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Démantèlement reporté « de plusieurs décennies » : les dirigeants d’EDF veulent renvoyer les problèmes à… après leur mort !

 

Source :

http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article314

2juin 2016

 

En annonçant ce jour que EDF entend « décaler de plusieurs décennies » le démantèlement de ses réacteurs nucléaires, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) se fait la porte-parole des dirigeants d’EDF qui, de toute évidence, n’ont pas le courage d’annoncer eux-mêmes la lâcheté de leurs décisions.

En effet, décaler de plusieurs décennies le démantèlement des réacteurs de première génération, ce qui implique d’ailleurs que ce sera aussi le cas pour les réacteurs actuels, revient à laisser ce terrible fardeau aux générations suivantes.

Depuis le début de l’ère nucléaire, les citoyens opposés à l’atome ont dénoncé cette industrie qui ne cesse de reporter dans le temps les problèmes insolubles qu’elle génère, comme ceux des déchets radioactifs et des réacteurs à démanteler.

Les quelques bénéficiaires de cette industrie malfaisante – alors que la quasi totalité de la population en est victime – veulent désormais aller jusqu’au bout de leur stratégie de défilement : reporter les problèmes… au delà de leur propre mort, afin de ne pas avoir à assumer la lâcheté de leurs actes.

Il est encore temps pour la population française de reprendre sa destinée en main et, sur le modèle des tribunaux de « justice et vérité », de faire comparaître les dirigeants successifs de cette industrie malfaisante et les politiciens qui les ont mis en place (à moins que ce ne soit l’inverse).

Enfin, si cela était encore nécessaire, cet aveu de lâcheté démontre qu’il est impensable de construire de nouveaux réacteurs nucléaires et que, en particulier, l’EPR de Flamanville ne doit jamais être mis en service.

En effet, le démantèlement d’un réacteur qui n’a jamais fonctionné, et qui n’est donc pas radioactif, est immensément moins problématique. Il peut même être conservé par exemple pour en faire un mémorial des ravages du nucléaire comme il en existe pour divers crimes et guerres.

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Genève veut forcer Paris à débrancher

par Christine Wuillemin
La Liberté/ Le Courrier
Mardi 8 mars 2016
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Suisse Pour qui travaille l’IFSN ?

Editorial du numéro 102, mars 2015, du journal suisse Sortir du nucléaire par Marc Oran, député au Grand Conseil vaudois, membre du comité de « Sortir du nucléaire » et vice-président de l’Appel de Genève II

Est-il normal que l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN), autorité fédérale de surveillance indépendante de la Confédération pour la sécurité des installations nucléaires en Suisse, puisse fermer les yeux sur les fissures de la centrale de Mühleberg, renoncer à prendre des mesures urgentes pour la protection de l’enveloppe du cœur de la centrale ? Est-il normal que Beznau I, le plus vieux réacteur du monde encore en fonction et qui vient de fêter ses 45 ans, soit autorisé à fonctionner encore durant 15 ans, voire davantage ?

M. Hans Wanner, directeur de l’IFSN, a-t-il entendu parler de Tchernobyl et de Fukushima ou alors, enfermé dans ses bureaux de Brugg (AG), est-il si confiant qu’il ne réalise pas les risques qu’il fait prendre à la Suisse, à l’Europe ?

Les personnes qui constituent des piquets silencieux et pacifiques devant les locaux de l’IFSN depuis la catastrophe de Fukushima du lundi au jeudi de 17h à 18h, soit depuis quelque 770 jours sont-elles de dangereux terroristes ? M. Wanner a-t-il le droit de faire appel aux forces de l’ordre pour les faire évacuer et de faire payer des amendes pouvant aller jusqu’à CHF 2’000.- aux vigies se trouvant sur le trottoir, soit sur le domaine public ? Je crois rêver ! Cela me rappelle un vieux règlement de police de la Ville de Lausanne (qui a heureusement été annulé depuis) interdisant aux automobilistes à la recherche de places de parc à la place Centrale de faire « des allées et venues inutiles » passibles d’amendes. Dans les années 70, c’était le lieu de travail des péripatéticiennes lausannoises !

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Sortir du nucléaire: Accorder la priorité à la baisse de consommation d’électricité

Jean-Philippe Scalbert, Ing.Dipl. Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich

 

La sortie du nucléaire : oui mais quand ?

Une grande partie de la population Suisse se sent menacée par un danger imminent, car elle estime que l’accident nucléaire peut arriver demain, aussi bien en Suisse qu’en Ukraine ou au Japon. L’autre partie de la population ne ressent pas cette angoisse, car elle a confiance dans la capacité des responsables Suisses (et Français ?) à éliminer totalement le risque d’un accident nucléaire majeur sur notre territoire. Le conflit autour des centrales nucléaires est celui de deux croyances opposées donc à la base, presque une guerre de religions.

Actuellement les défenseurs du nucléaire imposent leur «religion» et soumettent leurs adversaires à un sentiment d’insécurité latent.

Et pourtant le peuple a décidé de préserver sa propre sécurité en votant pour la sortie du nucléaire en 2012. Mais les défenseurs du nucléaire ont repris les rennes en main :l’effet Fukushima s’estompe déjà, et autour du débat sur la Stratégie Energétique 2050, le gouvernement et les chambres fédérales semblent plus soucieux de prolonger la vie des centrales vieillissantes, de soutenir les modes de productions d’énergie renouvelables et même de promouvoir des produits très gourmands en électricité comme la pompe à chaleur ou la voiture électrique rechargeable (plug-in) que de se focaliser sur ce qui est vraiment l’essentiel : réduire la consommation.

 

La population se trouve dans la situation du fumeur qui sait qu’il se fait du mal, mais n’est pas en mesure d’arrêter de consommer. Si de nouveaux produits électriques s’imposent dans notre vie courante, la dépendance à l’électricité actuelle et celle du futur, sont telles qu’il ne sera pas possible de renoncer au nucléaire dans les délais fixés. Donc le peuple qui souhaite en majorité se libérer de son angoisse, n’arrive pas à agir en conséquence, tel le fumeur qui, en continuant à fumer, ne peut se départir de son angoisse de cancer du poumon.

Il faut donc définir une stratégie efficace, pour réduire la consommation dans les délais les plus courts et il faut expliquer cette stratégie de façon transparente et crédible jusqu’à ce que le peuple et ses représentants politiques soient prêts à se doter des moyens nécessaires.

 

Conflit d’intérêt entre la sortie du nucléaire et le CO2

Il est un fait indéniable que certaines stratégies de sortie du nucléaire (par exemple les centrales à gaz ou le couplage chaleur force) ont pour conséquence une augmentation de la production de CO2. D’autre part certaines stratégies de diminution des émissions de CO2 (par exemple pompes à chaleur et voitures électriques rechargeables) ont pour effet de retarder la sortie du nucléaire. Que faire face à ce conflit d’intérêt?

Les centrales nucléaires suisses étant situées sur notre territoire et l’accident nucléaire pouvant arriver demain, sortir du nucléaire est une décision souveraine, destinée à nous protéger d’un danger peut-être imminent. Par contre la production de CO2, elle, est globale, elle évolue lentement, et surtout, sa réduction ne dépend pas seulement de nous. Même des efforts drastiques en Suisse n’empêcheront pas les autres Etats de continuer ou non à produire leur quote-part de CO2 et l’effet de serre ne sera que très peu ralenti par nos efforts. Cette analyse montre donc clairement que la priorité est à accorder à la sortie du nucléaire, sans pour autant négliger les efforts de réduction des émissions de CO2. Et les solutions qui sont en mesure de contourner ou d’éviter le conflit d’intérêt entre sortie du nucléaire et réduction du CO2 sont, bien sûr, à favoriser.

