concernent que des périmètres de dix kilomètres de diamètre, alors qu’ils furent étendus à plus de trente kilomètres pour Tchernobyl et Fukushima ; les stocks d’iode à distribuer en cas d’irradiation ne sont pas constitués dans les sites concernés ; les unités spécialisées dans l’intervention en milieu irradié n’existent pas encore et tout est à l’avenant. Nous sommes le pays qui détient le triste record d’avoir la plus grande densité de réacteurs nucléaires situés pour la plupart dans un rayon de moins de cent kilomètres des plus grandes agglomérations françaises et nous voyons se maintenir une situation d’enlisement dans le tout nucléaire, la part des énergies renouvelables et des “négawatts” restant inférieure dans notre pays à celle développée dans la plupart de nos voisins européens. Il ne suffit pas de proclamer une volonté toute formelle de réduire la part du nucléaire à 50% d’ici à 2025. Cette promesse n’a rien d’une certitude gravée dans le marbre quand l’on entend les atermoiements sur la question du nucléaire chez Ségolène Royal. Le dernier en date porte sur le remplacement des vieilles centrales par des nouvelles, or quand on voit les déboires de l’EPR aussi bien en Finlande qu’à Flamanville, il saute aux yeux qu’il y a un gros problème de maîtrise dans la construction de ces nouvelles centrales : maîtrise des coûts, maîtrise des délais, maîtrise des technologies. Pourquoi s’acharner encore et encore dans cette impasse en y consacrant autant d’argent, de moyens alors qu’il est évident que le nucléaire régresse chez tous nos voisins ? Tirons les bonnes conclusions au plus tôt, avant qu’il ne soit trop tard, qu’un Fukushima français arrive et irradie un ou plusieurs départements …

 

(*)

CIGEO : Centre industriel de stockage géologique.

AREVA : Ancien nom d’OURANO, spécialiste français du nucléaire.

ANDRA : Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs.

IRSN : Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire.

EDF : Electricité de France.

 

 

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Désastre à Fukushima et JO de Tokyo en 2020

par Hiroaki Koïde

23 août 2018

(traduction : Kolin Kobayashi)

Source : https://www.sortirdunucleaire.org/

http://www.facebook.com/sharer/sharer.php?u=https%3A%2F%2Fwww.sortirdunucleaire.org%2FDesastre-a-Fukushima-et-JO-de-Tokyo-en-2020&t=D%C3%A9sastre %C3%A0 Fukushima et JO de Tokyo en 2020

http://twitter.com/intent/tweet?text=D%C3%A9sastre %C3%A0 Fukushima et JO de Tokyo en 2020&url=https%3A%2F%2Fwww.sortirdunucleaire.org%2FDesastre-a-Fukushima-et-JO-de-Tokyo-en-2020

 

À l’approche des Jeux Olympiques qui se dérouleront au Japon en 2020, Hiroaki KOÏDE, ancien professeur adjoint à l’Institut de recherche sur les réacteurs de l’Université de Kyoto, nous alerte sur la situation réelle du Japon après la catastrophe de Fukushima, toujours en cours.

 

Le 11 mars 2011, un grave tremblement de terre frappe la région de Tōhoku au Japon, causant un tsunami d’ampleur sur la Côte pacifique de Fukushima et les préfectures de Miyagi et Iwaté, provoquant une panne d’électricité à la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi.

Comme le savent tous les scientifiques, une panne totale peut conduire à un incident potentiellement catastrophique. À Fukushima, le système de refroidissement de trois réacteurs est tombé en panne et les cœurs des réacteurs nucléaires ont fondu : une grande quantité d’éléments radioactifs ont été répandus dans l’environnement (dans la terre, dans l’eau et dans l’air). Selon le rapport remis par le gouvernement japonais à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), 1,5 x 10×16 Becquerel (une quantité de césium 137 équivalant à 168 bombes atomiques du type d’Hiroshima) ont été libérés à cause de l’accident. La bombe atomique larguée sur Hiroshima n’était qu’une seule bombe, et pourtant, elle était déjà extrêmement destructrice.

La fusion des cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale Fukushima-Daiichi a libéré au total 7 x 10×17 Becquerels, soit 8 000 fois de la quantité du césium 137 propagée par la bombe d’Hiroshima. En conséquence, une radioactivité égale à 168 fois la puissance de la bombe d’Hiroshima a été libérée dans l’air et versée en mer faisant un total de près de 1000 bombes d’Hiroshima relâchées dans l’environnement ! Une partie de cette radioactivité est encore présente dans certains bâtiments endommagés de la centrale.

TEPCO (Tokyo Electric Power Company Holdings), propriétaire de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, ne sait pas où se trouvent exactement les cœurs des réacteurs à présent fondus. Ils continuent de déverser d’énormes quantités d’eau dans les zones où ils estiment que le combustible fondu a le plus de chance de se trouver, pour continuer à le refroidir. L’arrosage constant implique une contamination de plusieurs centaines de tonnes d’eau par jour et la direction de TEPCO est obligée de construire des milliers de réservoirs à l’intérieur du site pour entreposer et confiner l’eau contaminée. Aujourd’hui, la quantité totale d’eau contaminée retenue dans ces réservoirs dépasse largement le million de tonnes.

À l’avenir, lorsque le nombre de réservoirs aura dépassé la limite possible, TEPCO envisagerait de déverser les eaux contaminées en mer, faute de place disponible.

Bien que le mieux à faire serait de déplacer les cœurs des réacteurs fondus dans un endroit sûr et sécurisé, TEPCO n’est ni capable de localiser exactement les coriums, ni de déterminer leur état précis : personne ne peut s’approcher du site pour y intervenir. L’approche du site implique d’exposer toute personne à qui cette tâche est confiée à un niveau de radioactivité extrêmement fort et très probablement létal.

Le gouvernement et TEPCO ont essayé d’envoyer plusieurs robots. La radioactivité est si puissante qu’elle interfère avec le circuit intégré du robot. De tous les robots qu’ils ont envoyés sur le site, aucun n’est revenu. À la fin du mois de janvier 2017, TEPCO a réussi à faire introduire une caméra de contrôle à distance, semblable à un gastro-oscilloscope, à l’intérieur du socle sur lequel repose le réacteur. L’exploitant a ainsi découvert que le cœur fuyait à travers un grand trou au niveau de la structure métallique. À cette occasion, ils ont pu mesurer le niveau de radioactivité de 20 Sv par heure dans le réacteur lorsque le maximum du seuil admissible pour les êtres humains est 8 Sv. Sur le chemin du réacteur, les rayons ont atteint leur maximum à 530 Sv ou 650 Sv.

