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Le Gouvernement français s’apprête-t-il à relancer la filière des surgénérateurs au plutonium, enfant chérie du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) 1?

Pierre Péguin

Docteur ès sciences

juillet 2017

Le nucléaire francais est en difficulté. EDF et Areva ne sont sauvés de la faillite que par l’injection de milliards par l’État (nos impôts…aux dépens des services publics), la génération des PWR est dépassée, en tout cas vieille et en mauvais état au point qu’il devient moins couteux d’en arrêter une partie que de continuer à investir dans leur prolongation, la 3ème génération des EPR est plombée par les fiascos de Flamanville, de Finlande, par les malfaçons des pièces élaborées par Areva au Creusot, et par les compromissions de l’ASN.

Ne nous laissons pas pour autant endormir dans l’espoir d’un arrêt du nucléaire, l’élection d’Emmanuel Macron et la nomination d’Edouard Philippe issu d’Areva renforcent le lobby. Symbole de la « grandeur » de la France, telle que l’avait concue de Gaulle et confié aux polytechniciens (X du corps des mines) en créant le CEA , choix maintenu depuis par tous nos gouvernants, le nucléaire francais va chercher à rebondir. Reste à imaginer comment, si EDF œuvre à protéger la filière des réacteurs à eau type EPR, pour le CEA il ne peut se faire que par la relance de la filière plutonium.

C’est depuis sa création en 1945 que le CEA travaille au développement de cette filière. Les premières années c’était pour la production du plutonium de qualité militaire pour la bombe avec, à Marcoule, les premiers réacteurs plutonogènes (dits UNGG, à l’uranium naturel modérés par le graphite et refroidi par le gaz). Puis pour perpétuer cette voie, la production d’électricité a été mise en avant, avec la création de l’usine de retraitement des combustibles usés de la Hague, et la construction de Phénix à Marcoule puis de Superphenix près de Morestel. Ces réacteurs utilisent le plutonium comme élément fissile, et le sodium comme fluide caloporteur (qui s’enflamme au contact de l’air et explose avec l’eau).

Il s’agit donc de promouvoir la 4ème génération de réacteurs nucléaires, celle des RNR réacteurs dits « à neutrons rapides » (RNR) ou surgénérateurs car pouvant théoriquement produire autant ou même plus de plutonium qu’ils le consomment, et ce au moyen de la transmutation d’uranium 238 et plutonium 239. Elle est présentée de ce fait comme « durable », et constituerait une revanche sur EDF qui avait pesé en faveur des réacteurs à eau issus de Westinghouse, choix opéré par le Gouvernement de Chaban-Delmas sous la présidence de Pompidou, en novembre 1969…. Sauf que c’est une technologie encore plus difficile à mettre au point et plus dangereuse de beaucoup.

Voilà pourquoi se prépare à Marcoule, coeur avec la Hague de l’activité plutonium, la construction du réacteur Astrid, d’une puissance de 600MWé, soit quasiment un demi Superphénix, dont on peut craindre que la décision formelle de lancer les travaux soit donnée prochainement, quel qu’en soit le coût, le « rayonnement de la France »1 n’ayant pas de prix…

Ce réacteur, représenterait l’aboutissement de l’acharnement du CEA à développer une filière “française”, relativement autonome vis à vis des ressources en uranium, s’appuyant sur les stocks disponibles de plutonium à la Hague et d’uranium dit « appauvri » au Tricastin, avec la possibilité théorique de régénérer à profusion du plutonium.

Le pouvoir du CEA

Au delà du rôle que peut jouer EDF dans les débats sur la loi de la transition énergétique pour veiller à la sauvegarde du nucléaire, le vrai pouvoir dans ce domaine est assuré par le CEA sous la direction du Corps des Mines, la tradition polytechnicienne de Napoléon à de Gaulle d’asseoir la grandeur de la France sur la Technologie perdure. Et nos politiques s’en remettent à l’avis de ces experts pour se prononcer en ce domaine.

Le CEA avait perdu la bataille contre EDF avec l’abandon de la filière graphite gaz au profit de la filière Westinghouse à eau pressurisée (réacteurs PWR de la 2ème génération, et EPR de la 3ème). Cela s’était joué en 1969 et cela avait donné lieu à des grèves de protestation dans les centres et même à une grève de la faim.

Depuis, pour justifier le retraitement des combustibles usés à la Hague dont on extrait le plutonium, le CEA a obtenu (arbitrage Rocard) d’imposer le combustible au plutonium (MOX) dans une partie des réacteurs à eau (des 900MW), mais surtout son influence reste suffisamment puissante pour imposer à l’État des investissements considérables dans le développement de la 4ème génération de réacteurs nucléaires.

La stratégie du CEA

Après les difficultés de fonctionnement et les nombreuses pannes de Phénix à Marcoule, et le fiasco de Superphénix à Malville, il n’était plus possible de présenter officiellement cette filière comme celle qui assurerait l’avenir du nucléaire français. Les nucléocrates s’entêtant, ils s’appuient sur le 3ème volet de la loi “Bataille”2, c’est-à-dire celui de la “transmutation” des déchets radioactifs les plus encombrants à gérer. Ils obtiennent ainsi de l’État € 650 millions dans le cadre de l’Emprunt National de 2010 (Sarkosy-Rocard), pour l’étude d’un avant-projet de construction à Marcoule du réacteur Astrid.

 

En effet, officiellement, Astrid est destiné à montrer la capacité à “incinérer”, les actinides dits mineurs, atomes d’extrême radiotoxicité et de très longue vie (dizaines de millénaires), voisins du plutonium. On voit là la subtilité rassurante du langage, car on n’incinère pas des atomes comme des ordures : ils ne brûlent pas ! Par contre on peut les briser sous bombardement neutronique, c’est la “transmutation”, générant de ce fait de nouveaux éléments radioactifs de durée de vie moindre (dizaines de siècles), avec inévitablement de nouvelles nuisances.

Ce n’est en fait qu’une parade, le but réel étant d’aboutir au « nucléaire durable » car pouvant théoriquement fonctionner en « surgénération », c’est à dire produre autant ou même plus de plutonium qu’il n’en consomme. C’est le Graal3 !

Le défi pour le CEA consiste à convaincre les parlementaires de l’autoriser à bâtir Astrid et les équipements annexes, au nom de l’expérience de la France dans ce domaine. Le coût en a été estimé à plus de € 5 milliards, mais le coût réel final quel serait-il ?…

Dans le même temps des partenariats étrangers permettent de justifier le projet et de progresser. Un programme de recherche sur la prochaine génération de centrales, a été lancé en 2010 par le Forum International Génération 4, et le partenariat avec le Japon est acquis4.

L’ « arnaque »

Un rapport scientifique du Sénat avait déjà exprimé à la fin des années 1990 que cette voie n’était pas crédible. La multiplicité des isotopes créés par les réactions nucléaires, et leurs difficultés à capter des neutrons pour être brisés, rendent très aléatoire cette technique. Tout physicien sait que la section efficace de capture d’un neutron par un noyau instable de produit de fission est dérisoire.

La transmutation est, certes, une réalité physique, mais sa transposition à l’échelle industrielle se heurte à un obstacle économique majeur. Elle impliquerait d’adjoindre aux réacteurs à eau 7 ou 8 RNR pour “incinérer” à un coût exorbitant une petite partie des déchets, car tous ne pourraient pas être ainsi transmutés…

Cette « arnaque » destinée aux politiques a permis de justifier le projet et un financement public.

L’arnaque est dénoncée par l’Autorité de Sûreté nucléair (ASN) mais la parade est trouvée !

L’ASN a émis en date du 4 juillet 2013 un Avis n° 2013-AV-0187 sur la transmutation des éléments radioactifs à vie longue. Nous en extrayons le texte ci-après.

Ainsi, l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) considère que les gains espérés de la transmutation des actinides mineurs en termes de sûreté, de radioprotection et de gestion des déchets n’apparaissent pas déterminants au vu notamment des contraintes induites sur les installations du cycle du combustible, les réacteurs et les transports, qui devraient mettre en œuvre des matières fortement radioactives à toutes les étapes. (…) “En conséquence, l’ASN considère que les possibilités de séparation et de transmutation des éléments radioactifs à vie longue ne devraient pas constituer un critère déterminant pour le choix des technologies examinées dans le cadre de la quatrième génération.”

Le récent rapport de la Commission Nationale d’Evaluation (CNE) de l’application de la loi sur la gestion des déchets radioactifs (rapport d’évaluation N°8, juin 14), permet d’avoir quelques informations, et … de se faire quelques soucis sur l’obstination du lobby :

– La Commission s’inquiète : « Si la France renonce à la filière RNR, le plutonium devra être considéré comme un déchet… » En fait, cette affirmation pourrait bien avoir pour objectif d’inquiéter les décideurs, et de préparer le changement d’objectif d’Astrid. La Commission soutient toujours la « capacité » pour les RNR de transmuter l’americium qui pollue dangereusement nos déchets, mais reconnaît que ce n’est pas gagné. Aussi n’est-ce plus cela qui justifierait la construction d’une « flotte » de RNR car une parade a été trouvée.

La parade. La Commission a trouvé comment sauver Astrid et la filière, il suffit de faire fonctionner les RNR en sous-génération, pour que leur mission soit de consommer le plutonium, de « l’incinérer ». De cette façon le projet reste éligible à la loi sur les déchets, au chapitre «Transmutation ».… On peut toutefois se demander si ce nouvel objectif reste cohérent avec la destruction des actinides encombrants, mais de toutes facons ne s’agit-il pas que de prétextes pour obtenir la construction d’Astrid, dont le CEA ferait ensuite ce qu’il veut ?

Mais qu’en est-il de la sûreté ?

La France dispose de deux institutions spécialisées dans les domaines de la sûreté nucléaire et de la radioprotection : l’Agence de sûreté nucléaire (ASN) dont nous avons déjà parlé et l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). L’ASN est prétendûment indépendante : ses prises de position sur les problèmes de sûreté nucléaire lient le Gouvernement tandis que l’IRSN procède surout à des contrôles de radioprotection. Ces deux institutions agissent souvent de concert, mais parfois l’une se démarque de l’autre.

C’est ce qui est arrivé le 30 avril 2015 lorsque l’IRSN a mis en doute, mais dans des termes équivoques, que la quatrième génération réponde aux exigences de l’ASN.

L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) y déclare « ne peut pas se prononcer, à ce stade, sur la possibilité pour un réacteur à neutrons rapides refroidi au sodium d’atteindre un niveau de sûreté significativement supérieur » à celui des réacteurs à eau sous pression de 3ème génération, tel que l’EPR. Il s’emble néanmoins possible d’atteindre « un niveau de sûreté au moins équivalent« .

http://www.actu-environnement.com/ae/news/surete-nucleaire-quatrieme-generation-reacteurs-exigences-asn-irsn-24453.php4

Où en est-t’on

Ce projet avance subrepticement, en partenariat avec le Japon, ce qui souligne la relation privilégiée liant les nucléaires francais et japonais, ce dernier étant en quelque sorte sous tutelle du premier. Ainsi le 21 mars dernier, le ministre de l’Industrie Hiroshige Seko et la ministre de l’Environnement et de l’énergie Ségolène Royal ont signé un accord de collaboration pour Astrid. Pour le Japon cela compense partiellement la mise à l’arrêt définitif en décembre 2016, du surgénérateur de Monju.

Ce réacteur à neutrons rapides était censé doter le Japon d’un programme complet de gestion de son combustible nucléaire en utilisant le plutonium extrait du combustible retraité. Les avaries à répétition ont eu raison de ce projet qui aura coûté 10 milliards d’euros, et n’aura produit de l’électricité que pendant 6 mois.