 

Chercher une alternative à la production nucléaire, oui mais…

Lorsque le soleil ne brille pas et en l’absence de vent la production de courant solaire et éolien est quasiment nulle. S’il fait froid et sombre, il faut pourtant du courant électrique pour alimenter les chauffages électriques, y compris les pompes à chaleur, et également pour l’éclairage. Si les conditions climatiques sont défavorables, il n’est donc pas possible de renoncer au nucléaire pour couvrir les pointes de consommation! L’opinion publique n’est absolument pas consciente de ce fait.

Le stockage de l’énergie solaire et de l’éolien, est une condition incontournable pour assurer que ces techniques dépendantes des conditions climatiques contribuent vraiment à la diminution de la puissance de production nécessaire pour couvrir les pointes de consommation, Ce stockage doit donc être l’objet d’une recherche intense et centralisée et non pas d’initiatives plus ou moins isolées, comme à l’heure actuelle.

Et dans l’immédiat, il faut faire comprendre à la population que la photovoltaïque et l’éolien ne contribuent pour l’instant que très peu à la sortie du nucléaire et qu’il faut donc se focaliser de façon urgentissime sur les économies de courant. Chaque kWh non consommé est un risque de moins, échappe au conflit d’intérêt avec le réchauffement climatique, et rendra effectivement le nucléaire obsolète.

 

 

 

Réduction de la consommation : des paroles mais peu d’actes

Même la Confédération est ambiguë : il y a trente ans, elle a lancé le programme « RAVEL » (Rationelle Verwendung der Elektrizität) qui se concentrait sur les méthodes de réduction de la consommation électrique. Ce programme est plus ou moins retourné dans les tiroirs et le gouvernement et le parlement semblent se concentrer maintenant plutôt sur les problèmes de la production électrique que sur ceux de la consommation.

On se demande comment les objectifs d’économie de courant confirmés à la suite des débats du Conseils National sur la Stratégie Energétique 2050 de 3% jusqu’en 2020 et de 13% jusqu’en 2035 nous mènerons à substituer les 37% d’énergie électrique fournie actuellement par les centrales nucléaires ! Et le Conseil Fédéral délègue la responsabilité de ces économies non seulement aux Cantons mais en plus aux distributeurs de courant qui doivent baisser leur chiffre d’affaire pour bénéficier d’un bonus…

Le chauffage à résistance est remis en question à l’échelon cantonal, mais avec « des pincettes ». Par contre, personne ne met le doigt sur le gros consommateurs de courant électrique que sont les pompes à chaleur, déjà très répandues, et les voitures électriques, en passe de s’imposer sur nos routes.

Certaines industries extrêmement gourmandes en électricité passent au travers de mesures d’assainissement pour des raisons économiques. C’est le cas par exemple de l’industrie du ciment.

Le commerce en grandes surfaces n’est que rarement montré du doigt: Coop, Migros, Manor, Jumbo, Aldi et les autres s’équipent d’enseignes lumineuses rutilantes qui éclairent la lanterne des insomniaques. En été il règne dans les magasins des températures si basses qu’il faut prendre une veste pour y faire ses emplettes.

Les pouvoirs publics n’investissent que très peu dans les mesures de réduction de consommation électrique des bâtiments, de l’éclairage et des transports publics. Les statistiques cantonales, lorsqu’elles existent, le prouvent.

 

Le financement des mesures d’économie

On voit à quel point il est difficile à l’échelon cantonal de faire interdire les chauffages électriques à résistance. Tout ce qui tend à mettre un frein à la liberté individuelle et au commerce de produits utiles mais gourmands en électricité est mal accepté.

Mais l’Etat, tout libéral qu’il soit, sait parfois prendre ses responsabilités et devenir très dirigiste : il engage sur le dos du contribuable des sommes faramineuses pour des financements, dont on se demande s’ils seraient approuvés par le peuple, si le gouvernement et les chambres n’en avaient pas les compétences nécessaires.

C’est le cas notamment du nucléaire, par exemple pour distribuer des pastilles d’iode, pour les recherches sur le démantèlement des centrales, sur la prolongation de leur durée de vie, sur l’enfouissement des déchets. C’est aussi le cas pour d’autres domaines comme celui de la politique monétaire et financière de la Confédération. Citons-là le sauvetage des banques « too big to fail » ou le maintien de la parité du franc suisse. Dans le domaine de la santé également, de grosses sommes sont allouées aux subsides pour les primes d’assurance maladie ou pour distribuer des vaccins à la population. Toutes ces « mannes » sont distribuées dans un consensus à peu près général.

Et finalement, dans le domaine de l’approvisionnement en électricité, la production d’énergie renouvelable bénéficie de la rétribution à prix coûtant (RPC).

La Confédération ne devrait-elle pas pouvoir investir des sommes équivalentes dans le financement de mesures de réduction de consommation d’électricité sur l’ensemble du territoire et pour l’ensemble des usagers? Une baisse substantielle de la demande en électricité est la condition nécessaire et le chemin le plus rapide pour la sortie du nucléaire qui, rappelons-le, a été décidée pour protéger le peuple suisse contre un accident nucléaire. Or la protection de la population contre les catastrophes est une responsabilité nationale et ne doit pas être déléguée aux cantons et encore moins à des fournisseurs d’électricité.

 

Quelques propositions concrètes :

 

Remplacer les chauffages électriques et les pompes à chaleur par des chaudières à pellets

C’est bien ne dire que la moitié de la vérité que de taire que la pompe à chaleur est un chauffage électrique. Il suffit de faire le calcul suivant : un ménage de 2 personnes consomme par an en moyenne de 3 à 4000 kWh de courant électrique. Pour le chauffage d’une maison de 150 m2 aux normes actuelles, il faut 10 à 12000 kWh par an. Si le chauffage s’effectue avec une pompe à chaleur qui « pompe » 2/3 de cette énergie à l’environnement, elle aura besoin de 3 à 4000 kWh supplémentaires pour entraîner le compresseur électrique de la pompe à chaleur. Donc la consommation du ménage sera doublée… Même en admettant qu’elle soit alimentée uniquement par du solaire on aura un statu quo, et non une diminution. Si ce ménage prend sur lui l’équipement de panneaux solaire, c’est à l’éclairage et aux appareils ménagers et multimédias qu’il doit le consacrer, pas à une pompe à chaleur, si l’on veut diminuer vraiment la consommation. De manière générale l’électricité doit être réservée à l’alimentation d’installations qui ne peuvent fonctionner autrement qu’avec du courant électrique. Il faut donc le plus rapidement possible réduire le parc de pompes à chaleur, et décréter un moratoire pour leur installation dans des centrales de chauffages neuves, ou leur remplacement lorsqu’elles ont atteint leur durée de vie.

Il existe pour cela une solution de substitution vraiment efficace et neutre sur le plan de l’effet de serre : le chauffage au bois. Les chaudières à pellets ont atteint aujourd’hui un degré de maturité équivalent à celui des chaudières à combustibles fossiles et n’émettent pratiquement plus de poussières, contrairement à l’idée reçue. De plus le bois étant un combustible neutre quant à l’effet de serre, il permet de contourner le conflit d’intérêt cité plus haut.

