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Manifestations à Genève le mercredi 26 avril 2017.

Dix années de lutte pour que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’émancipe de la tutelle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA)

 

La Santé est le bien le plus précieux de l’humanité. Nous souhaitons le transmettre aux générations futures. Or les rayonnements ionisants provenant de l’industrie nucléaire civile et militaire continuent d’irradier et de contaminer les populations, surtout les enfants, sur plusieurs générations, engendrant en particulier des dommages génétiques irréversibles.

La « communauté internationale », avec le label de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), ne veut pas reconnaître ou minimise ces conséquences sanitaires. Depuis le 26 avril 2007, tous les jours de la semaine, par tous les temps, de 8 à 18 heures, les Vigies d’IndependentWHO – Santé et Nucléaire ont demandé à l’OMS de revenir sur ce mensonge criminel et de dire la vérité sur les effets sanitaires de ces rayonnements, notamment sur les victimes des retombées des essais nucléaires militaires et celles des catastrophes civiles de Tchernobyl et de Fukushima.

Après 10 ans de protestation silencieuse les Vigies d’IndependentWHO – Santé et Nucléaire constatent que le déni officiel reste entier, en dépit des témoignages des victimes et des publications scientifiques indépendantes qui le prouvent. Cependant, de plus en plus de citoyens et une partie du monde scientifique soupçonnent que toute la vérité n’a pas été dite.

Après Fukushima, réplique de Tchernobyl, il est maintenant reconnu officiellement, que d’autres catastrophes sont possibles. Il devient alors important pour les autorités de nous faire croire que l’on peut s’adapter à vivre en milieu contaminé. Par conséquent, les Vigies d’IndependentWHO – Santé et Nucléaire, vu l’urgence, ont décidé de continuer leur combat sous d’autres formes, notamment en transmettant l’expérience et les acquis de ces 10 ans de lutte à celles et ceux qui considèrent que ce combat pour la vérité et la santé est indispensable.

Pour marquer les 10 ans de la Vigie d’IndependentWHO-Santé et Nucléaire, des actions sont programmées le mercredi 26 avril 2017 à Genève, au carrefour des Morillons, face à l’OMS (terminus bus n°8).

12h à 15h30 : Grande Vigie

15h45 : Inauguration de la stèle érigée pour les victimes du nucléaire et discours de personalités : Rémy Pagani (Conseil administratif de la de ville de Genève), Jean Ziegler (sociologue et vice-président du comité consultatif du conseil des droits de l’homme de l’ONU), Annie Thébaud-Mony (sociologue, directrice de recherches honoraire à l’INSERM, porte parole de réseaux citoyens en lutte pour la santé au travail), Roland Desbordes (président de la Criirad), Anne-Cécile Reimann (Présidente de Contratom), Paul Roullaud (Initiateur de la vigie d’IndependentWHO)

17h : Remise à l’OMS du livre de Wladimir Tchertkoff : “The Crime of Chernobyl – the Nuclear Gulag » et messages à l’attention des directions actuelle et futures de l’Organisation Mondiale de la Santé

18h : A partir de la Place des Nations, participation à la manifestation organisée par Contratom, groupe antinucléaire genevois

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contact@independentwho.org www.independentwho.org

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Elections présidentielles : le programme des candidats face aux atteintes et menaces nucléaires

par
Coordination antinucléaire du sud-est de la France
http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?category/National
le samedi 25 mars 2017, 20:11


Ca s’agite dans le « landerneau » des élections présidentielles puis des législatives qui suivront et chacun y va de son programme-catalogue. Nous faisons ici le point sur les propositions-positions des candidats. Non pour une incitation au vote mais comme reflet du faible niveau de compréhension des atteintes à la vie et dangers de la destruction atomique pas plus que de l’urgente nécessité de la mise à l’arrêt immédiate des installations nucléaires. Aucun n’emporte évidemment notre soutien.
__
Ce n’est pas la criée au poissons ou la halle aux viandes mais ça y ressemble :  « Qu’il est beau mon programme, qu’il est beau, avec lui vous allez vous régaler ». Pas certain, là encore, qu’une fois vendue et achetée la bête soit aussi tendre et savoureuse qu’annoncée. Les décennies passées ont tendance à laisser dubitatif sur le bien-fondé du procédé. D’ailleurs l’expérience montre plutôt qu’il s’agit avant tout de savoir à quelle sauce on mangera le plus grand nombre, tant le principe même de déléguer son pouvoir à un être suprême est infantilisant et sent le rance et l’avarié.
Toutefois, dans un souci de clarifier les choses dans ce cadre électoral nous avons collationné pour vous, à partir de leurs déclarations et sites-programmes internet, les positions et perles des 11 sélectionnés au terme du parcours à la chasse aux grands électeurs, seuls habilités à dire quelles idées et projets ont le droit d’être soumis au peuple. Ils appellent cela soit-disant la « démocratie ». Evidemment, coupés des réalités, aucun des candidats à la charge suprême du pays ne prend la pleine mesure de la nocivité du nucléaire tant au niveau sanitaire et de santé publique que de celui des atteintes permanentes à la vie démocratique notamment par le noyautage des institutions. Certains s’en sortent un peu mieux mais peuvent mieux faire.
A chacun-e de sélectionner son favori sans oublier d’en rire à gorge déployée et parfois les lèvres crispées. Ouvrez le ban !
__

Philippe POTOU
«  L’énergie nucléaire, c’est assez dangereux comme ça pour pouvoir s’en sortir le plus rapidement possible et en même temps de dire que techniquement, il y a des solutions de rechange. »
. sortie du nucléaire en dix ans maximum,
. mise en place d’une politique écologiste radicale dans une perspective d’une transition énergétique plus globale.
. mise en place d’un vrai service public de l’électricité, débarrassé de l’énergie nucléaire, cogéré par les salariés et les usagers.
. opposition à ITER,  EPR, projets d’enfouissement de déchets nucléaires.
« les réacteurs ont atteint la limite d’âge. Alors, après on peut jouer. On peut dire : mais non, on va les faire vivre un peu plus longtemps, on va dépasser sachant bien que la maintenance est plus lourde, que les risques d’accidents sont encore plus importants. On peut jouer à ça si on veut. Eh bien nous, on dit qu’il ne faut pas jouer. »
. démantèlement unilatéral de l’arsenal nucléaire.
__

Jean-Luc MELENCHON
« Plus on tarde à prendre la décision de sortir du nucléaire plus ça coûte cher en risques et en argent. C’est trop dangereux… Ceux qui prétendent que c’est une énergie d’avenir ne sont pas seulement suspects du point de vue de la lutte contre le changement climatique. Ce sont aussi des gaspilleurs d’argent public à grande échelle ! Ceux qui vous promettent le nucléaire et les renouvelables mentent. Notez d’ailleurs qu’ils ne disent pas comment ils comptent faire pour financer les deux à la fois. »
. Fermeture d’au moins 18 réacteurs dans le quinquennat en commençant par Fessenheim tout en garantissant l’emploi des salariés et leur formation pour en faire un site pilote du démantèlement.
. Abandon du « grand carénage » chez EDF, (« pour ce prix on finance intégralement le basculement sur les énergies renouvelables »).
. Abandon de l’EPR à Flamanville et du projet EPR en Angleterre, renoncement à tous nouveaux projets de réacteurs, Renoncement aux centres de stockages des déchets à Bure et dans l’Est.
. Arrêt des subventions aux énergies fossiles, Planification d’une transition énergétique vers les énergies renouvelables fondée sur la sobriété et l’efficacité énergétique pour atteindre 100 % de renouvelable à l’horizon 2050, Développement et investissement dans la recherche d’énergies alternatives et non polluantes, notamment les énergies marines renouvelables (EMR)
. Pôle public de l’énergie pour mener une politique nationale cohérente, en renationalisant EDF et Engie.
. désarmement nucléaire universel concerté des arsenaux nucléaire, en ciblant en priorité les pays les plus dotés en capacité de frappe nucléaire.
. action pour l’arrêt des mises en service de tous nouveaux réacteurs à travers le monde, qui sont potentiellement des passerelles vers la fabrication de bombes atomiques.

__

JEAN LASSALLE
« Le nucléaire est aujourd’hui intenable, il faut développer plus que jamais des énergies alternatives et promouvoir la recherche. Le nucléaire a été longtemps présenté comme une alternative, mais après l’accident de Fukushima, et alors que l’ensemble nucléaire français vieillit, nous devons reposer la question. »
. transition énergétique vers les énergies renouvelables, en s’appuyant sur les communes (mais pas d’échéancier ni de modalités pour une sortie du nucléaire planifiée), promouvoir la recherche.
. remise en cause du projet d’enfouissement à Bure. (« Bure est aujourd’hui l’exemple que notre système ne fonctionne pas, l’enfouissement de plusieurs tonnes de déchets radioactifs dans cette région lui fait porter des risques irréversibles qu’aucun territoire français ne mériterait. »)
. replacer les choix énergétiques dans le circuit de la délibération collective.
. pas d’opposition à la modernisation des deux composantes de la dissuasion nucléaire.
__

Benoît Hamon
« Je souhaite qu’on ferme les centrales nucléaires parce que le coût de la maintenance et du rallongement de leur durée de vie est extrêmement cher »
. développement d’un mix énergétique : 50% nucléaire 50% de renouvelable en 2025, passer à 100 % d’énergies renouvelables d’ici 2050
. stratégie de fermeture de 18 réacteurs dans le quinquennat successivement dès lors qu’ils arrivent en fin de vie..
. maintien de l’EPR de Flamanville
. favorable à des formes d’enfouissement et de traitement dit « réversibles ». Arrêt du projet Cigeo en profondeur et  enfouissement en subsurface des déchets radioactifs réversible.
. pérennisation de la dissuasion nucléaire .
. conservation de l’arsenal de sous-marins nucléaires et modernisation de la force aérienne de dissuasion. (de qui est contraire au TNP /traité de Non-Prolifération signé par la France en 1992 s’engageant « à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire… »
. construction d’un nouveau porte-avions atomique
__

Nathalie ARTHAUD
« Je ne me prononce ni en faveur de la sortie du nucléaire, ni en faveur du maintien de cette filière. Sortir du nucléaire ? Avant tout, sortir du capitalisme… Plus encore que les dangers du nucléaire, Fukushima a démontré l’irresponsabilité d’une entreprise privée comme Tepco, prête à falsifier des rapports avec la complicité des autorités, pour ne pas amputer ses profits.   »
. cette question doit être tranchée par un débat rationnel sur les avantages et inconvénients techniques et humains du nucléaire et des solutions alternatives.
. le problème de l’armement n’est pas dans son caractère nucléaire mais dans l’irresponsabilité de ceux qui dirigent la société. Les armes de destruction massive, nucléaires ou non, constituent un danger permanent ; comme en constitue la prolifération des armes classiques.
__

François ASSELINEAU
« L’évocation de la question du nucléaire introduit un clivage inutile parmi les Français. L’UPR n’a pris position ni pour le maintien de l’électricité nucléaire en France ni pour sa suppression à terme… il serait illusoire de penser que l’on peut sortir soudainement du nucléaire. »
. poursuite du développement des sources alternatives pour diminuer graduellement le poids du nucléaire. (« il serait illusoire de penser que l’on peut sortir soudainement du nucléaire.)
. référendum sur la politique énergétique
. modernisation des composantes de la dissuasion nucléaire.
__

Emmanuel MACRON
« Arrêter le nucléaire n’est pas un choix d’avenir. On aura besoin de construire de nouvelles centrales nucléaires en France. Nous croyons au nucléaire, Le nucléaire, c’est le rêve prométhéen ! Le nucléaire est une énergie sécurisée, bon marché et décarbonée »
. poursuite de l’EPR à Flamanville et lancement de l’EPR en Angleterre
. poursuite de la construction de CIGÉO (centre de stockage en couche géologique profonde, à Bure), la « loi Macron » comporte un amendement validant l’enfouissement des déchets radioactifs
. maintien du nucléaire à 50 % à l’horizon 2025 (fermeture de Fessenheim)
.  maintien de la dissuasion nucléaire, modernisation des deux composantes (océanique et aéroportée) de la force nucléaire
__

Nicolas DUPONT AIGNAN
 » Je ne peux m’engager à promouvoir le démantèlement de notre industrie nucléaire, celle-ci assurant une indépendance non négligeable de la France et de l’Europe en matière énergétique… Les centrales nucléaires à Thorium permettront l’élimination des déchets nucléaires par transmutation. »
. pas de démantèlement de l’industrie nucléaire,
. développement du nucléaire dit de 4ème génération avec la filière EPR
. abandon de l’objectif de réduction de 50% du nucléaire, poursuite de la recherche pour « un nucléaire propre et sûr »
. plan de développement de la filière Thorium et du premier circuit d’approvisionnement en thorium (minerai radioactif relais à l’uranium finissant) sur 25 à 30 ans d’ici 2050
. maintien de la France dans le projet ITER.
. Fusionner EDF et de GDF et les renationaliser à 100 %.
.  renforcement des dispositifs de sécurité autour des centrales nucléaires (pas la sécurisation des réacteurs mais les forces militaires extérieures).
. maintenir de la dissuasion nucléaire à un haut niveau de performance.
__

François FILLON
« Le nucléaire est une énergie propre »
. prolongation de l’exploitation des centrales à 40 et 60 ans, aucune fermeture de centrale atomique
. Maintien à 75% la part de l’électricité produite par le nucléaire d’ici à 2022.
. Maintien en activité de Fessenheim.
. Renforcement des études sur les réacteurs de 4ème génération.
. Développement d’une gamme de petits et moyens réacteurs nucléaires (SMR).
. développement des véhicules électriques en s’appuyant sur la production électro-nucléaire pour les recharger.
. maintien et modernisation de la force de dissuasion nucléaire
__

Marine LE PEN
«  Garder le nucléaire, c’est le choix de l’indépendance énergétique de la France, d’une énergie qui ne pollue pas l’air, et de centrales qui peuvent parfaitement vivre pour certaines 20 ou 30 ans de plus. »
. maintenir l’énergie nucléaire à moyen terme.
. poursuite de la construction de l’EPR de Flamanville.
. maintien, modernisation et sécurisation de la filière nucléaire française. Investissement dans la recherche sur les dispositifs de sûreté nucléaire et sur le rendement des nouveaux réacteurs destinés à remplacer ceux en fin de vie.
. poursuite du « grand carénage »
. contrôle de l’État sur EDF et véritable mission de service public.
. Refus de la fermeture de la centrale de Fessenheim.
. la dissuasion nucléaire demeure le fondement de la stratégie de défense, la garantie ultime de la sécurité et de l’indépendance nationale.
__

Jacques CHEMINADE
« le nucléaire n’est pas un mal nécessaire, mais un bien indispensable… de formation d’une démocratie ».
. projets de« centrales nucléaires mobiles sur barges » et de centrales atomiques sous-marines », développement de grands centres urbains agencés autour de centrales nucléaires (« nuplexes »).
. Développement accéléré de réacteurs de la génération IV, construction de plusieurs EPR en France, conception et réalisation d’un EPR nouveau modèle en Angleterre
. Intensification de la recherche et travaux sur la fusion nucléaire, moyens accrus pour la fusion par confinement inertiel, mise en fonction commerciale de réacteurs à fusion thermonucléaire contrôlée
. Financement d’une filière de réacteurs nucléaires à sels fondus de thorium
. Développement de sur-réacteurs (utiliser les déchets actuels pour en faire des combustibles).
. Refus de la fermeture de Fessenheim.
. moratoire sur les subventions aux énergies renouvelables
. accélération de la modernisation de l’arme atomique, et priorité aux armes laser (tel le laser Mégajoule) et à « bouffée de particule ».
__
Fermez le ban !
Commentaires
1. Le lundi 27 mars 2017, 20:12 par anne jordan
excellente analyse des positions en présence !
merci , je transfère§

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Vivre dans le jardin nucléaire avec Ethos, un crime contre l’humanité

par

Pierre Péguin, automne 2016

Source : Fukushima 福島第一 a publié le nouvel article : Vivre dans le jardin nucléaire avec Ethos, un crime contre l’humanité

Publié par Pierre Fetet. Sur le blog susmentionné.

Cet article de Pierre Péguin a été publié le 7 novembre 2016 sur le site de la Coordination Antinucléaire Sud-est. Il explique ce qu’est le programme Ethos pour les pays contaminés actuels et futurs.