Des équipes travaillent sur le projet Astrid à Lyon, Cadarache, Marcoule, Saclay. Ainsi, à Cadarache, le réacteur Jules Horowitz est en construction pour tester les matériaux et alliages qui y seront utilisés (gaines de combustibles par exemple), mais il connaît lui aussi de lourds dépassements de coûts et de délais. Le budget initial de 500 millions d’euros atteint maintenant autour de 1,5 milliard d’euros, et le démarrage prévu initialement en 2014 aura lieu, au plus tôt, fin 2019.

A Marcoule, les terrains nécessaires à la construction sont retenus sur la commune de Chusclan; de plus Atalante, institut de chimie séparative lié à l’Université de Montpellier y a été créé pour étudier la séparation du plutonium de ses voisins dits « actinides mineurs » Ce n’est pas chose facile : il s’agit de les séparer du plutonium, puis de les soumettre au bombardement neutronique pour les transmuter en radionucléides de vie moins longue (des siècles au lieu de millénaires….) et moins difficiles à gérer. Tout cela permet de faire passer « Astrid » comme « incinérateur » (!) des actinides qui, de ce fait, relèverait de la loi sur la gestion des déchets, ce qui lui permettrait d’être budgétisée, c’est-à-dire financée par l’Etat. La recherche se concentre actuellement sur la séparation de l’américium.

Comment se structure pour l’instant le projet ?

Par la loi du 28 juin 2006, le CEA s’est vu confier la maîtrise d’ouvrage du projet. Par la même occasion, son avant-projet a également bénéficié du financement au titre du programme d’investissements d’avenir (Sarkozy, Rocard). Le projet est découpé en lots d’études qui sont confiés à différents partenaires industriels, et une dizaine d’accords ont été signés avec Alsthom, Bouygues, Toshiba, EDF, et d’autres.

Astrid est conçu pour utiliser un combustible contenant 25 % de plutonium et il faut donc construire une usine pour l’élaborer, et ensuite une autre installation pour le gérer une fois usé*. La construction de ce réacteur considéré comme prototype, entraîne donc toute une nouvelle chaine de gestion !

La Commission Nationale d’Évaluation (CNE) mise en place par les lois Bataille-Revol-Birraux de 1991 et 2006 a été chargée d’aider à la tâche. Dans différents rapports, elle écrit : « La construction du réacteur Astrid doit s’accompagner de la mise en service d’un atelier de fabrication du combustible (AFC) Mox à La Hague… ». Au surplus, un atelier de retraitement du combustible Mox irradié dans Astrid est au programme ».

Et que dire de cet immense gâchis financier et de sa très grande dangerosité5,

La filière plutonium a déjà englouti des dizaines de milliards d’euros. Superphénix par exemple a, selon la Cour des Comptes, coûté 12 milliards d’euros jusqu’à 1997, donc sans compter le démantèlement en cours… Si les énormes crédits consacrés au nucléaire par l’État avaient été investis dans la maîtrise de l’énergie, l’isolation thermique des logements, le développement des renouvelables, tout cela entraînant la création de nombreux emplois, le pays ne s’en porterait-il pas mieux ? .

La combinaison de combustibles fortement chargés en plutonium et de sodium comme fluide de refroidissement fait d’Astrid et de ses descendants éventuels des machines particulièrement dangereuses. En effet, tous les isotopes du plutonium utilisé (lui-même issu du retraitement des combustibles irradiés des réacteurs actuels) sont toxiques et radioactifs. Toutes les activités de l’industrie du combustible d’un réacteur de type Astrid sont par conséquent à haut risque : il en va ainsi notamment de l’extraction du plutonium par le retraitement, du transport du plutonium et des combustibles neufs ou irradiés, de la fabrication des combustibles et de la gestion des déchets radioactifs).

Par ailleurs, le plutonium est le matériau de choix pour la réalisation d’armes nucléaires et il est clair que le développement d’une industrie du plutonium au niveau international ne ferait qu’aggraver le risque de généralisation de ces armes (la « prolifération » de l’arme nucléaire). De son côté, le sodium liquide réagit violemment avec l’eau (risque d’explosion) et brûle spontanément dans l’air.

Consacrer d’immenses ressources financières à un projet indéfendable sur les plans technologique, économique, politique et moral ne s’explique que par les fantasmes narcissiques d’une caste de technocrtates irresponsables cautionnées par quelques parlementaires qui ne le sont pas moins. Ce projet doit impérativement être abandonné : il y a mieux à faire avec l’argent public. Le réacteur surgénérateur au plutonium refroidi au sodium est de loin la technique la plus dangereuse et la plus chère que l’homme ait inventé pour faire chauffer de l’eau.

ANNEXES

Rapsodie, à l’origine des RNR français.

Voici comment Wikipedia retrace les origines de la filière surgénératrice :

Le concept de surgénérateur a été développé dès les débuts de l’énergie nucléaire. Aux États-Unis, Enrico Fermi propose le concept de surgénérateur dès 1945, et en 1946 est construit le petit réacteur rapide américain Clementine (refroidi au mercure). En 1951 se produit la première réaction nucléaire du premier réacteur américain refroidi au sodium, Experimental Breeder Reactor I (EBR1). En France, la construction de Rapsodie (20 MW thermiques) est lancée au centre de Cadarache en 1959, et ce réacteur produit sa première réaction nucléaire en 1967. Parallèlement, un autre surgénérateur Rachel est construit au centre CEA de Valduc et mis en route en 1961.”

Les surgénérateurs expérimentaux français sont conçus sur la base du prototype EBR1 susmentionné réalisé par les Etats-Unis. Commençons par Rapsodie. Le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) a pu dès 1957 concevoir un prototype, Rapsodie, à Cadarache, démarré en 1967, et arrêté en 1983. Ce petit réacteur nucléaire est le premier en France de la filière à neutrons rapides au plutonium et au fluide caloporteur sodium. Son but est de développer une utilisation civile du plutonium . De plus, les RNR peuvent, sous certaines conditions, être surgénérateurs, c’est à dire produire du plutonium en même temps qu’ils en consomment, voire plus qu’ils n’en consomment. C’est donc un eldorado qui paraît s’ouvrir, l’énergie surabondante pour des siècles, un des plus anciens fantasmes de l’humanité : la réalisation du movement perpétuel, voire celle de l’accélération perpétuelle.

Mais le 31 mars 1994, alors qu’une équipe effectue un travail de nettoyage dans un réservoir de sodium, celui-ci explose causant la mort de l’ingénieur René Allègre et blessant quatre techniciens. Il s’agit d’une réaction chimique violente due à la dangerosité inhérente au refroidissement par le sodium.

En effet cette filière utilise comme fluide caloporteur le sodium fondu qui présente l’avantage de permettre un fonctionnement à haute température et donc un bon rendement de la transformation de la chaleur du réacteur en électricité. Mais elle présente un énorme inconvénient : le sodium explose au contact de l’eau, et brûle au contact de l’air. De plus, en cas de fuite, cela peut provoquer un emballement des réactions nucléaires du cœur, pouvant conduire au scénario catastrophe de fusion.

Quant au plutonium, matière première, c’est la pire substance jamais élaborée par l’industrie, d’une très grande toxicité chimique comme tous les métaux lourds (rappelons-nous les assassinats au polonium). Émetteur alpha en se désagrégeant, il est d’une très grande radiotoxicité en cas d’inhalation de microparticules aériennes, ou d’absorbtion par ingestion. Pour disparaître naturellement il lui faut au moins 250’000 ans, pendant lesquels les générations futures auront à le gérer, comme si nous devions gérer les déchets de l’homo erectus.… qui étaient biodégradables… et c’est précisément la raison pour laquelle ils ne nous préoccupent en aucune façon.

L’étape suivante a été Phénix, à Marcoule

Fonctionnant de 1973 à 2009, avec de multiples problèmes et pannes, d’une puissance électrique de 250 MWé, Phénix a été géré conjointement par le CEA, pour des essais de transmutation de déchets radioactifs à vie longue, et par EDF pour la production d’électricité. Son démantèlement, actuellement en cours, est particulièrement délicat du fait que, contrairement aux autres réacteurs, il ne baigne pas dans l’eau mais dans du sodium liquide.

En fait ce réacteur a souvent été à l’arrêt du fait de nombreuses difficultés dont des fuites et des « petits » feux de sodium. Entre autre, en 2002, une explosion a eu lieu dans un réservoir raccordé à une cheminée qui débouchait sur la toiture de bâtiment. Elle aurait été causée par une réaction entre le sodium résiduel présent dans ce réservoir et de l’eau qui y aurait pénêtré accidentellement suite à des pluies abondantes.

Superphénix

Ce gigantesque surgénérateur, présenté comme une générateur de pré-série industrielle, qui devait devenir le fleuron de l’industrie nucléaire française, et dont l’histoire fut émaillée d’incidents techniques et de manifestations écologistes, sera finalement arrêté en 1997 par Lionel Jospin, alors Premier ministre, après 20 ans de polémiques. Construit sur la commune de Creys-Malville, près de Morestel, dans l’Isère, en une dizaine d’années, son histoire commence par la répression violente de la manifestation de juillet 1977, organisée par les comités Malville, réunissant des dizaines de milliers d’opposants dont de nombreux étrangers, allemands, suisses, italiens, etc., et qui vit la mort de Vital Michalon et de nombreux blessés dont trois mutilés. Ce projet pharaonique, qui devait être une vitrine, a subi une contestation très forte des écologistes ; contestation également des milieux techniques et scientifiques tant français qu’étrangers du fait de son sur-dimensionnement : 1’200MWé.

Souvent à l’arrêt, il a consommé bien plus d’électricité qu’il n’en a produit. Même arrêté, il fallait maintenir liquide (180°) le sodium, par chauffage électrique. Son gigantisme pharaonique est illustré par quelques chiffres : 5’500 tonnes de sodium, depuis lors inutilisables parce que contaminées, et qu’il faut, avec des précautions infinies enfermer dans du béton; 5 tonnes de plutonium, sachant qu’avec 5Kg on peut faire une bombe ; mais aussi 20’000 tonnes d’acier, pour l’essentiel contaminé, ainsi que 200’000 m3 de béton.

Les difficultés rencontrées par cette filière sont liées aux conditions extrêmes auxquelles sont soumis les matériaux : corrosion sous tension, fluage et modifications des structures cristallines sous l’effet du rayonnement et de la température. Quant au coût, selon la cours des comptes, il est de 12 milliards d’euros, non compris le démantèlement. ….

Pour ses concepteurs issus de Polytechnique ou du Corps des mines, les réacteurs à eau n’étaient envisagés que comme une étape transitoire destinée à constituer un stock initial de plutonium; le développement industriel de l’énergie nucléaire reposerait sur des réacteurs à neutrons rapides produisant eux-mêmes leur combustibles par surgénération.

 

Quelques données scientifiques

L’uranium naturel existe sous deux formes principales, l’isotope 235 (U 235) constituant 0,7% de l’uranium naturel, isotope dit fissile car pouvant se désintégrer naturellement et donc servir de “combustible” nucléaire, et l’isotope 238 (U238) dit fertile car il a la propriété de pouvoir se transmuter en plutonium (Pu 239) s’il capte un neutron émis justement par l’U 235.

C’est ainsi qu’a été conçu logiquement au Tricastin l’usine Georges Besse 1, destinée à « enrichir » l’uranium en isotope 235 de 0,7 à quelque 5%, de façon à disposer d’un combustible plus efficace pour les réacteurs à eau, et de façon aussi à fournir l’armée en uranium très enrichi, à quelque 90%, pour la bombe. L’uranium résiduel est dit «appauvri » (car il contient moins de 235, et plus de 238), il est tout aussi radiotoxique, et son utilisation en tête d’obus contamine à très long terme les zones de combat en Serbie, en Irak et ailleurs. Cette usine a consommé énormément d’électricité, celle fournie par trois réacteurs nucléaires conventionnels. L’usine Beorges Besse 1 a été arrêtée pour laisser la place à Georges Besse 2, équipée en centrifugeuses (comme en Iran…), moins gourmandes en électricité.