L’endroit où les niveaux de radioactivité sont les plus élevés n’est pas à l’intérieur du piédestal en béton qui soutien la cuve, mais à l’extérieur, entre le mur du piédestal et celui de l’enceinte de la cuve.

Après l’accident, TEPCO et le gouvernement ont émis l’hypothèse que la plupart des cœurs avaient fondu dans le réacteur et s’étaient arrêtés à l’intérieur. TEPCO et le gouvernement ont avancé un scénario selon lequel les coriums s’entasseraient à l’intérieur du piédestal intact au fond du récipient de confinement, à la manière d’une boule. Cela permettrait de récupérer les cœurs fondus dans 30 à 40 ans et de les stocker ailleurs, permettant ainsi de faire une déclaration de traitement complet des catastrophes de Fukushima.

Contrairement à leur hypothèse, les coriums ne sont pas du tout en un seul morceau mais se détachent du socle, ce qui fait qu’il est impossible de les récupérer, contrairement au scénario imaginé. TEPCO et le gouvernement doivent donc changer leur « feuille de route ».

Moi-même, j’avais insisté pour que les réacteurs touchés par la catastrophe soient scellés par l’installation d’un « sarcophage » à l’instar de ce qui avait été fait par le gouvernement soviétique après la catastrophe de Tchernobyl, même si ce n’est pas la meilleure des solutions. À Tchernobyl, les couvertures du sarcophage se détériorent avec le temps et en novembre 2016, la seconde couverture du sarcophage a été remplacée. La vie de la seconde couverture est estimée à cent ans.

Personne ne sait quelle solution définitive pourra être trouvée à ce moment-là. Personne parmi les humains vivants n’aura la chance de voir la fin de l’accident de Tchernobyl. Ce serait encore pire à Fukushima. Même si on parvenait à confiner les coriums, la radioactivité ne disparaîtra pas et la situation devra être surveillée de manière permanente pendant plusieurs centaines et milliers d’années.

Le jour de la catastrophe, le gouvernement japonais a déclaré l’état d’urgence nucléaire. Tous les résidents ont été évacués, dans un rayon de 3 km de la centrale nucléaire, puis 10 km et enfin 20 km. Les procédures d’évacuation ont été si rapides que les gens n’ont été autorisés à n’apporter que ce qui était strictement nécessaire, laissant la plupart de leurs effets personnels, leur bétail et même leurs animaux domestiques, derrière eux. Itaté est l’un des villages de la préfecture de Fukushima, situé à 40 km de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi. Ses citoyens ont été informés de l’extrême contamination de leur village un mois après l’accident et ont été forcés de quitter les lieux.

Au début, ils ont été transférés dans un abri temporaire, puis dans une petite maison avec une petite pièce pour 2 personnes. Au fil des événements, ils se sont retrouvés isolés de leur ancienne communauté ; les familles ont été forcées de vivre séparément. Leur ancienne vie a été détruite et les gens, désespérés, n’ont pas ré-accédé à une existence normale. Toute la structure sociale d’une communauté a été touchée, sachant que le concept de bonheur dans la culture japonaise ne diffère d’aucune autre culture dans le monde : qu’est-ce que le bonheur ? Cela implique beaucoup de choses simples, mais pas encore accordées, comme vivre avec leurs familles, leurs amis, leurs voisins et leurs amants. Mais à Fukushima, leur bonheur a brusquement pris fin car ils ont tout perdu. Il y a des habitants qui en viennent à se suicider à force de désespoir.

Ce n’est pas tout. Les retombées radioactives affectent d’autres zones très vastes autour de celles évacuées. C’est ce que l’on appelle « zone irradiée contrôlée ». C’est une zone réglementée où l’entrée est strictement interdite sauf au personnel autorisé, généralement des professionnels et des ingénieurs nucléaires. Personne n’est autorisé à boire, manger, dormir à l’intérieur de la zone. Il n’y a même pas de toilettes.

Cependant, le gouvernement japonais permet à des millions de résidents de vivre dans des zones ayant les mêmes caractéristiques que la zone contrôlée sans qualifier ces zones de la même manière, au mépris de la loi précédemment applicable. Le gouvernement japonais a justifié cet écart par rapport à la loi applicable en raison de l’état d’urgence. Parmi ces habitants, on comptent des nourrissons et des enfants, contraints de vivre dans un endroit aussi contaminé que la zone contrôlée et exposés de manière quotidienne à un environnement délétère pour la santé. Certaines familles ont décidé de quitter leur emploi et de quitter Fukushima afin de protéger leurs enfants de la contamination radioactive. D’autres ont décidé de vivre séparément : l’homme reste habituellement car il est obligé de travailler à Fukushima tandis que la femme et les enfants déménagent.

Fukushima est un environnement social conservateur ; les gens y respectent les traditions et ont l’habitude de vivre ensemble, de génération en génération. Une telle séparation affectera profondément les structures familiales et sociales, à mesure que les habitants renoncent à mener une vie normale. Ce sont des conflits avec deux issues, forcément douloureuses : soit rentrer chez soi et se retrouver dans une région contaminée où ils s’exposent au risque de nuire à leur santé ; soit partir et souffrir de quitter la vie qu’ils avaient autrefois. Les habitants abandonnés survivent difficilement à des souffrances quotidiennes depuis plus de 7 ans et devront encore tenir pendant de nombreuses années.

Pour aggraver l’insulte depuis mars 2017, le gouvernement a commencé à réinstaller les réfugiés de Fukushima dans leur pays d’origine ou villes d’origine où les niveaux de radioactivité sont inférieurs à 20 mSv par an. En conséquence, toute allocation d’aide au relogement est supprimée.

La reconstruction représente la priorité numéro une pour le département de Fukushima et les personnes qui n’ont pas d’autre choix que de vivre à Fukushima suivront probablement les souhaits du gouvernement et oublieront que Fukushima est un endroit dangereux plutôt que de vivre toute leur vie dans la peur et l’anxiété. Ils pourraient même oublier la radioactivité et la contamination qui, heureusement pour l’industrie nucléaire, malheureusement pour les victimes, est invisible. Le gouvernement et le département local laissent les gens oublier de toute façon. Au contraire, si l’on parle de la contamination ou de la peur, il sera reproché d’entraver la reconstruction, de ne pas vouloir aller de l’avant.