 

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Cet article de Pierre Péguin a été publié le 7 novembre 2016 sur le site de la Coordination Antinucléaire Sud-est. Il explique ce qu’est le programme Ethos pour les pays contaminés actuels et futurs. 0,56 µSv/h dans une maison pour cette famille de l…

 

Pour reprendre les termes d’une récente tribune libre*, les aménageurs de la vie mutilée (vie dite aussi demi-vie**), prétendent que la contamination, dangereuse en principe, s’avérerait en fait inoffensive dans la vie réelle. C’est un mensonge d’une extrême violence, une insulte aux proches des victimes et aux survivants, dans le but de restreindre les évacuations et les mesures de protection, exposant ainsi les populations touchées aux terribles dégâts sanitaires. C’est un crime.

Il s’agit donc d’endiguer l’horreur des effets de la contamination en la camouflant, en prétendant qu’on peut échapper au danger en s’y confrontant, en gérant sa peur.  Car il s’agit bien en effet de bloquer toute velléité d’hérésies remettant en cause la religion de l’atome, et pour cela d’emplir discrètement les hôpitaux de malades et les cimetières de victimes, plutôt que d’évacuer et de soigner les populations des terres devenues inhabitables. Pas question donc de reconnaître l’inhumanité et la terrible dangerosité de l’atome.

Dans ce qui suit on va voir comment et pourquoi tout est fait pour cacher le crime atomique et ce qu’il en coûte aux populations, avec une grande responsabilité de la nucléocratie française et en particulier de deux de ses principaux représentants Jacques Lochard et  Gilles Hériard-Dubreuil.

 

*Tribune libre collective de : Cécile Asanuma-Brice, Jean-Jacques Delfour, Kolin Kobayashi, Nadine Ribault et Thierry Ribault. http://sciences-critiques.fr/tchernobyl-fukushima-les-amenageurs-de-la-vie-mutilee/

**Michael Ferrier, « Fukushima – Récit d’un désastre » 2012.

 

 

Les enfants sont particulièrement touchés par les catastrophes, un seul traitement disponible : la pectine.

 

En pleine croissance, les enfants sont particulièrement fragiles face à la contamination par les  radioéléments dispersés dans l’environnement que ce soit par les catastrophes atomiques jusqu’à des milliers de km, ou par les multiples incidents qui émaillent le fonctionnement des centres nucléaires. Que faire pour protéger la multitude d’enfants malades ou bien affaiblis vivant dans les territoires contaminés ? Principales victimes, leur situation s’aggrave d’année en année,  en fonction de la teneur de leur corps en Césium137 et Strontium 90.

C’est le césium qui se loge dans tous les organes (un peu à la façon du potassium) qui est le plus facile à mesurer pour apprécier la nécessité de donner un traitement. Seule la pectine connue pour permettre l’élimination des métaux lourds ,dont ces radioéléments, peut soulager ces jeunes.

L’expérience acquise au Bélarus montre que des cures de trois semaines de pectine de pomme vitaminée permettent de diminuer la charge de césium, donc de diminuer les dommages. Ces cures peuvent être renouvelées tous les trois mois et doivent s’accompagner de mesures de précaution dans le choix et la préparation de la nourriture.

 

Mais le lobby de l’atome a bloqué la généralisation de cures de pectine.

 

Aussi incroyable que cela puisse paraître, la pectine de pomme est un véritable adversaire du lobby atomique. C’est la seule explication de la guerre qu’il lui fait. En effet ceux qui sont chargées de veiller à la protection contre les effets du nucléaire, prétendent que les malades ne sont victimes que de stress et de peurs irraisonnées qui annihilent le système immunitaire. Pour la CIPR* et le CEPN**  reconnaître qu’une cure de pectine, connue pour sa capacité à éliminer le césium et le strontium, est efficace pour améliorer la santé des enfants, c’est reconnaître qu’ils sont bien contaminés. Ainsi au nom de la religion de l’atome on condamne des centaines de milliers de jeunes à une vie amputée.

Il est criminel de la part de nos organismes d’État de proposer à la Biélorussie et au Japon qui ne demandent que ça, l’application du programme Ethos-Core dont le rôle est d’étouffer les effets de la radioactivité, pour sauver l’image de l’industrie atomique et celle du pays, et ce aux dépens des victimes abandonnées à leur sort.

Et, soyons-en sûrs, il en sera de même chez nous en cas de catastrophe, tout sera fait pour en minorer les effets, pour cacher la réalité des risques et des dégâts humains, le but étant de sauver l’industrie nucléaire quel qu’en soit le prix, au nom de l’identité et de la « grandeur » de la France.…

 

Réclamons que la pectine soit fournie aux enfants de la deuxième génération de Tchernobyl, quasiment tous malades, et à ceux de la première génération de Fukushima. En vue de la catastrophe atomique qui nous menace de plus en plus, réclamons également que la pectine soit disponible  pour la distribution en France, comme l’iode pour la thyroïde.

 

C’est par les études réalisées dans le cadre des projets Ethos et Core que la stratégie du lobby de l’atome a été précisée, il faut donc expliquer de quoi il s’agit, pour comprendre ce qui se passe en Biélorussie, au Japon et ce qui est prévu pour nous….

 

Le projet franco-européen Ethos  

 

Le projet ETHOS a été mis en œuvre par une équipe de recherche impliquant quatre organismes scientifiques : le Centre d’étude sur l’Evaluation de la Protection dans le domaine Nucléaire (CEPN), l’Institut National d’Agronomie de Paris-Grignon (INAPG), l’Université de Technologie de Compiègne (UTC) et le groupe d’étude Mutadis qui en a assuré la coordination. Il a été présenté comme devant améliorer durablement les conditions de vie des habitants affectés par la présence à long terme de contamination radioactive à la suite de l’accident de Tchernobyl.

Il s’agit en fait de plusieurs programmes successifs, toujours financés par l’Europe et la France (qui y a intérêt), Ethos 1 puis 2, Core, Sage (dans la suite on les appellera « projet Ethos » , voire « éthos », pour simplifier). Ils ont été expérimentés sur les populations vivant en territoire contaminé par Tchernobyl,  dans des bourgs situés au sud-est de la Biélorussie, à 200 km environ de Tchernobyl.

Le but officiel a été d’étudier comment aider la population à vivre en territoire contaminé par la radioactivité. Le but réel est de prétendre qu’on peut y vivre, quitte à observer des précautions élémentaires, d’autant que tout est fait pour convaincre qu’il y a peu de contamination, et qu’on peut s’y adapter. Ces campagnes sont soutenues par des « experts » francais  (Gilles Heriad‑Dubreuil, Jacques Lochard) et internationaux, membres des organismes chargés de la sécurité du nucléaire.

Ces intervenants nient la réalité d’une contamination dangereuse. Leur stratégie criminelle va même jusqu’à annoncer que les dommages subis par les habitants ne sont pas dus à la radioactivité, mais à la peur et la phobie du nucléaire qui les rendent fragiles et malades. Donc toute thérapie comme la distribution de pectines, n’a pas lieu d’être… Tout cela arrange bien le gouvernement du pays pressé de se débarrasser de cette sale affaire.

Et il en est de même au Japon où Jacques Lochard y sévit pour favoriser la relance du nucléaire sous la tutelle française qui a besoin de ce précieux client..

Il en sera de même pour nous après la catastrophe, il est prévu d’évacuer le moins possible d’habitants, et de persuader ceux qui restent que c’est sans risques…. Quitte à imposer une norme de dose reçue très importante: En France, la norme actuelle est 1 mSv/an, mais s’il y a un accident, ce sera 20 mSv/an et si on a la malchance d’habiter trop près du désastre, on aura droit à 100 mSv/an.  La contamination des aliments est prévue aussi d’être multipliée dans tous les pays européens de façon à ne pas gêner les échanges et les exportations (business as usual).

L’épidémie de maladies mortelles ou handicapantes qui se développeront plus tard avec douleur ne comptent pas pour nos dirigeants, les dégâts de santé et génétiques étant reportés dans le temps, la criminalité de la démarche sera diluée, d’autant que les habitants seront rendus responsables de effets de la catastrophe dont ils sont pourtant victimes. ….

 

Le projet Ethos ne constitue-t-il pas un crime contre l’humanité, dont les responsables sont la CIPR et le CEPN ?

 

Quelques chiffres pour bien voir les enjeux : (cf communiqué de la Criirad du 3/10/2016). En situation normale, la limite maximale de dose applicable au public est de 1 mSv/an et cette valeur correspond déjà à un niveau de risque élevé : si 66 millions de Français recevaient une dose de 1 mSv, cette exposition provoquerait en effet, à terme probablement plus de 22 000 cancers radio-induits, sans compter toutes les pathologies non cancéreuses, les malformations et maladies génétiques. Si l’on multiplie ces chiffres par 20 ou par 100, les niveaux de risque retenus par les autorités donnent le vertige.

Il souligne également le nombre très élevé de ceux qui seront exposés à des doses inférieures mais qui n’en sont pas moins inacceptables : des nourrissons, des enfants, des ados pourraient recevoir tout à fait légalement des doses de 10 mSv/an, c’est-à-dire des doses qui ne sont envisageables que pour des travailleurs du nucléaire.

Plus les niveaux de références sont élevés et plus s’allègent les dépenses de mesures de  protection des personnes et d’indemnisation des dommages. Le choix des autorités est tout à fait cohérent, rappelons en effet que l’industrie nucléaire est dispensée de l’application du principe pollueur-payeur : pour l’essentiel, les conséquences sanitaires et économiques de la catastrophe seront supportées par ses victimes et par l’État. La décision de fixer des niveaux de référence aussi élevés est le fruit de 20 ans d’efforts du lobby nucléaire, et plus précisément du lobby nucléaire français (CEPN). Plutôt que de proposer des indemnisations permettant de commencer une nouvelle vie dans un environnement sain, on enjoint aux victimes d’être résilientes et de s’adapter à la nouvelle réalité : celle d’un environnement contaminé. C’est évidemment tout bénéfice pour l’industrie nucléaire. Les accidents nucléaires majeurs ne sont plus des catastrophes mais des aléas gérables.

 

Pour se convaincre de la criminalité de l’application du programme ethos, voir ces deux documents : 

 

– Tribune libre collective de : Cécile Asanuma-Brice, Jean-Jacques Delfour, Kolin Kobayashi, Nadine Ribault et Thierry Ribault :

http://sciences-critiques.fr/tchernobyl-fukushima-les-amenageurs-de-la-vie-mutilee/

 

– Et la vidéo (30 mn) « Save Kids Japan » , une  présentation sous titrée en francais d’Ethos Fukushima par la journaliste indépendante japonaise Mari Takenouchi aux prises avec la justice de son pays pour la remise en cause du projet ETHOS, visant à maintenir et faire revenir les habitants de Fukushima dans les zones contaminées.

http://www.youtube.com/watch?v=ccYPtQwPx78

 

Notes :

 

*-La CIPR, Commission internationale de protection radiologique est une ONG qui émet des recommandations concernant les mesures de sécurité à prendre sur les installations sensibles. Elle fonde ses préconisations sur la base des indications fournies par le Comité scientifique des Nations Unies sur les Effets des Radiations Atomiques, l’UNSCAER. Le mandat de l’UNSCEAR est de rendre compte aux États Membres de l’ONU des effets et dangers des radiations dans l’environnement. C’est au sein de cette instance que la doctrine officielle s’élabore à l’abri de toute critique scientifique ou de remise en cause, L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) ayant abdiqué de toute compétence dans le domaine de la radioactivité. 

La quasi-totalité des réglementations et normes internationales et des réglementations nationales reposent sur les recommandations destinées surtout à ne pas gêner l’industrie atomique.

*-Le CEPN, Centre d’Étude sur l’évaluation de la Protection dans le domaine Nucléaire, représente le lobby nucléaire français. Créé en 1976, Le CEPN est un « faux-nez » du CEA où il a son siège (à Fontenay aux Roses près de Paris),c’est une association qui rassemble : EDF, AREVA, CEA, l’IRSN !

 

Les membres de ces structures sont tous issus du même moule, cooptés ou nommés hors de tout processus démocratique, ils sont interchangeables. Ainsi Jacques Lochard est directeur du CEPN et vice président de la CIPR.…

 

Lire :

 

« La comédie atomique » d’Yves Lenoir, sur la compromission de ces organismes dont le rôle n’est pas de protéger les populations comme on pourrait le penser, mais de protéger l’industrie de l’atome et leurs servants. 2016, La Découverte,

 

« Le nucléaire en Asie. Fukushima, et après ? » de Mathieu Gaulène,  journaliste indépendant, spécialiste du Japon, où il réside depuis cinq ans, auteur de nombreux articles sur Fukushima et ses suites, la politique énergétique du Japon et l’opposition au nucléaire.  2016 aux éditions Piquier

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Enfant portant un dosimètre dans la préfecture de Fukushima (Photo Alain de Halleux)

http://img.over-blog-kiwi.com/0/54/77/39/20161120/ob_8e8a72_dosimetre.JPG

Enfant portant un dosimètre dans la préfecture de Fukushima (Photo Alain de Halleux)

_______________

 

Annexes :

 

1) Le jardin nucléaire d’ethos

– Complément d’info sur la pectine – cas de la Biélorussie

– La Chélation, ou comment la pectine détoxifie l’organisme

– L’association Enfants Tchernobyl Belarus (ETB)

– Effets pervers et but réel d’Ethos

– Belrad

– La France a dans ses rangs les champions de la gestion criminelle post-catastrophe (Jacques Lochard, Gilles Hériard-Dubreuil, François Rollinger)

– Le village nucléaire mondial

– Le CODIRPA : vers la gestion par l’État de la vie durablement contaminée après un accident nucléaire en France (démarche PAREX, CODIRPA)

 

2) Quelques contre-informations et témoignages

– Tchernobyl : conséquences de la catastrophe sur la population et l’environnement

– Nombre total de victimes liées à Tchernobyl

– Les victimes du nucléaire

– Vivre en zone contaminée

– Témoignage de Bella Belbeoch

– Le Dr Michel Fernex dénonce mensonges et silences qui mettent en danger les populations.

– Conférence récente de Nakajima Takashi, habitant à Sōma, ville du département de Fukushima.

 

Pour lire l’ensemble de ces annexes, cliquer sur ce lien.

 

Publié par Pierre Fetet

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Pourquoi Fessenheim peut et doit être fermée maintenant

Source : http://www.sortirdunucleaire.org/Pourquoi-Fessenheim-peut-et-doit#top

Octobre 2016

 

  1. Une centrale à fermer d’urgence
  2. Pourquoi gaspiller des millions d’euros dans les travaux ?
  3. Sur le plan énergétique, la fermeture immédiate est possible
  4. Des alternatives existent pour la production d’énergie et la reconversion des travailleurs.
  5. Fermer maintenant Fessenheim pour ouvrir la voie à la sortie du nucléaire en France

 

Une centrale à fermer d’urgence

Située à 15 km de Mulhouse, 20 km de Freiburg im Breisgau (Allemagne) et 40 km de Bâle (Suisse), la centrale nucléaire de Fessenheim représente une menace pour toute une grande région européenne. En 2011, 167 communes alsaciennes, allemandes et suisses (dont 74 communes françaises, représentant un tiers de la population alsacienne) ont voté une motion pour son arrêt immédiat [1].

 

Les défauts de sûreté de Fessenheim, dénoncées depuis des années par les habitants de cette région transfrontalière, sont légion. Située en zone sismique, en contrebas du grand canal d’Alsace, la centrale est particulièrement vulnérable. Rien ne protège ses piscines de combustibles contre la chute d’un avion de ligne, alors même qu’un aéroport européen est situé à 30 km de là. Enfin, son radier – socle de béton sur lequel repose la centrale – est particulièrement mince : 1,5 m d’épaisseur, alors que celui des autres centrales françaises est deux fois plus épais. En cas d’accident, ce socle pourrait être percé par le cœur en fusion, qui contaminerait alors rapidement la nappe phréatique [2].

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À ces défauts s’ajoutent les risques liés au vieillissement de la doyenne des centrales françaises. De nombreux éléments (cuve, tuyauteries et câblages, mais aussi enceinte de béton…) deviennent plus fragiles, et une partie d’entre eux ne sont pas remplaçables. L’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire lui-même met en garde contre des risques de rupture des cuves passé 35 ans de fonctionnement. Or en 2016 la centrale aura alors atteint… 39 ans !