Il a fallu ensuite concevoir le « retraitement », destiné à extraire le plutonium formé dans le combustible usé des réacteurs conventionnels à eau. Après avoir été expérimenté à Marcoule, c’est l’usine de la Hague qui assure le retraitement des combustibles usés pour fournir tant le militaire que et le civil.

D’où vient le nom de « réacteur à neutrons rapides » ou RNR-Na?

Dans les réacteurs à eau, celle-ci joue le rôle de modérateur à neutrons, tout en refroidissant le cœur. Dans les RNR tels Phénix, Superphénix ou Astrid, n’y a pas de ralentisseur de neutrons, ils sont donc dits “rapides”. La puissance et la chaleur dégagée par un tel réacteur peut être extraite par un métal en fusion, en l’occurrence le sodium.

Le sodium (Na) a été choisi pour ses capacités neutroniques (transparence aux neutrons), ses propriétés thermiques (capacité calorifique, températures d’utilisation) et son faible coût : il est obtenu par électrolyse du sel (NaCl). En outre, à 400°C, sa viscosité est voisine de celle de l’eau, ce qui facilite l’interprétation des essais hydrauliques réalisés sur maquettes en eau. Enfin, il fond à 98°C, et bout à 880°C, ce qui offre une grande plage de fonctionnement.

Mais le sodium a aussi de graves défauts : il brûle au contact de l’air et explose au contact de l’eau…

Pourquoi le Mox et le plutonium posent-t-ils problème?

Le lobby dispose du plutonium retraité à la Hague ; faute d’avoir pu développer plus tôt la filière RNR, le CEA s’est tourné vers la fabrication du Mox à partir des années 90, à Cadarache puis à Marcoule. Il l’a imposé à EDF qui n’était pas enthousiaste, par un arbitrage gouvernemental (Rocard), afin de justifier la poursuite du retraitement des combustibles irradiés à La Hague. Actuellement, seule au monde, l’usine Melox de Marcoule en produit.

Le Mox est constitué d’un mélange d’oxydes de plutonium et d’uranium appauvri contenant 5 à 8% de plutonium. Il est utilisé actuellement dans 21 réacteurs des centrales françaises 900MW, les plus anciennes, pour un tiers de leur combustible, et l’EPR pourrait fonctionner avec du Mox (la Finlande a choisi de continuer avec le combustible classique pour le sien). L’EPR “moxé” à 100% serait susceptible de consommer trois tonnes de plutonium par an. Cela permet d’utiliser aussi les stocks d’uranium appauvri issu de l’usine d’enrichissement de Tricastin.

Le MOX est élaboré dans une usine dont on parle peu, MELOX, où est maniée de la poudre ultra-fine d’oxyde de plutonium et d’uranium pour les mettre sous forme de pastilles. C’est une autre cause de catastrophe potentielle non vraiment gérable si le confinement venait à être rompu et donc une cible potentielle pour terroristes.

Cette technologie présente d’énormes inconvénients, risques, difficultés d’exploitation et explosion des coûts. Outre son extrême dangerosité, la qualité du plutonium se dégrade dans le temps, formant d’autres isotopes moins fissiles qui rendent la conduite du réacteur plus délicate. Les pastilles de Mox sont plusieurs milliers de fois plus radioactives que celles d’uranium, rendant la fabrication, les manipulations et les transports infiniment plus dangereux. A la sortie du réacteur, il émet plus de radioactivité et de chaleur que le combustible classique, et il faudra attendre 60 à 100 ans avant de le conditionner comme déchet! Enfin, le Mox entre en fusion beaucoup plus rapidement ( ce qui est arrivé au réacteur N°3 de Fukushima alimenté en Mox par Areva, et par conséquent du plutonium a été dispersé aux alentours !).

L’arrêt de la filière du plutonium est une exigence absolue.

 

L’industie du plutonium, c’est le mal absolu

Le cœur de Superphenix comportait 20% de plutonium. On nous parle de 25 % pour le projet Astrid. La bombe au plutonium de Nagasaki contenait 5 kg de plutonium métallique. Phénix en fonctionnement, utilisait 1’800 kg d’oxyde de plutonium ; il y en avait trois fois plus dans Superphenix. Pour Astrid ce pourrait être probablement de l’ordre de 3’500 kilos d’oxyde de plutonium dans le cœur.

La filière plutonium implique le retraitement à la Hague, celle-ci en « fonctionnement normal » rejette massivement de la radioactivité dans la mer et dans l’air. Toute les cotes de la Manche, françaises, anglaises, belges et néerlandaises sont contaminées par la radioactivité artificielle issue de La Hague (tritium, iode-129, ruthenium-106, américium 241, carbone-14, antimoine 125…) C’est le cas du Rhône contaminé par Marcoule, et dont on utilise l’eau pour irriguer le Languedoc… ce qui a pollué les rizières de Camargue en 1993, lors d’inondations.

Le plutonium est transporté de La Hague à Marcoule par lots de 15 kg dans des conteneurs cylindriques qui contiennent 5 boites métalliques empilées pouvant contenir chacune jusqu’à 3 kg de plutonium sous forme de poudre d’oxyde. Dix conteneurssont placés sur un camion blindé pouvant donc contenir jusqu’à 150 kg d’oxyde de plutonium pur en poudre dans des boites scellées. Celles-ci sont conçues pour être manipulées à distance ainsi que le vissage et dévissage de leur couvercle.Ces conteneurs doivent supporter une chute de 9 m. Cela est équivalent à une vitesse de 50Kmh.

Les transports de Mox vont dans toute la France. Pour voyager, on les place dans deux assemblages logés dans des conteneurs de 5 mètres de long, pesant 5 tonnes, avec blindage neutronique. Il peuvent être disposés par 4 dans des camions blindés : 8 assemblages = 225 kg de Pu pour du Mox à 6,1% .

On imagine tous les risques de cibles terroristes que présentent ces transports !

Actinides mineurs « késako? »

L’uranium existe à l’état naturel car sa période de désintégration est tellement longue, qu’il en reste depuis la formation de la Terre. Par contre les actinides dont il est question ici sont des éléments lourds artificiels générés par les réactions nucléaires dans un réacteur, à partir de la captation par l’uranium 238, d’un neutron. Ils n’existent pas à l’état naturel. Le plus important est le plutonium 239 qu’on extrait à la Hague. Par sa dangerosité, le plutonium est une horreur, probablement ce qu’il y a de pire dans ce que l’industrie génère.

Les actinides dits « mineurs », car en plus petite quantité, sont des éléments de la fin de la classification périodique des éléments (Tableau de Mendeleïev), tels que le curium, l’américium. Ils sont extrêmement radiotoxiques (émetteurs alpha) et à vie très longue, leur disparition spontanée par désintégration se compte en centaines de milliers d’années. Ils posent d’énormes problèmes non résolus. Ils ne sont donc pas si « mineurs » que ça !

Mais ils servent au CEA pour tenter de relancer la filière plutonium en la faisant passer comme susceptible de “briser” ou encore “incinérer” (comme si on pouvait brûler des atomes!) ces atomes, en réalité les transmuter en radionucléides prétendûment plus faciles à gérer. C’est là où est l’ « arnaque » car l’efficacité de cette technologie est limitée par son faible rendement, son coût à rallonges, son extrême dangerosité, et la formation inévitable de nouveaux déchets nucléaires à gérer ! La transmutation est, certes, une réalité physique, mais sa transposition à échelle industrielle est un leurre, elle se heurte à trop obstacles. Prendre ce prétexte pour justifier la construction d’Astrid relève de la malhonnêteté intellectuelle.

 

Comment se structure pour l’instant le projet ?

Par la loi du 28 juin 2006, le CEA s’est vu confier la maîtrise de l’ouvrage en projet. Il en a également reçu le financement de l’avant-projet par le programme d’investissements d’avenir. Le pilotage du projet est assuré par la cellule projet Astrid de Cadarache.

Le projet est découpé en lots d’études que le CEA a confiés à différents partenaires industriels, et des accords ont été signés avec: EDF/SEPTEN assistance à l’équipe CEA de maîtrise de l’ouvrage, par une équipe basée à Lyon, AREVA NP ingéniérie de la chaudière nucléaire, des auxiliaires nucléaires et du contrôle-comande, ALSTOM POWER SYSTEMS, conception et construction de systèmes de conversion d’énergie, COMEX Nucléaire conception mécanique pour l’étude de différents systèmes, en particulier de robotique pour l’inspection en service du circuit primaire, conception diversifiée de mécanismes de barres, TOSHIBA, développement et la qualification de grosses pompes électromagnétiques pour les circuits secondaires de sodium, BOUYGUES, conception du génie civil de l’ensemble des bâtiments de l’îlot nucléaire (dont le bâtiment réacteur, les bâtiments auxiliaires nucléaires, les bâtiments de manutention du combustible) mais également de la salle des machines, abritant le groupe turbo-alternateur, EDF étend l’accord signé avec le SEPTEN aux activités de R&D et à l’expertise technique, JACOBS France, ingéniérie des infrastructures et des moyens communs du site, ROLLS-ROYCE, recherches d’innovation sur les échangeurs sodium-gaz et la manutention du combustible, ASTRIUM, méthodologies destinées à augmenter la disponibilité du réacteur, méthodologies issues de l’expérience des lanceurs de la fusée ARIANE et des missiles, etc.

Les équipes de CEA de Cadarache, tentent d’apprivoiser le sodium, sixième élément le plus abondant sur Terre mais seulement en tant que composant d’autres minéraux, comme le sel. Pour prévenir le principal danger, à savoir l’entrée en contact du sodium et de l’eau, de nouvelles turbines alimentées au gaz sont en cours de conception.

Et qu’en est-il de la sécurité?

Alors que le prototype Astrid devrait, selon son cahier des charges, présenter une sûreté améliorée par rapport à un réacteur dit troisième génération (EPR), la liste des demandes de l’ASN à ce stade de la conception du projet est impressionnante : niveau des exigences de sûreté, prise en compte des agressions extérieures, risques liés au sodium. Et cela ne concerne que le prototype de réacteur et non les industries et activités liées au combustible.

Les principaux handicaps de sûreté sont : – Le coefficient de vide du sodium est positif dans certaines régions du cœur : dès lors tout accident d’assèchement du combustible après ébullition du sodium se traduit par une augmentation de puissance qui peut s’avérer brutale, voire explosive.

– Les grandes densités de puissance (cinq fois celle d’un REP) et la compacité du cœur le rendent très sensible aux défauts locaux de refroidissement pouvant conduire à la fusion d’un assemblage combustible.

– Contrairement à la plupart des autres types de réacteurs (REP par exemple), le cœur n’est pas dans sa configuration la plus réactive (celle qui accélère au mieux la réaction en chaîne). Cela veut dire que si, pour une raison quelconque (secousse sismique par exemple) les assemblages combustibles se rapprochaient les uns des autres ou si, à la suite d’une fusion partielle, les combustibles se rassemblaient dans une région du cœur, il y aurait une possibilité de formation de masses critiques conduisant à une accélération de la réaction en chaîne (excursion nucléaire) libérant une grande quantité d’énergie sous forme explosive. Un tel accident conduirait, en cas de rupture de l’enceinte de confinement, à la diffusion d’aérosols de plutonium hautement toxiques dans l’atmosphère, donc à une pollution radiologique durable puisque la demi-vie du plutonium est dépasse légèrement 24’000 ans.

Et le coût ?6

Les informations fournies par le CEA sur la question des coûts sont relativement brèves, mais sont estimées à 5 milliards d’euros par certains experts. Le CEA reconnaît que le coût d’investissement d’un réacteur de plus grande puissance de la filière serait nettement plus élevé que celui d’un réacteur à eau (de l’ordre de 30%, ce qui est probablement très optimiste). Mais, si l’on ajoute le coût, non évalué, des activités liées au combustible, on arrive à des estimations absolument rédhibitoires pour le coût de production du kWh.

Où en est-t-on ?