Un facteur important pour les habitants touchés est que le gouvernement japonais, après l’accident, a revu la limite légale de doses radioactives en la faisant passer de 1m Sv/an à 20 mSv/an. Il faut dire que 20 mSv/an était auparavant la limite fixée pour les experts ou scientifiques qui travaillaient avec le rayonnement nucléaire comme je l’ai fait et qu’elle n’a jamais été appliquée à des civils ordinaires. En particulier, les nourrissons et les enfants qui sont plus sensibles aux radiations et qui n’ont aucune responsabilité non plus dans la catastrophe nucléaire de Fukushima, ni dans la politique nucléaire du Japon qui a dépassé la limite du raisonnable.

Alors, le gouvernement japonais continue de dire qu’il ne peut pas faire grand-chose à cause de la situation d’urgence nucléaire. Cette déclaration de l’état d’urgence n’a pas été reconduite par la nécessité absolue de l’urgence. Elle ne doit pas continuer sans limite mais elle est toujours en vigueur après plus de 7 ans et demi, ce qui n’est pas acceptable.

Apparemment, le gouvernement encourage activement l’oubli de la catastrophe de Fukushima et les médias sont complices. Ils omettent de rendre compte de la contamination réelle, des risques sanitaires et de la situation réelle à Fukushima sans pouvoir supprimer l’état d’urgence. La plupart des Japonais ne savent pas que Fukushima est toujours sous état d’urgence nucléaire. L’élément le plus nocif pour l’environnement et la santé est le césium 137 ; il faut 30 ans pour réduire sa quantité de moitié et il reste après 100 ans à 10% de sa valeur. En fait, dans 100 ans, le Japon sera toujours soumis à cette « déclaration d’état d’urgence » et cette radionucléides continuera de contaminer l’eau, l’air, la terre et la nourriture.

Les Jeux Olympiques ont toujours été utilisés comme outil de propagande pour promouvoir le nationalisme. Ces dernières années, construire de nombreuses structures gigantesques sans aucune perspective d’utilisation après les Jeux olympiques, c’est juste dans l’intérêt des entreprises de construction et des autres entreprises de services qui font d’énormes profits dans cette société de consommation.

Je pense que le gouvernement japonais doit faire un effort énorme et de son mieux pour résoudre l’urgence nucléaire à Fukushima dans les plus bref délais pour sauver les habitants de Fukushima qui vivront dans des situations extraordinaires, ou au moins de sauver d’abord les enfants.

Cependant, le gouvernement japonais considère que la réussite des Jeux Olympiques de Tokyo en 2020 est un objectif primordial. Ce genre de grands événements peut distraire les gens de leurs problèmes graves. Les médias font de leur mieux pour élever la « fièvre olympique » qui fait de tout opposant aux Jeux olympiques de 2020 à Tokyo un mauvais citoyen. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les médias n‘ont diffusé que des informations officielles très positives et la population japonaise a coopéré avec le gouvernement. Le « bon citoyen » a accusé ses « méchants » voisins, opposés à la politique nationaliste, pour qu’ils soient conduits en prison. Si mon pays considère que le succès des Jeux Olympiques de Tokyo en 2020 est un objectif plus important que de sauver d’innocents citoyens, je préfère être un « mauvais citoyen ».

La vérité est que le désastre de Fukushima durera plus de 100 ans et, à ma plus grande surprise, personne n’a été officiellement incriminé à ce jour, aucun représentant de TEPCO, aucun directeur, aucun ministre, aucun politicien, aucun spécialiste qui l’ait causée. Personne n’a même été accusé d’être responsable du désastre de Fukushima. Pour ajouter l’insulte à nos blessures, notre gouvernement veut redémarrer ces vieilles centrales nucléaires qui ne sont pas opérationnelles et veut exporter la construction de centrales nucléaires vers d’autres pays étrangers. Être l’hôte des Jeux Olympiques dans le pays en situation d’urgence nucléaire est absurde. Les États participants et quiconque parrainant un tel acte prennent le risque, d’une part d’être exposé à la contamination radioactive, et d’autre part d’être les complices de comportements criminels, coupables par leur silence et leur déni.

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Nouvelle plainte de Genève contre la centrale nucléaire française du Bugey

Source : https://www.romandie.com/news/Nouvelle-plainte-de-Gen-ve-contre-la-centrale-nucl-aire-fran-aise-du-Bugey/981343.rom

 

Genève – Le canton et la Ville de Genève ont de nouveau porté plainte contre la centrale nucléaire du Bugey, l’une des plus vieilles de France, accusée de faire courir « un risque majeur » pour la population suisse, a annoncé mercredi le canton dans un communiqué.

Cette centrale d’EDF, construite dans les années 70 dans l’Ain, se trouve à 80 kilomètres à vol d’oiseau de Genève.

La plainte pénale contre X a été déposée auprès du Tribunal de grande instance de Paris par Corinne Lepage, ancienne ministre française de l’Environnement et avocate des plaignants, a précisé à l’AFP Jérôme Savary, secrétaire général adjoint du Conseil d’Etat (gouvernement) du canton de Genève.

Elle fait suite à la plainte pénale déposée le 2 mars 2016 par Mme Lepage, qui avait été classée sans suite en juillet 2017 par le parquet du Tribunal de grande instance de Paris, « considérant que les faits étaient insuffisamment caractérisés », a indiqué le communiqué.

« Le Conseil d’Etat et la Ville de Genève estiment que la centrale du Bugey (…) représente un risque majeur pour la sécurité et la santé de la population ainsi que pour l’environnement. »

Dans la plainte, Mme Lepage a fait valoir « les fragilités d’éléments essentiels de cette centrale, ses faiblesses de conception, les risques liés à son site d’implantation (risques sismiques, d’inondation, proximité d’un aéroport) », ainsi que « des fuites de tritium à répétition ».

gca/nl/nas

EDF – ELECTRICITE DE FRANCE

(©AFP / 19 décembre 2018 17h35)

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Cinq associations exigent l’arrêt immédiat de la centrale de Fessenheim par mesure de sécurité

Source : https://savoie-antinucleaire.fr/2019/01/03/cinq-associations-exigent-larret-immediat-de-la-centrale-de-fessenheim-par-mesure-de-securite/

 

Cinq associations alsaciennes viennent d’écrire à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour demander l’arrêt immédiat et définitif de la centrale de Fessenheim. Le Comité pour la Sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin, Stop Transport-Halte au nucléaire, Stop Fessenheim, Les Citoyens vigilants des environs de Fessenheim et la Fédération Alsace Nature estiment, dans une lettre ouverte, « qu’il y a mise en danger délibéré de la vie d’autrui en situation d’extrême urgence du fait de l’absence de dispositifs d’ultime secours ».