Toutefois, le facteur humain et le mode de gestion de la centrale s’avèrent plus préoccupants encore que les problèmes techniques. Le 5 septembre 2012, un incident a blessé deux travailleurs. Il ne s’agit « que » du 23ème épisode d’une série d’incidents survenus depuis mars dernier, apportant la preuve d’une sûreté dégradée et de criants problèmes de maintenance. Conséquence d’un arbitrage en faveur de l’économie au détriment de la sûreté, ou effet de la dégradation des conditions de travail des travailleurs chargés de la maintenance ? Dans tous les cas, inutile d’attendre qu’un problème grave s’ajoute à la liste des incidents.

 

Pourquoi gaspiller des millions dans les travaux ?

L’Autorité de Sûreté Nucléaire a prescrit en juin dernier des travaux pour l’amélioration de la sûreté de Fessenheim, d’un montant dont les estimations vont de 20 millions… à 200 millions d’euros. Elle a notamment déclaré que si les travaux n’étaient pas réalisés d’ici un an, la centrale devrait être fermée. Toutefois, la faisabilité dans le temps imparti de certaines opérations – dont l’épaississement du fameux radier – est très discutée. Dans tous les cas, ces travaux ne pourront pallier qu’à la marge les nombreux défauts de sûreté de Fessenheim.

Au-delà de la question de la faisabilité, pourquoi entreprendre des travaux aussi coûteux – qui nécessiteront d’ailleurs la mise à l’arrêt de la centrale pendant de longs mois – alors que la fermeture est prévue quatre ans après ? Un tel gaspillage laisse perplexe, et pourrait servir de prétexte à EDF pour justifier la poursuite du fonctionnement de Fessenheim au-delà de 2016, en cas de revirement politique. En effet, un arrêt de quelques mois n’empêcherait pas un redémarrage à la mi-2017. Le choix de 2016 indique donc que la fermeture de la centrale ne peut nullement être tenue pour acquise.

Dans tous les cas, il serait clairement plus économique, plus cohérent et plus sûr d’opter pour une fermeture immédiate.

 

Sur le plan énergétique, la fermeture immédiate est possible

En effet, Fessenheim pourrait être fermée dès aujourd’hui sans générer aucune pénurie d’électricité. Reliée à l’ensemble du réseau électrique français, l’Alsace n’est pas une île et ne souffrirait pas de blackout. La contribution de Fessenheim à la production nationale d’électricité n’a atteint que 1,3 % en 2011. Ses réacteurs étant fréquemment à l’arrêt, une fermeture définitive ne ferait guère de différence avec la situation actuelle.

Par ailleurs, depuis la fermeture en juin dernier de l’usine d’enrichissement d’uranium Eurodif (Drôme), qui consommait l’équivalent de la production de trois réacteurs nucléaires, cette quantité d’électricité arrive en surplus sur le réseau électrique. Un arrêt immédiat de Fessenheim constituerait donc une opération blanche… qui n’interdirait pas un plus grand volontarisme !

Rappelons en effet qu’au printemps 2011, l’Allemagne a fermé définitivement huit réacteurs nucléaires, ce qui ne l’a pas empêché de traverser l’hiver 2012 sans blackout, sans impact sur ses émissions de gaz à effet de serre, et en continuant à exporter de l’électricité [3] ! La France ferait bien de s’en inspirer.

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Des alternatives existent, pour la production d’énergie et la reconversion des travailleurs !

Plusieurs syndicats ont récemment lancé une vaste opération de communication pour critiquer la fermeture de la centrale. Les directeurs de toutes les centrales nucléaires de France ont également écrit une lettre très médiatisée aux salariés de Fessenheim pour s’inquiéter de leur sort. Réelle préoccupation… ou alibi ? Pour le syndicat Sud Énergie, cette compassion soudaine « a de quoi agacer alors que ces mêmes directeurs ont pendant des années toléré, voire encouragé les mesures drastiques visant à ne pas embaucher et, à réduire les coûts de maintenance de façon irresponsable » [4].

Rappelons que les 770 salariés d’EDF présents sur le site bénéficient d’une garantie d’emploi, et n’ont en principe pas de souci à se faire – à la différence des 7000 employés du secteur photovoltaïque qui ont perdu leur emploi dans l’indifférence générale en 2011, du fait du manque de soutien gouvernemental aux énergies renouvelables [5].

Quant aux nombreux prestataires qui travaillent sur le site (dont 600 à 1500 « travailleurs nomades » qui ne viennent que pour les maintenances), dans des conditions difficiles et dégradées qu’ils dénoncent régulièrement [6], ils seraient sûrement satisfaits de pouvoir se reconvertir dans des activités moins pénibles et moins dangereuses si une telle occasion leur était offerte.

En effet, la fermeture de la centrale pourrait donner une impulsion pour un développement accéléré d’activités reposant sur les alternatives énergétiques, bien plus créatrices d’emplois. Isolation des bâtiments, éco-construction, développement des énergies renouvelables… les pistes sont multiples, d’autant plus que l’Alsace bénéficie d’importants atouts, notamment grâce à une ressource en bois importante.

L’Alsace peut s’inspirer de son voisin allemand, pionnier des alternatives énergétiques : les énergies renouvelables y représentent déjà 380 000 emplois, répartis sur tout le territoire. Elle dispose même d’un exemple motivant tout près de Fessenheim. Dans la région toute proche de la Forêt Noire, une poignée de citoyens déterminés ont ainsi mis sur pied la coopérative EWS Schönau, qui distribue maintenant dans toute l’Allemagne du courant exclusivement produit par les énergies renouvelables [7].

 

Fermer maintenant Fessenheim pour ouvrir la voie à la sortie du nucléaire en France

Fermer Fessenheim immédiatement, c’est donc à la fois possible et urgent… mais aussi nécessaire pour enclencher un indispensable changement de politique énergétique dont nous sommes malheureusement loin de prendre le chemin ! Le double discours n’est plus possible : la France ne peut pas prétendre soutenir les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique tout en continuant à gaspiller des millions d’euros pour maintenir en fonctionnement un parc vieillissant et dangereux. Et comment François Hollande peut-il prétendre « réduire la part du nucléaire » en repoussant à la fin de son mandat la fermeture de la plus ancienne centrale – et en mettant en route le réacteur EPR de Flamanville ?

Par ailleurs, la médiatisation autour de Fessenheim ne doit pas faire oublier l’urgence de la fermeture des autres centrales, en commençant par les plus anciennes. Une vingtaine de réacteurs a déjà dépassé les trente ans, et pour ne citer qu’eux, Le Bugey et Tricastin sont à peine plus récents, et tout aussi dangereux. Mobilisons-nous donc de plus belle, pour obtenir une fermeture immédiate de Fessenheim qui ne reste pas un acte isolé, mais ouvre la voie à une sortie du nucléaire en France !

 

Notes :

  1. http://stopfessen.celeonet.fr/content/view/218/31/
2. Pour plus d’informations sur les risques liés à la centrale, lire ci-dessous le journal « Dernières Nouvelles de Fessenheim »
3. http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/20120320trib000689374/l-allemagne-sort-du-nucleaire-sans-polluer-davantage.html
4. Fermeture annoncée de la centrale de Fessenheim : Communiqué SUD Energie du 24 septembre 2012
5. http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/20120119trib000679149/la-filiere-photovoltaique-francaise-a-supprime-7.000-emplois-en-2011.html
6. Voir le site http://www.ma-zone-controlee.com/ , qui compile des témoignages de sous-traitants du nucléaire.
7. http://www.ews-schoenau.de/

 

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Genève veut forcer Paris à débrancher

par Christine Wuillemin
La Liberté/ Le Courrier
Mardi 8 mars 2016
LI-08-03-FJ-03

 

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Suisse Pour qui travaille l’IFSN ?

Editorial du numéro 102, mars 2015, du journal suisse Sortir du nucléaire par Marc Oran, député au Grand Conseil vaudois, membre du comité de « Sortir du nucléaire » et vice-président de l’Appel de Genève II

Est-il normal que l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN), autorité fédérale de surveillance indépendante de la Confédération pour la sécurité des installations nucléaires en Suisse, puisse fermer les yeux sur les fissures de la centrale de Mühleberg, renoncer à prendre des mesures urgentes pour la protection de l’enveloppe du cœur de la centrale ? Est-il normal que Beznau I, le plus vieux réacteur du monde encore en fonction et qui vient de fêter ses 45 ans, soit autorisé à fonctionner encore durant 15 ans, voire davantage ?

M. Hans Wanner, directeur de l’IFSN, a-t-il entendu parler de Tchernobyl et de Fukushima ou alors, enfermé dans ses bureaux de Brugg (AG), est-il si confiant qu’il ne réalise pas les risques qu’il fait prendre à la Suisse, à l’Europe ?

Les personnes qui constituent des piquets silencieux et pacifiques devant les locaux de l’IFSN depuis la catastrophe de Fukushima du lundi au jeudi de 17h à 18h, soit depuis quelque 770 jours sont-elles de dangereux terroristes ? M. Wanner a-t-il le droit de faire appel aux forces de l’ordre pour les faire évacuer et de faire payer des amendes pouvant aller jusqu’à CHF 2’000.- aux vigies se trouvant sur le trottoir, soit sur le domaine public ? Je crois rêver ! Cela me rappelle un vieux règlement de police de la Ville de Lausanne (qui a heureusement été annulé depuis) interdisant aux automobilistes à la recherche de places de parc à la place Centrale de faire « des allées et venues inutiles » passibles d’amendes. Dans les années 70, c’était le lieu de travail des péripatéticiennes lausannoises !

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Atomarer Ausstieg: Die erste Priorität bei der Senkung des Stromverbrauchs setzen

Jean-Philippe Scalbert, Dipl.Ing Eidgenössische Technische Hochschule Zürich

Atomausstieg, ja aber wann?

Ein grosser Teil der Schweizer Bevölkerung fühlt sich von einer unmittelbaren Gefahr bedroht, weil er einschätzt, dass ein atomarer Unfall auch in der Schweiz und nicht nur in Ukraine oder in Japan sich bereits morgen ereignen kann. Der anderer Teil der Bevölkerung empfindet diese Angst nicht, weil er den Schweizern (und französischen?) Verantwortlichen vertraut, den atomarer Unfall mit hundertprozentiger Sicherheit vermeiden zu können. Der Konflikt um die Atomkraftwerke ist eigentlich ein Glaubenskrieg.

Gegenwärtig setzen die Atombefürworter ihre « Religion » durch, und muten ihren Gegnern ein latentes Unsicherheitsgefühl zu.

Jedoch hat das Volk beschlossen, dass er dieser Unsicherheit los werden will, und für den atomaren Ausstieg im Jahre 2012 gestimmt.

Aber die Atombefürworter haben die Lage wieder im Griff :Der „Fukushima-Effekt“ lässt bereits nach, und rund um die Debatte über die Energetische Strategie 2050 scheinen die Regierung und die Bundeskammern eher bemüht zu sein, die Lebensdauer der AKW’s zu verlängern, die erneuerbare Stromproduktion und sogar stromfressende Produkte wie die Elektrowärmepumpe oder das aufladbare Elektroauto zu fördern, als sich auf das wirklich Wesentliche zu konzentrieren: den Stromverbrauch zu senken.

 

Die Bevölkerung ist stromsüchtig: Sie befindet sich in der Lage eines Rauchers, der weiss, dass er sich selber schadet, ohne jedoch die Kraft zu finden, gegen seine eigene Sucht zu kämpfen. Wenn sich neue, elektrisch angetriebene Produkte in unserem Alltag durchsetzen, wird die heutige und zukünftige Atomstrom-Abhängigkeit so stark sein, dass es nie möglich sein wird, rechtzeitig auf die AKW’s zu verzichten. Das Schweizer Volk befindet sich in der Lage eines Rauchers, der Angst vor einem Lungenkrebs hat, aber trotzdem nicht fähig ist, aufzuhören zu rauchen.

 

Es gilt nun, eine effiziente Strategie zur raschen Senkung des Verbrauchs zu definieren. Diese Strategie muss dann auf eine transparente und glaubwürdige Art erläutert werden, bis Volk und Politik bereit sind, sich mit den nötigen finanziellen und personellen Ressourcen zu dotieren.

 

Der Interessenkonflikt zwischen Nuklearausstieg und CO2

Es ist unbestritten, dass gewisse Strategien zum Nuklearausstieg (wie Gaskraftwerke oder Blockheizkraftwerke), eine Erhöhung der CO2-Emissionen verursachen. Umgekehrt haben gewisse Strategien zur Reduktion der CO2 – Emissionen (z.B. Heizungswärmepumpen, aufladbare Elektromobile) den Atomausstieg zu verzögern. Wie soll man mit diesem Interessenkonflikt umgehen?

 

Einerseits befinden sich die Schweizer Atomkraftwerke in unserem Land, andererseits kann sich der atomare Unfall theoretisch morgen ereignen. Der nukleare Ausstieg ist deshalb ein souveräner Entscheid, der uns von einer vielleicht unmittelbaren Katastrophe schützen soll. Hingegen ist die Emission von CO2 global und entwickelt sich langsam. Zudem hängt sie nicht nur von uns ab. Selbst drastische Bemühungen werden nicht verhindern, dass andere Staaten ihren Anteil an die globalen CO2-Emissionen nicht verändern. Somit werden unsere lokale CO2 Reduktion sehr wenig zur Vermeidung vom Treibhauseffekt beitragen.

Diese Abwägung zeigt, dass der atomare Ausstieg prioritär behandelt werden muss. Die Bemühungen um die Reduktion der CO2 – Emissionen, dürfen jedoch nicht nachlassen. Sicher ist, dass alle Lösungen, die erlauben, den Interessenkonflikt zwischen atomarem Ausstieg und CO2-Emissionen umzugehen oder zu vermeiden, dringlich und mit den nötigen Mitteln realisiert werden müssen !

 

Eine Alternative zur atomaren Stromproduktion suchen, ja aber…

Wenn das Wetter kalt und bedeckt ist, produzieren die Photovoltaik – und Windanlagen kaum Strom. Ausgerechnet in dieser klimatischen Situation, braucht es aber grosse Stromleistungen, um die elektrischen Heizungen – insbesondere auch die Wärmepumpen – sowie die Beleuchtungen zu versorgen. Die Öffentliche Meinung ist dessen nicht bewusst und schenkt der erneuerbaren aber klimaabhängigen Stromproduktion als Alternative zum Atomstrom zu viel Vertrauen.

Die Speicherung der Solar- und Windenergie ist eine unabdingbare Bedingung, um sicherzustellen, dass diese klimaabhängigen Techniken wirklich zum Atomausstieg beitragen. Die Stromspeicherung muss mit den nötigen Mitteln Gegenstand eines nationalen Forschungsprojekts werden und vom Bund – nicht nur von einzelnen Initiativen mit begrenzten Mitteln – getragen werden.

Kurzfristig braucht es eine intensive Medienarbeit, um die Möglichkeiten der Solar- und Windenergie zu relativieren und die Dringlichkeit der Umsetzung von Stromsparmassnahmen zu betonen, wenn man den Atomausstieg wirklich erreichen will. Jede nicht verbrauchte Kilowattstunde ist ein vermindertes Risiko, entflieht dem Interessenkonflikt mit der Klimaerwärmung und macht den Atomstrom überflüssiger.

 

Stromsparmassnahmen : Viele Reden aber wenige Taten

Sogar der Bund ist zweideutig: Vor 30 Jahren wurde das Bundesprogramm „RAVEL“ zur Förderung von Stromsparmassnahmen in allen Verbrauchssektoren lanciert. Trotz einem Nachfolgeprogramm ist RAVEL mehr oder weniger in die Schublade verschwunden. Die Regierung und das Parlament scheinen sich nun eher auf die Probleme der Stromproduktion zu konzentrieren und delegieren diejenigen des Stromkonsums an die Kantone, welche mit ungleichen und ungenügenden Mitteln ihre Aufgabe wahrnehmen.

Die Widerstandsstromheizung zum Beispiel ist auf Kantonsebene nur mit einer gewissen Zurückhaltung in Frage gestellt. Aber niemand setzt den Finger auf grosse Stromverbraucher wie die bereits sehr verbreitete Elektrowärmepumpe oder das kommende Elektroauto des Typs „Plug In“.