Ce projet avance subrepticement, en partenariat avec le Japon, ce qui contribue à le crédibiliser. Une relation privilégiée lie, en effet, les nucléaires francais et japonais, ce dernier étant en quelque sorte sous tutelle du premier. Signalons en passant le rôle tenu par a France dans la catastrophe de Fukushima aggravée par la présence de MOX dans l’un des réacteurs accidenté et sa participation à la gestion de la catatstophe.

Ainsi le 21 mars dernier, le ministre japonais de l’Industrie Hiroshige Seko et la ministre française de l’Environnement et de l’Energie, Ségolène Royal, ont signé un accord de collaboration pour le prototype ASTRID, qui devrait démarrer « dans les années 2030 » et  dont le seul coût de développement coûtera au bas mot 5 milliards d’euros. Pour le Japon cela compense la mise à l’arrêt définitif en décembre 2016, du surgénérateur de Monju. Ce réacteur à neutrons rapides était censé doter le Japon d’un programme complet de recyclage de son combustible nucléaire, et utilisant le plutonium extrait du combustible retraité. Les avaries à répétition ont eu raison de ce projet qui a coûté 10 milliards d’euros depuis son lancement en 1986. Il n’aura produit de l’électricité que pendant six mois. Le démantèlement du RNR de Monju, prévu pour les trente prochaines années, coûtera bien plus des 3 milliards d’euros prévus.

D’après un article paru récemment dans la Revue Générale Nucléaire, des équipes du CEA travaiellent à Lyon, Cadarache et ailleurs aux nouvelles technologies qui permettront aux futures usines du cycle du combustible de répondre à la demande d’une nouvelle génération de réacteurs nucléaires : les réacteurs à neutrons rapides (RNR). À l’avenir, ces installations intégreront l’ensemble des opérations du cycle, depuis la réception et le traitement des combustibles irradiés jusqu’à la fabrication des assemblages combustibles.7

 

ATALANTE

Tel est le nom poétique, comme celui d’Astrid, choisi pour désigner l’Institut de chimie séparative créé sur le site de Marcoule, lié à l’université de Montpellier, qui annonce travailler pour le “nucléaire durable”. But annoncé : extraction chimique des « actinides mineurs ». Il s’agit de les séparer du plutonium, afin de pouvoir les soumettre dans Astrid au bombardement neutronique pour les transmuter en radionucléides de vie moins longue et moins difficiles à gérer. Tout cela permet de faire passer « Astrid » pour un « incinérateur » (!) des actinides, et de relever ainsi de la loi sur la gestion des déchets, et donc d’être budgétisé, c’est-à-dire finacé par l’Etat.
Si actuellement l’uranium et le plutonium sont séparés industriellement à l’usine de la Hague, aucun autre procédé plus poussé de séparation des déchets n’existe sur le plan industriel. La recherche dans ce domaine a donc lieu exclusivement au sein d’ATALANTE, et elle se concentre actuellement sur la séparation de l’américium.

Le réacteur Jules Horowitz

Ce réacteur en construction à Cadarache connaît de lourds dépassements de coûts et de délais.
Areva construit pour le CEA ce réacteur de recherche de 100 mégawatts, destiné d’une part à la production de radioéléments à usage médical – il remplacera le réacteur Osiris de Saclay, qui fermera à la fin de l’année –, mais aussi à la recherche pour les RNR (essais de matériaux et de gaines de combustibles). Le budget initial de 500 millions d’euros atteint maintenant autour de 1,5 milliard d’euros, et le démarrage prévu initialement en 2014 aura lieu, au plus tôt, vers la fin 2019.

Mais ce n’est pas tout !

La mise en route d’Astrid impliquerait la construction de plusieurs nouvelles installations industrielles, comme l’expliquent les auteurs de l’article de la Revue Générale Nucléaire que nous avons cité. Pour préparer un combustible à 25 % de plutonium, il faudra disposer d’une nouvelle usine autre que MELOX. La Commission Nationale d’Évaluation (CNE), dans son rapport 2010 (annexe p. 28) explique: « La construction du réacteur Astrid doit s’accompagner de la mise en service d’un atelier de fabrication du combustible (AFC) Mox à La Hague…« . Ensuite pour gérer ce combustible irradié, le rapport 2011 de la CNE (p. 14) prévoit: « un pilote de retraitement qui permette de tester les différentes opérations liées au recyclage du plutonium et de l’américiumdémontrer que l’on maîtrise la dissolution du combustible irradié... avec des teneurs en actinides bien plus élevée que dans les combustibles REP. », et dans son rapport 2012, chapitre sur Astrid p. 13 : « Passage à la réalisation du projet… il est indispensable de conduire les actions suivantes : – Construction d’un pilote de retraitement... »; et CNE 1ère page du dernier rapport (nov. 2013) : « Dans un contexte économique tendu… Dans un second temps un atelier de retraitement du combustible Mox irradié dans Astrid« .

C’est donc toute une nouvelle chaine industrielle de fabrication puis de gestion de combustibles qui est à créer pour ces nouveaux élèments de très grande radioactivité.

 

A l’étranger

« Le réacteur du futur» russe BN-800 dans l’Oural se trouve en tête de la liste des meilleures centrales nucléaires au monde d’après le magazine américain Power. Son exploitation commerciale aurait commencé. La Russie est actuellement le seul pays à utiliser des réacteurs à neutrons rapides. Cependant, l’Inde, la Chine et la Corée du Sud y travaillent.

Le cadre international de la coopération en matière de systèmes nucléaires de 4ème génération est le GIF (Generation IV International Forum), dont l’objectif est la conduite des travaux de R&D nécessaires à la mise au point de systèmes nucléaires (réacteurs et cycle du combustible) répondant aux critères de durabilité de l’énergie nucléaire. Le Forum a sélectionné six concepts, à neutrons rapides ou à neutrons thermiques.

Pour le CEA, l’effort se concentre principalement sur les technologies de réacteurs à neutrons rapides refroidis au sodium (RNR-Na). Toutefois, il participe par ailleurs aux études sur le combustible et la sûreté d’un projet de réacteur expérimental à neutrons rapides refroidi au gaz, dénommé ALLEGRO, qui serait construit en Europe Centrale.

Comme nous l’avons déjà signalé, un accord a été signé avec le Japon sur la recherche et la conception d’Astrid. Il convient toutefoisde signaler que le Japon a « omis » de déclarer environ 640 kilogrammes de plutonium dans son rapport annuel à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour 2012 et 2013. La quantité non déclarée pourrait suffire à fabriquer jusqu’à 80 bombes nucléaires.

En Belgique, on a assisté en 2012 aux premiers pas de Guinevere, réacteur expérimental franco-belge couplé à un accélérateur de particules destiné à la surgénérer. 8Ce prototype n’est encore qu’une maquette, mais il préfigure Myrrha, un pilote préindustriel à un milliard d’euros, qui pourrait être opérationnel en 2023, à Mol, en Belgique dans le cadre d’une coopération avec le CNRS et le CEA.

Et la Suède envisage aussi un réacteur nucléaire expérimental de 4ème génération.

*                  *

*

 

 

 

 

 

1Gabrielle Hecht, Le rayonnement de la France. Energie nucléaire et identité nationale après la seconde guerre mondiale, ed Amsterdam 2014.

2Loi de programme n° 2006-739 du 28 juin 2006 relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs.

3 « Nous pourrions produire de l’électricité pendant plusieurs centaines d’années sans nouvelles ressources d’uranium naturel », a prétendu Christophe Béhar, vice-président du Forum International Génération IV, également l’un des directeurs au CEA. Il persiste dans l’illusion de la transmutation en prétendant que le RNR-Na peut consommer la majeure partie des déchets radioactifs à vie longue issus de l’uranium, simplifiant la question de leur stockage sous-terrain.

4Par ailleurs la France pousse le Japon, quasiment sous tutelle, à y relancer le nucléaire, client potentiel d’Areva. Pour cela elle soutient les mensonges abominables sur les conséquences sanitaires de la catastrophe de Fukushima.

5Cf. Bernard Laponche, “Une filière à haut risque et coût exorbitant”, 25 Mars 2015, Global Chance, Une expertise indépendante dans le débat sur la transition énergétique : ://httpwww.global-chance.org/ASTRID-une-filiere-nucleaire-a-haut-risque-et-cout-exorbitant

 

6Bernard Laponche, Astrid : une filière à haut risque et coût exorbitant”, Global Chance, 25 Mars 2015.

7Laurent Paret et Emmanuel Touron , Les futures usines du cycle du combustible, Revue Générale Nucléaire, No du 4 juillet 2016, p.32-7)

http://www.sfen.org/fr/rgn/68-les-futures-usines-du-cycle-du-combustible

 

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Fermeture annoncée de 17 réacteurs : la transition énergétique pour ne pas avouer le délabrement avancé du parc nucléaire

Source : Observatoire du nucléaire – http://www.observatoire-du-nucleaire.org
Communiqué du 10 juillet 2017

 

L’annonce de fermer « jusqu’à 17 réacteur nucléaires » par le ministre Nicolas Hulot est présentée comme la mise en œuvre de l’objectif fixé par la Loi de transition énergétique de 2015, objectif confirmé par le nouveau Président de la République, à savoir 50% d’électricité nucléaire en France contre environ 75% aujourd’hui.

Or, en réalité, les autorités françaises et EDF ne veulent pas avouer que la baisse importante de la part du nucléaire n’est pas un objectif (M. Macron est tout aussi pronucléaire que son prédécesseur M Hollande) mais la conséquence d’une situation inextricable illustrée par deux données :

– le délabrement avancé du parc nucléaire français
– l’état catastrophique des finances d’EDF

Prolonger la durée de vie des réacteurs nucléaires nécessite de très lourds travaux qui coûtent des sommes gigantesques, de l’ordre de plusieurs centaines de milliards d’euros, bien plus lourdes que celles qu’EDF veut bien admettre.

Dans le même temps, EDF est confrontée à la baisse très importante et structurelle du prix de l’électricité en Europe, du fait d’une diminution continue de la consommation d’électricité depuis 2008 et de l’augmentation massive de la production d’électricité par des sources renouvelables à un tarif de moins en moins cher.

La réalité est donc que le parc nucléaire français n’est plus rentable, qu’EDF est incapable de financer sa rénovation et a fortiori de construire de nouveaux réacteurs comme démontré par les catastrophes industrielles et financières des chantiers EPR de Finlande (Areva) et Flamanville (EDF).

Cette situation illustre d’ailleurs le caractère totalement absurde du projet ruineux de construire deux EPR en Grande-Bretagne, l’Observatoire du nucléaire continue d’ailleurs de prévoir que ces réacteurs ne seront pas mis en chantier ou, au « mieux », pas terminés.

La France doit même se préparer à la fermeture de réacteurs bien plus nombreux que le chiffre de 17 mis sur la table dans un premier temps : la majorité des 58 réacteurs français sont dans un état déplorable et sont susceptibles de devoir être fermés dans les années à venir.

Il ne faut cependant pas oublier que, suite à la catastrophe de Fukushima, le Japon a fermé ses 54 réacteurs et à fonctionné plusieurs années avec 0% d’électricité nucléaire et avec une part très réduite depuis : si 130 millions de japonais peuvent se passer du nucléaire, il est évident que 65 millions de Français peuvent aussi le faire…

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Consensus antinucléaire

Editorial du Courrier du 22 mai 2017

par Philippe Bach

La Stratégie énergétique 2050 a été approuvée par 58,2% des Suisses. Par cette décision, les citoyens renoncent, à moyen terme, à l’énergie nucléaire pour miser sur le renouvelable. D’ici vingt ans, la consommation d’énergie annuelle devra être réduite de 43% par rapport à 2000.