Explication : la prescription adoptée le 26 juin 2012 à l’issue des évaluations complémentaires de sûreté qui ont suivi l’accident nucléaire de Fukushima imposait à EDF « en tout état de cause » la mise en place de moyens d’alimentation électrique supplémentaires, à savoir des groupes électrogènes diesels d’ultime secours, ou DUS. L’exploitant disposait d’un délai de plus de 6 ans, qui expirait le 31 décembre 2018, pour réaliser ces travaux. Or, constatent les associations, ils n’ont pas été menés à bien. « À ce jour, déplorent-elles, seuls des projets de nouvelle décision ont été formulés par l’ASN et ne sont toujours pas applicables ».

Les cinq associations, qui considèrent donc « qu’il y a carence fautive de l’ASN », lui demandent d’imposer immédiatement « et à titre conservatoire, d’imposer à EDF de mettre à l’arrêt les deux réacteurs de Fessenheim du fait que toutes les dispositions de sécurité n’ont pas été mises en place ». Elles attendent aussi du gendarme du nucléaire qu’il « intervienne auprès d’EDF pour que la procédure de mise en arrêt définitif des deux réacteurs s’ensuive immédiatement » et qu’il exige l’installation de DUS au plus vite « afin d’assurer l’ultime secours des installations subsistant après l’arrêt, y compris les piscines de désactivation ».

Les deux réacteurs doivent cesser définitivement leur activité à l’été 2020.

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Projet de construire 6 réacteurs EPR : une plaisanterie alors qu’EDF est incapable d’en construire un seul !

Observatoire du nucléaire

Communiqué du 30 août 2018

Source : http://www.observatoire-du-nucleaire.org

 

L’industrie nucléaire mondiale n’en finit plus de se déliter (*), sa part dans la production d’électricité est passée de 17% en 2001 à 10% à ce jour, et cette chute libre va continuer au fil des nombreuses fermetures de centrales : la plupart des 400 réacteurs encore en service sur Terre sont très anciens et en fin de vie.

Mais, en France, le lobby de l’atome vit dans un déni total de cette réalité et croit pouvoir revivre un âge d’or (ou plutôt d’uranium) comme au siècle dernier, quand une soixantaine de réacteurs ont été construits en quelques années.

Or, à l’époque, l’argent coulait à flot, EDF était encore un service public puissant et avait (hélas) les compétences nécessaires pour un tel programme.

Aujourd’hui, la société anonyme EDF SA est en quasi faillite et, de plus, elle se montre incapable de construire un seul réacteur EPR : le chantier de Flamanville n’en finit plus de collectionner les malfaçons les plus graves, les retards et les surcoûts.

Ce réacteur devait être construit en 4 ans et demi pour un coût de 2,8 milliards (et non 3,3 comme écrit ici où là) or, au bout de 11 ans, il est loin d’être terminé et coûte déjà 4 fois plus, sachant que ce bilan catastrophique n’est en rien définitif.

Aussi, il est parfaitement dérisoire et ridicule de voir que de prétendus « experts » préconisent la construction par EDF de 6 EPR. Et encore, sans rire, ils évoquent là seulement « un premier lot ».

Non seulement EDF est bien incapable de construire des EPR, que ce soit en France ou en Grande-Bretagne (projet virtuel à Hinckley Point) mais la société n’est même pas en capacité de financer la rénovation des réacteurs actuels qui, inévitablement, vont devoir être fermés les uns après les autres dans les années à venir (en espérant que ce soit avant une catastrophe et non du fait d’une catastrophe comme au Japon en 2011).

Au final, sachant qu’il empêche le développement de toute alternative au nucléaire alors que ce dernier est amené à disparaitre, le lobby de l’atome condamne la France à l’impasse énergétique et au désastre financier. Et ce sont bien sûr les habitants les plus modestes qui vont être les principales victimes de cette folie…

 

 

(*) Faillite d’Areva et de Westinghouse ; désengagements d’entreprises en Allemagne, au Japon, aux USA ; annulation de programme nucléaire en Afrique du Sud, en Tchéquie, ralentissement net en Chine, etc.

 

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A propósito del llamado uranio “empobrecido”

Pierre Péguin
Doctor en Física
Enero de 2018
Traducido del francés para Rebelión por Beatriz Morales Bastos
Original : https://apag2.wordpress.com/2018/02/10/a-propos-de-luranum-dit-appauvri/
Traducción : https://elblogantimperialista.wordpress.com/2018/02/13/a-proposito-del-llamado-uranio-empobrecido/

 

La nucleocracia tiene el arte de vestir sus tecnologías mortíferas con denominaciones tranquilizadoras. Es lo que ocurre con el llamado uranio “ empobrecido”, las informaciones acerca del cual que ofrecemos a continuación no pueden sino generar un sentimiento de horror y de revuelta, una vez más, contra todo lo que tiene que ver con lo nuclear.Indignado por los daños infligidos por las armas de uranio a las poblaciones que padecen la guerra desde hace unos treinta años, daños que se extiende al conjunto del planeta, he querido presentar en las líneas que siguen un análisis a partir de los documentos existentes citados al final del texto ya que, en efecto, se trata de un crimen ¡e incluso un crimen contra la humanidad!