Die Sanierung von grossen Industriebetrieben mit sehr hohem Stromverbrauch, zum Beispiel bei der Zementindustrie, wird im Einvernehmen mit den Behörden aus wirtschaftlichen Gründen aufgeschoben.

Die Einkaufzentren und Warenhäuser werden selten Gegenstand von Kritiken im Bezug auf ihren Stromverbrauch. Jedoch werden sie mit aufwendigen und farbigen und von weitem sichtbaren Leuchtreklamen ausgerüstet, die auch während der Nacht durchgehend leuchten. Im Sommer bei hohen Aussentemperaturen braucht es eine Jacke um die übertriebene Klimatisierung im Laden – nicht nur bei den Frischprodukten – zu ertragen.

Die meisten Staatlichen Institutionen bekennen sich offiziell zu einem sparsamen Umgang mit der Elektrizität, investieren aber wenig in Massnahmen zur Stromverbrauchsreduktion der öffentlichen Gebäude, der öffentlichen Verkehrsmittel und der technischen Betriebe. Kantonale Statistiken zeigen es, wenn sie überhaupt existieren.

 

Die Finanzierung der Stromsparmassnahmen

Man stellt fest, wie schwer das Verbot von elektrischen Widerstandsheizungen auf kantonaler Ebene durchzusetzen ist. Alles, was die individuelle Freiheit und den freien Verkauf von nützlichen aber „stromfressenden“ Produkten einschränkt, weist eine schlechte Akzeptanz auf.

Der Staat kann aber in bestimmten Fällen seine Verantwortung wahrnehmen und sehr dirigistisch werden: er kann in eigener Kompetenz sehr hohe Summen aus Steuergeldern für Finanzierungen einsetzen, die unter Umständen das Volk in einer entsprechenden Abstimmung vielleicht nicht akzeptiert hätte.

Im atomaren Bereich ist es der Fall, zum Beispiel für die Verteilung von Jodtabletten, die Forschung über die Lebensdauerverlängerung und den Zurückbau der AKW’s und für die Suche nach Lösungen für die langfristige Entsorgung von radioaktiven Abfällen. In finanziellen und monetären Bereichen greift der Staat zur Steuerkasse, sei es für die Rettung der „too big to fail“ Banken oder für die Erhaltung der Frankenparität. Im Gesundheitsbereich ist der Staat auch nicht mehr so liberal: Grosse Summen sind der Krankassenprämienhilfe oder der Verteilung von Impfstoffen gewidmet. Alle diese „Geldgeschenke“ werden in einem fast generellen Konsens verteilt!

Schlussendlich wird im Bereich der Stromversorgung die erneuerbare Produktion von Elektrizität mit einer kostendeckenden Vergütung honoriert.

Sollte nicht der Bund ähnliche Geldsummen für die Finanzierung von flächendeckenden Stromsparmassnahmen verwenden können? Die Senkung des Stromverbrauchs ist eine Voraussetzung und der schnellste Weg zum Atomausstieg. Und dieser wurde beschlossen, um die Gesamtbevölkerung vor einem atomaren Unfall zu schützen. Bevölkerungsschutz ist eine Bundesaufgabe und darf deshalb nicht den Kantonen herabdelegiert werden.

 

Einige konkrete Massnahmen

 

Widerstandselektroheizungen und Elektrowärmepumpen sollen durch Holzpelletsheizungen ersetzt werden.

Darüber zu schweigen, dass die Elektrowärmepumpe eine elektrische Heizung ist: Eine halbe Lüge oder eine halbe Wahrheit?

Machen wir eine kleine Berechnung: Ein Haushalt mit 2 Personen verbraucht jährlich etwa 3- bis 4000 kWh für Beleuchtung, elektrische Geräte und Haustechnik (ohne Beheizung). Für ein kleines, nach den heutigen Normen gebautes Haus mit einer beheizten Fläche von 150 m2, braucht es 10- bis 12’000 kWh an jährlicher Heizenergie. Wenn das Haus mit einer Elektrowärmepumpe mit einem Wirkungsgrad von 300% beheizt wird, braucht es für ihren Antrieb immer noch 3000 kWh. Demzufolge wird der Stromverbrauch dieses Haushaltes verdoppelt! Sollte die Elektrowärmepumpe mit Solarenergie angetrieben werden, bleibt der übrige Stromverbrauch unberührt. Die hier eingesetzte Sonnenenergie hat somit nichts zum Atomausstieg beigetragen. Die Elektrizitätsproduktion – ob erneuerbar oder nicht – muss für die Aufgaben „reserviert“ werden, für welche keine Alternative zum Strom besteht.

Dies bedeutet, dass die Elektrowärmepumpen nicht mehr zu Heizwecken verwendet werden sollten. Ihre Installation in neuen Heizanlagen und ihr Ersatz, nach dem Erreichen ihrer Lebensdauer muss Gegenstand eines Moratoriums werden.

Für ihren Ersatz steht eine gute Lösung zu Verfügung. Die Holzpelletsheizung ist klimaneutral und technisch ausgereift. Die Pelletskessel der letzten Generation weisen dank einer sehr vollständigen Verbrennung minimale Staubwerte auf.

 

 

 

RAVEL Programm wiederaufnehmen und Stromsparmassnahmen subventionieren

Besitzer von bestehenden Wohnhäusern sollen beispielsweise folgende Massnahmen realisieren und dafür entsprechende Subventionen beantragen können:

  • Ersatz sämtlicher Glüh- und Halogenlampen durch LED oder Sparlampen
  • Ersatz der Heizungs-Umwälzpumpen durch kleinere, korrekt dimensionierte Pumpen
  • Vorgezogener Ersatz aller Haushaltsgeräte älterer Generation durch sparsame und geprüfte Geräte

 

Im Bereich der Warenhäuser, zusätzlich:

  • Im Sommer Raumtemperaturen in Einkaufszentren und Supermärkten ausserhalb des Frischproduktbereichs erhöhen. Aussentemperatur nie um mehr als 6°C unterschreiten.
  • Luftmengen und Betriebszeiten der Ventilationsanlagen überdenken und genauer an die effektiven Bedürfnisse anpassen
  • Leuchtreklamen kleiner dimensionieren, mit LED oder Sparlampen ausrüsten und nachts abstellen.

 

Solche Massnahmen können auch flächendenkend in sämtlichen öffentlichen Gebäuden realisiert werden.

Das technische Sparpotential soll zudem in den öffentlichen Technischen- und Verkehrsbetrieben, in der Industrie und im gewerblichen Bereich aufgrund von spezifischen zielgerichteten Studien ausgeschöpft werden.

 

Soll das oben genannte Stromsparpotential flächendeckend ausgeschöpft werden, ist es unerlässlich und dringlich, über die Dimension des gesamten Vorhabens nachzudenken: Die beträchtlichen personellen und finanziellen Ressourcen müssen erfasst und bereitgestellt werden, keine kleine Aufgabe!

Für die finanzielle Mittel: warum nicht das System der kostendeckenden Einspeisevergütung um die Stromsparmassnahmen erweitern? Eine gesparte Kilowattstunde kann im Prinzip einer produzierten Kilowattstunde gleichgestellt werden. Es wäre denkbar und zielgerichtet, zum Beispiel den vorgezogenen Kühlschrankersatz, oder den Ersatz von sämtlichen Glüh- und Halogenlampen durch LED’s, oder den Ersatz einer Elektrowärmepumpe durch einen Holzpelletskessel, auf die gleiche Art und Weise wie heute dreifach verglaste Fenster oder Aussenfassadenisolationen, zu subventionieren.

 

Den Anmarsch des Elektromobils stoppen

Solange die Speicherung der klimaabhängigen, erneuerbaren Stromproduktionen nicht befriedigend realisierbar ist, wird das Elektroauto ein Mehrfaches der für die Beleuchtung und die Haushaltgeräte verwendeten Strommengen beanspruchen. In unserem obigen Berechnungsbeispiel würde ein Elektroauto mit einem realistischen Verbrauch von 6000 kWh/a den ursprünglichen Stromverbrauch des Haushaltes verdreifachen! Sollte sich das Elektroauto schnell ausbreiten, ist eine globale Senkung des Strombedarfs und somit der atomare Ausstieg unerreichbar.

Das Elektroauto darf wie die Elektropumpe nur mit Solarstrom angetrieben werden, und zwar erst nachdem die Senkung des Stromverbrauchs bereits zum atomaren Ausstieg geführt hat.

 

Klimatisierungstechnik überdenken

Die Klimatisierung ist sehr stromintensiv. Mit einer knapp dimensionierten, bedarfsabhängigen Auslegung der Luftmengen und der Temperaturschwellen kann ein beträchtliches Potential an Stromeinsparungen in den öffentlichen Bauten, im Gewerbe und in der Industrie ausgeschöpft werden.

In vielen Fällen kann die zugeführte Luft in Wärmeaustausch-systeme (Erdluftregister und ähnliche Systeme) , die ohne Wärmepumpe, das heisst praktisch ohne Stromeinsatz, einen thermischen Austausch zwischen Erdreich und Luft bewirken, im Winter vorgewärmt und im Sommer gekühlt werden.

 

Gebäudeautomation fördern

Die computergestützte Gebäudeautomation liegt im Trend, setzt sich aber aus Kostengründen nur langsam durch. Sie trägt zur sparsamen Regulierung der Heizung, des Lichtes, der Klimatisierung und des Sonnenschutzes bei, weil sie sich am besten dem reellen Bedarf anpasst und somit jeden überflüssigen Energieeinsatz verhindert. Dieser Branche fehlt es heute an Unterstützung und an personellen Ressourcen und sollte gefördert werden.

 

Kurzfristige Strategie

 

Die Realisierung der Stromsparmassnahmen ist ein Wirtschaftsmotor

Einerseits bedeutet der atomare Ausstieg die Aufgabe von Aktivitäten, das heisst von Arbeitsplätzen in bestimmten Bereichen (Kraftwerkbau, Wärmepumpen- und Elektromobilhandel). Andererseits sollten die technischen Stromsparmassnahmen ein beträchtliches Arbeitsvolumen schaffen und somit eine Vielzahl von Branchen mobilisieren und Arbeitsplätze erzeugen können.

 

Die einzusetzenden Berufsgattungen fördern

Leider hält sich unsere Jugend oft von den Karrieren in technischen Berufen fern. Den grossen Herausforderungen im Bereich der Gebäudetechnik scheint es an Attraktivität zu mangeln.

Auf dieser Ebene muss bei einem jungen Zielpublikum eine pädagogische Medienarbeit geleistet werden, die ein Bild des atomaren Ausstiegs vermittelt, das sich nicht damit begnügt, zu denunzieren und zu protestieren, sondern die Dimension eines in die Zukunft gerichteten und sinnvollen Berufs vermittelt.

 

Grossflächige nationale Sensibilisierungskampagnen

Die Aufgabe, Strom einzusparen, um die Angst vor einem atomaren Unfall zu überwinden, ist eine Volksaufgabe! Mit grossflächigen Kampagnen wie denjenigen gegen AIDS, könnte eine solche Botschaft vermittelt werden. Nur mit solchen Mitteln können die öffentliche Meinung und die Politik verstehen, wo die Logik liegt. Will man sich wirklich von dieser „Zauberlehrlingstechnologie“ entfernen, darf man nicht mehr mit gut schweizerischen Kompromissen und halben Wahrheiten, sondern muss mit beeindruckenden und überzeugenden Argumenten kommunizieren.

In diesen Medienkampagnen muss man auch Klarheit über die reellen Kosten der Atomkraftwerke schaffen, das heisst, die Kosten für ihren Rückbau und für die definitive Entsorgung der radioaktiven Abfälle berücksichtigen, und die bisherigen halben Wahrheiten deutlich und laut ergänzen. Dabei muss man auch zeigen, dass die technischen Stromsparmassnahmen nicht teurer werden als die unsinnige Lebensdauerverlängerung der bestehenden AKW’s.

Der atomare Ausstieg ist oft mit dem Bild eines alternativen, sogar marginalen Lebensstils in Verbindung gesetzt worden. Zudem wenden sich die antiatomaren Botschaften meistens an bereits überzeugte Bevölkerungsschichten. Sie mangeln an Glaubwürdigkeit bei der Mehrheit der Bevölkerung, die befürchtet, dass der atomare Ausstieg einen Verzicht auf den vielfältigen Komfort bedeutet, welchen die Elektrizität bietet. Die Botschaft des atomaren Ausstiegs muss über diesen Punkt beruhigend wirken.

 

Eine gewichtige politische Bewegung schaffen

Sensibilisierungskampagnen sind die Vorstufe einer überparteilichen politischen Bewegung, ohne welche nichts realisiert werden kann. Die bevorstehenden Entscheidungen sind so schwerwiegend, dass man zuerst eine Schockwirkung befürchten muss, die aber mit konstruktiven und glaubwürdigen Vorschlägen sofort gedämpft werden kann. So kann eine in die Zukunft gerichtete, dynamische Bewegung entstehen.

Folgende Phasen sind in Betracht zu ziehen:

  • Zuerst einen soliden und aus anerkannten Persönlichkeiten bestehenden Kern schaffen
  • Multiplikatoren ausbilden, die den Willen für eine rasche politische Aktion ausbreiten
  • Soziale Netzwerke nutzen
  • Sich mit anderen antiatomaren Bewegungen verbinden (Observatoire du nucléaire, Greenpeace, WWF usw…)
  • Eine Medienkampagne mit klaren und glaubwürdigen Slogans starten.

 

Die nötigen Gesetze und Verordnungen erlassen

Ohne staatlichen Eingriff (Interventionismus) wird es nicht möglich sein, den vorgezogenen Ausstieg zu erwirken. Zum Beispiel müssen:

  • Nicht nur elektrische Widerstandsheizungen verboten, sondern auch ein Moratorium über Elektrowärmepumpen und andere Produkte, die ihre Aufgabe mit anderen Energieformen als Strom erfüllen können, erlassen werden.
  • Die Einführung der Elektroautos gesetzlich beschränkt werden.

Diese Art von Massnahmen ist diskriminierend und in Widerspruch mit dem freien Markt. Ohne politischen Konsens können demzufolge die oben genannten Verbote nicht erlassen werden. Eine Utopie?

 

Kurzfristige Finanzierung der Stromsparmassnahmen

Wenn der Gesetzgeber die Betreiber von Anlagen zwingt, diese kurzfristig und vor dem Erreichen ihrer Lebensdauer zu ersetzen, muss er einen grossen Teil der Investitionen subventionieren. Er muss zudem die von den gesetzlichen Einschränkungen betroffenen Wirtschaftszweige unterstützen. Er muss für die Finanzierung von gezielten Studien über mögliche Stromsparmassnahmen in Industrie und Gewerbe sorgen. Und er muss über die Finanzierung der Realisierung der Massnahmen verhandeln. Er muss demzufolge sehr rasch mit den nötigen Kompetenzen und personellen Ressourcen versehen werden.

Diese Forderung kann wiederum vielleicht utopisch scheinen. Aber das ist der einzige Weg, um den Ausstiegsprozess zu beschleunigen.

 

Schlussfolgerung

 

Der atomare Ausstieg kann nicht mit schwach greifenden Stromsparmassnahmen und schönen Reden erreicht und schon gar nicht beschleunigt werden. Nur die Gefahren der veralteten AKW’s zu denunzieren, genügt noch weniger. Die obigen Überlegungen und Vorschläge scheinen vielleicht auf den ersten Blick masslos. Aber gegen den extremen Druck, den die Atomlobby ausübt, um die Nukleartechnologie zu fördern und sowohl Fukushima als auch die Probleme der Entsorgung der radioaktiven Abfälle in Vergessenheit zu bringen, genügt ein helvetischer Kompromiss sicherlich nicht!

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Sortir du nucléaire: Accorder la priorité à la baisse de consommation d’électricité

Jean-Philippe Scalbert, Ing.Dipl. Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich

 

La sortie du nucléaire : oui mais quand ?

Une grande partie de la population Suisse se sent menacée par un danger imminent, car elle estime que l’accident nucléaire peut arriver demain, aussi bien en Suisse qu’en Ukraine ou au Japon. L’autre partie de la population ne ressent pas cette angoisse, car elle a confiance dans la capacité des responsables Suisses (et Français ?) à éliminer totalement le risque d’un accident nucléaire majeur sur notre territoire. Le conflit autour des centrales nucléaires est celui de deux croyances opposées donc à la base, presque une guerre de religions.