 

Une confortable majorité a accepté ce dimanche la Stratégie énergétique 2050. Une bonne nouvelle pour plusieurs raisons: tout d’abord, parce que la propagande catastrophiste et parfois délirante de l’Union démocratique du centre (UDC) a bu un sacré bouillon. Tant mieux! Surtout si cela participe d’une décrédibilisation du discours populiste sur d’autres dossiers. Ensuite, pour des raisons de sécurité. Le peuple a clairement dit non à la construction de nouvelles centrales nucléaires. La Suisse compte déjà des installations parmi les plus vieilles au monde. Il serait criminel de s’obstiner à les maintenir en activité au-delà du raisonnable. En cela, il conviendra de maintenir une saine pression sur les autorités pour qu’elles se montrent fermes et exigent des exploitants un respect des impératifs de sécurité comme elles ont su le faire à Mühleberg. En tous les cas, une sortie rapide, pour ne pas dire immédiate, du nucléaire reste un objectif légitime. Enfin, saluons le tournant osé par la Suisse vers les énergies renouvelables. Tout reste à faire, bien sûr, mais cette votation marque un virage important. Et permet, sinon d’anticiper, du moins d’intégrer des contraintes environnementales qui, de toute manière, finiront par s’imposer. Ce qui est fait n’est plus à faire. La question climatique devient de plus en plus urgente. Les gaz à effet de serre – notamment le méthane – progressent dans l’atmosphère à un rythme plus rapide que prévu, comme cela a été relevé à la Conférence mondiale sur le climat à Bonn qui s’est ouverte le 8 mai dernier [1]. Le développement des énergies renouvelables s’impose de lui-même. La Suisse a des cartes à jouer dans ce domaine. Ne serait-ce que pour se doter des instruments qui permettraient de rendre l’hydraulique à nouveau rentable. Ceci plutôt que de laisser les barrages suisses partir en faillite en tolérant le dumping du courant nucléaire ou produit à base de charbon. Cela nécessite sans doute de rompre avec certains dogmes. Notamment celui du sacro-saint libéralisme qui veut tout marchandiser. Ce n’est pas un hasard si les référendaires préconisent – à l’instar de l’Union suisse des arts et métiers – l’ouverture totale du marché de l’électricité, alors qu’on a vu dans d’autres domaines comme La Poste à quel point cela peut léser le consommateur. Face à cette politique des lobbies, du fric et de l’intérêt privé, la défense du bien commun sera plus que jamais d’actualité.

 

[1] https://reporterre.net/La-hausse-rapide-du-methane-alarme-lesclimatologues.

 

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La Suisse décide de sortir du nucléaire

Source : Reporterre, le quotidien de l’écologie

https://reporterre.net/La-Suisse-decide-de-sortir-du-nucleaire

22 mai 2017

La Suisse pratique un système de démocratie semi-directe qui fait une large place au référendum d’initiative populaire. Même adoptée par les deux chambres du parlement fédéral, le Conseil national et le Conseil des Etats, une loi peut faire l’objet d’un référendum si au moins 50’000 citoyens le demandent. C’est ce qui est arrivé à la loi portant Stratégie énergétique qui a fait l’objet d’une votation fédérale le 21 mai 2017 lors de laquelle le peuple suisse l’a approuvée. IR

 

Les cinq réacteurs nucléaires suisses ne seront pas remplacés. La population a effet décidé dimanche 21 mai, par voie de référendum, de stopper le développement de cette source d’énergie. Ils ont décidé par 58,2 % des voix de valider la loi sur l’énergie de septembre 2016 interdisant la construction de toute nouvelle centrale.

Selon les résultats définitifs de la chancellerie fédérale, la participation s’est élevée 42,3 %, un chiffre dans la moyenne des deux dernières années dans un pays où les électeurs sont appelés à voter trois à quatre fois par an sur une multitude de sujets.

Ce vote est le résultat d’un long processus engagé après l’accident nucléaire de Fukushima au Japon, provoqué par un gigantesque tsunami en mars 2011. Quelques semaines après cette catastrophe, la Suisse avait décidé de sortir du nucléaire, mais il a fallu attendre toutes ces années pour que la loi, adoptée par le Parlement en septembre 2016, soit entérinée par le peuple.

Seul le premier parti de Suisse, le parti populiste de l’UDC (Union démocratique du centre), combattait la nouvelle loi.

Le premier volet de la stratégie prévue par la loi, que les Suisses ont accepté dimanche et qui entrera en vigueur l’an prochain, vise notamment à réduire la consommation d’énergie. Elle fixe des valeurs indicatives de consommation énergétique moyenne par personne et par année : à savoir, par rapport au niveau de l’an 2000, une réduction de 16 % d’ici à 2020 et de 43 % d’ici à 2035.

Selon l’Office fédéral de l’énergie, la consommation individuelle d’énergie a déjà baissé de 14,5% depuis 2000.

La loi, qui soutient les énergies renouvelables comme le solaire, la géothermie et la biomasse, interdit en revanche la construction de nouvelles centrales nucléaires. Les centrales existantes pourront toutefois rester en service aussi longtemps que leur sûreté sera garantie.

Ce vaste programme avait déjà été accepté par le Parlement l’automne passé, mais l’UDC avait lancé avec succès un référendum contre la nouvelle loi, estimant que la mise en oeuvre du texte entraînerait des coûts élevés, menacerait l’approvisionnement énergétique et défigurerait le paysage avec la multiplication des éoliennes et les panneaux solaires.

 

  • Source : com

 

 

 

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Manifestations à Genève le mercredi 26 avril 2017.

Dix années de lutte pour que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’émancipe de la tutelle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA)

 

La Santé est le bien le plus précieux de l’humanité. Nous souhaitons le transmettre aux générations futures. Or les rayonnements ionisants provenant de l’industrie nucléaire civile et militaire continuent d’irradier et de contaminer les populations, surtout les enfants, sur plusieurs générations, engendrant en particulier des dommages génétiques irréversibles.

La « communauté internationale », avec le label de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), ne veut pas reconnaître ou minimise ces conséquences sanitaires. Depuis le 26 avril 2007, tous les jours de la semaine, par tous les temps, de 8 à 18 heures, les Vigies d’IndependentWHO – Santé et Nucléaire ont demandé à l’OMS de revenir sur ce mensonge criminel et de dire la vérité sur les effets sanitaires de ces rayonnements, notamment sur les victimes des retombées des essais nucléaires militaires et celles des catastrophes civiles de Tchernobyl et de Fukushima.

Après 10 ans de protestation silencieuse les Vigies d’IndependentWHO – Santé et Nucléaire constatent que le déni officiel reste entier, en dépit des témoignages des victimes et des publications scientifiques indépendantes qui le prouvent. Cependant, de plus en plus de citoyens et une partie du monde scientifique soupçonnent que toute la vérité n’a pas été dite.

Après Fukushima, réplique de Tchernobyl, il est maintenant reconnu officiellement, que d’autres catastrophes sont possibles. Il devient alors important pour les autorités de nous faire croire que l’on peut s’adapter à vivre en milieu contaminé. Par conséquent, les Vigies d’IndependentWHO – Santé et Nucléaire, vu l’urgence, ont décidé de continuer leur combat sous d’autres formes, notamment en transmettant l’expérience et les acquis de ces 10 ans de lutte à celles et ceux qui considèrent que ce combat pour la vérité et la santé est indispensable.

Pour marquer les 10 ans de la Vigie d’IndependentWHO-Santé et Nucléaire, des actions sont programmées le mercredi 26 avril 2017 à Genève, au carrefour des Morillons, face à l’OMS (terminus bus n°8).

12h à 15h30 : Grande Vigie

15h45 : Inauguration de la stèle érigée pour les victimes du nucléaire et discours de personalités : Rémy Pagani (Conseil administratif de la de ville de Genève), Jean Ziegler (sociologue et vice-président du comité consultatif du conseil des droits de l’homme de l’ONU), Annie Thébaud-Mony (sociologue, directrice de recherches honoraire à l’INSERM, porte parole de réseaux citoyens en lutte pour la santé au travail), Roland Desbordes (président de la Criirad), Anne-Cécile Reimann (Présidente de Contratom), Paul Roullaud (Initiateur de la vigie d’IndependentWHO)

17h : Remise à l’OMS du livre de Wladimir Tchertkoff : “The Crime of Chernobyl – the Nuclear Gulag » et messages à l’attention des directions actuelle et futures de l’Organisation Mondiale de la Santé

18h : A partir de la Place des Nations, participation à la manifestation organisée par Contratom, groupe antinucléaire genevois

Retenez cette date et rejoignez nous.

contact@independentwho.org www.independentwho.org

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Elections présidentielles : le programme des candidats face aux atteintes et menaces nucléaires

par
Coordination antinucléaire du sud-est de la France
http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?category/National
le samedi 25 mars 2017, 20:11


Ca s’agite dans le « landerneau » des élections présidentielles puis des législatives qui suivront et chacun y va de son programme-catalogue. Nous faisons ici le point sur les propositions-positions des candidats. Non pour une incitation au vote mais comme reflet du faible niveau de compréhension des atteintes à la vie et dangers de la destruction atomique pas plus que de l’urgente nécessité de la mise à l’arrêt immédiate des installations nucléaires. Aucun n’emporte évidemment notre soutien.
__
Ce n’est pas la criée au poissons ou la halle aux viandes mais ça y ressemble :  « Qu’il est beau mon programme, qu’il est beau, avec lui vous allez vous régaler ». Pas certain, là encore, qu’une fois vendue et achetée la bête soit aussi tendre et savoureuse qu’annoncée. Les décennies passées ont tendance à laisser dubitatif sur le bien-fondé du procédé. D’ailleurs l’expérience montre plutôt qu’il s’agit avant tout de savoir à quelle sauce on mangera le plus grand nombre, tant le principe même de déléguer son pouvoir à un être suprême est infantilisant et sent le rance et l’avarié.
Toutefois, dans un souci de clarifier les choses dans ce cadre électoral nous avons collationné pour vous, à partir de leurs déclarations et sites-programmes internet, les positions et perles des 11 sélectionnés au terme du parcours à la chasse aux grands électeurs, seuls habilités à dire quelles idées et projets ont le droit d’être soumis au peuple. Ils appellent cela soit-disant la « démocratie ». Evidemment, coupés des réalités, aucun des candidats à la charge suprême du pays ne prend la pleine mesure de la nocivité du nucléaire tant au niveau sanitaire et de santé publique que de celui des atteintes permanentes à la vie démocratique notamment par le noyautage des institutions. Certains s’en sortent un peu mieux mais peuvent mieux faire.
A chacun-e de sélectionner son favori sans oublier d’en rire à gorge déployée et parfois les lèvres crispées. Ouvrez le ban !
__

Philippe POUTOU
«  L’énergie nucléaire, c’est assez dangereux comme ça pour pouvoir s’en sortir le plus rapidement possible et en même temps de dire que techniquement, il y a des solutions de rechange. »
. sortie du nucléaire en dix ans maximum,
. mise en place d’une politique écologiste radicale dans une perspective d’une transition énergétique plus globale.
. mise en place d’un vrai service public de l’électricité, débarrassé de l’énergie nucléaire, cogéré par les salariés et les usagers.
. opposition à ITER,  EPR, projets d’enfouissement de déchets nucléaires.
« les réacteurs ont atteint la limite d’âge. Alors, après on peut jouer. On peut dire : mais non, on va les faire vivre un peu plus longtemps, on va dépasser sachant bien que la maintenance est plus lourde, que les risques d’accidents sont encore plus importants. On peut jouer à ça si on veut. Eh bien nous, on dit qu’il ne faut pas jouer. »
. démantèlement unilatéral de l’arsenal nucléaire.
__

Jean-Luc MELENCHON
« Plus on tarde à prendre la décision de sortir du nucléaire plus ça coûte cher en risques et en argent. C’est trop dangereux… Ceux qui prétendent que c’est une énergie d’avenir ne sont pas seulement suspects du point de vue de la lutte contre le changement climatique. Ce sont aussi des gaspilleurs d’argent public à grande échelle ! Ceux qui vous promettent le nucléaire et les renouvelables mentent. Notez d’ailleurs qu’ils ne disent pas comment ils comptent faire pour financer les deux à la fois. »
. Fermeture d’au moins 18 réacteurs dans le quinquennat en commençant par Fessenheim tout en garantissant l’emploi des salariés et leur formation pour en faire un site pilote du démantèlement.
. Abandon du « grand carénage » chez EDF, (« pour ce prix on finance intégralement le basculement sur les énergies renouvelables »).
. Abandon de l’EPR à Flamanville et du projet EPR en Angleterre, renoncement à tous nouveaux projets de réacteurs, Renoncement aux centres de stockages des déchets à Bure et dans l’Est.
. Arrêt des subventions aux énergies fossiles, Planification d’une transition énergétique vers les énergies renouvelables fondée sur la sobriété et l’efficacité énergétique pour atteindre 100 % de renouvelable à l’horizon 2050, Développement et investissement dans la recherche d’énergies alternatives et non polluantes, notamment les énergies marines renouvelables (EMR)
. Pôle public de l’énergie pour mener une politique nationale cohérente, en renationalisant EDF et Engie.
. désarmement nucléaire universel concerté des arsenaux nucléaire, en ciblant en priorité les pays les plus dotés en capacité de frappe nucléaire.
. action pour l’arrêt des mises en service de tous nouveaux réacteurs à travers le monde, qui sont potentiellement des passerelles vers la fabrication de bombes atomiques.