Para empezar recordemos algunas cosas: ¿A qué se denomina uranio “empobrecido”? Aproximadamente un 99,3% del uranio está constituido por el isótopo U 238 (238 es su peso atómico), un 0,7 % por U 235 y trazas de otros isótopos de uranio. El U 238 es radioactivo alfa, su periodo de radiactividad (o vida media) es del orden de la edad de la Tierra.
Para los reactores de agua bajo licencia estadounidense tipo Westinghouse-PWR que equipan el parque francés y muchos otros es necesario disponer de un “combustible” de uranio más rico en 235; en efecto, solo el 235 garantiza las reacciones de fisión. En [la central nuclear francesa de] Tricastin (fábricas GB1 y GB2) es donde se enriquece el uranio en 235 y de ello resulta un importante lote “empobrecido” en 235, pero enriquecido en 238.
Al cabo de algunos años de uso y al haber perdido una buena parte de su 235 y, por lo tanto, a su vez empobrecido, el combustible utilizado se transporta a La Haya para ser “reprocesado”. Ahí se separa el U 238, el plutonio generado en los reactores y los subproductos de las reacciones de fisión altamente radiactivos denominados residuos.
Por lo tanto, el uranio empobrecido es un subproducto del enriquecimiento del uranio por una parte y del reprocesamiento del combustible usado por otra. Francia dispone de unas existencias de uranio empobrecido de más de 200.000 toneladas, depositadas entre otros lugares en Bessines, Haute-Vienne. No posee las propiedades necesarias para ser utilizado para la fisión en un reactor, pero eso no le hace menos radiactivo. Como tiene un valor comercial insignificante, encontrará una salida en el ámbito militar de modo que la industria nuclear civil se lo suministra a la militar casi gratuitamente.
Es en el armamento militar donde el uranio empobrecido ha encontrado una salida:
El uranio empobrecido se utiliza en el armamento por sus propiedades físicas. Como es muy pesado se utiliza para revestir la cabeza de los proyectiles, con lo que adquiere una eficacia temible para perforar las paredes de los blindajes, de los tanques, de los muros de hormigón. Estas municiones son más “eficaces” y mucho menos caras que las de tungsteno (la otra opción principal para penetrar en blindajes u hormigón).
Ya en 1992 la OTAN publicaba un “Manual sobre los principios de seguridad aplicables al almacenamiento de las municiones y explosivos militares”. Un capítulo de este documento de “difusión restringida” (destinado a los Estados Mayores de los ejércitos de los países miembros, entre ellos Francia) se dedica a las municiones de uranio empobrecido.
Por otra parte, y es un dato poco conocido, por las mismas razones por las que se utiliza en el armamento también se utiliza en la fracturación hidráulica, en la explosión de la carga destinada a agrietar las rocas. Las aguas no solo remontan una amplia gama de contaminantes químicos, radiactividad subterránea, sino también el uranio utilizado reducido a un polvo extremadamente fino que contamina la superficie del suelo y las aguas de escorrentía.
La contaminación del medioambiente y de todos los seres vivos
El uranio empobrecido es una mezcla surgida no solo del enriquecimiento sino también del reprocesamiento. Este último contiene, además del 238 y del 235 residual, productos de fisión altamente reactivos como los U234 y 236, los plutonio 238 y 239, el tecnecio 99 o el rutenio 106, que incrementan su nocividad.
El uranio es un material pirofórico, se oxida tan rápido que se prende fuego en contacto con el blanco, y el uranio en llamas libera grandes cantidades de minúsculas partículas radiactivas. Transportadas por el viento, estas partículas se pueden encontrar en el agua, el suelo, las capas freáticas… y contaminar definitivamente todo el medioambiente de las poblaciones de los territorios que son su blanco, pero también de los países vecinos y, finalmente, de todo el planeta.
No es posible proceder a una descontaminación. Las partículas minúsculas de polvo, del orden de una millonésima parte de milímetro, flotan en la atmósfera; la lluvia, la nieve, la niebla y la contaminación las arrastran al suelo y las integran en la biosfera y, por lo tanto, en lo que está vivo.
Como es a la vez quimiotóxico y radiotóxico, emisor alfa, el uranio ataca a los riñones, los pulmones, el esqueleto, los órganos reproductores, el tiroides, los músculos, los ganglios linfáticos y al sistema neurológico. Los tipos de patologías observadas son principalmente cánceres, leucemias, malformaciones congénitas, abortos. Además, como afecta al ADN, lo que está en peligro es el capital genético transmisible y, por lo tanto, la descendencia.
Todo esto ocurre en medio de la indiferencia general y posiblemente ni siquiera se mencionaría en los medios de comunicación si algunos veteranos estadounidenses (o sus familias de luto) al volver de los países a los que Estados Unidos llevó la guerra no presentaran denuncias por el daño que ha sufrido su salud.
Efectos terribles en los países afectados
Estas armas ya han provocado muchas víctimas en el planeta porque se han utilizado en muchos conflictos, en Siria, Iraq, Libia, Yugoslavia… Los países vecinos de las regiones bombardeadas no se han librado de que les cayeran partículas radiactivas y químicas, como es el caso de Kuwait, Arabia Saudí, Irán, regiones de Albania, Macedonia, Grecia y Paquistán, por citar solo estos casos.
Durante el conflicto que provocó la intervención de las fuerzas de la OTAN en la antigua Yugoslavia (Bosnia, Serbia, Kosovo) los intensos bombardeos con armas de uranio empobrecido, más particularmente en el territorio serbio, provocaron una verdadera epidemia de linfomas y leucemias. Con 5.500 casos de cáncer registrados recientemente por millón de habitantes, Serbia está en el primer puesto de Europa de la cantidad de muertes debidas al cáncer.
Iraq, después de la Guerra del Golfo de 1991 y la intervención estadounidense de 2003 justificada por la supuesta presencia de armas de destrucción masiva, está literalmente envenenado ya que la alimentación está contaminada ahí. Así, en los hospitales de Basora, donde nacía aproximadamente un bebé por semana que presentaba malformaciones congénitas, ahora nacen de 10 a 12 al día. Lo mismo ocurre en el hospital de Faluya. Un informe de investigación de la OMS y el Ministerio de Sanidad iraquí realizado en 2012 revela entre otras cosas un aumento muy importante de los casos de cáncer y una terrible mortandad de bebés y niños. ¡Estados Unidos bloqueó la publicación de este informe!