Actuellement les défenseurs du nucléaire imposent leur «religion» et soumettent leurs adversaires à un sentiment d’insécurité latent.

Et pourtant le peuple a décidé de préserver sa propre sécurité en votant pour la sortie du nucléaire en 2012. Mais les défenseurs du nucléaire ont repris les rennes en main :l’effet Fukushima s’estompe déjà, et autour du débat sur la Stratégie Energétique 2050, le gouvernement et les chambres fédérales semblent plus soucieux de prolonger la vie des centrales vieillissantes, de soutenir les modes de productions d’énergie renouvelables et même de promouvoir des produits très gourmands en électricité comme la pompe à chaleur ou la voiture électrique rechargeable (plug-in) que de se focaliser sur ce qui est vraiment l’essentiel : réduire la consommation.

 

La population se trouve dans la situation du fumeur qui sait qu’il se fait du mal, mais n’est pas en mesure d’arrêter de consommer. Si de nouveaux produits électriques s’imposent dans notre vie courante, la dépendance à l’électricité actuelle et celle du futur, sont telles qu’il ne sera pas possible de renoncer au nucléaire dans les délais fixés. Donc le peuple qui souhaite en majorité se libérer de son angoisse, n’arrive pas à agir en conséquence, tel le fumeur qui, en continuant à fumer, ne peut se départir de son angoisse de cancer du poumon.

Il faut donc définir une stratégie efficace, pour réduire la consommation dans les délais les plus courts et il faut expliquer cette stratégie de façon transparente et crédible jusqu’à ce que le peuple et ses représentants politiques soient prêts à se doter des moyens nécessaires.

 

Conflit d’intérêt entre la sortie du nucléaire et le CO2

Il est un fait indéniable que certaines stratégies de sortie du nucléaire (par exemple les centrales à gaz ou le couplage chaleur force) ont pour conséquence une augmentation de la production de CO2. D’autre part certaines stratégies de diminution des émissions de CO2 (par exemple pompes à chaleur et voitures électriques rechargeables) ont pour effet de retarder la sortie du nucléaire. Que faire face à ce conflit d’intérêt?

Les centrales nucléaires suisses étant situées sur notre territoire et l’accident nucléaire pouvant arriver demain, sortir du nucléaire est une décision souveraine, destinée à nous protéger d’un danger peut-être imminent. Par contre la production de CO2, elle, est globale, elle évolue lentement, et surtout, sa réduction ne dépend pas seulement de nous. Même des efforts drastiques en Suisse n’empêcheront pas les autres Etats de continuer ou non à produire leur quote-part de CO2 et l’effet de serre ne sera que très peu ralenti par nos efforts. Cette analyse montre donc clairement que la priorité est à accorder à la sortie du nucléaire, sans pour autant négliger les efforts de réduction des émissions de CO2. Et les solutions qui sont en mesure de contourner ou d’éviter le conflit d’intérêt entre sortie du nucléaire et réduction du CO2 sont, bien sûr, à favoriser.

 

Chercher une alternative à la production nucléaire, oui mais…

Lorsque le soleil ne brille pas et en l’absence de vent la production de courant solaire et éolien est quasiment nulle. S’il fait froid et sombre, il faut pourtant du courant électrique pour alimenter les chauffages électriques, y compris les pompes à chaleur, et également pour l’éclairage. Si les conditions climatiques sont défavorables, il n’est donc pas possible de renoncer au nucléaire pour couvrir les pointes de consommation! L’opinion publique n’est absolument pas consciente de ce fait.

Le stockage de l’énergie solaire et de l’éolien, est une condition incontournable pour assurer que ces techniques dépendantes des conditions climatiques contribuent vraiment à la diminution de la puissance de production nécessaire pour couvrir les pointes de consommation, Ce stockage doit donc être l’objet d’une recherche intense et centralisée et non pas d’initiatives plus ou moins isolées, comme à l’heure actuelle.

Et dans l’immédiat, il faut faire comprendre à la population que la photovoltaïque et l’éolien ne contribuent pour l’instant que très peu à la sortie du nucléaire et qu’il faut donc se focaliser de façon urgentissime sur les économies de courant. Chaque kWh non consommé est un risque de moins, échappe au conflit d’intérêt avec le réchauffement climatique, et rendra effectivement le nucléaire obsolète.

 

 

 

Réduction de la consommation : des paroles mais peu d’actes

Même la Confédération est ambiguë : il y a trente ans, elle a lancé le programme « RAVEL » (Rationelle Verwendung der Elektrizität) qui se concentrait sur les méthodes de réduction de la consommation électrique. Ce programme est plus ou moins retourné dans les tiroirs et le gouvernement et le parlement semblent se concentrer maintenant plutôt sur les problèmes de la production électrique que sur ceux de la consommation.

On se demande comment les objectifs d’économie de courant confirmés à la suite des débats du Conseils National sur la Stratégie Energétique 2050 de 3% jusqu’en 2020 et de 13% jusqu’en 2035 nous mènerons à substituer les 37% d’énergie électrique fournie actuellement par les centrales nucléaires ! Et le Conseil Fédéral délègue la responsabilité de ces économies non seulement aux Cantons mais en plus aux distributeurs de courant qui doivent baisser leur chiffre d’affaire pour bénéficier d’un bonus…

Le chauffage à résistance est remis en question à l’échelon cantonal, mais avec « des pincettes ». Par contre, personne ne met le doigt sur le gros consommateurs de courant électrique que sont les pompes à chaleur, déjà très répandues, et les voitures électriques, en passe de s’imposer sur nos routes.

Certaines industries extrêmement gourmandes en électricité passent au travers de mesures d’assainissement pour des raisons économiques. C’est le cas par exemple de l’industrie du ciment.

Le commerce en grandes surfaces n’est que rarement montré du doigt: Coop, Migros, Manor, Jumbo, Aldi et les autres s’équipent d’enseignes lumineuses rutilantes qui éclairent la lanterne des insomniaques. En été il règne dans les magasins des températures si basses qu’il faut prendre une veste pour y faire ses emplettes.

Les pouvoirs publics n’investissent que très peu dans les mesures de réduction de consommation électrique des bâtiments, de l’éclairage et des transports publics. Les statistiques cantonales, lorsqu’elles existent, le prouvent.

 

Le financement des mesures d’économie

On voit à quel point il est difficile à l’échelon cantonal de faire interdire les chauffages électriques à résistance. Tout ce qui tend à mettre un frein à la liberté individuelle et au commerce de produits utiles mais gourmands en électricité est mal accepté.

Mais l’Etat, tout libéral qu’il soit, sait parfois prendre ses responsabilités et devenir très dirigiste : il engage sur le dos du contribuable des sommes faramineuses pour des financements, dont on se demande s’ils seraient approuvés par le peuple, si le gouvernement et les chambres n’en avaient pas les compétences nécessaires.

C’est le cas notamment du nucléaire, par exemple pour distribuer des pastilles d’iode, pour les recherches sur le démantèlement des centrales, sur la prolongation de leur durée de vie, sur l’enfouissement des déchets. C’est aussi le cas pour d’autres domaines comme celui de la politique monétaire et financière de la Confédération. Citons-là le sauvetage des banques « too big to fail » ou le maintien de la parité du franc suisse. Dans le domaine de la santé également, de grosses sommes sont allouées aux subsides pour les primes d’assurance maladie ou pour distribuer des vaccins à la population. Toutes ces « mannes » sont distribuées dans un consensus à peu près général.

Et finalement, dans le domaine de l’approvisionnement en électricité, la production d’énergie renouvelable bénéficie de la rétribution à prix coûtant (RPC).

La Confédération ne devrait-elle pas pouvoir investir des sommes équivalentes dans le financement de mesures de réduction de consommation d’électricité sur l’ensemble du territoire et pour l’ensemble des usagers? Une baisse substantielle de la demande en électricité est la condition nécessaire et le chemin le plus rapide pour la sortie du nucléaire qui, rappelons-le, a été décidée pour protéger le peuple suisse contre un accident nucléaire. Or la protection de la population contre les catastrophes est une responsabilité nationale et ne doit pas être déléguée aux cantons et encore moins à des fournisseurs d’électricité.

 

Quelques propositions concrètes :

 

Remplacer les chauffages électriques et les pompes à chaleur par des chaudières à pellets

C’est bien ne dire que la moitié de la vérité que de taire que la pompe à chaleur est un chauffage électrique. Il suffit de faire le calcul suivant : un ménage de 2 personnes consomme par an en moyenne de 3 à 4000 kWh de courant électrique. Pour le chauffage d’une maison de 150 m2 aux normes actuelles, il faut 10 à 12000 kWh par an. Si le chauffage s’effectue avec une pompe à chaleur qui « pompe » 2/3 de cette énergie à l’environnement, elle aura besoin de 3 à 4000 kWh supplémentaires pour entraîner le compresseur électrique de la pompe à chaleur. Donc la consommation du ménage sera doublée… Même en admettant qu’elle soit alimentée uniquement par du solaire on aura un statu quo, et non une diminution. Si ce ménage prend sur lui l’équipement de panneaux solaire, c’est à l’éclairage et aux appareils ménagers et multimédias qu’il doit le consacrer, pas à une pompe à chaleur, si l’on veut diminuer vraiment la consommation. De manière générale l’électricité doit être réservée à l’alimentation d’installations qui ne peuvent fonctionner autrement qu’avec du courant électrique. Il faut donc le plus rapidement possible réduire le parc de pompes à chaleur, et décréter un moratoire pour leur installation dans des centrales de chauffages neuves, ou leur remplacement lorsqu’elles ont atteint leur durée de vie.

Il existe pour cela une solution de substitution vraiment efficace et neutre sur le plan de l’effet de serre : le chauffage au bois. Les chaudières à pellets ont atteint aujourd’hui un degré de maturité équivalent à celui des chaudières à combustibles fossiles et n’émettent pratiquement plus de poussières, contrairement à l’idée reçue. De plus le bois étant un combustible neutre quant à l’effet de serre, il permet de contourner le conflit d’intérêt cité plus haut.

 

Reprendre, actualiser et forcer le programme RAVEL et en subventionner les mesures

Pour les particuliers propriétaires de maison existantes, les mesures à appliquer et à subventionner seraient par exemple :

  • Remplacement de toutes les lampes à incandescences et halogènes par du LED ou de la basse consommation.
  • Redimensionnement des pompes de circulation de l’eau de chauffage
  • Remplacement accéléré de tous les appareils ménagers anciens par des produits économes

 

Pour le commerce, en plus:

  • Elever les températures dans les grandes surfaces et les centres commerciaux en été. Se limiter aux produits frais et ne pas descendre à plus de 6° en dessous de la température extérieure
  • Repenser les durées et les quantités d’air de ventilation
  • Equiper les enseignes lumineuses de lampes LED ou à basse consommation, rester un peu modeste dans les dimensions et les éteindre la nuit

 

Ce genre de mesures s’applique bien sûr à l’ensemble des bâtiments publics.

Le potentiel technique d’économies doit être exploité dans les installations techniques gérées par les pouvoirs publics, dans les transports publics ainsi que dans les entreprises du tertiaire, de l’artisanat et de l’industrie. Pour cela des études spécifiques et ciblées sont à initier dans les plus brefs délais et la réalisation des mesures techniques à mettre en œuvre en première priorité.

 

Il est indispensable et urgent de réfléchir sur la dimension du chantier, donc sur les besoins en ressources humaines et en financement, que représenterait la réalisation exhaustive et rapide de telles mesures d’économie d’électricité ! En ce qui concerne le financement, pourquoi ne pas étendre le RPC aux mesures d’économie qui mènent à une « non consommation de courant » (ce qui revient à une production renouvelable) ? C’est à dire subventionner le remplacement prématuré d’un réfrigérateur gourmand par un appareil AA+++, de lampes halogènes ou à incandescence par des LED ou des lampes économiques, ou celui d’une pompe à chaleur par une chaudière à bois, de la même manière que l’isolation de façades ou les fenêtres à triple vitrage sont aujourd’hui subventionnées?

 

Stopper la promotion de la voiture électrique

Tant que la question du stockage n’est pas résolue, il faut s’abstenir de promouvoir la voiture électrique. Les quantités de courant que celle-ci sollicitera sont énormes et enrayeront tout effort de sortir du nucléaire. La aussi un petit calcul montrerait que notre ménage triplerait sa consommation avec une voiture électrique même en ne l’utilisant que 6000 km par an ! La voiture électrique comme la pompe à chaleur ne sont admissibles que si le courant qui l’alimente est solaire ou éolien, et si les économies ont déjà conduit à la sortie du nucléaire.

 

Repenser les techniques de climatisation

La climatisation est un « gouffre » d’électricité. Avec une gestion parcimonieuse des systèmes de ventilation et des seuils de températures il y a un énorme potentiel de réduction à exploiter. Dans bien des cas il est possible de rafraichir des bâtiments en été et de préchauffer l’air dans des systèmes d’échangeurs thermiques sol/air du type puits canadien ou apparentés et de faire 90% d’économie de courant par rapport à la climatisation avec compresseurs électriques.

 

Promouvoir les systèmes domotiques

La domotique est au goût du jour. Et elle permet de gérer le chauffage, l’éclairage et la climatisation de manière optimale et d’adapter la consommation aux besoins réels. Il est donc opportun de promouvoir cette branche qui dispose encore de très peu de capacités en ressources humaines.

 

Stratégie à court terme

Faire des mesures pour sortir du nucléaire un immense moteur économique

Sortir du nucléaire implique des abandons d’activités donc d’emplois en certains domaines (industrie nucléaire, commerce de pompes à chaleur et de voitures électrique), mais pour atteindre cet objectif il faut mobiliser une multitude de corps de métiers. Il est vraisemblable que le bilan quant à l’emploi et les retombées économique soit positif.

 

Promouvoir les métiers de la branche

Malheureusement nos jeunes boudent souvent la carrière d’ingénieur et les métiers de la technique du bâtiment. Les grands défis technologiques n’ont à leurs yeux plus d’attractivité.

Sur ce plan il y a à mener un travail pédagogique et médiatique visant à donner auprès des jeunes l’image d’un désengagement nucléaire qui ne se contente pas de dénoncer et de protester mais qui inclue la dimension d’une profession d’avenir et pleine de sens.

 

Lancer des campagnes nationales de sensibilisation

L’objectif d’économiser suffisamment d’électricité pour pouvoir vraiment se passer de centrales nucléaires est une entreprise nationale ! Avec des campagnes nationales de la dimension de la campagne contre le SIDA il serait possible de faire changer l’opinion publique et les choix politiques. L’heure n’est plus à la mesure et au compromis helvétique, il faut des coups de gueule et des coups de poings médiatiques !

Dans ces campagnes, il faut aussi être clair sur la moitié de la vérité qui n’est pas dite concernant le prix réel des centrales nucléaires en tenant compte de leur démantèlement, de l’enfouissement des déchets et de montrer que les mesures décrites ci-dessus ne seront pas plus chères que l’absurde prolongement de la vie des centrales vieillissantes.

Le désengagement nucléaire est souvent associé à l’idée d’un mode de vie alternatif, voire marginal. Les messages anti-nucléaires s’adressent quant à eux trop souvent à des groupes de personnes déjà convaincues et manquent de crédibilité auprès de la majorité de la population, qui craint que la sortie du nucléaire ne signifie un renoncement au confort que l’électricité lui procure. Le message sur la sortie du nucléaire doit donc être crédible et rassurant sur ce point.

 

Créer un mouvement politique massif

Les campagnes de sensibilisation sont nécessaires pour forger l’opinion publique, mais sans un profond mouvement politique rien ne sera possible. Les décisions à prendre sont tellement difficiles à accepter, qu’il faudra aller même jusqu’à choquer dans un premier temps, mais sans omettre de faire simultanément les propositions qui permettront d’atténuer l’impact du choc et de le transformer en un mouvement constructif et dynamique vers l’avenir.