__

JEAN LASSALLE
« Le nucléaire est aujourd’hui intenable, il faut développer plus que jamais des énergies alternatives et promouvoir la recherche. Le nucléaire a été longtemps présenté comme une alternative, mais après l’accident de Fukushima, et alors que l’ensemble nucléaire français vieillit, nous devons reposer la question. »
. transition énergétique vers les énergies renouvelables, en s’appuyant sur les communes (mais pas d’échéancier ni de modalités pour une sortie du nucléaire planifiée), promouvoir la recherche.
. remise en cause du projet d’enfouissement à Bure. (« Bure est aujourd’hui l’exemple que notre système ne fonctionne pas, l’enfouissement de plusieurs tonnes de déchets radioactifs dans cette région lui fait porter des risques irréversibles qu’aucun territoire français ne mériterait. »)
. replacer les choix énergétiques dans le circuit de la délibération collective.
. pas d’opposition à la modernisation des deux composantes de la dissuasion nucléaire.
__

Benoît Hamon
« Je souhaite qu’on ferme les centrales nucléaires parce que le coût de la maintenance et du rallongement de leur durée de vie est extrêmement cher »
. développement d’un mix énergétique : 50% nucléaire 50% de renouvelable en 2025, passer à 100 % d’énergies renouvelables d’ici 2050
. stratégie de fermeture de 18 réacteurs dans le quinquennat successivement dès lors qu’ils arrivent en fin de vie..
. maintien de l’EPR de Flamanville
. favorable à des formes d’enfouissement et de traitement dit « réversibles ». Arrêt du projet Cigeo en profondeur et  enfouissement en subsurface des déchets radioactifs réversible.
. pérennisation de la dissuasion nucléaire .
. conservation de l’arsenal de sous-marins nucléaires et modernisation de la force aérienne de dissuasion. (de qui est contraire au TNP /traité de Non-Prolifération signé par la France en 1992 s’engageant « à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire… »
. construction d’un nouveau porte-avions atomique
__

Nathalie ARTHAUD
« Je ne me prononce ni en faveur de la sortie du nucléaire, ni en faveur du maintien de cette filière. Sortir du nucléaire ? Avant tout, sortir du capitalisme… Plus encore que les dangers du nucléaire, Fukushima a démontré l’irresponsabilité d’une entreprise privée comme Tepco, prête à falsifier des rapports avec la complicité des autorités, pour ne pas amputer ses profits.   »
. cette question doit être tranchée par un débat rationnel sur les avantages et inconvénients techniques et humains du nucléaire et des solutions alternatives.
. le problème de l’armement n’est pas dans son caractère nucléaire mais dans l’irresponsabilité de ceux qui dirigent la société. Les armes de destruction massive, nucléaires ou non, constituent un danger permanent ; comme en constitue la prolifération des armes classiques.
__

François ASSELINEAU
« L’évocation de la question du nucléaire introduit un clivage inutile parmi les Français. L’UPR n’a pris position ni pour le maintien de l’électricité nucléaire en France ni pour sa suppression à terme… il serait illusoire de penser que l’on peut sortir soudainement du nucléaire. »
. poursuite du développement des sources alternatives pour diminuer graduellement le poids du nucléaire. (« il serait illusoire de penser que l’on peut sortir soudainement du nucléaire.)
. référendum sur la politique énergétique
. modernisation des composantes de la dissuasion nucléaire.
__

Emmanuel MACRON
« Arrêter le nucléaire n’est pas un choix d’avenir. On aura besoin de construire de nouvelles centrales nucléaires en France. Nous croyons au nucléaire, Le nucléaire, c’est le rêve prométhéen ! Le nucléaire est une énergie sécurisée, bon marché et décarbonée »
. poursuite de l’EPR à Flamanville et lancement de l’EPR en Angleterre
. poursuite de la construction de CIGÉO (centre de stockage en couche géologique profonde, à Bure), la « loi Macron » comporte un amendement validant l’enfouissement des déchets radioactifs
. maintien du nucléaire à 50 % à l’horizon 2025 (fermeture de Fessenheim)
.  maintien de la dissuasion nucléaire, modernisation des deux composantes (océanique et aéroportée) de la force nucléaire
__

Nicolas DUPONT AIGNAN
 » Je ne peux m’engager à promouvoir le démantèlement de notre industrie nucléaire, celle-ci assurant une indépendance non négligeable de la France et de l’Europe en matière énergétique… Les centrales nucléaires à Thorium permettront l’élimination des déchets nucléaires par transmutation. »
. pas de démantèlement de l’industrie nucléaire,
. développement du nucléaire dit de 4ème génération avec la filière EPR
. abandon de l’objectif de réduction de 50% du nucléaire, poursuite de la recherche pour « un nucléaire propre et sûr »
. plan de développement de la filière Thorium et du premier circuit d’approvisionnement en thorium (minerai radioactif relais à l’uranium finissant) sur 25 à 30 ans d’ici 2050
. maintien de la France dans le projet ITER.
. Fusionner EDF et de GDF et les renationaliser à 100 %.
.  renforcement des dispositifs de sécurité autour des centrales nucléaires (pas la sécurisation des réacteurs mais les forces militaires extérieures).
. maintenir de la dissuasion nucléaire à un haut niveau de performance.
__

François FILLON
« Le nucléaire est une énergie propre »
. prolongation de l’exploitation des centrales à 40 et 60 ans, aucune fermeture de centrale atomique
. Maintien à 75% la part de l’électricité produite par le nucléaire d’ici à 2022.
. Maintien en activité de Fessenheim.
. Renforcement des études sur les réacteurs de 4ème génération.
. Développement d’une gamme de petits et moyens réacteurs nucléaires (SMR).
. développement des véhicules électriques en s’appuyant sur la production électro-nucléaire pour les recharger.
. maintien et modernisation de la force de dissuasion nucléaire
__

Marine LE PEN
«  Garder le nucléaire, c’est le choix de l’indépendance énergétique de la France, d’une énergie qui ne pollue pas l’air, et de centrales qui peuvent parfaitement vivre pour certaines 20 ou 30 ans de plus. »
. maintenir l’énergie nucléaire à moyen terme.
. poursuite de la construction de l’EPR de Flamanville.
. maintien, modernisation et sécurisation de la filière nucléaire française. Investissement dans la recherche sur les dispositifs de sûreté nucléaire et sur le rendement des nouveaux réacteurs destinés à remplacer ceux en fin de vie.
. poursuite du « grand carénage »
. contrôle de l’État sur EDF et véritable mission de service public.
. Refus de la fermeture de la centrale de Fessenheim.
. la dissuasion nucléaire demeure le fondement de la stratégie de défense, la garantie ultime de la sécurité et de l’indépendance nationale.
__

Jacques CHEMINADE
« le nucléaire n’est pas un mal nécessaire, mais un bien indispensable… de formation d’une démocratie ».
. projets de« centrales nucléaires mobiles sur barges » et de centrales atomiques sous-marines », développement de grands centres urbains agencés autour de centrales nucléaires (« nuplexes »).
. Développement accéléré de réacteurs de la génération IV, construction de plusieurs EPR en France, conception et réalisation d’un EPR nouveau modèle en Angleterre
. Intensification de la recherche et travaux sur la fusion nucléaire, moyens accrus pour la fusion par confinement inertiel, mise en fonction commerciale de réacteurs à fusion thermonucléaire contrôlée
. Financement d’une filière de réacteurs nucléaires à sels fondus de thorium
. Développement de sur-réacteurs (utiliser les déchets actuels pour en faire des combustibles).
. Refus de la fermeture de Fessenheim.
. moratoire sur les subventions aux énergies renouvelables
. accélération de la modernisation de l’arme atomique, et priorité aux armes laser (tel le laser Mégajoule) et à « bouffée de particule ».
__
Fermez le ban !
Commentaires
1. Le lundi 27 mars 2017, 20:12 par anne jordan
excellente analyse des positions en présence !
merci , je transfère§

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Vivre dans le jardin nucléaire avec Ethos, un crime contre l’humanité

par

Pierre Péguin, automne 2016

Source : Fukushima 福島第一 a publié le nouvel article : Vivre dans le jardin nucléaire avec Ethos, un crime contre l’humanité

Publié par Pierre Fetet. Sur le blog susmentionné.

Cet article de Pierre Péguin a été publié le 7 novembre 2016 sur le site de la Coordination Antinucléaire Sud-est. Il explique ce qu’est le programme Ethos pour les pays contaminés actuels et futurs.

 

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Cet article de Pierre Péguin a été publié le 7 novembre 2016 sur le site de la Coordination Antinucléaire Sud-est. Il explique ce qu’est le programme Ethos pour les pays contaminés actuels et futurs. 0,56 µSv/h dans une maison pour cette famille de l…

 

Pour reprendre les termes d’une récente tribune libre*, les aménageurs de la vie mutilée (vie dite aussi demi-vie**), prétendent que la contamination, dangereuse en principe, s’avérerait en fait inoffensive dans la vie réelle. C’est un mensonge d’une extrême violence, une insulte aux proches des victimes et aux survivants, dans le but de restreindre les évacuations et les mesures de protection, exposant ainsi les populations touchées aux terribles dégâts sanitaires. C’est un crime.

Il s’agit donc d’endiguer l’horreur des effets de la contamination en la camouflant, en prétendant qu’on peut échapper au danger en s’y confrontant, en gérant sa peur.  Car il s’agit bien en effet de bloquer toute velléité d’hérésies remettant en cause la religion de l’atome, et pour cela d’emplir discrètement les hôpitaux de malades et les cimetières de victimes, plutôt que d’évacuer et de soigner les populations des terres devenues inhabitables. Pas question donc de reconnaître l’inhumanité et la terrible dangerosité de l’atome.

Dans ce qui suit on va voir comment et pourquoi tout est fait pour cacher le crime atomique et ce qu’il en coûte aux populations, avec une grande responsabilité de la nucléocratie française et en particulier de deux de ses principaux représentants Jacques Lochard et  Gilles Hériard-Dubreuil.

 

*Tribune libre collective de : Cécile Asanuma-Brice, Jean-Jacques Delfour, Kolin Kobayashi, Nadine Ribault et Thierry Ribault. http://sciences-critiques.fr/tchernobyl-fukushima-les-amenageurs-de-la-vie-mutilee/

**Michael Ferrier, « Fukushima – Récit d’un désastre » 2012.

 

 

Les enfants sont particulièrement touchés par les catastrophes, un seul traitement disponible : la pectine.