 

Reprendre, actualiser et forcer le programme RAVEL et en subventionner les mesures

Pour les particuliers propriétaires de maison existantes, les mesures à appliquer et à subventionner seraient par exemple :

  • Remplacement de toutes les lampes à incandescences et halogènes par du LED ou de la basse consommation.
  • Redimensionnement des pompes de circulation de l’eau de chauffage
  • Remplacement accéléré de tous les appareils ménagers anciens par des produits économes

 

Pour le commerce, en plus:

  • Elever les températures dans les grandes surfaces et les centres commerciaux en été. Se limiter aux produits frais et ne pas descendre à plus de 6° en dessous de la température extérieure
  • Repenser les durées et les quantités d’air de ventilation
  • Equiper les enseignes lumineuses de lampes LED ou à basse consommation, rester un peu modeste dans les dimensions et les éteindre la nuit

 

Ce genre de mesures s’applique bien sûr à l’ensemble des bâtiments publics.

Le potentiel technique d’économies doit être exploité dans les installations techniques gérées par les pouvoirs publics, dans les transports publics ainsi que dans les entreprises du tertiaire, de l’artisanat et de l’industrie. Pour cela des études spécifiques et ciblées sont à initier dans les plus brefs délais et la réalisation des mesures techniques à mettre en œuvre en première priorité.

 

Il est indispensable et urgent de réfléchir sur la dimension du chantier, donc sur les besoins en ressources humaines et en financement, que représenterait la réalisation exhaustive et rapide de telles mesures d’économie d’électricité ! En ce qui concerne le financement, pourquoi ne pas étendre le RPC aux mesures d’économie qui mènent à une « non consommation de courant » (ce qui revient à une production renouvelable) ? C’est à dire subventionner le remplacement prématuré d’un réfrigérateur gourmand par un appareil AA+++, de lampes halogènes ou à incandescence par des LED ou des lampes économiques, ou celui d’une pompe à chaleur par une chaudière à bois, de la même manière que l’isolation de façades ou les fenêtres à triple vitrage sont aujourd’hui subventionnées?

 

Stopper la promotion de la voiture électrique

Tant que la question du stockage n’est pas résolue, il faut s’abstenir de promouvoir la voiture électrique. Les quantités de courant que celle-ci sollicitera sont énormes et enrayeront tout effort de sortir du nucléaire. La aussi un petit calcul montrerait que notre ménage triplerait sa consommation avec une voiture électrique même en ne l’utilisant que 6000 km par an ! La voiture électrique comme la pompe à chaleur ne sont admissibles que si le courant qui l’alimente est solaire ou éolien, et si les économies ont déjà conduit à la sortie du nucléaire.

 

Repenser les techniques de climatisation

La climatisation est un « gouffre » d’électricité. Avec une gestion parcimonieuse des systèmes de ventilation et des seuils de températures il y a un énorme potentiel de réduction à exploiter. Dans bien des cas il est possible de rafraichir des bâtiments en été et de préchauffer l’air dans des systèmes d’échangeurs thermiques sol/air du type puits canadien ou apparentés et de faire 90% d’économie de courant par rapport à la climatisation avec compresseurs électriques.

 

Promouvoir les systèmes domotiques

La domotique est au goût du jour. Et elle permet de gérer le chauffage, l’éclairage et la climatisation de manière optimale et d’adapter la consommation aux besoins réels. Il est donc opportun de promouvoir cette branche qui dispose encore de très peu de capacités en ressources humaines.

 

Stratégie à court terme

Faire des mesures pour sortir du nucléaire un immense moteur économique

Sortir du nucléaire implique des abandons d’activités donc d’emplois en certains domaines (industrie nucléaire, commerce de pompes à chaleur et de voitures électrique), mais pour atteindre cet objectif il faut mobiliser une multitude de corps de métiers. Il est vraisemblable que le bilan quant à l’emploi et les retombées économique soit positif.

 

Promouvoir les métiers de la branche

Malheureusement nos jeunes boudent souvent la carrière d’ingénieur et les métiers de la technique du bâtiment. Les grands défis technologiques n’ont à leurs yeux plus d’attractivité.

Sur ce plan il y a à mener un travail pédagogique et médiatique visant à donner auprès des jeunes l’image d’un désengagement nucléaire qui ne se contente pas de dénoncer et de protester mais qui inclue la dimension d’une profession d’avenir et pleine de sens.

 

Lancer des campagnes nationales de sensibilisation

L’objectif d’économiser suffisamment d’électricité pour pouvoir vraiment se passer de centrales nucléaires est une entreprise nationale ! Avec des campagnes nationales de la dimension de la campagne contre le SIDA il serait possible de faire changer l’opinion publique et les choix politiques. L’heure n’est plus à la mesure et au compromis helvétique, il faut des coups de gueule et des coups de poings médiatiques !

Dans ces campagnes, il faut aussi être clair sur la moitié de la vérité qui n’est pas dite concernant le prix réel des centrales nucléaires en tenant compte de leur démantèlement, de l’enfouissement des déchets et de montrer que les mesures décrites ci-dessus ne seront pas plus chères que l’absurde prolongement de la vie des centrales vieillissantes.

Le désengagement nucléaire est souvent associé à l’idée d’un mode de vie alternatif, voire marginal. Les messages anti-nucléaires s’adressent quant à eux trop souvent à des groupes de personnes déjà convaincues et manquent de crédibilité auprès de la majorité de la population, qui craint que la sortie du nucléaire ne signifie un renoncement au confort que l’électricité lui procure. Le message sur la sortie du nucléaire doit donc être crédible et rassurant sur ce point.

 

Créer un mouvement politique massif

Les campagnes de sensibilisation sont nécessaires pour forger l’opinion publique, mais sans un profond mouvement politique rien ne sera possible. Les décisions à prendre sont tellement difficiles à accepter, qu’il faudra aller même jusqu’à choquer dans un premier temps, mais sans omettre de faire simultanément les propositions qui permettront d’atténuer l’impact du choc et de le transformer en un mouvement constructif et dynamique vers l’avenir.

Les phases suivantes sont à envisager :

  • Créer un noyau fort, reconnu et crédible
  • Former des multiplicateurs qui répandront la volonté politique d’agir rapidement
  • Utiliser les réseaux sociaux
  • S’associer à d’autres associations, entre autres l’observatoire du nucléaire (Stéphane Lhomme), Greenpeace, WWF, etc.
  • Lancer une campagne couvrant la Suisse de slogans clairs et crédibles

 

Se doter des lois et ordonnances nécessaires

Sans interventionnisme il sera impossible d’accélérer la sortie du nucléaire, ni même de l’atteindre. Par exemple :

  • Il faut non seulement interdire les chauffages à résistance mais aussi décréter un moratoire sur les pompes à chaleur et les autres produits pouvant être alimentés autrement qu’avec de l’électricité
  • Il faut stopper pour le moment l’introduction à grande échelle de la voiture électrique

 

Ce genre de mesures absolument discriminatoires du point de vue de la liberté du marché n’est applicable qu’avec un consensus politique. Est-ce une utopie ?