La destrucción casi total de las infraestructuras y, por lo tanto, de los hospitales, agrava las patologías que afectan a los habitantes. Actualmente el país está entre los más pobres del mundo en términos de salud pública, mientras que antes de 1999 figuraba entre los primeros puestos de la clasificación.
La historia de Iraq constituye uno de los mayores dramas que se hayan conocido desde la Segunda Guerra Mundial, es un verdadero crimen contra la humanidad.
Y se sospecha que Estados Unidos también utilizó armas de uranio empobrecido en Afganistán.
Israel: existen fuertes sospechas e incluso la casi certeza de que el ejército israelí utilizó uranio empobrecido durante la guerra de Líbano. Así, se han encontrado niveles elevados de radiación en los cráteres de Khiam creados por misiles en 2006 en Líbano (en uno de ellos una radiación 25 más alta que la normal y 10 veces más en el otro, lo que no puede ser fruto del azar…). Por otra parte, los estudios independientes de Chris Busby y Dai Williams han confirmado la presencia de uranio en Líbano y Gaza. En consecuencia, el abogado de Hamburgo Armin Fiand presentó el 12 de agosto de 2006 una demanda ante el fiscal general de la República Federal (Corte Suprema Federal de Karlsruhe) contra el [entonces] primer ministro israelí Ehud Olmert, el [entonces] ministro de Defensa Amir Peretz y el [entonces] jefe del Estado Mayor Dan Halutz por crímenes y crímenes de guerra en virtud del Código Penal Internacional Alemán (CPIA) del 26 de junio de 2002.
Francia no se queda atrás. Desde 2001 la Comisión de Investigación e Información Independiente sobre la Radiactividad (CRIIRAD, por sus siglas en francés) había lanzado una petición contra las armas de uranio empobrecido. Pero el ejército francés no niega haber utilizado ese tipo de obuses en Mali. Actualmente los tanques MX30 y Leclerc están equipados para ello. Los obuses de 105 mm destinados al tanque MX30 y los de 120 mm previstos para los tanques Leclerc contienen respectivamente 3,6 y 4,8 kg de uranio.
En Francia dos emplazamientos militares acogen pruebas de obuses con uranio empobrecido desde 1987: en Bourges (Cher) las pruebas se hacen al aire libre mientras que en Gramat (Lot) los lanzamientos de obuses se producen en cavidades subterráneas, pero ya en 1979 Francia había importado de Estados Unidos una treintena de proyectiles de uranio empobrecido para probarlos.
La población de Bourges, muy preocupada, querría conocer el origen de los casos de cáncer, que están aumentando. Se han realizado más de 1.500 lanzamientos al aire libre con estas municiones radiactivas. A principios de 2010 incluso se encontró en un campo uno de estos misiles, lo que deja suponer que las pruebas continúan todavía hoy. En Gramat el campo de tiro de uranio empobrecido está situado en un terreno cárstico, sobre la sima de Bèdes donde fluye el río subterráneo de Vitarelles, el curso sumergido del Ouysse. Este río y sus afluentes suministran agua potable a muchas comunidades….
Según el derecho internacional
Según el derecho internacional relativo al control de armamentos, las armas de uranio “empobrecido” son ilegales (Convención de La Haya de 1899 y 1907, de Ginebra de 1925 y 1949, Carta de Nuremberg de 1945, Convención de las Naciones Unidas del 10 de octubre de 1980, llamada “Convención de las armas inhumanas”).
En 1996 las Naciones Unidas adoptaron una resolución según la cual las armas de uranio empobrecido son armas de destrucción masiva, armas ilegales según la totalidad de los tratados internacionales. En 2001 el Parlamento Europeo adoptó una resolución sobre el uranio empobrecido. Señalemos que el pasado 9 de enero la Comisión Europea reconoció la peligrosidad de este producto para la salud humana.
Presentar el uranio empobrecido como un producto anodino y no como un residuo radiactivo permite a países como Francia librarse de hacerse cargo de los costes de descontaminación y, sobre todo, banalizar en medio de la indiferencia general el uso de estas armas en los conflictos y condenar así a poblaciones inocentes.
¡Paremos esta masacre, el uso de estas armas de uranio “empobrecido” que contamina a todos los seres vivos es un CRIMEN CONTRA LA HUMANIDAD!
Para más información:
– http://www.criirad.org/actualites/communiques/uranium%20appauvri/ua.petition.f.01.0129doc.pdf, Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD), agosto de 2001.
– Michel Lablanquie, Gramat, 12 de mayo de 2010, «Armes à uranium appauvri».
– Diciembre de 2012, Eva Marion, Pierre Péguin, sobre la base de los elementos reunidos por Charlie Rigol, «La fracturation hydraulique implique l’utilisation d’explosifs bardés d’uranium dit appauvri», http://www.stopaugazdeschiste07.org/article383.html
– Reporterre, 8 de febrero de 2013, http://www.reporterre.net/ Carta de Thierry Lamireau, director del documental “Uranium en Limousin”.
– “La France soupçonnée d’utiliser au Mali des armes à uranium appauvri”, https://apag2.wordpress.com/2015/11/24/la-france-soupconnee-dutiliser-au-mali-des-armes-a-uranium-appauvri-2/
– http://www.horizons-et-debats.ch/express/HD%20express_3.pdf, “Un holocauste nucléaire mondial nous menace” entrevista a Leuren Moret, especialista en Ciencias de la Tierra, por W. Leon Smith y Nathan Diebenow, periodistas de Lone Star Iconoclast, Texas. Y “rimes et crimes de guerre, Plainte contre Ehud Olmert, Amir Peretz et Dan Halutz”.
– http://www.assopyrophor.org/ Asociación militante contra el empleo de todos los isótopos radiactivos en los misiles convencionales, Depleted uranium : the invisible genocide and the seeds of terrorism
– http://blogs.mediapart.fr/kakadoundiaye/blog/150613/uranium-appauvri-un-vrai-scandale-une-vraie-horreur “Uranium appauvri: un vrai scandale, une vraie horreur”, 15 de junio de 2013.
– https://blogs.mediapart.fr/kakadoundiaye/blog/310714/israelusa Israël/USA, 31 de julio de 2014.
– http://arretsurinfo.ch/heritage-de-lotan-la-serbie-premiere-en-europe-pour-le-nombre-de-cancereux-2/ 27 de octubre de 2017.
Fuente: http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2018/02/02/A-propos-de-l-uranium-dit-appauvri
Esta traducción se puede reproducir libremente a condición de respetar su integridad y mencionar al autor, a la traductora y Rebelión como fuente de la traducción.