 

En pleine croissance, les enfants sont particulièrement fragiles face à la contamination par les  radioéléments dispersés dans l’environnement que ce soit par les catastrophes atomiques jusqu’à des milliers de km, ou par les multiples incidents qui émaillent le fonctionnement des centres nucléaires. Que faire pour protéger la multitude d’enfants malades ou bien affaiblis vivant dans les territoires contaminés ? Principales victimes, leur situation s’aggrave d’année en année,  en fonction de la teneur de leur corps en Césium137 et Strontium 90.

C’est le césium qui se loge dans tous les organes (un peu à la façon du potassium) qui est le plus facile à mesurer pour apprécier la nécessité de donner un traitement. Seule la pectine connue pour permettre l’élimination des métaux lourds ,dont ces radioéléments, peut soulager ces jeunes.

L’expérience acquise au Bélarus montre que des cures de trois semaines de pectine de pomme vitaminée permettent de diminuer la charge de césium, donc de diminuer les dommages. Ces cures peuvent être renouvelées tous les trois mois et doivent s’accompagner de mesures de précaution dans le choix et la préparation de la nourriture.

 

Mais le lobby de l’atome a bloqué la généralisation de cures de pectine.

 

Aussi incroyable que cela puisse paraître, la pectine de pomme est un véritable adversaire du lobby atomique. C’est la seule explication de la guerre qu’il lui fait. En effet ceux qui sont chargées de veiller à la protection contre les effets du nucléaire, prétendent que les malades ne sont victimes que de stress et de peurs irraisonnées qui annihilent le système immunitaire. Pour la CIPR* et le CEPN**  reconnaître qu’une cure de pectine, connue pour sa capacité à éliminer le césium et le strontium, est efficace pour améliorer la santé des enfants, c’est reconnaître qu’ils sont bien contaminés. Ainsi au nom de la religion de l’atome on condamne des centaines de milliers de jeunes à une vie amputée.

Il est criminel de la part de nos organismes d’État de proposer à la Biélorussie et au Japon qui ne demandent que ça, l’application du programme Ethos-Core dont le rôle est d’étouffer les effets de la radioactivité, pour sauver l’image de l’industrie atomique et celle du pays, et ce aux dépens des victimes abandonnées à leur sort.

Et, soyons-en sûrs, il en sera de même chez nous en cas de catastrophe, tout sera fait pour en minorer les effets, pour cacher la réalité des risques et des dégâts humains, le but étant de sauver l’industrie nucléaire quel qu’en soit le prix, au nom de l’identité et de la « grandeur » de la France.…

 

Réclamons que la pectine soit fournie aux enfants de la deuxième génération de Tchernobyl, quasiment tous malades, et à ceux de la première génération de Fukushima. En vue de la catastrophe atomique qui nous menace de plus en plus, réclamons également que la pectine soit disponible  pour la distribution en France, comme l’iode pour la thyroïde.

 

C’est par les études réalisées dans le cadre des projets Ethos et Core que la stratégie du lobby de l’atome a été précisée, il faut donc expliquer de quoi il s’agit, pour comprendre ce qui se passe en Biélorussie, au Japon et ce qui est prévu pour nous….

 

Le projet franco-européen Ethos  

 

Le projet ETHOS a été mis en œuvre par une équipe de recherche impliquant quatre organismes scientifiques : le Centre d’étude sur l’Evaluation de la Protection dans le domaine Nucléaire (CEPN), l’Institut National d’Agronomie de Paris-Grignon (INAPG), l’Université de Technologie de Compiègne (UTC) et le groupe d’étude Mutadis qui en a assuré la coordination. Il a été présenté comme devant améliorer durablement les conditions de vie des habitants affectés par la présence à long terme de contamination radioactive à la suite de l’accident de Tchernobyl.

Il s’agit en fait de plusieurs programmes successifs, toujours financés par l’Europe et la France (qui y a intérêt), Ethos 1 puis 2, Core, Sage (dans la suite on les appellera « projet Ethos » , voire « éthos », pour simplifier). Ils ont été expérimentés sur les populations vivant en territoire contaminé par Tchernobyl,  dans des bourgs situés au sud-est de la Biélorussie, à 200 km environ de Tchernobyl.

Le but officiel a été d’étudier comment aider la population à vivre en territoire contaminé par la radioactivité. Le but réel est de prétendre qu’on peut y vivre, quitte à observer des précautions élémentaires, d’autant que tout est fait pour convaincre qu’il y a peu de contamination, et qu’on peut s’y adapter. Ces campagnes sont soutenues par des « experts » francais  (Gilles Heriad‑Dubreuil, Jacques Lochard) et internationaux, membres des organismes chargés de la sécurité du nucléaire.

Ces intervenants nient la réalité d’une contamination dangereuse. Leur stratégie criminelle va même jusqu’à annoncer que les dommages subis par les habitants ne sont pas dus à la radioactivité, mais à la peur et la phobie du nucléaire qui les rendent fragiles et malades. Donc toute thérapie comme la distribution de pectines, n’a pas lieu d’être… Tout cela arrange bien le gouvernement du pays pressé de se débarrasser de cette sale affaire.

Et il en est de même au Japon où Jacques Lochard y sévit pour favoriser la relance du nucléaire sous la tutelle française qui a besoin de ce précieux client..

Il en sera de même pour nous après la catastrophe, il est prévu d’évacuer le moins possible d’habitants, et de persuader ceux qui restent que c’est sans risques…. Quitte à imposer une norme de dose reçue très importante: En France, la norme actuelle est 1 mSv/an, mais s’il y a un accident, ce sera 20 mSv/an et si on a la malchance d’habiter trop près du désastre, on aura droit à 100 mSv/an.  La contamination des aliments est prévue aussi d’être multipliée dans tous les pays européens de façon à ne pas gêner les échanges et les exportations (business as usual).

L’épidémie de maladies mortelles ou handicapantes qui se développeront plus tard avec douleur ne comptent pas pour nos dirigeants, les dégâts de santé et génétiques étant reportés dans le temps, la criminalité de la démarche sera diluée, d’autant que les habitants seront rendus responsables de effets de la catastrophe dont ils sont pourtant victimes. ….

 

Le projet Ethos ne constitue-t-il pas un crime contre l’humanité, dont les responsables sont la CIPR et le CEPN ?

 

Quelques chiffres pour bien voir les enjeux : (cf communiqué de la Criirad du 3/10/2016). En situation normale, la limite maximale de dose applicable au public est de 1 mSv/an et cette valeur correspond déjà à un niveau de risque élevé : si 66 millions de Français recevaient une dose de 1 mSv, cette exposition provoquerait en effet, à terme probablement plus de 22 000 cancers radio-induits, sans compter toutes les pathologies non cancéreuses, les malformations et maladies génétiques. Si l’on multiplie ces chiffres par 20 ou par 100, les niveaux de risque retenus par les autorités donnent le vertige.

Il souligne également le nombre très élevé de ceux qui seront exposés à des doses inférieures mais qui n’en sont pas moins inacceptables : des nourrissons, des enfants, des ados pourraient recevoir tout à fait légalement des doses de 10 mSv/an, c’est-à-dire des doses qui ne sont envisageables que pour des travailleurs du nucléaire.

Plus les niveaux de références sont élevés et plus s’allègent les dépenses de mesures de  protection des personnes et d’indemnisation des dommages. Le choix des autorités est tout à fait cohérent, rappelons en effet que l’industrie nucléaire est dispensée de l’application du principe pollueur-payeur : pour l’essentiel, les conséquences sanitaires et économiques de la catastrophe seront supportées par ses victimes et par l’État. La décision de fixer des niveaux de référence aussi élevés est le fruit de 20 ans d’efforts du lobby nucléaire, et plus précisément du lobby nucléaire français (CEPN). Plutôt que de proposer des indemnisations permettant de commencer une nouvelle vie dans un environnement sain, on enjoint aux victimes d’être résilientes et de s’adapter à la nouvelle réalité : celle d’un environnement contaminé. C’est évidemment tout bénéfice pour l’industrie nucléaire. Les accidents nucléaires majeurs ne sont plus des catastrophes mais des aléas gérables.

 

Pour se convaincre de la criminalité de l’application du programme ethos, voir ces deux documents : 

 

– Tribune libre collective de : Cécile Asanuma-Brice, Jean-Jacques Delfour, Kolin Kobayashi, Nadine Ribault et Thierry Ribault :

http://sciences-critiques.fr/tchernobyl-fukushima-les-amenageurs-de-la-vie-mutilee/

 

– Et la vidéo (30 mn) « Save Kids Japan » , une  présentation sous titrée en francais d’Ethos Fukushima par la journaliste indépendante japonaise Mari Takenouchi aux prises avec la justice de son pays pour la remise en cause du projet ETHOS, visant à maintenir et faire revenir les habitants de Fukushima dans les zones contaminées.

http://www.youtube.com/watch?v=ccYPtQwPx78

 

Notes :

 

*-La CIPR, Commission internationale de protection radiologique est une ONG qui émet des recommandations concernant les mesures de sécurité à prendre sur les installations sensibles. Elle fonde ses préconisations sur la base des indications fournies par le Comité scientifique des Nations Unies sur les Effets des Radiations Atomiques, l’UNSCAER. Le mandat de l’UNSCEAR est de rendre compte aux États Membres de l’ONU des effets et dangers des radiations dans l’environnement. C’est au sein de cette instance que la doctrine officielle s’élabore à l’abri de toute critique scientifique ou de remise en cause, L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) ayant abdiqué de toute compétence dans le domaine de la radioactivité. 

La quasi-totalité des réglementations et normes internationales et des réglementations nationales reposent sur les recommandations destinées surtout à ne pas gêner l’industrie atomique.

*-Le CEPN, Centre d’Étude sur l’évaluation de la Protection dans le domaine Nucléaire, représente le lobby nucléaire français. Créé en 1976, Le CEPN est un « faux-nez » du CEA où il a son siège (à Fontenay aux Roses près de Paris),c’est une association qui rassemble : EDF, AREVA, CEA, l’IRSN !

 

Les membres de ces structures sont tous issus du même moule, cooptés ou nommés hors de tout processus démocratique, ils sont interchangeables. Ainsi Jacques Lochard est directeur du CEPN et vice président de la CIPR.…

 

Lire :

 

« La comédie atomique » d’Yves Lenoir, sur la compromission de ces organismes dont le rôle n’est pas de protéger les populations comme on pourrait le penser, mais de protéger l’industrie de l’atome et leurs servants. 2016, La Découverte,

 

« Le nucléaire en Asie. Fukushima, et après ? » de Mathieu Gaulène,  journaliste indépendant, spécialiste du Japon, où il réside depuis cinq ans, auteur de nombreux articles sur Fukushima et ses suites, la politique énergétique du Japon et l’opposition au nucléaire.  2016 aux éditions Piquier

images

Enfant portant un dosimètre dans la préfecture de Fukushima (Photo Alain de Halleux)

http://img.over-blog-kiwi.com/0/54/77/39/20161120/ob_8e8a72_dosimetre.JPG

Enfant portant un dosimètre dans la préfecture de Fukushima (Photo Alain de Halleux)

_______________

 

Annexes :

 

1) Le jardin nucléaire d’ethos

– Complément d’info sur la pectine – cas de la Biélorussie

– La Chélation, ou comment la pectine détoxifie l’organisme

– L’association Enfants Tchernobyl Belarus (ETB)

– Effets pervers et but réel d’Ethos

– Belrad

– La France a dans ses rangs les champions de la gestion criminelle post-catastrophe (Jacques Lochard, Gilles Hériard-Dubreuil, François Rollinger)

– Le village nucléaire mondial

– Le CODIRPA : vers la gestion par l’État de la vie durablement contaminée après un accident nucléaire en France (démarche PAREX, CODIRPA)

 

2) Quelques contre-informations et témoignages

– Tchernobyl : conséquences de la catastrophe sur la population et l’environnement

– Nombre total de victimes liées à Tchernobyl

– Les victimes du nucléaire

– Vivre en zone contaminée

– Témoignage de Bella Belbeoch

– Le Dr Michel Fernex dénonce mensonges et silences qui mettent en danger les populations.