Les phases suivantes sont à envisager :

  • Créer un noyau fort, reconnu et crédible
  • Former des multiplicateurs qui répandront la volonté politique d’agir rapidement
  • Utiliser les réseaux sociaux
  • S’associer à d’autres associations, entre autres l’observatoire du nucléaire (Stéphane Lhomme), Greenpeace, WWF, etc.
  • Lancer une campagne couvrant la Suisse de slogans clairs et crédibles

 

Se doter des lois et ordonnances nécessaires

Sans interventionnisme il sera impossible d’accélérer la sortie du nucléaire, ni même de l’atteindre. Par exemple :

  • Il faut non seulement interdire les chauffages à résistance mais aussi décréter un moratoire sur les pompes à chaleur et les autres produits pouvant être alimentés autrement qu’avec de l’électricité
  • Il faut stopper pour le moment l’introduction à grande échelle de la voiture électrique

 

Ce genre de mesures absolument discriminatoires du point de vue de la liberté du marché n’est applicable qu’avec un consensus politique. Est-ce une utopie ?

 

Assurer le financement des mesures à court terme

Si le législateur oblige l’utilisateur à remplacer des installations à très court terme, il doit en assurer pratiquement la totalité de l’investissement. Il doit également soutenir les branches économiques lésées par de telles mesures, et assurer l’étude de mesures de réduction de consommation dans l’industrie et le commerce. Et il lui faut aussi trouver des accords financiers pour leur réalisation à court terme. Il doit donc être muni des compétences et des ressources humaines qui lui permettront d’agir rapidement.

 

Là aussi, on peut se demander si on se trouve dans le domaine de l’utopie mais il n’y a pas d’autres voie pour aller vite, et – rappelons le – il s’agit ici de se donner les moyens non seulement de respecter mais d’accélérer les délais fixés pour une sortie du nucléaire, qui sur le principe est déjà décidée.

 

Conclusion

Ce n’est pas avec des demi-mesures et des bonnes paroles que l’objectif de sortir du nucléaire rapidement est atteignable. Dénoncer les dangers et les coûts liés aux centrales vieillissantes ne suffit pas non plus. Les réflexions et les mesures proposées ici peuvent paraître démesurées mais face à la débauche de moyens engagés pour promouvoir le nucléaire, et à faire oublier Fukushima et les problèmes liés à l’enfouissement de déchets radioactifs, il n’est pas suffisant d’opposer un compromis helvétique !

 

 

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Electronucléaire: le poids des lobbys

Electronucléaire: le poids des lobbys
Philippe Bach
Editorial du journal Le Courrier, du 28 août 2014.

Du bon usage des annonces discrètes. La commission de l’environnement du Conseil national a voté mardi soir sur la loi sur l’énergie nucléaire que les autorités fédérales entendent modifier. Ceci pour permettre une sortie à terme de la filière électronucléaire.

Mais c’est bien à une opération consistant à vider cette réforme législative – pourtant déjà bien timide car trop étalée dans le temps – de son sens que les parlementaires se sont livrés. Cette danse du ventre visant à faire passer un blanc-seing au lobby électronucléaire pour un renforcement de la législation suisse en la matière est une catastrophe pour la population, l’environnement, le devenir économique de la Suisse et le bon fonctionnement de nos institutions.

Une majorité de parlementaires a donc cru bon de prendre une hypothèque sur la sécurité des Suisses (et des pays voisins). Plusieurs centrales helvétiques sont en bout de course. Beznau, qui soufflera sa quarante-cinquième bougie lundi, a même le douteux privilège d’être le plus vieux réacteur du monde encore en fonction. Or, dans les faits, les parlementaires proposent purement et simplement de leur accorder des durées de vie illimitées.

Ceci alors que ces installations souffrent de problèmes maintes fois dénoncés, à commencer par les microfissures sur le dôme de confinement de la centrale bernoise. Et même à Leibstadt, il a fallu six ans pour que l’autorité de surveillance se rende compte que l’enceinte de confinement avait été percée et n’était donc plus étanche – afin d’y fixer… des extincteurs ! Plus on attend, plus le risque d’une catastrophe augmente. Les coûts générés par celle de Fukushima sont d’ores et déjà évalués à près de 100 milliards de francs. (1)

La volonté de faire tourner le plus longtemps possible ces centrales nucléaires helvétiques vise évidemment à contenter les lobbys économiques toujours soucieux de pouvoir compter sur un approvisionnement électrique. Mais en refusant de tourner la page, la droite inféodée au lobby électronucléaire bloque en fait l’émergence de modes de production alternatifs. Elle hypothèque les conditions cadres de la Suisse de demain.

Enfin, on assiste une nouvelle fois à un double discours. Les partis bourgeois, qui font la pluie et le beau temps en Suisse, récusent la bouche en cœur le qualificatif de nucléocrate. Mais, au pied du mur, la vraie nature de ces cuistres affouragés par la puissante industrie de l’atome se révèle. C’est peut-être l’aspect le moins choquant ou en tous les cas le moins étonnant de ce triste spectacle.

1. Dépêche de l’AFP du mercredi 27 août.

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Lettre ouverte aux Amis de la Terre France Août 2014

Marie-Christine Gamberini
Août 2014

En octobre 2014, trente-trois réacteurs électronucléaires en France sur cinquante-huit auront 30 ans ou plus. Il y en avait vingt et un au début du mandat du président Hollande, et seulement deux au début du Grenelle de l’Environnement. Sans sursaut des écologistes antinucléaires, il risque d’y en avoir quarante-six dès novembre 2017.

Pour tâcher de s’extraire de l’impasse atomique et cesser de banaliser le désastre en cours au Japon, il faut un coup d’arrêt à la production anthropique massive de radioactivité.

Pour cela, il faut exiger enfin en France, de toute urgence et en attendant mieux, le remplacement transitoire des réacteurs nucléaires par des centrales thermiques à flamme. A gaz et même, si nécessaire, en partie au fioul et au charbon.

Ce n’est pas antagonique, bien au contraire, avec l’adaptation au changement climatique et la lutte contre son aggravation. Et c’est essentiel pour la préservation de la vie sur terre, ainsi que pour celle d’une démocratie en France.
Plus vite ça se fera, mieux ce sera. Y compris pour le climat. Il est de la responsabilité historique des Amis de la Terre de le dire, et de le faire comprendre autour d’eux.

Chers Amis de la Terre,

« Soit le nucléaire c’est dangereux, soit ce n’est pas dangereux. Si le nucléaire est dangereux, il faut fermer, il ne faut pas simplement fermer Fessenheim. »

Nicolas Sarkozy,
reprenant un argument habituel d’Anne Lauvergeon
lors du débat de la présidentielle 2012 avec François Hollande

En mars 2011, deux jours avant le début du désastre radioactif planétaire, évolutif et pérenne que l’on nomme ici “Fukushima” — tragiquement aggravé, ne l’oublions pas, par la présence de MOX français —, Fabrice Nicolino annonçait sur son blog la parution imminente de son livre Qui a tué l’écologie ?

Dans cet ouvrage, où le volet atomique était quasi absent (comme quoi il y avait déjà de quoi faire sans…), ce fin connaisseur du petit milieu de la défense de l’environnement s’en prenait frontalement aux grandes ONG écologistes que sont Greenpeace, le WWF, la fondation Hulot et la Fédération France Nature Environnement.

Les Amis de la Terre, eux, étaient relativement épargnés. Alors à juste titre, je pense. Si ma mémoire est bonne, Nicolino les avait qualifiés de “petite association digne”, ce qui, dans le contexte du naufrage prolongé que fut le Grenelle de l’Environnement, avait déjà l’immense mérite de ne pas être infamant.

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Aujourd’hui, alors que les Amis de la Terre siègent dans un ronflant Conseil national de la transition écologique, et que deux ans de débats officiels sur “la” transition énergétique s’apprêtent, en matière de nucléaire et même d’écologie, à accoucher de leur prévisible souris souffreteuse, où en sommes-nous ?

Force est de constater que dans notre pays — le plus nucléarisé et le plus nucléarisant de la planète — le mouvement antinucléaire est en train de perdre.
Embourbé dans contradictions insurmontables, miné par des interprétations de plus en plus déconnectées du réel, unilatérales et parfois stupidement idéologiques du slogan “Ni nucléaire ni effet de serre”, qui avait pourtant pu sembler frappé au coin du bon sens. Des interprétations en tout cas étrangères au sens des proportions et aux véritables priorités autour desquelles il importerait de rassembler.

Ces contradictions, je ne désespère pas que vous déteniez encore les clés pour les lever, et surtout la volonté de le faire. L’héritage symbolique de longue date dont vous êtes dépositaires en matière d’écologie humaniste fait que des prises de position fermes et courageuses de votre part, tranchant avec la vulgate dominante, auraient un poids réel. Cet héritage, c’est celui des Amis de la Terre qui créèrent la première association écologiste non strictement scientifique en France, qui soutinrent en 1974 la campagne présidentielle de l’agronome René Dumont — première irruption dans le champ politique d’une écologie égalitaire et tiers-mondiste — et qui jugèrent bon de publier chez Stock en 1975 les 430 pages de L’escroquerie nucléaire, incluant les analyses d’André Gorz sur l’électrofascisme.

C’est aussi celui de ceux qui — pourtant peu suspects de climatoscepticisme — concluaient encore en 2002, dans le sous-chapitre intitulé “Le recours transitoire aux énergies fossiles” de La mort s’exporte bien (petit livre paru à l’occasion du 16e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, sur le lobbying éhonté de l’Etat français pour faire financer, au titre de la coopération internationale, le maintien en activité et la construction de contrales nucléaires dans les pays de l’Est) :

« La combustion des énergies fossiles est une des causes principales de l’effet de serre ; les centrales thermiques au charbon sont responsables d’une grande partie de la pollution dans ces régions, notamment en République tchèque. L’utilisation de ces énergies est donc loin d’être idéale sur le plan environnemental. Cependant, il convient de noter que les techniques actuelles permettent de limiter les rejets de gaz et de particules dans l’atmosphère, tout en rendant le travail des mineurs moins dangereux. Mais surtout, la pollution et les risques engendrés sur la population et les travailleurs par une utilisation améliorée des énergies fossiles sont incomparables avec ceux nés de l’exploitation de centrales nucléaires […]. Si, dans un premier temps, en attendant le développement des énergies renouvelables, un choix doit être opéré entre le nucléaire et les énergies fossiles, l’hésitation n’a pas lieu d’être. »

S’il est un endroit où il devient désormais vital d’opérer et d’assumer ce choix, pour les sept milliards de terriens d’aujourd’hui et pour ceux à venir, sous peine de cautionner maintenant et plus tard les pires crimes contre l’humanité, c’est bien la France, qui exploite en ce moment à elle toute seule plus du cinquième des 380 réacteurs nucléaires en service effectif dans le monde (dont ceux de la Belgique et du Royaume-Uni) et où, dès octobre 2014, 33 réacteurs nucléaires sur 58 auront déjà atteint ou dépassé 30 ans.

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Fin 2016, si aucun n’est mis à l’arrêt définitif, leur nombre passera à 42. Plus des 2/3 de la puissance du parc français. Un total provisoire de 41 400 MW, réparti dans treize de “nos” dix-neuf centrales atomiques — Fessenheim, Bugey, Dampierre, Gravelines, Tricastin, Saint-Laurent, Blayais, Chinon, Cruas, Paluel, Saint-Alban, Flamanville et Cattenom — en attendant Belleville et Nogent-sur-Seine dès 2017.

Non que les réacteurs neufs soient sans danger, bien sûr. Le 28 mars 1979, Three Mile Island 2 était en service depuis moins de trois mois. Quant au réacteur 4 de la centrale ukrainienne Lénine, il n’alignait que deux ans d’exploitation le 26 avril 1986. Mais enfin, nonobstant les prétendues “dépenses de jouvence” d’EDF, l’âge n’a jamais amélioré la fiabilité de la plomberie, de la mécanique et de l’électronique, ni la tenue du béton et des métaux.

Depuis mars 2011, les Amis de la Terre — au nombre des 68 organisations associatives ou politiques signataires de l’appel “Nucléaire, nous voulons avoir le choix” alors lancé par le Réseau Sortir du nucléaire — sont censés exiger en France la fermeture immédiate de tout réacteur de 30 ans ou plus. Or, au-delà des bruyantes proclamations affichées de vertu anti- atomique, le peu d’empressement, affligeant mais réel, de la plupart des signataires de cet appel quant à des fermetures effectives tient surtout à l’épineux problème du remplacement.

Car, à l’évidence, les économies d’énergie et les renouvelables (ou supposées telles, les matériaux pour capter le vent et le soleil n’étant pas tous inépuisables, et encore moins écologiques, et la biomasse risquant de perdre beaucoup de son charme une fois radioactive) ne suffisent pas pour compenser, dans les délais censément voulus, la déconnexion de ces nombreux réacteurs vieillissants.

Mais d’un autre côté, qui peut imaginer qu’une catastrophe nucléaire en France, dont la probabilité augmente de semaine en semaine, vaudrait mieux, y compris pour le climat, que le remplacement transitoire de ces réacteurs par quelques dizaines de centrales au gaz, voire même au charbon ou au fioul ? Où iraient les réfugiés climatiques si la plupart des terres émergées devenaient, en plus du reste, fortement radioactives ?

Or en ces temps de pensée unique et frileuse, les Amis de la Terre sont probablement les seuls, de toutes les associations françaises soucieuses d’écologie, à pouvoir assumer d’être les premiers à le dire, avec toute la pédagogie requise, sans se discréditer et avec une chance d’entraîner l’adhésion du plus grand nombre, qui cherche désespérément une issue. Si l’écologie qui aspire à être “représentative” dans les instances officielles peut servir à quelque chose, c’est bien à cela. Mais c’est maintenant où jamais.

En août 2012, jugeant que la limite de ma patience et de mes aptitudes au grand écart était atteinte, je vous avais rendu mon tablier de référente bénévole sur le nucléaire et l’énergie faute d’avoir pu obtenir que les Amis de la Terre France sortent enfin un orteil du rang en se décidant à poser, comme condition minimale à leur participation à la Conférence environnementale sur l’énergie lancée par le nouveau président Hollande, la mise à l’arrêt préalable et effective — à 35 ans, donc, plutôt qu’à 40 — des deux réacteurs de Fessenheim.

Eu égard à leur position officielle en faveur d’une fermeture immédiate de tout réacteur ayant atteint sa trentième année (et a fortiori des 20 sur 58 qui avaient alors déjà 31 ans ou

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plus), une prudente exigence de simple respect — en gage de bonne foi, voire de crédibilité mutuelle — d’une promesse électorale ne portant que sur deux réacteurs des plus vétustes (et ce moins de 18 mois après le choc créé par la survenue du pire cataclysme de l’histoire de l’électronucléaire à ce jour, dans un pays réputé à la pointe de la technologie…) ne semblait pourtant pas déraisonnablement excessive.

A mon sens, seules EDF et la CGT Mines-Energie pouvaient la trouver trop radicale, craignant par-dessus tout un précédent qui, vu l’âge du parc, aurait galvanisé les militants du Bugey, du Tricastin, du Blayais et d’ailleurs, en créant des perspectives d’effet domino.

Bref. Les Amis de la Terre ont choisi de se contenter du simple “calendrier de fermeture” que Yannick Jadot et d’autres préconisaient de demander. Et donc de participer à cette fameuse Conférence environnementale sans conditions spécifiques. Pour voir.

On a vu. Du coup, la fermeture de Fessenheim est désormais tout sauf acquise. Et quand bien même elle finirait par intervenir en toute fin de mandat présidentiel, il faudrait — à ce rythme ébouriffant de deux réacteurs par quinquennat — pas moins de 140 ans pour fermer les 56 réacteurs restants. Sous réserve que nul EPR n’entre en service dans l’intervalle. Est- ce bien sérieux ?

A l’automne 2007, au début du Grenelle de l’Environnement, il n’y avait pourtant en France que deux réacteurs ayant atteint 30 ans. A l’époque, la participation des ATF à ce fatiditique Grenelle ne m’enthousiasmait certes guère, mais je pouvais à la rigueur admettre que la question des OGM justifiait peut-être d’écouter Greenpeace en ne jouant pas d’emblée la carte de l’absence. D’autant que tout était censé être bouclé en quelques mois…

Quitte à faire, au sein du front commun qu’était censé être l’Alliance pour la Planète, les ATF tentèrent donc, en matière énergétique, de proposer à leurs partenaires de défendre à tout le moins, pour avancer un peu ou ne pas trop reculer, la fermeture de 25 % du parc nucléaire au cours du quinquennat.