 

Assurer le financement des mesures à court terme

Si le législateur oblige l’utilisateur à remplacer des installations à très court terme, il doit en assurer pratiquement la totalité de l’investissement. Il doit également soutenir les branches économiques lésées par de telles mesures, et assurer l’étude de mesures de réduction de consommation dans l’industrie et le commerce. Et il lui faut aussi trouver des accords financiers pour leur réalisation à court terme. Il doit donc être muni des compétences et des ressources humaines qui lui permettront d’agir rapidement.

 

Là aussi, on peut se demander si on se trouve dans le domaine de l’utopie mais il n’y a pas d’autres voie pour aller vite, et – rappelons le – il s’agit ici de se donner les moyens non seulement de respecter mais d’accélérer les délais fixés pour une sortie du nucléaire, qui sur le principe est déjà décidée.

 

Conclusion

Ce n’est pas avec des demi-mesures et des bonnes paroles que l’objectif de sortir du nucléaire rapidement est atteignable. Dénoncer les dangers et les coûts liés aux centrales vieillissantes ne suffit pas non plus. Les réflexions et les mesures proposées ici peuvent paraître démesurées mais face à la débauche de moyens engagés pour promouvoir le nucléaire, et à faire oublier Fukushima et les problèmes liés à l’enfouissement de déchets radioactifs, il n’est pas suffisant d’opposer un compromis helvétique !

 

 

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La Ville de Genève signe l’Appel de Genève II

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L’Etat français se prépare à l’accident nucléaire

Par Hervé Kempf,
in Reporterre, Le quotidien de l’écologie,
5 fevrier 2014.

Les autorités se préparent à la possibilité d’un accident nucléaire grave, par un Plan qui vient d’être publié. Eventualité à envisager : « Une zone de territoire peut se trouver polluée pour plusieurs décennies et, dans certains cas, n’autorisant pas la présence perm anente de personnes ».

Un accident nucléaire grave est France est maintenant officiellement reconnu comme une possibilité à laquelle il faut se préparer : c’est le sens du « Plan national de réponse ’Accident radiologique ou nucléaire majeur’ «  publié le 3 février par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité intérieur.

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On est surpris que la nouvelle ait suscité peu d’échos. Mais c’est ainsi.

Ce plan, qui décline sur cent-dix-huit pages et huit scénarios la conduite à tenir en cas d’accident grave, est une nouvelle étape dans la lente reconnaissance de la vraisemblance du pire.

Tchernobyl, en 1986, n’avait pas fait broncher la nomenklatura nucléariste.

Les choses ont commencé à changer à la suite de la submersion partielle de la centrale du Blayais (Gironde), fin 1999 : la France était alors passé à deux doigts d’une catastrophe nucléaire.

Dans les années qui suivirent, la possibilité qu’un accident grave advienne commença à être officiellement envisagée : la France constituait en 2007 un « Comité directeur pour la gestion de la phase post-accidentelle d’un accident nucléaire ou d’une situation d’urgence radiologique » (Codirpa). Celui-ci a réfléchi aux « questions qui nécessitent une anticipation », par exemple, celle-ci : « Dans le cas où les pouvoirs publics retiendraient un éloignement des populations, du fait des doses susceptibles d’être reçues, le statut des territoires concernés devra être précisé : – l’éloignement des populations a-t-il le statut de simple recommandation ou entraîne-t-il une interdiction absolue de séjour ? – dans l’hypothèse où l’éloignement est impératif, comment s’assurer du respect de l’interdiction de séjour sur les territoires concernés ? » (Codirpa, Synthèse générale, document de travail, version du 21 novembre 2007). Il semble que ce document ne soit plus accessible sur internet, c’est pourquoi nous le plaçons ici en téléchargement .

La catastrophe de Fukushima, en 2011, allait encore faire avancer la prise de conscience du danger. Le directeur de l’IRSN (Institut de radioprotrection et de sûreté nucléaire), Jacques Repussard, indiquait ainsi début 2012 : « Nous devons accepter que l’impossible puisse se produire ».

Le plan actuel – qui émane d’un organisme de nature militaire – manifeste donc au grand jour ce à quoi il faut se préparer.

Il ne saurait être plus clair :

 en ce qui concerne la santé : « Un accident nucléaire non maîtrisé peut avoir des conséquences, du fait des effets immédiats de l’accident (décès, atteintes traumatiques, irradiation), mais aussi du fait des effets à long terme qui peuvent conduire à augmenter le risque de survenue de pathologies radio-induites (certains cancers par exemple) » ;  en ce qui concerne la condamnation de certains territoires : « Une zone de territoire peut se trouver polluée pour plusieurs décennies et, dans certains cas, n’autorisant pas la présence permanente de personnes ».

Les responsables politiques français devraient maintenant dire clairement si le maintien de l’appareil nucléaire du pays mérite qu’on prenne le risque de voir, comme en Biélorussie ou dans le nord du Japon, des milliers de kilomètres carrés du pays interdits à la vie humaine pour des décennies.

Carte des sites nucléaires en France pouvant donner lieu à un accident (source : Plan national):

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Source de cet article: Reporterre, Le quotidien de l’écologie :
http://www.reporterre.net/spip.php?article5369   

Lire aussi :Tricastin : en cas d’accident nucléaire, priez ! Parce que les autorités seront dépassées.

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Le projet CIGEO d’enfouissement en profondeur des déchets nucléaires à Bure : Comment l’aventurisme des nucléocrates s’apprête à engager la France dans un désastre sans précédent qui pourrait bien, un jour, être qualifié de crime contre la biosphère

par Hans Zumkeller

Je me présente. Je travaille depuis longtemps au CEA dans le secteur de la thermique. C’est-à-dire autour de tout ce qui tourne autour de la production de vapeur, des turbines, de leur couplage avec les alternateurs. Mes responsabilités s’étendent également dans le domaine de la sécurité et du refroidissement des coeurs  en cas d’arrêt d’urgence. J’ai également participé à des études concernant la circulation du sodium fondu dans les réacteurs à neutrons rapides. J’ai un poste de chef de service. Mais je n’ai pas de responsabilités dans le domaine de la neutronique, de la tenue des matériaux face à leur irradiation, de leur fragilisation, du retraitement, du comportement des nouveaux combustibles, etc. Mes connaissances d’ancien élève d’une des plus prestigieuses Grandes Ecoles françaises font que j’ai a priori plus de moyens pour aborder les problèmes qu’un simple technicien. A la différence de nombreux collègues, ma curiosité foncière fait que j’ai acquis au fil des ans un ensemble de connaissances couvrant pas mal de domaines, même si je ne les couvre pas tous.

Immédiatement, tout le monde comprendra que je ne saurais m’exprimer en dehors de la protection par un pseudonyme. La réaction serait immédiate. Ceci étant, nombre de collègues ont un point de vue identique au mien, ou très voisin, et gardent le silence. Il est rare que nous en parlions entre nous de  façon directe. A notre niveau, qui est celui de responsables importants de la filière, je dois convenir que les problèmes sont plutôt évoqués dans notre milieu fermé, à mots couverts ou sous forme de plaisanteries. Prudence exige.

Voici mon point de vue. S’agissant de stockage souterrain il y a deux types de stratégies. Soit on se propose d’entreposer sous terre des éléments qu’on pourrait qualifier de « passifs », comme par exemple de l’amiante, soit il s’agit de déchets « actifs », qu’il s’agisse de déchets issus de l’industrie chimique ou de l’industrie nucléaire. Cette « activité » peut s’entendre sous deux points de vue. Des déchets « actifs » peuvent simplement évoluer. Constitués de « colis » composites, leurs contenus les plus toxiques et dangereux peuvent se trouver libérés, du fait de la dégradation de leur système d’entreposage, ou parce que leur évolution donne naissance à des sous-produits capables de migrer plus facilement. On pense évidemment à l’émission de substances sous forme gazeuse.