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A propos de l’uranium dit “appauvri”

 

Pierre Péguin,

Docteur en physique

janvier 2018

Je remercie le professeur Ivo Rens qui a rendu le texte plus accessible par une relecture attentive et critique.

 

Révolté par les dégâts infligés par les armes à uranium aux populations qui subissent la guerre depuis une trentaine d’années, dégâts qui s’étendent à l’ensemble de la planète, j’ai voulu, dans ce qui suit, en présenter une analyse à partir des documents existants cités en fin du texte, car il s’agit bien d’un crime, et même d’un crime contre l’humanité !

C’est tout l’art de la nucléocratie que d’habiller ses technologies mortifères d’appellations rassurantes. Il en est ainsi de l’uranium dit “appauvri” dont les informations ci-dessous ne peuvent engendrer qu’un sentiment d’horreur et de révolte, une fois de plus contre tout ce qui touche au nucléaire.

 

Définitions

 

Tout d’abord quelques rappels : Qu’appelle-t-on uranium « appauvri » (en abrégé « UA ») ? A l’état naturel, l’uranium est essentiellement constitué de l’élément (on dit isotope) U 238 (238 étant son poids atomique) pour près de 97%, de 0,7 % d’U 235 et de traces d’autres isotopes d’uranium. L’UA est radioactif alpha, sa période radioactive (ou demi-vie) est de l’ordre de l’âge de la terre.

Pour les réacteurs à eau de type Westinghouse-PWR qui équipent le parc francais et bien d’autres pays, il faut disposer d’un “combustible” d’uranium plus riche en 235, en effet seul le 235 assure les réactions de fission. C’est au Tricastin (usines GB1 puis GB2) que l’uranium est enrichi en 235, il en résulte un important lot “appauvri” en 235, l’UA, mais enrichi en 238.

Après un usage de quelques années, ayant perdu une bonne part de son 235, donc à son tour appauvri, le combustible usé est transporté à la Hague pour y être « retraité ». On y sépare l’UA, le plutonium généré dans les réacteurs, et les sous-produits des réactions de fission, des déchets hautement radioactifs.

L’UA est donc un sous-produit de l’enrichissement de l’uranium d’une part et du retraitement du combustible usé d’autre part ; la France en dispose d’un stock de plus de 200.000 tonnes, entreposés entre autres à Bessines en Haute-Vienne. Il ne possède pas les propriétés nécessaires pour être utilisé pour la fission dans un réacteur, mais cela ne le rend pas moins radioactif. Ayant une valeur commerciale négligeable, il va trouver un débouché auprès des militaires, le nucléaire civil fournissant le militaire quasi gratuitement.

 

Militarisation de l’UA

 

L’UA est utilisé dans l’armement pour ses propriétés physiques. Très lourd, habillant les têtes de projectiles, il est d’une efficacité redoutable pour transpercer les parois des blindages, des tanks, des parois de béton. Ces munitions sont plus “efficaces” et tellement moins chères, que celles au tungstène (l’autre option principale pour pénétrer les blindages ou le béton).

Déjà en 1992, l’OTAN publiait un “Manuel sur les principes de sécurité applicables au stockage des munitions et explosifs militaires”. Un chapitre de ce document à « diffusion restreinte » – destiné aux états-majors des armées des pays membres, dont la France – est consacré aux munitions à l’uranium appauvri.

Par ailleurs, et c’est peu connu, mais pour les mêmes raisons que pour les armes, il est aussi utilisé dans la fracturation hydraulique dans l’explosion de la charge destinée à fissurer les roches. Non seulement les eaux remontent alors une panoplie de polluants chimiques, de la radioactivité souterraine, mais aussi l’uranium utilisé réduit en poudre extrêmement fine contaminant la surface du sol et les eaux de ruissellement.

 

La contamination de la biosphère

 

L’UA est un mélange issu non seulement de l’enrichissement mais aussi du retraitement. Ce dernier contient en plus du 238, et du 235 résiduel, des produits de fission hautement radioactifs comme les U234 et 236, les plutonium 238 et 239, le technétium 99 ou le ruthénium 106 qui accroissent sa nocivité.

L’uranium est un matériau pyrophorique, il s’oxyde si vite qu’il prend feu au contact de la cible, l’uranium enflammé relâche de grandes quantités de minuscules particules radioactives. Transportées par le vent, ces particules peuvent se retrouver dans l’eau, le sol, les nappes phréatiques… contaminant définitivement tout l’environnement des populations des territoires visés, mais aussi celui des pays voisins et finalement de toute la planète.

Il n’est pas possible de procéder à une décontamination. Les minuscules poussières, de l’ordre du millionième de millimètres flottent dans l’atmosphère ; la pluie, la neige, le brouillard et la pollution les entraînent au sol et les intègrent à la biosphère, donc au vivant.

Étant à la fois chimiotoxique et radiotoxique, émetteur alpha, l’uranium atteint les reins, les poumons, le squelette, les organes reproducteurs, la thyroïde, les muscles, les ganglions lymphatiques ainsi que le système neurologique. Les types de pathologies observées sont principalement les cancers, leucémies, malformations congénitales, fausses couches. De plus l’ADN étant atteint, c’est le capital génétique transmissible et donc la descendance qui est en péril.

Tout cela se passe dans l’indifférence générale, et il n’en serait peut-être pas question dans les médias si des vétérans US (ou leurs familles endeuillées) rentrés des pays où les Etats-Unis ont porté la guerre, ne portaient pas plainte pour dénoncer les dégâts sur leur santé.

 

 

 

Contamination durable des pays touchés.

 

Ces armes ont déjà fait beaucoup de victimes sur la planète, car elles ont été utilisées dans de nombreux conflits, en Syrie, Irak, Lybie, Yougoslavie…. Les pays voisins des régions bombardées n’ont pas été épargnés par les retombées de particules radioactives et chimiques… comme le Koweït, l’Arabie Saoudite, l’Iran, des régions d’Albanie, de Macédoine, de Grèce, du Pakistan, pour ne citer qu’eux.

En Ex-Yougoslavie (Bosnie, Serbie, Kosovo), pendant le conflit qui a entraîné une intervention des forces de l’OTAN, les bombardement intenses avec des armes à UA, plus particulièrement sur le territoire serbe, y ont provoqué une véritable épidémie de lymphomes et de leucémies. Avec 5’500 cas de cancer enregistrés récemment pour un million d’habitants, la Serbie arrive en première position en Europe pour le nombre de décès dus au cancer.

En Irak, après la Guerre du Golfe de 1991 et l’intervention américaine de 2003 justifiée par la prétendue présence d’armes de destruction massive, l’Irak est littéralement empoisonné, l’alimentation y étant contaminée. Ainsi, dans les hôpitaux de Bassora, là où il naissait environ un bébé par semaine qui présentait des malformations congénitales, il y en a maintenant 10 à 12 par jour. De même à l’hôpital de Falloujah. Un rapport d’enquête de l’OMS et du ministère irakien de la Santé réalisée en 2012 révèle entre autres une augmentation très importante de cancers, une terrible mortalité de bébés et d’enfants. La publication de ce rapport a été bloquée par les Etats-Unis !