Cela n’avait rien d’extrémiste: ce rythme aurait juste maintenu, en attendant éventuellement mieux, la possibilité pratique d’une banale “sortie” progressive en 20 ans. Le préconiser ensemble aurait au moins porté le débat dans l’espace public. Du reste, une proposition similaire parut fin janvier 2009 dans Politis, dans le cadre d’un “Appel à diversification urgente du bouquet électrique français” lancé par des syndicalistes d’EDF. C’est dire. Mais il faut croire que c’était encore trop pour nombre des ONG censées défendre la nature et l’environnement. Le WWF mit son veto. Tant pis pour les pandas de Chine, seul pays où se construisaient alors encore vraiment des réacteurs.

Le consensus se fit, comme d’habitude, pour un simple moratoire sur la construction de nouveaux réacteurs sans demander la fermeture des anciens, ce qui revenait comme toujours à avaliser la prolongation ad vitam aeternam du parc existant.

Comme le répétaient depuis longtemps les membres du comité Stop Nogent : « Une sortie différée de l’impasse nucléaire permet d’escamoter le danger nucléaire car les “anti” et les “pro” nucléaires se trouvent d’accord pour ne proposer aucune action immédiate contre ce danger […]. Les scénarios de sortie différée viennent en appoint de cette stratégie de non-action et permettent au mouvement écologiste de garder une face antinucléaire qui cependant justifie la continuation du programme nucléaire. »

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Ainsi, rappelons-nous 2003. Pour enjoliver ses bilans avant privatisation partielle d’EDF, François Roussely passa brusquement de 30 à 40 ans la durée d’amortissement des réacteurs. Alors même que le supposé “gendarme” du nucléaire n’avait encore jamais eu à se prononcer techniquement sur la moindre prolongation de réacteur au-delà de 30 ans, Fessenheim n’ayant alors “que” 26 ans. Scandale et indignation ! Et pourtant.

Nombre d’antinucléaires patentés (Greenpeace, la commission énergie des Verts, une partie du Réseau Sortir du nucléaire…) avaient déjà en pratique, quoique sans le crier sur les toits populaires, donné depuis un moment leur aval implicite aux 40 ans.

Ils l’avaient fait, entre autres, dans leurs argumentaires anti-EPR (assurant que de nouveaux réacteurs étaient “inutiles”, la durée d’exploitation des autres pouvant être prolongée sans problème, arguant même du fallacieux exemple des Etats-Unis…) ou encore en présentant la loi de sortie du nucléaire de 2003 de la Belgique comme un modèle pour la France, alors que cette loi prévoyait de ne fermer les réacteurs qu’à 40 ans révolus, et à condition que des capacités de remplacement suffisantes aient été construites dans l’intervalle…

Aujourd’hui, rebelote avec entre autres la récente campagne « Stop au rafistolage » du Réseau Sortir du nucléaire. Celle-ci, sans jamais vraiment plaider pour la fermeture immédiate des réacteurs de plus de 30 ans, feint maintenant de s’offusquer de la volonté d’EDF de les faire fonctionner jusqu’à 50 ans, voire 60.

Mais pourquoi EDF se gênerait-il quand, il y a trois ans, quantité d’antinucléaires français désireux de “positiver” félicitaient la Suisse d’avoir « tiré les leçons de Fukushima » en “décidant” de sortir du nucléaire par fermeture de son dernier réacteur en 2034… quand il aurait donc 50 ans ? Sans compter que le Conseil fédéral suisse avait déjà “décidé” dès 1998 de sortir du nucléaire en 2025, ce qui supposait déjà de prolonger la vie de ses 5 réacteurs jusqu’à 40 ans bien tassés.

Il faut sortir de ce double langage qui, à force d’attendre que la solution vienne par miracle de l’étranger au lieu de balayer devant sa porte, entérine sans cesse le fait accompli. Sinon, EDF en sera dans 20 ans à réclamer — et obtiendra — des prolongations d’exploitation jusqu’à 70 ans pour ceux de ses réacteurs qui n’auront pas encore fondu, tandis qu’un énième avatar du Réseau Sortir du nucléaire s’indignera sur cartes postales multicolores et appels à dons que l’électricien national envisage de ne fermer ses réacteurs qu’à 80 ou 90 ans.

Peut-être convient-il de rappeler à ce stade que les réacteurs nucléaires ne “brûlent” pas de la radioactivité mais en fabriquent massivement ? A raison, entre autres, de plusieurs kilos de plutonium par jour — de quoi faire une bombe A ? Et que la vie n’a pu se développer sur terre que quand les éléments les plus irradiants ou les plus radiotoxiques avaient suffisamment décru ?

L’année d’ouverture du Grenelle justement, Robert Dautray (orfèvre en la matière, puisqu’il fit sa carrière à la Direction des applications militaires du CEA), venait d’expliquer dans un rapport à l’Académie des Sciences intitulé “Sécurité et utilisation hostile du nucléaire civil. De la physique à la biologie” que : « Produire de l’énergie nucléaire de fission […] c’est multiplier la radioactivité de l’uranium qu’on a extrait du sol par un facteur de l’ordre de 2.105 pour produire l’électricité des Français […] c’est remplacer des corps radioactifs à vie longue et faible radioactivité par des corps radioactifs à vie courte et à très forte radioactivité, vus à l’échelle humaine. » Bigre.

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Mais l’occasion de 2007 fut perdue : elle ne reviendra pas. Et dès novembre 2017, on risque d’arriver à la bagatelle de 46 réacteurs sur 58 ayant atteint ou dépassé 30 ans. 44 si Fessenheim ferme d’ici là (plus peut-être un EPR). Nous sommes entre-temps censés avoir changé de président de la République… ou plutôt, nous sommes censés avoir gardé le même, puisqu’il nous concocte des programmes à l’horizon 2025.

Alors ? Doit-on en déduire qu’il est trop tard pour exiger l’arrêt immédiat des réacteurs de plus de 30 ans ? Qu’il n’y a plus qu’à se résigner à attendre qu’ils aient tous au moins 40 ans pour les arrêter, histoire d’échelonner les fermetures (ou de gagner du temps avant de s’apercevoir avec candeur que cela ne fait que repousser le problème et le rendre encore plus insoluble) ?

La seule option rationnelle est-elle de préconiser mollement — comme les scénarios négaWatt depuis 10 ans, les Verts depuis 1993, Denis Baupin encore en 2013 pour EELV, ou bien Attac il y a quelques années — une “sortie” du nucléaire en France en 20 ans ? A l’exclusion horrifiée de toute échéance plus rapide, sous prétexte de climaticide en cas de construction en France de la moindre centrale thermique à flamme d’une puissance suffisante pour remplacer réellement un ou deux réacteurs ?

Faut-il carrément plaider — comme le récent livre La transition énergétique, une énergie moins chère, un million d’emplois créés, de l’économiste Philippe Murer, qui compte désormais peaufiner ce scénario au Front national — pour une “sortie” du nucléaire en 40 ans (délai aussi suggéré en 2011 par Corinne Lepage — mais où diable seront tous ces gens dans quarante ans ?) en consacrant, pour sauver le climat et la croissance, les vingt premières années à une hypothétique sortie des fossiles grâce au vieux serpent de mer de l’électrification massive ?

En réalité, c’est tout le contraire. En matière de “sortie” du nucléaire (et même d’économies d’énergie, et de pas mal d’autres choses…), le dogme de la progressivité (supposée écologiste parce que “douce” et censée dispenser de tout recours aux fossiles) est depuis vingt ans une escroquerie politicienne, qui ne sert qu’à déguiser des reculades en avancées tout en contribuant, par son encouragement de fait au maintien du statu quo, à aggraver le changement climatique dont elle prétend faire sa priorité.

Mais examinons un peu ce qui a conduit le mouvement antinucléaire dans l’impasse actuelle, où il fait mine de réclamer des mesures qu’il refuse les moyens d’appliquer.

En 1964, pour mémoire, la “durée de vie” envisagée par la commission PEON pour ses futurs nouveaux réacteurs nucléo-électriques se situait dans une fourchette de 15 à 30 ans, avec une durée de 20 ans privilégiée dans les calculs (soit 10 ans de moins que pour les centrales à fioul de référence). Autrement dit, les réacteurs n’ont jamais été “prévus pour durer 30 ans” : il était juste escompté qu’ils tiennent 30 ans au mieux, un parc de centrales tout neuf étant censé les remplacer dans l’intervalle. En 1977 encore, dans ses hypothèses réactualisées de disponibilité des réacteurs, la même commission tablait sur «un fonctionnement en base sur 21 ans ».

Et de fait, en 1993, les premiers scénarios techniques de sortie du nucléaire élaborés par l’INESTENE — à ne pas confondre avec les scénarios Alters de non-entrée des années 70, d’autant moins directement transposables au niveau national que les consommations

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électriques ont grimpé en flèche depuis, pour cause entre autres de chauffage électrique — reposaient sur des durées d’exploitation des réacteurs d’une vingtaine d’années, aboutissant à fermer vers 2010 le dernier de ceux alors en service. Vingt ans était d’ailleurs l’âge moyen de la dizaine de réacteurs déjà à l’arrêt définitif en France.

Rappelons qu’à l’époque, les Verts, pour cause de nouvelle stratégie d’alliance avec le PS, venaient d’abjurer leur programme initial d’arrêt du nucléaire en un septennat, se bornant dès lors à réclamer une “décision” de sortie.

Indépendamment des considérations strictement politiciennes, l’enlisement qui résulta de ces scénarios de sortie en 15, puis 20, puis 25 ans, au démarrage sans cesse repoussé, reposait sur plusieurs erreurs d’analyse. Une sympathique bande dessinée coéditée en 1994 par l’INESTENE, les Verts au Parlement européen, les Verts Nord-Pas-de-Calais, le mensuel Silence et Greenpeace France en fournit quelques illustrations.

Dès la préface, Hélène Crié assure que « la nouvelle vague antinucléaire joue finement : elle ne réclame plus l’arrêt immédiat des centrales en activité, se contentant d’exiger une sécurité accrue, mais parie sur l’immense gisement d’économies d’électricité qui reste à exploiter ».

La conviction dominante chez les néo-écologistes était en effet qu’il suffisait de bien surveiller les centrales atomiques pour que la sécurité soit garantie, en attendant qu’elles finiraient par s’éteindre automatiquement, une fois un genre de date de péremption atteinte. La disparition sans heurts du parc ne dépendait donc, censément, que du refus de nouvelles constructions. Pour le reste, on pouvait s’occuper tranquillement d’autre chose…

Le refus irrationnel de prise en compte de la possibilité d’une vraie catastrophe en France et une méconnaissance des réalités biologiques et physiques de la radioactivité permettaient en outre de faire passer la chose pour un renoncement écologique au “gaspillage” (ne pas fermer des installations presque neuves…).

La commode justification à l’inaction qu’assurait cette croyance entraîna sa solidification en dogme à mesure que la date limite reculait à 25, 30, puis 40 ans (âge du réacteur 1 de Fukushima Daiichi, le premier à lâcher, dont la durée d’exploitation avait été prolongée à 50 ans quelques semaines avant le séisme). Et ainsi de suite.

Le récit de la bande dessinée brodait quant à lui sur l’idée d’un accident à Fessenheim, qui se terminait d’autant mieux que le “nuage” était aspiré vers le haut sans gros dégâts par la vallée du Rhône, que le réacteur devenait inutilisable, et que le président de la République décidait, au grand désespoir d’EDF, de sortir du nucléaire, considérant désormais cette technologie trop dangereuse, ce qui donnait aux Verts l’occasion d’exercer leurs talents en matière de solutions de remplacement.

Car, autre erreur d’analyse, les milieux écologistes se cramponnent depuis longtemps à l’espoir délirant d’une catastrophe en définitive heureuse, permettant comme par magie le dénouement bienvenu d’une situation autrement bloquée. D’où les sempiternels : « De toute façon, on ne pourra rien faire tant qu’il n’y aura pas une catastrophe en France » ou (défense de rire…) : « Ce n’est pas aux antinucléaires de proposer des scénarios de sortie immédiate, en cas de catastrophe, EDF en a forcément un dans ses tiroirs. »

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Pourtant l’Ukraine, où sévissent encore 15 réacteurs (dont neuf connectés au réseau après Tchernobyl — deux en décembre 1986, même), n’est pas sortie du nucléaire après la catastrophe. La stabilisation de la situation en dix jours, au prix du sacrifice de milliers de premiers liquidateurs soviétiques, a même permis aux trois réacteurs les plus anciens de continuer à fonctionner. Ils ne furent mis à l’arrêt, sous la pression très intéressée des Occidentaux, qu’en 1991, 1996 et 2000 respectivement. D’ailleurs, est-ce un hasard si l’Ukraine et le Belarus ont basculé dans des formes de dictature ?

Et puis, s’il est un pays où il est désormais exclu de fermer tous les réacteurs en cas de désastre, c’est bien la France, seul Etat, parmi la petite trentaine qui recourent à l’électronucléaire, à en dépendre à 75 % pour sa consommation électrique, devant la Belgique (52 % en 2013), l’Ukraine (43,5 %), la Suisse à 36,5 %, (le Japon, c’était moins de 30 %), et bien sûr loin devant les USA (19,5 %), la Russie (17,5 %) et la Chine (2 %). Encore une “exception française”.

Dans leur préface de novembre 2001 à la troisième édition de leur livre Sortir du nucléaire c’est possible, avant la catastrophe, les physiciens nucléaires Bella et Roger Belbéoch (qui, affolés par les conséquences sanitaires, génétiques et politiques de Tchernobyl, préconisaient depuis 1986 un arrêt immédiat de l’électronucléaire en France, alors techniquement possible sans black-out ni rationnements par simple remise en service temporaire des centrales à charbon existantes, en attendant la construction d’autres capacités de production moins polluantes) — écrivaient ainsi avec inquiétude :

« … il se pourrait qu’une analyse précise des données actuelles sur cette possibilité de sortie rapide qui concluait notre texte de 1998 aboutisse aujourd’hui à une conclusion un peu moins optimiste. Depuis 1996 […] EDF, pour garantir la pérennité de ses installations nucléaires, organise la mise sous cocon des centrales existantes à charbon et à fioul […]. Si cette évolution devait se poursuivre vers l’extinction du parc thermique classique, la sortie rapide du nucléaire serait difficile. Le mouvement antinucléaire, avec son tabou sur les combustibles fossiles, aurait alors une part de responsabilité non négligeable en cas d’accident grave. »

Trois fusions de réacteurs plus tard, et alors que la France commence même à importer du gaz de schiste américain, il serait aisé de démontrer que, contrairement aux apparences, la consommation d’électricité au charbon de la France n’a pas du tout baissé depuis. Bien au contraire. Elle s’est juste délocalisée en Chine, dans des conditions humaines et environnementales dont la patrie des droits de l’homme n’a vraiment pas de quoi être fière, pendant que l’Hexagone fait mine d’être vertueux en émissions de CO2 “grâce” à ses centrales nucléaires. Oui, décidément, la responsabilité des associations et partis antinucléaires français serait écrasante en cas d’accident majeur ici…

La catastrophe à laquelle pensaient les Belbéoch était bien sûr un Tchernobyl en France. Toute leur action visait à l’éviter, car ils pensaient qu’ensuite, il n’y aurait plus grand-chose à faire. Mais d’une certaine manière, on pourrait aussi considérer qu’elle a en fait déjà eu lieu en mars 2011, même si elle semble se cantonner au Japon et dans une moindre mesure à la côte ouest de l’Amérique du Nord. Parce qu’elle est loin d’être finie (aucune stabilisation réelle 41 mois plus tard), que même les plus pessimistes n’avaient jamais envisagé son ampleur, que, par les airs ou par les eaux, les énormes quantités de radioactivité en jeu se retrouveront fatalement tôt ou tard dans toute la biosphère. Et parce que l’Etat français est mouillé dedans jusqu’au cou.

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Cependant, vu la sereine rapidité avec laquelle beaucoup d’écologistes et d’énergéticiens français ont métabolisé Fukushima et ses contaminations colossales sans y voir autre chose qu’un épiphénomène malheureux, prouvant juste la justesse de leurs analyses, sans mériter qu’ils bousculent trop leurs programmes et priorités, il est clair que ce n’est pas un risible petit nuage radioactif aspiré par la vallée du Rhône, et quelques barres de cœur de réacteur un peu fondues, qui risqueraient en l’état actuel de beaucoup embarrasser EDF ou un quelconque gouvernement, comparé à la menace d’un black-out électrique.