Le stockage souterrain, sur le long terme, est toujours dangereux, parce que peu accessible et donc très difficile à contrôler[1]. Un mouvement de terrain, le développement de fissures, l’extension d’un réseau phréatique peut entraîner une pollution irréversible, extrêmement dommageable pour la santé de personnes, sur des superficies considérables[2].

L’entreposage souterrain de déchets nucléaires entre sans équivoque dans la catégorie de la gestion de déchets très actifs. On sait par exemple que les déchets constitués par de la matière plastique se décomposent en produisant de l’hydrogène. Ces molécules, les plus petites qui soient, passent au travers de n’importe quoi. Ca n’est qu’une question de temps. Le danger majeur de l’entreposage envisagé à Bure, dans le cadre du projet CIGEO, est le confinement très important qui y est envisagé. Dans un confinement souterrain émerge immédiatement un problème fondamental. Les liquides conduisent mieux la chaleur que les gaz, et c’est la raison pour laquelle on procède à un pré-stockage des éléments les plus chauds,  issus du déchargement de coeurs, dans de l’eau, pendant des années quand le combustible est de l’uranium, temps qui atteindra 50 à 60 années pour le combustible MOX[3], où l’éléments thermogène est le plutonium. Dans les solides, tout mouvement de convexion est par définition impossible et, si on excepte les métaux,  ce sont les milieux les moins conducteurs de la chaleur qui soient.

Ainsi toute alvéole, toute galerie contenant des colis dégageant de la chaleur est susceptible de se transformer en four.

Il y a d’ailleurs une sorte de dérision consistant à présenter l’opération ultime de stockage sous la forme d’alvéoles munies d’opercules scellées par des briques de bentonite, laquelle a la propriété de se dilater en absorbant l’eau[4].  Comme si on s’imaginait qu’en logeant des débris à longue durée de vie de cette manière très compacte, on s’en protégerait au maximum. S’agissant de « réversibilité », si la bentonite se dilate en présence d’eau, elle libérera en revanche son contenu aqueux en cas de chauffage intempestif. Ainsi  cette idée de scellement durable est-elle sujette à caution. Elle a plutôt été proposée par des gens habitués aux travaux de tunnellerie, où le problème d’un chauffage subit ne se pose évidemment pas, et cette idée a aussitôt été considérée comme providentielle par ceux qui tiennent à ce que ce projet d’enfouissement des déchets nucléaires aboutisse rapidement, coûte que coûte (et « quoi qu’il en coûte » au contribuable).

Selon ce projet de stockage dans une configuration de facto confinée, et n’importe quel ingénieur thermicien le confirmerait immédiatement, le moindre dégagement de chaleur, même s’il ne s’agit pas d’une explosion brutale, transformerait un logement, nécessairement exigu en four.

Dans cette optique, les systèmes de stockage et de confinement envisagés deviennent dérisoires. Le verre, par exemple, donne une image de stabilité, à l’échelle d’âges géologiques. Toutes les mers du monde contiennent des verreries qui ont gardé leurs propriétés et leurs géométries au fil de millénaires. Et cela est encore plus visible quand leur entreposage a été effectué dans de l’air, dans des nécropoles. Ce qui a ainsi « tenu » pendant des milliers d’années semble présenter l’assurance de tenir pendant des dizaines de milliers d’années, voire plus.

Cela se joue ainsi en termes de produit de solubilité. Quand la structure est cristalline, l’assurance de pérennité est encore accrue. Pour reprendre le titre d’un film de James Bond : «  les diamants sont éternels[5] ». Des diamants se révéleront inaltérables dans de l’eau de mer, comme « le coeur de l’océan », du film « Titanic ». Il en est de même pour l’inaltérabilité de certains métaux, comme l’or, absolument intacts après des milliers d’années en immersion. Sur le plan chimique, l’or, les diamants sont insolubles dans l’eau, dans les acides et dans les bases.

Mais la stabilité chimique, l’insolubilité ne sont pas les seuls critères à prendre en compte. Bien qu’il soit exclu d’envisager de stocker des déchets dangereux dans des enveloppes de diamant, ou d’or, on trouvera aisément que le diamant brûle à une température dépassant 600 à 800°C. Quant à l’or, il fond à mille degrés, ce qui est une température aisément obtenue dans le four le plus sommaire.

Revenant à la question du stockage des déchets nucléaires, on sait que la longévité des classiques bidons métalliques est de brève durée, vis-à-vis des temps à prendre en compte, au bout desquels leurs contenus peuvent être considérés comme inoffensifs. A terme, ils se corroderont. Et c’est encore pire quand ils sont au contact de l’eau (immersions dans la Manche, stockage dans la mine de sel allemande d’Asse, victime d’une infiltration issue de sa fissuration sous l’effet de contraintes mécaniques, liées au creusement des galeries ).

Ne parlons pas du bitume, qui s’enflamme à 300° et se ramollit au-dessus de 60°. Le béton constitue lui aussi une protection illusoire. Ce composé n’est pas stable. Il ne faut pas oublier que le béton est le produit d’une réaction d’hydratation. Quand il est armé par des tiges de fer, ces armatures internes ne sont pas à l’abri d’une oxydation. L’oxydation entraîne une dilatation des tiges, donc la fragilisation des structures (on parle alors de « cancer du béton »). Quand on pense au stockage souterrain, qu’adviendra-t-il des arceaux de soutènement des très nombreuses galeries, que ceux-ci soient métalliques ou en béton armé ?

Revenant sur la tenue en température, se pose alors la question du conditionnement des déchets à vie longue, les plus dangereux, dans leurs sarcophages de verre. La question du « point de fusion du verre » ne se pose pas, car le verre, amorphe, « non cristallin », n’est pas un solide au sens strict du terme. On a pu lire qu’on avait mesuré un affaissement de certains éléments de vitraux, dus à la gravité. Mais tout cela est lié au mode de fabrication. Le verre possède une certaine viscosité. Mais à la température ordinaire, la géométrie des verres ordinaires n’évolue pas, même à l’échelle de temps géologiques, même sur des milliards d’années. Ce conditionnement, si on vise une dispersion minimale semble donc optimal, s’ajoutant à une très faible solubilité dans l’eau et à une excellente résistance aux attaques chimiques.

Reste son point faible : sa faible tenue thermique.

Le verre se comporte comme un fluide à une température  de 1400-1600°C, toujours aisément atteignable dans un four. Par four il faut entendre un dispositif à l’intérieur duquel de la chaleur est dégagée, et ne peut que très difficilement être évacuée vers l’extérieur[6]. La conductivité de l’argilite callovo-orxfordienne est faible.

Les renseignements que l’on peut trouver[7] ne sont pas très abondants, concernant les résultats des expériences concernant la tenue thermique de cet environnement argileux. Par contre, on lit qu’au moment de leur enfouissement les colis dégageront des flux thermiques allant de 200 watts, jusqu’à 500 et 700 watts pour ceux qui contiennent des déchets issus des coeurs ou du retraitement.

C’est absolument énorme.