Les pathologies qui affectent les habitants sont aggravées par la destruction de la quasi-totalité des infrastructures et donc des hôpitaux. Le pays se situe actuellement parmi les plus pauvres du monde en terme de santé publique alors qu’avant 1999, il figurait dans les premières places du classement.

L’histoire de l’Irak constitue l’un des plus grands drames que l’on ait connu depuis la seconde guerre mondiale, c’est un véritable crime contre l’humanité.

Et on soupçonne aussi les États-Unis d’avoir utilisé des armes à l’uranium appauvri en Afghanistan.

Israël. De fortes suspicions, voire une quasi certitude d’utilisation d’UA pendant la guerre du Liban par l’armée israélienne existent. Ainsi des niveaux élevés de radioactivité ont été trouvés dans les deux cratères de Khiam creusés par des missiles en 2006 au Liban (25 fois plus élevée que la normale dans l’un, et 10 fois plus dans l’autre, ce qui ne peut pas être du au hasard…). La présence d’uranium est par ailleurs confirmée par des relevés indépendants, ceux de Chris Busby et Dai Williams, au Liban et à Gaza.

De ce fait, l’avocat hambourgeois Armin Fiand a déposé le 12 août 2006 auprès du Procureur général de la République fédérale (Cour suprême fédérale de Karlsruhe) une plainte contre le Premier ministre israélien Ehud Olmert, le ministre de la Défense Amir Peretz et le chef d’état-major Dan Halutz pour crimes et crimes de guerre, en vertu du Code pénal international allemand (CPIA) du 26 juin 2002.

La France n’est pas en reste. L’armée française ne dément pas d’utiliser au Mali des obus à l’uranium appauvri. Les chars MX30 et Leclerc sont maintenant équipés pour cela. Les obus de 105 mm destinés au char MX30 et ceux de 120 mm prévus pour les chars Leclerc contiennent respectivement 3,6 et 4,8 kg d’UA.

En France, deux sites militaires accueillent les essais d’obus à l’UA depuis 1987 : à Bourges (Cher,) les essais se font en plein air, tandis qu’à Gramat (Lot), les tirs d’obus ont lieu dans des cavités souterraines, mais dès 1979, la France avait déjà importé des USA, afin de les tester, une trentaine de projectiles à l’uranium appauvri.

À Bourges, la population très inquiète voudrait bien connaître l’origine des cas de cancers dont le nombre serait en augmentation. Plus de 1’500 tirs y ont été réalisés à l’air libre avec ces munitions radioactives. Un missile à l’UA a même été retrouvé début 2010 dans un champ, ce qui laisse supposer que les essais continuent encore aujourd’hui. À Gramat, le site de tir à l’uranium appauvri est situé en terrain karstique, au-dessus du gouffre de Bèdes où coule la rivière souterraine des Vitarelles, parcours immergé de l’Ouysse. Cette rivière et ses affluents alimentent en eau potable de nombreuses de communes….

 

Droit international public

 

Selon le droit international relatif au contrôle des armements, les armes à l’uranium “appauvri” sont illégales (Convention de La Haye de 1899 et 1907, de Genève de 1925 et 1949, Charte de Nuremberg de 1945, Convention des Nations Unies du 10 octobre 1980 dite “Convention des armes inhumaines”).

En 1996, les Nations Unies ont adopté une résolution aux termes de laquelle les armes à l’UA sont des armes de destruction massive, des armes illégales au regard de la totalité des lois et des traités internationaux. En 2001, le Parlement européen a adopté une résolution sur l’UA. Notons le 9 janvier dernier, la reconnaissance par la Commission européenne de la dangerosité de l’uranium appauvri pour la santé humaine,

Présenter l’uranium « appauvri » comme un produit anodin, permet aux pays comme la France de se défausser de la prise en charge des coûts de décontamination, et surtout de banaliser dans l’indifférence générale l’usage de telles armes dans les conflits, condamnant ainsi des populations civiles innocentes.

« Dans la plupart des rapports officiels, la question du respect de la réglementation et des normes de radioprotection est totalement éludée. Pareillement, le terme de « déchets radioactifs » et les prescriptions qui s’y rapportent sont tabous. C’est pourtant la terminologie appropriée pour décrire les obus et munitions à l’uranium appauvri dispersés dans l’environnement. » (Document CRIIRAD Corinne Castanier et Bruno Chareyron).

Arrêtons ce massacre, l’utilisation de ces armes à l’uranium « appauvri » qui contamine tout le vivant est un CRIME CONTRE L’HUMANITE !

 

Pour plus d’infos :

http://www.criirad.org/actualites/communiques/uranium%20appauvri/ua.petition.f.01.0129doc.pdf,

Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD), aout 2001.

 

– Michel Lablanquie, Gramat, le 12 mai 2010, « Armes à uranium appauvri ».

Reporterre. Du 8 février 2013, http://www.reporterre.net/ Lettre de Thierry Lamireau, réalisateur du film « Uranium en Limousin ».

La France https://apag2.wordpress.com/2015/11/24/la-france-soupconnee-dutiliser-au-mali-des-armes-a-uranium-appauvri-2/est https://apag2.wordpress.com/2015/11/24/la-france-soupconnee-dutiliser-au-mali-des-armes-a-uranium-appauvri-2/soupçonnée d’utiliser au Mali des armes à uranium appauvri

 

http://www.horizons-et-debats.ch/express/HD%20express_3.pdf « Un holocauste nucléaire mondial nous menace ». Interview de Leuren Moret, spécialiste des sciences de la Terre, par W. Leon Smith et Nathan Diebenow, journalistes au «Lone Star Iconoclast», Texas. Et «Crimes et crimes de guerre, Plainte contre Ehud Olmert, Amir Peretz et Dan Halutz ».

 

http://www.assopyrophor.org/ Association militant contre l’emploi de tous isotopes radioactifs dans les missiles conventionnels. Depleted uranium : the invisible genocide and the seeds of terrorism

 

https://blogs.mediapart.fr/kakadoundiaye/blog uranium appauvri: un vrai scandale, une vraie horreur, 15 juin 2013.

 

https://blogs.mediapart.fr/kakadoundiaye/blog/310714/israelusa Israël/USA, 31 juil. 2014.

 

http://arretsurinfo.ch/heritage-de-lotan-la-serbie-premiere-en-europe-pour-le-nombre-de-cancereux-2/ 27 octobre 2017.

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