Il faut regarder les choses en face : désormais, la probabilité devient forte que le prochain accident grave, qui pourrait bien, statistiquement, arriver en France, soit moins grave et encore moins spectaculaire que Fukushima… et vire donc au non-événement médiatique.

Or, ce n’est pas quand il y aura partout des becquerels d’américium, de strontium, et des millisieverts de césium 137 qu’il sera temps de se lamenter que les seuils légalement “admissibles” de radioactivité dans les aliments, les matériaux de construction, les voitures et les produits de consommation fassent des bonds. Pire: cette banalisation des contaminations massives est en train de lever peu à peu le tabou qui pesait encore, bon an mal an, sur l’usage militaire effectif d’armes atomiques et radiologiques. Somme toute, à ce stade, quelques terabecquerels de plus d’émetteurs alpha peuvent presque passer inaperçus.

Mais revenons à notre BD de 1994, qui n’avait pas que des défauts. Une annexe technique illustrée présente « 20 technologies pour changer l’énergie », dans un réel souci de diversification des sources d’électricité et d’économies. Bien qu’aucun ordre de grandeur ne soit donné, gaz, fioul et charbon y tiennent encore une bonne place, dissimulés toutefois derrière des termes ésotériques, plus écologiquement vendeurs, comme “cycles combinés au gaz”, “cogénération tertiaire”…

Quant aux énergies renouvelables — signalons, les unités étant traîtresses, qu’il faut environ 3 MW d’éolien industriel pour produire ce que fournit 1 MW de nucléaire ou de n’importe quelle centrale thermique à flamme —, un personnage ressemblant furieusement à Alain Lipietz explique dans une bulle qu’elles « entrent en scène peu à peu mais à partir de 2010 ». Donc après la fermeture du parc nucléaire.

Vingt ans après, à force de refuser d’appeler un chat un chat ; de clamer que oui, on peut sortir du nucléaire, il suffit d’adhérer à Enercoop ; de communier dans la foi en l’efficacité magique des “réseaux intelligents” et de matraquer que le CO2 c’est le diable, la plupart des néophytes sont hélas désormais sincèrement persuadés que les seuls moyens écologiques de sortir du nucléaire sont la sobriété et l’efficacité énergétiques combinées aux énergies “renouvelables”, que celles-ci suffisent bien à la tâche, et qu’autrement, le remède serait pire que le mal.

Pourtant, non seulement l’essor des renouvelables n’a jamais constitué une garantie de sortie du nucléaire, mais cela fait plus d’un demi-siècle que tous les gouvernants de pays nucléarisés les considèrent au contraire comme complémentaires de l’atome.
Et de fait, loin de s’opposer, les deux permettent, avec leur promesse d’énergie potentiellement illimitée, d’entretenir sous deux formes différentes (yin yang ; Starsky et Hutch…) ce même imaginaire de croissance et de progrès continu sur lequel repose la bonne conscience néocoloniale de nos sociétés du spectacle de l’abondance — ce mythe que l’on peut éradiquer la faim, la misère, voire la maladie et l’inconfort, et même l’obscurantisme, en faisant croître le gâteau et en perfectionnant sans cesse sa recette, plutôt qu’en partageant tout de suite équitablement ce qu’on a et en acceptant sa finitude.

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Qui sait que le titre de la conférence désormais célèbre que Marion King Hubbert prononça en 1956 devant un aréopage de pétroliers n’était autre que Nuclear Energy and the Fossil Fuels ?
Non content de prédire le pic pétrolier états-unien du milieu des années 70, Hubbert en tirait en effet des conclusions pratiques : l’énergie nucléaire — seule source théoriquement à même de fournir, dans un volume pas trop encombrant, les quantités d’énergie illimitées nécessaires à la poursuite du développement de la civilisation moderne — devrait alors être prête à commencer à prendre la relève. La création de l’AIEA et le Price Anderson Act, en 1957, suggèrent que Hubbert fut d’emblée entendu. Quant aux renouvelables, faute de pouvoir livrer rapidement les quantités colossales d’énergie et d’électricité requises, elles étaient appelées à remplacer peu à peu les fossiles, en complément. D’abord pour des raisons d’indépendance énergétique et d’épuisement annoncé des fossiles, puis officiellement pour préserver le climat.

Des logiques et préoccupations analogues sous-tendaient encore le long avis sur « Les problèmes de l’énergie en France à moyen et long terme » adopté le 3 juillet 1974 par le Conseil économique et social — devenu depuis “environnemental” en prime. Il plaidait entre autres pour une multiplication à court terme des centrales nucléaires et la généralisation du chauffage électrique, sans négliger pour autant les multiples autres pistes technoscientifiques de diversification énergétique, hydrogène compris, autour desquelles on tourne en rond depuis quelques décennies ni même écarter, de surcroît, “l’éventualité d’un rationnement généralisé” auquel il convenait selon lui de préparer les Français.

En réalité, comme l’écrivaient encore les Belbéoch avec des accents très “décroissants” auxquels les Amis de la Terre devraient être sensibles :

« Les fantasmes sur les énergies alternatives, non dangereuses et non polluantes sont finalement un frein à la réflexion à mener sur les réels problèmes énergétiques de notre société. Ce sont des antidotes puissants contre l’utopie d’une société réellement vivable. Il y a là une conjonction assez paradoxale entre l’idéologie technico-bureaucratique fondée sur le mythe scientiste et l’idéologie écologiste qui se fonde sur les mêmes fantasmes que l’idéologie qu’elle est censée combattre ou qu’elle croit combattre. Délirer sur les capacités de production électrique des éoliennes ou des tuiles photovoltaïques ne permettra certainement pas une prise de conscience des réels problèmes énergétiques de la société. Cela laisse entendre qu’il serait possible de supprimer ces pollueurs — charbon, fioul, nucléaire — sans modifier notre façon de vivre, que ce soit dans la quotidienneté ou dans l’activité industrielle.

Il est pénible de voir qu’on tente de culpabiliser les consommateurs : remplacez vos lampes d’éclairage, remplacez vos machines à laver le linge ou la vaisselle, vos réfrigérateurs encore en état de marche par des équipements plus performants consommant moins de courant (mais dont la durée de vie est moindre, ce qu’on évite de dire) et EDF sera coincée. Cela revient à faire porter au simple consommateur la responsabilité de l’impasse nucléaire et, en fin de compte, de ses conséquences et à innocenter la technocratie nucléaire. »

Il ne s’agit pas de nier la part de responsabilité de chacun d’entre nous, mais d’éviter de la détourner des vrais problèmes. Depuis le moment où ces lignes ont été écrites, le pic annuel de puissance électrique appelée en France (qui était de 17,5 GWe en 1965 et 60 GWe en 1985) est passé de 72,5 GWe, en l’an 2000, à 93,1 GWe en 2010, puis carrément à 102 GWe en 2012. Tout ce qui a pu réussir à se construire en matière de solaire et d’éolien

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n’aura servi qu’à éponger l’hémorragie, et il en ira de même tant qu’on ne fermera pas d’abord et délibérément les réacteurs, sans attendre qu’ils s’arrêtent “tout seuls”.

Les argumentaires en termes de simple rationalité énergétique ou de grands projets inutiles et imposés sont d’autant plus trompeurs que le nucléaire sous toutes ses formes est tout sauf “inutile” à l’Etat, voire au peuple français, qui lui doit entre autres son siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l’ONU.

Il s’ensuit bien sûr que le dossier nucléaire est éminemment politique. Pas parce qu’il faudrait (variante fréquente: “suffirait”…) que des “politiques” prennent la bonne “décision”, mais parce qu’y toucher suppose une révision complète des fondamentaux de la politique étrangère et intérieure de la France (et de la totalité de ses formations politiques) depuis au moins la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Ou bien on a vraiment une autre vision du monde, d’autres modalités de coopération, d’échanges et d’alliances entre Etats, et il faut à tout prix tenter de la porter, ou bien ce n’est pas la peine de faire semblant : rien de tout cela ne peut se changer à la marge, sans réorientations drastiques qui supposent qu’un maximum de monde ait les moyens de s’emparer du problème, sur la base de valeurs claires et d’analyses sérieuses et nuancées, et non d’un catéchisme simpliste et de slogans publicitaires.

Reprenons. L’électronucléaire représente moins de 2% de l’énergie commerciale consommée sur la planète, et moins de 10 % de l’électricité, alors que les fossiles en représentent toujours plus de 80 % et que leur consommation croît en valeur absolue.

Même en remplaçant temporairement tous les réacteurs du monde par les plus rudimentaires des centrales à charbon ou au gaz ,cela ne changerait pas fondamentalement la donne en matière de climat. Les solutions, si elles existent encore, résident ailleurs (fin du culte de la mobilité, fut-elle militante, retour massif à une agriculture paysanne peu mécanisée…) Et, non, il n’est pas vrai que si l’on construit de nouvelles centrales au gaz on en prend forcément pour 60 ans : l’incitation aux économies d’énergie peut être d’autant plus forte que, contrairement à une centrale nucléaire, c’est le combustible qui coûte cher.

En revanche, l’industrie atomique, elle, encourage la fuite en avant énergivore, et menace en outre de rendre l’essentiel de la planète inhabitable bien avant la fin du siècle. Les irréversibilités sont déjà lourdes, et l’océan Pacifique n’avait vraiment pas besoin de ça. En la matière, seul l’arrêt des machines atomiques à produire de l’électricité en continu peut amener la “croissance négative” des consommations d’énergie et une plus grande égalité entre humains.

Les réacteurs sont répartis dans 31 pays, sur les 191 que comptent les Nations unies. Et avant mars 2011, les trois quarts de leur production électrique se concentraient, dans seulement 6 Etats (USA, France, Japon, Russie, Allemagne, Corée du Sud) qui font peser, comme l’a montré Fukushima, une incommensurable menace sur leurs propres populations, mais aussi sur tous les autres habitants de la planète. Cela doit cesser.

Le nucléaire ne remplacera jamais les fossiles. Et il n’y a pas de “renaissance” du nucléaire, au sens où le nombre de réacteur ne va cesser de diminuer. Ce serait toutefois une grave erreur de laisser croire que le secteur est moribond pour autant.

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Un réacteur à l’arrêt continue de coûter de l’argent à son exploitant (ne serait-ce que l’électricité pour refroidir le combustible…) mais en cas de catastrophe, les frais sont socialisés. On peut alors relancer et moderniser l’activité en fabriquant des robots, des dosimètres… voire en se réclamant d’une toute nouvelle “expertise” en matière de catastrophe, comme le font les Japonais qui tentent de vendre des réacteurs aux Vietnamiens. Par ailleurs, à l’instar du lucratif marché de “l’assainissement” de l’eau, le marché du matériel de détection, de protection, de décontamination est une manne potentielle sans fin. La radioactivité produite est avec nous pour des centaines de millénaires (240 000 ans rien que pour le plutonium 139) et, plus l’on traîne à s’emparer du sujet, moins nous aurons notre mot à dire.

Car l’absence de “renaissance” du nucléaire ne nous protège nullement de la radioactivité existante, ni de nouvelles catastrophes. Et le règne du “mensonge 137”, qui accuse tous les malades de “radiophobie” et fustige les “démoralisateurs”, est peut-être au fond désormais le pire des périls qui nous guette.

Les incohérences et atermoiements du mouvement antinucléaire rendent les véritables enjeux et priorités illisibles pour le commun des mortels. Pourquoi s’inquiéter assez pour se mobiliser en vue de fermetures de réacteurs quand les supposés contre-experts, les écologistes, disent qu’il n’y a pas urgence, voire impossibilité pour l’heure de convaincre les “décideurs” ? Quand tout, dans leur attitude, suggère que ça attendra bien l’élection suivante et témoigne d’autres priorités ? Pourquoi se fatiguer à tenter d’arracher de simples “décisions” qui ont peu de chances d’être appliquées ?

Ces atermoiements et leurs cortèges de banalisations nous livrent aussi pieds et poings liés aux diktats de la nucléocratie, notamment française, en matière de santé publique. Comme le soulignait en 2001 Solange Fernex, au nom de la Ligue des Femmes pour la Paix et la Liberté, à la 3e Conférence sur les conséquences pour la santé de l’accident de Tchernobyl qui s’est tenue à Kiev, le Comité scientifique de l’ONU sur les conséquences des émissions radioactives ne retient que les études “validées par les pairs”, c’est-à-dire… par les experts du laboratoire de Los Alamos et du Commissariat à l’Energie atomique français.

L’année de la mise en service de Fessenheim, alors que la France n’était pas encore massivement électronucléarisée, mais que nous vivions déjà dans une civilisation irrémédiablement fondée sur la boulimie d’énergie, René Dumont écrivait, dans Seule une écologie socialiste :

« Quand je fus candidat aux élections présidentielles de 1974, l’un de mes leitmotive était : “Il faut diminuer la consommation du tiers le plus riche de la population française.” Ce qui ne se limite pas à réduire les profits du capitalisme, des monopoles, des grandes sociétés […]. Le parti communiste français “lutte contre l’austérité”, mais refuse toujours de reconnaître que le niveau de vie actuel provient en bonne partie du pillage du tiers monde. La politique “d’union de la gauche et du peuple de France” du P.C.F. cherche à coaliser le maximum de mécontents contre, finalement, une très petite minorité de privilégiés […]. Pour ma part, j’estime qu’il faut attaquer tous les privilèges, et diminuer toutes les consommations somptuaires, qui gaspillent les ressources rares de la planète et insultent à la misère des plus démunis ; lesquels sont incités aussi, par imitation, à gaspiller. […] La gauche refuse de reconnaître l’importance du pillage du tiers monde, refuse de reconnaître qu’il faut envisager une reconversion industrielle très importante de la France. Il est indispensable de réduire les exportations de produits fabriqués de notre

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pays vers les pays du tiers monde ; et, en tout premier lieu, cesser de leur vendre des armes. »

On pourrait rajouter aujourd’hui la vente de technologies nucléaires. Mais pourquoi les autres n’en voudraient-ils pas — ou plus — si nous, nous n’arrêtons pas ? Pourquoi la Suisse, les Pays-Bas ou d’autres voisins renonceraient-ils à leurs quelques vieux réacteurs qui nous menacent aussi, mais qui leur garantissent une place dans le club atomique, si les Français ne manifestent pas clairement leur volonté de fermer les leurs et ne s’en donnent pas les moyens ?

En 1984, dans une interview à L’Evénement du Jeudi, Marcel Boiteux, alors à la tête d’EDF, expliquait que si la France, contrairement aux autres pays, n’avait pas réduit ses constructions de centrales nucléaires, c’était que « chez nous le nucléaire est bon marché, alors que dans les pays qui n’ont pas pu pour des raisons diverses résister aux attaques de la contestation, le nucléaire est devenu très cher ».

Trente ans plus tard, ceux qui se prétendent antinucléaires devraient méditer la leçon.

L’hypocrisie n’est plus de mise et il n’est plus temps de tergiverser. Ni nucléaire ni effet de serre peut être un beau slogan, mais si l’on veut vraiment l’appliquer, il est vital de sortir du simplisme pour articuler intelligemment et courageusement ce qu’il sous-tend.

Il est légitime, nécessaire, de se battre contre les subventions aux fossiles et contre l’extraction polluante ou énergivore des hydrocarbures de schiste. Mais que je sache, les Amis de la Terre Nigeria ne réclament pas la fin de l’extraction des hydrocarbures chez eux. Il ne s’agit pas de s’interdire d’utiliser le moindre gramme de fossiles, mais de peser soigneusement à quoi on les emploie. Difficile désormais d’imaginer en France emploi plus judicieux, et plus prioritaire, que l’arrêt du nucléaire.

Marie-Christine Gamberini

Adhérente des Amis de la Terre en Midi-Pyrénées de 1993 à 2012 Référente des AT France sur le nucléaire en 2006 Référente sur le nucléaire et l’énergie et membre du Conseil fédéral des AT de 2007 à 2012

Signataire 2012 de l’Appel des Femmes pour l’Arrêt immédiat du recours à l’énergie atomique

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