Dans ce même document, on dit que le contrôle thermique devra être assuré de telle façon que la température de l’argile se maintienne en dessous de 70 à 90°C pour éviter tout remaniement structural, à l’aide d’une ventilation[8]. En d’autres termes le matériau dans lequel on envisage d’opérer cet enfouissement est foncièrement instable vis-à-vis de la température. Or 90° sera une température aisément atteinte si la réfrigération des galeries et même des alvéoles n’est pas assurée pendant un temps suffisant.

Il y a, a priori, deux sources d’échauffement possibles. Celles issues des décompositions radioactives, qui sont calculables et celles, accidentelles, qui découleraient de l’inflammation d’hydrogène dégagé au fil de la décomposition de matières plastiques, qui ne sont ni calculables, ni prédictibles, ne serait-ce que parce qu’on ne dispose pas d’un inventaire précis des contenus de chaque colis scellé.

Revenons à cette question de la tenue thermique des « colis ».  C’est là que le bât blesse, ce me semble. Si des containers en verre massif présentent une bonne garantie à la température ordinaire, il n’en est pas de même dès que la température monte de quelques centaines de degrés. Dans une verrerie, on travaille ce matériau à des températures allant de 400 à 600°. Le verre se présente alors sous la forme d’une pâte visqueuse, malléable. A partir de 1400°, c’est un fluide. Ces températures seront aisément atteintes dans une structure confinées et isolée thermiquement, donc dans une alvéole ou galerie.

A propos du béton, sa tenue thermique est également limitée[9]. A une température de 700 à 1000° le béton s’écaille. On dit même « qu’il se pèle comme un oignon ». S’ajoute un phénomène de choc thermo-hydrique, qui fait que le béton « explose littéralement ». On en a des témoignages récents  après examens d’incendies dans des tunnels. Lire le très intéressant document cité en référence, illustré par des photos très suggestives[10]. Empressons-nous de préciser que ces dégagements de chaleur, accidentels, ne correspondent qu’à des phénomènes de brève durée.

En règle générale, le béton se décompose chimiquement au delà de 1100° ce qui est une température relativement basse[11]. Il se … déshydrate, tout bêtement et, lorsqu’on s’est livré, au CEA, à des simulations de pénétration d’un « corium » au travers d’un radier de béton ( dont l’épaisseur est de 8 mètres à Fukushima ) les bulles qu’on voyait apparaître à la surface n’étaient autres que de la vapeur d’eau.

Ces considérations rapides font que la conclusion s’impose, vis à vis d’un projet comme CIGEO. Le seul système de stockage tout à la fois actuellement praticable et politiquement responsable est un stockage en surface, qui permet une évacuation illimitée de calories, à un rythme élevé et continu, par convexion, sans risque de surchauffe accidentelle, avec accessibilité garantie.

Le stockage en milieu confiné, qui ne permet d’évacuer cette chaleur, en l’absence de moyens mis en oeuvre avec dépense d’énergie (ventilation), que par conduction est par essence dangereux, surtout quand le dégagement thermique peut s’avérer brutal, lors d’explosions pouvant engendrer des fissurations, la destruction d’un système de ventilation, l’endommagement d’un puits, de galeries d’accès.

Des fissurations résulteront également du creusement de nombreuses galeries, comme cela a été le cas à Asse, en Allemagne[12]. L’argilite a les défauts de ses qualités. C’est un matériau très hétérogène, d’un niveau de cristallinité faible. Cela le dote de faibles qualités mécaniques. Il se désagrège dans l’eau. Son étanchéité n’est ainsi nullement garantie, avec des épaisseurs aussi faibles ( 130 mètres ), situant ce filon entre une couche de calcaire oxfordien en partie supérieure et une couche de calcaire dogger en partie inférieure[13]. Les couches calcaires qui entourent cette fine couche d’argile se prêtent à l’apparition d’une structure karstique. A la moindre pénétration d’eau dans le système de galeries, par le haut, aussi minime que puisse être une fissure, de quelque origine que ce soit, celle-ci donnerait rapidement passage à un flux liquide par phénomène de « puits de Fontis[14] » ( érosion vers le haut ).

En règle générale, la production électronucléaire, outre sa dangerosité et l’impossibilité de démanteler les installations, représente une erreur technologique de notre temps. L’accumulation de déchets ingérables, d’origine nucléaire, s’inscrit dans l’ensemble des activités humaines, dans la mesure où celles-ci se sont résolument écartées de toute idée d’équilibre naturel. Ce n’est que très récemment, dans notre histoire, que l’humanité a forgé l’expression, le label du « bio-dégradable ». Tout ce que produit la nature est par essence bio-dégrable, depuis les excréments, les rejets gazeux, jusqu’aux structures pourrissantes. Les incendies, la respiration des animaux produisent du CO2, qui est recyclé par les plantes. Les tissus animaux ou végétaux sont transformés par des créatures nécrophages, à toutes les échelles. Une infinité de mécanismes sont en place qui débouchent sur une régulation, un équilibre de la biosphère, qui avait fait ses preuves jusqu’à l’apparition de l’homo technologicus.

L’espèce humaine, longtemps négligeable à l’échelle de la planète, génère aujourd’hui des nuisances dans tous les domaines, elle est la source de tous les déséquilibres, et va faire sombrer le navire « Terre » à moins qu’elle n’apprenne au plus vite à se réguler elle-même. Elle réduit, comme le dit Bourguignon, l’agriculture au niveau de la gestion d’une pathologie végétale, l’agriculteur moderne ayant tué toute vie sous la surface du sol qu’il entend exploiter. L’homme, outre la surexploitation qu’il en fait, a empoisonné ses océans, ses rivières, ses lacs et bientôt son atmosphère. Le monde de la consommation et du profit est aussi celui du superflu, du périssable, de l’obsolète, synonymes de gâchis et de mauvaise gestion.  En jouant dangereusement avec la génétique l’homme risque d’endommager le patrimoine génétique de la planète, dans tous les règnes, en réduisant comme peau de chagrin un élément régulateur indispensable de la biosphère : sa biodiversité naturelle.

L’homo technologicus est un accumulateur de déchets de longue durée de vie. Les déchets de l’industrie nucléaire ne font qu’étendre la gamme des déchets en tous genres. La caractéristique des déchets nucléaires est leur capacité de dispersion planétaire, par voie aérienne, ou en utilisant poissons et autres animaux comme vecteurs. Une autre caractéristique est leur dangerosité à dose infinitésimale (le plutonium) et leur durée de vie considérable. Aucun agent biologique ou chimique ne peut les dégrader.

L’idée d’entreposer des déchets, dont la durée de vie se chiffrerait en milliers de générations humaines, dans des galeries ajoute le risque d’une contamination de la croûte terrestre, sur des étendues que personne aujourd’hui ne saurait suspecter, du fait des incontrôlables circulations phréatiques; si ce système venait à se développer, comme on peut le craindre s’il est donné suite au projet CIGEO, pour de simples et évidentes raisons de profits et pour enlever des pieds des nucléocrates cette épine appelée « déchets ».