– Conférence récente de Nakajima Takashi, habitant à Sōma, ville du département de Fukushima.

 

Pour lire l’ensemble de ces annexes, cliquer sur ce lien.

 

Publié par Pierre Fetet

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Pourquoi Fessenheim peut et doit être fermée maintenant

Source : http://www.sortirdunucleaire.org/Pourquoi-Fessenheim-peut-et-doit#top

Octobre 2016

 

  1. Une centrale à fermer d’urgence
  2. Pourquoi gaspiller des millions d’euros dans les travaux ?
  3. Sur le plan énergétique, la fermeture immédiate est possible
  4. Des alternatives existent pour la production d’énergie et la reconversion des travailleurs.
  5. Fermer maintenant Fessenheim pour ouvrir la voie à la sortie du nucléaire en France

 

Une centrale à fermer d’urgence

Située à 15 km de Mulhouse, 20 km de Freiburg im Breisgau (Allemagne) et 40 km de Bâle (Suisse), la centrale nucléaire de Fessenheim représente une menace pour toute une grande région européenne. En 2011, 167 communes alsaciennes, allemandes et suisses (dont 74 communes françaises, représentant un tiers de la population alsacienne) ont voté une motion pour son arrêt immédiat [1].

 

Les défauts de sûreté de Fessenheim, dénoncées depuis des années par les habitants de cette région transfrontalière, sont légion. Située en zone sismique, en contrebas du grand canal d’Alsace, la centrale est particulièrement vulnérable. Rien ne protège ses piscines de combustibles contre la chute d’un avion de ligne, alors même qu’un aéroport européen est situé à 30 km de là. Enfin, son radier – socle de béton sur lequel repose la centrale – est particulièrement mince : 1,5 m d’épaisseur, alors que celui des autres centrales françaises est deux fois plus épais. En cas d’accident, ce socle pourrait être percé par le cœur en fusion, qui contaminerait alors rapidement la nappe phréatique [2].

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À ces défauts s’ajoutent les risques liés au vieillissement de la doyenne des centrales françaises. De nombreux éléments (cuve, tuyauteries et câblages, mais aussi enceinte de béton…) deviennent plus fragiles, et une partie d’entre eux ne sont pas remplaçables. L’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire lui-même met en garde contre des risques de rupture des cuves passé 35 ans de fonctionnement. Or en 2016 la centrale aura alors atteint… 39 ans !

Toutefois, le facteur humain et le mode de gestion de la centrale s’avèrent plus préoccupants encore que les problèmes techniques. Le 5 septembre 2012, un incident a blessé deux travailleurs. Il ne s’agit « que » du 23ème épisode d’une série d’incidents survenus depuis mars dernier, apportant la preuve d’une sûreté dégradée et de criants problèmes de maintenance. Conséquence d’un arbitrage en faveur de l’économie au détriment de la sûreté, ou effet de la dégradation des conditions de travail des travailleurs chargés de la maintenance ? Dans tous les cas, inutile d’attendre qu’un problème grave s’ajoute à la liste des incidents.

 

Pourquoi gaspiller des millions dans les travaux ?

L’Autorité de Sûreté Nucléaire a prescrit en juin dernier des travaux pour l’amélioration de la sûreté de Fessenheim, d’un montant dont les estimations vont de 20 millions… à 200 millions d’euros. Elle a notamment déclaré que si les travaux n’étaient pas réalisés d’ici un an, la centrale devrait être fermée. Toutefois, la faisabilité dans le temps imparti de certaines opérations – dont l’épaississement du fameux radier – est très discutée. Dans tous les cas, ces travaux ne pourront pallier qu’à la marge les nombreux défauts de sûreté de Fessenheim.

Au-delà de la question de la faisabilité, pourquoi entreprendre des travaux aussi coûteux – qui nécessiteront d’ailleurs la mise à l’arrêt de la centrale pendant de longs mois – alors que la fermeture est prévue quatre ans après ? Un tel gaspillage laisse perplexe, et pourrait servir de prétexte à EDF pour justifier la poursuite du fonctionnement de Fessenheim au-delà de 2016, en cas de revirement politique. En effet, un arrêt de quelques mois n’empêcherait pas un redémarrage à la mi-2017. Le choix de 2016 indique donc que la fermeture de la centrale ne peut nullement être tenue pour acquise.

Dans tous les cas, il serait clairement plus économique, plus cohérent et plus sûr d’opter pour une fermeture immédiate.

 

Sur le plan énergétique, la fermeture immédiate est possible

En effet, Fessenheim pourrait être fermée dès aujourd’hui sans générer aucune pénurie d’électricité. Reliée à l’ensemble du réseau électrique français, l’Alsace n’est pas une île et ne souffrirait pas de blackout. La contribution de Fessenheim à la production nationale d’électricité n’a atteint que 1,3 % en 2011. Ses réacteurs étant fréquemment à l’arrêt, une fermeture définitive ne ferait guère de différence avec la situation actuelle.

Par ailleurs, depuis la fermeture en juin dernier de l’usine d’enrichissement d’uranium Eurodif (Drôme), qui consommait l’équivalent de la production de trois réacteurs nucléaires, cette quantité d’électricité arrive en surplus sur le réseau électrique. Un arrêt immédiat de Fessenheim constituerait donc une opération blanche… qui n’interdirait pas un plus grand volontarisme !

Rappelons en effet qu’au printemps 2011, l’Allemagne a fermé définitivement huit réacteurs nucléaires, ce qui ne l’a pas empêché de traverser l’hiver 2012 sans blackout, sans impact sur ses émissions de gaz à effet de serre, et en continuant à exporter de l’électricité [3] ! La France ferait bien de s’en inspirer.

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Des alternatives existent, pour la production d’énergie et la reconversion des travailleurs !

Plusieurs syndicats ont récemment lancé une vaste opération de communication pour critiquer la fermeture de la centrale. Les directeurs de toutes les centrales nucléaires de France ont également écrit une lettre très médiatisée aux salariés de Fessenheim pour s’inquiéter de leur sort. Réelle préoccupation… ou alibi ? Pour le syndicat Sud Énergie, cette compassion soudaine « a de quoi agacer alors que ces mêmes directeurs ont pendant des années toléré, voire encouragé les mesures drastiques visant à ne pas embaucher et, à réduire les coûts de maintenance de façon irresponsable » [4].

Rappelons que les 770 salariés d’EDF présents sur le site bénéficient d’une garantie d’emploi, et n’ont en principe pas de souci à se faire – à la différence des 7000 employés du secteur photovoltaïque qui ont perdu leur emploi dans l’indifférence générale en 2011, du fait du manque de soutien gouvernemental aux énergies renouvelables [5].

Quant aux nombreux prestataires qui travaillent sur le site (dont 600 à 1500 « travailleurs nomades » qui ne viennent que pour les maintenances), dans des conditions difficiles et dégradées qu’ils dénoncent régulièrement [6], ils seraient sûrement satisfaits de pouvoir se reconvertir dans des activités moins pénibles et moins dangereuses si une telle occasion leur était offerte.

En effet, la fermeture de la centrale pourrait donner une impulsion pour un développement accéléré d’activités reposant sur les alternatives énergétiques, bien plus créatrices d’emplois. Isolation des bâtiments, éco-construction, développement des énergies renouvelables… les pistes sont multiples, d’autant plus que l’Alsace bénéficie d’importants atouts, notamment grâce à une ressource en bois importante.

L’Alsace peut s’inspirer de son voisin allemand, pionnier des alternatives énergétiques : les énergies renouvelables y représentent déjà 380 000 emplois, répartis sur tout le territoire. Elle dispose même d’un exemple motivant tout près de Fessenheim. Dans la région toute proche de la Forêt Noire, une poignée de citoyens déterminés ont ainsi mis sur pied la coopérative EWS Schönau, qui distribue maintenant dans toute l’Allemagne du courant exclusivement produit par les énergies renouvelables [7].

 

Fermer maintenant Fessenheim pour ouvrir la voie à la sortie du nucléaire en France

Fermer Fessenheim immédiatement, c’est donc à la fois possible et urgent… mais aussi nécessaire pour enclencher un indispensable changement de politique énergétique dont nous sommes malheureusement loin de prendre le chemin ! Le double discours n’est plus possible : la France ne peut pas prétendre soutenir les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique tout en continuant à gaspiller des millions d’euros pour maintenir en fonctionnement un parc vieillissant et dangereux. Et comment François Hollande peut-il prétendre « réduire la part du nucléaire » en repoussant à la fin de son mandat la fermeture de la plus ancienne centrale – et en mettant en route le réacteur EPR de Flamanville ?

Par ailleurs, la médiatisation autour de Fessenheim ne doit pas faire oublier l’urgence de la fermeture des autres centrales, en commençant par les plus anciennes. Une vingtaine de réacteurs a déjà dépassé les trente ans, et pour ne citer qu’eux, Le Bugey et Tricastin sont à peine plus récents, et tout aussi dangereux. Mobilisons-nous donc de plus belle, pour obtenir une fermeture immédiate de Fessenheim qui ne reste pas un acte isolé, mais ouvre la voie à une sortie du nucléaire en France !

 

Notes :

  1. http://stopfessen.celeonet.fr/content/view/218/31/
2. Pour plus d’informations sur les risques liés à la centrale, lire ci-dessous le journal « Dernières Nouvelles de Fessenheim »
3. http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/20120320trib000689374/l-allemagne-sort-du-nucleaire-sans-polluer-davantage.html
4. Fermeture annoncée de la centrale de Fessenheim : Communiqué SUD Energie du 24 septembre 2012
5. http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/20120119trib000679149/la-filiere-photovoltaique-francaise-a-supprime-7.000-emplois-en-2011.html
6. Voir le site http://www.ma-zone-controlee.com/ , qui compile des témoignages de sous-traitants du nucléaire.
7. http://www.ews-schoenau.de/

 

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Genève veut forcer Paris à débrancher

par Christine Wuillemin
La Liberté/ Le Courrier
Mardi 8 mars 2016
LI-08-03-FJ-03

 

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Suisse Pour qui travaille l’IFSN ?

Editorial du numéro 102, mars 2015, du journal suisse Sortir du nucléaire par Marc Oran, député au Grand Conseil vaudois, membre du comité de « Sortir du nucléaire » et vice-président de l’Appel de Genève II

Est-il normal que l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN), autorité fédérale de surveillance indépendante de la Confédération pour la sécurité des installations nucléaires en Suisse, puisse fermer les yeux sur les fissures de la centrale de Mühleberg, renoncer à prendre des mesures urgentes pour la protection de l’enveloppe du cœur de la centrale ? Est-il normal que Beznau I, le plus vieux réacteur du monde encore en fonction et qui vient de fêter ses 45 ans, soit autorisé à fonctionner encore durant 15 ans, voire davantage ?

M. Hans Wanner, directeur de l’IFSN, a-t-il entendu parler de Tchernobyl et de Fukushima ou alors, enfermé dans ses bureaux de Brugg (AG), est-il si confiant qu’il ne réalise pas les risques qu’il fait prendre à la Suisse, à l’Europe ?

Les personnes qui constituent des piquets silencieux et pacifiques devant les locaux de l’IFSN depuis la catastrophe de Fukushima du lundi au jeudi de 17h à 18h, soit depuis quelque 770 jours sont-elles de dangereux terroristes ? M. Wanner a-t-il le droit de faire appel aux forces de l’ordre pour les faire évacuer et de faire payer des amendes pouvant aller jusqu’à CHF 2’000.- aux vigies se trouvant sur le trottoir, soit sur le domaine public ? Je crois rêver ! Cela me rappelle un vieux règlement de police de la Ville de Lausanne (qui a heureusement été annulé depuis) interdisant aux automobilistes à la recherche de places de parc à la place Centrale de faire « des allées et venues inutiles » passibles d’amendes. Dans les années 70, c’était le lieu de travail des péripatéticiennes lausannoises !

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