Si la dangerosité des matières nucléaires est à craindre, une solution consisterait non à les placer sous la surface du sol, mais dans des grottes, accessibles, taillées à flancs de falaises, légèrement surélevées pour mettre leur contenu hors d’atteinte d’une inondation, naturellement ventilées et placées sous bonne garde. Il ne pourrait s’agir que d’une façon de gérer les actuels déchets, non d’y stocker des déchets d’une activité nucléaire qu’on entendrait poursuivre. Sur ce plan, bien « qu’étant de la maison » et y ayant fait toute ma carrière (je suis à quelques années de mon départ en retraite) je rejoins totalement l’ex-responsable américain de l’équivalent de l’Autorité de Sûreté Nucléaire française, à savoir Gregory Jaczko, qui fut de 2010 à 2012 responsable du NRC américain (Nuclear Regulatory Commission). Pour lui, comme pour une quantité d’autres, dont je fus, la catastrophe de Fukushima joua un rôle de révélateur. Dans une vidéo[15], il déclare sans ambages :

Bure-1

Enfin il est stupéfiant de voir des scientifiques tabler sur des conditions d’évolution d’un ensemble technologique, sur des durées qui sont des deux ordres de grandeur supérieures à l’âge de notre technologie d’aujourd’hui.

Je rappelle que le Néo-Zélandais Ernest Rutherford découvrit l’atome en 1905, il y a 111 ans à peine.

En un demi-siècle la technologie nucléaire a pris son essor, le prétexte initial étant militaire[16]. En un demi-siècle, avec l’avènement d’un premier plasma de fusion, sur la machine anglaise JET de Culham, les températures de notre technologie ont fait un bon d’un facteur 10’000.

En 2005, dans le laboratoire Sandia, Nouveau Mexique, une température de trois milliards de degrés ayant été obtenue, c’est un nouveau gain de 3 109 / 1,5 108 qui a été obtenu, ce qui correspond à un facteur 20, par rapport aux températures visées dans les machines à fusion. Selon le spécialistes de ces types de compresseurs électromagnétiques, cette température ne serait nullement limitée au sens où, par opposition à la fusion[17] envisagée sur ITER, les instabilités, la turbulence électromagnétiques accroissent la température obtenue en fin de compression, comme la turbulence le fait dans les cylindres de nos automobiles, alors que dans les tokamaks comme ITER cette turbulence, prenant le nom de disruption, fait s’effondrer la température en un millième de seconde.

Non seulement ce nouveau progrès, traduit par cet accroissement des températures ouvre la voie à une fusion directement électrogène aneutronique, ne produisant pas de neutrons et, comme déchet, de l’hélium le plus ordinaire, mais l’obtention de ces ultra-hautes températures débouche sur une technologie nucléaire totalement différente de celle que nous connaissons actuellement. Il ne faut pas oublier, quand on est confronté à des déchets moléculaires toxiques, que les solutions ultimes envisagées impliquent des élévations de température et des modification de la pression, de manière à inciter ces substances toxiques à se muer en espèces plus stable et non toxiques.

La physique nucléaire n’est rien d’autre qu’une chimie des noyaux, dont nous sommes très loin d’avoir fait le tour, un peu comme des primitifs qui, ayant inventé le feu, seraient à mille lieues d’imaginer ce que la chimie pourrait réserver à leurs descendants.

C’est grâce à la catalyse que sont réalisées nombre de synthèses chimiques de notre temps. Ces sont les états métastables qui ont donné naissance au laser. L’électrochimie a donné naissance aux piles, aux accumulateurs, aux techniques électrolytiques. La physique quantique, ignorée au début du siècle dernier, a engendré la supra-condution, la semi-conductivité, et nombre de techniques impensables jusque-là, défiant toute logique. La mise en oeuvre de lois comme celle de Le Chatelier ont permis de diriger des réactions chimiques vers des buts précis. Pourquoi cette « chimie nucléaire » serait-elle moins riche que la chimie dite « minérale » ?

C’est la réelle maîtrise de cette moderne « chimie des noyaux » qui, en mettant en oeuvre des mécanismes qui, à haute température, permettront d’orienter les processus de transmutations, rendront possible de réellement retraiter ces dix millions de tonnes de déchets nucléaires dont nous ne savons que faire, que nos descendants, quand ils sauront maîtriser ces technologies, peut-être dans moins d’un siècle au train où vont les choses, seront alors bien en peine de récupérer, si nous décidons de donner suite à ce projet de stockage profond, qui risquerait de conduire à la plus grande catastrophe environnementale de tous les temps, rigoureusement irrémédiable qui, un jour peut-être sera qualifiée de crime contre la biosphère.


[1] Le concept de “réversibilité”, ajouté au projet CIGEO, fait sourire l’ingénieur que je suis. Ca n’est qu’un voeu pieux.

[2] Je n’ai pas été sans noter que le filon callovo-oxfordien où se situe le projet CIGEO présente un pendant de plus d’un degré en direction du nord ouest, c’est à dire du … Bassin Parisien.

[3] Je remarque au passage que CIGEO n’a nullement été conçu pour stocker les déchets qui seront issus du MOX (combustible nucléaire constitué d’environ 7 % de plutonium et 93 % d’uranium appauvri).

[4] La bentonite est très largement utilisée dans les travaux de construction, le forage des tunnels, du fait de sa capacité de colmatage et d’étanchéification de coffrages. http://fr.wikipedia.org/wiki/Bentonite

[5] Du moins sur des échelles de temps considérable. En effet le diamant tend à se transformer en graphite, qui est une forme carbonée plus stable, mais en un temps excédant l’âge de l’univers.

[6] La conductivité thermique de l’argilite du callovo-oxfordien du site d’enfouissement de Bure est de 1,3 à 2,7 W/m/°K. Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Laboratoire_de_Bure#S.C3.A9lection_du_site_de_Bure

[8] Pendant combien de temps et sur la base de quelle source d’énergie ?

[11] Source : Bruno Tarride, professeur à l’Institut National des Sciences et Techniques Nucléaires : Physique, fonctionnement et sûreté des réacteurs à eau pressurisée. Maîtrise des situations accidentelles du réacteur. http://books.google.fr/books?id=4cU2AAAAQBAJ&pg=PA213&lpg=PA213&dq=tenue+en+température+du+béton%2Bcorium&source=bl&ots=_MluGEb8x_&sig=gx5sp-pEbVPuTfkOp-g3NP2SUPw&hl=fr&sa=X&ei=Bu_XUrSpNqTI0AXduYHoAw&ved=0CE8Q6AEwBQ#v=onepage&q=tenue%20en%20température%20du%20béton%2Bcorium&f=false

[12] Les experts avaient assuré que ce dôme de sel présentait une stabilité garantie sur des millions d’années, conclusion chaudement approuvée par le député Bataille. Certes, … à condition de ne pas créer des trous dedans ! Il en est de même pour le filon d’argile de Bure, considéré comme stable “depuis cent millions d’années”, sans ses futures galeries…

[16] Il en est hélas de même, aujourd’hui, pour le développement de la fusion aneutronique, sous le couvert du secret défense, au USA et en Russie.

[17] La fusion deuterium-tritium n’est qu’une réaction de fusion parmi une foule d’autres. C’est simplement celle qui nécessite la température la plus basse.

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Contrairement à la France, la Suisse reconnaît la dangerosité accrue des centrales nucléaires

Association pour l’Appel de Genève II (APAG2)
Communiqué de presse 300114. Embargo : jeudi 6 février 2014.

La Suisse vient d’élargir de 20 à 50 kilomètres la zone, autour des centrales nucléaires, dont les habitants recevront à leur domicile des pastilles d’iode stable. Ces pastilles sont destinées à saturer d’iode stable la thyroïde des personnes exposées à une contamination radiologique lors d’un accident dans une centrale nucléaire avec relâchement d’iode radioactif. Ce dernier, l’isotope I131, d’une période de 8 jours (c’est-à-dire dont la radioactivité diminue de moitié en 8 jours), est susceptible de provoquer, très rapidement après l’accident, de graves dommages, notamment d’induire un cancer, s’il se fixe dans la glande thyroïde, particulièrement dans celle des embryons, des enfants et des jeunes gens. A notre connaissance, rien n’est prévu concernant les animaux domestiques et le bétail.

Les autorités helvétiques justifient cette mesure par le retour d’expérience de la catastrophe de Fukushima. Mais cette mesure est aussi et surtout justifiée par le vieillissement des centrales nucléaires suisses qui figurent parmi les plus âgées à l’échelle mondiale. L’élargissement du périmètre de distribution d’iode stable fera passer la population suisse concernée de 1,2 million à 4, 34 millions d’habitants, soit plus de la moitié de la population suisse. Par cette mesure, la Suisse reconnaît donc officiellement que le danger présenté par les cinq centrales nucléaires suisses est nettement plus important qu’estimé jusqu’ici.

Il est intéressant de relever que les autorités françaises n’ont, jusqu’ici, rien entrepris de tel. Seules les personnes habitant dans un rayon de 10 kilomètres autour des centrales nucléaires, ou des sites d’armes nucléaires, se voient encore offrir gratuitement des comprimés d’iode stable. Or, en tout cas dans la vallée du Rhône parsemée de centrales et d’autres installations nucléaires, il se justifierait d’instaurer un système tout autre, compte tenu aussi des vents du nord et du sud fréquents et prédominants.

Le Bureau de l’APAG2 prend acte de l’initiative suisse, mais la juge loin d’être adéquate et suffisante compte tenu des autres radiotoxiques libérés lors des accidents nucléaires de Tchernobyl et Fukushima. Il invite les populations concernées à se mobiliser pour exiger de leurs autorités politiques des mesures adéquates pour conjurer sans délai le péril croissant de contamination radiologique accidentelle de leurs pays respectifs et des Etats voisins, du fait de la fragilisation des centrales nucléaires due à leur vieillissement.

APAG2, Case postale 113, CH-1211 Genève 17
appel2geneve@fastmail.fm
Tél. : M. Paul Bonny +41 22 755 46 31
http://www.apag2.wordpress.com

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Vers une mise en condition pré-accidentelle des populations ?

Dans son remarquable ouvrage La France nucléaire. L’art de gouverner une technologie contestée, paru au Seuil, en septembre 2013, Sezin Topçu, historienne et sociologue des sciences, chargée de recherche au CNRS rappelle que les responsables français de l’électronucléaire ont longtemps affirmé qu’un accident grave, comportant des conséquences sur la santé publique, était impossible en France. Toutefois, après Tchernobyl, ils ont progressivement changé de discours. C’est ce que signale l’article paru dans Le Monde le 21 octobre 2008 sous le titre “La France se prépare aux conséquences d’un accident de type Tchernobyl sur son sol.“ (S. Topçu, op. ci. p. 242)

Il semble que la genèse de cette évolution doive être recherchée du côté de deux experts français : « l’un directeur du bureau d’études Mutadis – un cabinet spécialisé dans la gestion des activités à risque -, et l’autre, sociologue-psychanalyste de l’Université de Caen, qui se sont vu confier par la Commission européenne le Programme européen pour l’évaluation des conséquences de l’accident de Tchernobyl (1991-1995). (S. Topçu, p. 225) Cette société avait été très active dans le lancement du projet Ethos visant à aider les populations d’un district de Biélorussie, déplacées ensuite de l’accident, à retourner en zone contaminée pour y apprendre à “vivre autrement“ en gérant elles-mêmes leur contamination radiologique. Cette politique aboutit à “l’individualisation des risques“ qui avaient été pris par les autorités soviétiques. Curieusement, le gouvernement suisse a accepté de cofinancer avec la Commission européenne une deuxième étape de ce projet. (S. Topçu, p. 226)

En 2003,  un vaste programme international nommé Core (Coopération pour la réhabilitation des conditions de vie dans les territoires contaminés de Biélorussie) a été lancé pour déployer Ethos dans d’autres districts de Biélorussie, avec à nouveau une participation financière suisse. (S. Topçu, p. 238)

En 2002, peu avant le lancement de ce programme, un projet européen  a vu le jour qui se propose d’élaborer un guide de culture radiologique pratique à destination du grand public. Selon S. Topçu, ce programme a deux volets : « Le premier est celui d’une pédagogie de la catastrophe, l’objectif étant d’habituer les individus à l’idée d’un changement profond et irréversible de leurs conditions de vie. Et le second volet traite d’une pédagogie de la responsabilité, de la responsabilisation préalable des individus avant même que la catastrophe ne survienne pour qu’ils aient connaissance du rôle actif et permanent qu’ils seront amenés à jouer dans un contexte post-accidentel. »(S. Topçu, p. 240,1)

Et il faut savoir que les experts français d’Ethos sont bien à l’œuvre à Fukushima où ils accumulent un savoir en vue de notre avenir.

Ce dernier est-il d’ores et déjà scellé ? Sommes-nous les cobayes d’une monstrueuse expérience qui doit nous adapter à notre future condition de “citoyen“ radiologiquement contaminé ?

Genève, janvier 2014.            Ivo RENS

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Bonne Année de l’APAG2 aux signataires de l’Appel de Genève II

Bonne Année de l’APAG2 aux signataires de
l’Appel de Genève II

Nos lecteurs trouveront ci-après le texte de la lettre que nous avons tenté d’envoyer par courriel à tous les signataires de l’Appel de Genève II.

Au cas où certains de ces signataires ne l’auraient pas reçu, nous leur serions reconnaissants de nous en avertir par courriel afin que nous complétions notre liste dont il n’est pas exclu qu’elle comporte des lacunes.

 

ASSOCIATION POUR L’APPEL DE GENEVE II

(APAG2)

Genève, ce 10 janvier 2014

Madame,

Monsieur,

Le Bureau de l’APAG vous souhaite une heureuse année 2014 et vous invite à lui adresser par courriel toute remarque, suggestion ou commentaire en ce qui concerne la poursuite de notre objectif statutaire, l’arrêt immédiat de l’électronucléaire. Vous pouvez notamment nous proposer des articles à publier sur notre blog :

www.apag2.wordpress.com

En outre, vous êtes invité-e à prendre la parole directement en rédigeant des commentaires sur ce blog .

Nous apprécierions en particulier toute suggestion visant à approcher

des personnes ou associations susceptibles de se joindre à nous ou de

nous épauler dans nos efforts visant l’abandon immédiat de

l’électronucléaire.

Enfin, nous vous serions reconnaissants d’engager vos parents, amis et connaissances à signer l’Appel de Genève II sur notre blog. Pour l’instant, c’est notre priorité.

Vous remerciant d’avance des suites que vous voudrez bien donner à ces

lignes, nous vous adressons, Madame, Monsieur, nos cordiales salutations.

Ivo Rens            Rémy Pagani            Paul Bonny

Président            Trésorier            Secrétaire

Compte Postfinance de l’APAG2 en Suisse : 12-109301-9.

Paiement en ligne sur le blog de l’APAG2 via Paypal.

 

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